Causes de la migraine et des maux de tête

 

J’avais un peu abordé le sujet de la migraine dans mes articles sur la pilule. Voici un article plus complet.

Les migraines sont causées tout simplement par la dilatation des veines. Du coup, ça fait pression sur les nerfs qui sont situés derrière les veines ; ce qui engendre de la douleur.

Qu’est-ce qui fait que les veines se dilatent ?

Il y a deux causes principales : les produits vasodilatateurs et tout ce qui joue sur le taux de cortisol.

 

1) Les vasodilatateurs

 

Vu que la migraine est causée par une dilatation des veines, il est évident que de nombreux produits qui entrainent une vasodilatation vont avoir tendance à provoquer des migraines.

 

L’alcool est certainement le vasodilatateur dont la consommation est la plus répandue. Donc, forcément, des tonnes de gens vont avoir des migraines à cause de ça.

Seulement, selon la dose prise, la capacité d’élimination de l’alcool propre à chaque personne, la consommation de café derrière, et l’heure de la journée, très souvent, ça ne va pas entrainer de problème de migraine. Donc, beaucoup de gens ne vont pas faire le lien entre les deux.

Pour la dose et la capacité d’élimination, c’est facile à comprendre. Si la prise d’alcool est faible et que la personne est capable de l’éliminer rapidement, l’effet vasodilatateur va être faible et durer peu de temps. Concernent le café, comme ça a un effet de constriction des veines, l’effet va s’opposer à celui de l’alcool. Du coup, si la consommation d’alcool a été raisonnable, la migraine n’apparaitra pas. Enfin, l’heure de la journée joue parce que le taux de cortisol sanguin est élevé durant la journée. Or, le cortisol entraine une constriction des vaisseaux sanguins. Donc, si on consomme de l’alcool seulement à midi, le cortisol va s’opposer à l’effet de vasodilatation et les maux de tête auront moins de chance d’apparaitre.

 

Les solvants sont très souvent des vasodilatateurs. Apparemment, l’effet dépend en partie de la sensibilité des gens. Mais respirer des odeurs de peinture, d’essence, des parfums ou des déodorants peut déclencher des migraines chez certaines personnes.

C’est pour ça que les poppers entrainent des maux de tête. Idem pour l’éther ou certains autres solvants utilisés comme drogues récréatives.

Cela dit, à cause de l’effet sur la douleur de certains de ces produits, souvent, les maux de tête vont être de courte durée. L’effet vasodilatateur doit apparaitre avant l’effet sur la douleur. Donc, pendant une courte période, l’effet dilatateur entraine l’apparition de la douleur, puis, l’effet antidouleur la supprime.

 

Les stimulants sexuels comme le viagra sont des vasodilatateurs et sont également connus pour engendrer des migraines.

 

Certaines situations entrainent aussi une dilatation des veines. C’est le cas de la chaleur. S’il fait très chaud, les veines vont avoir tendance à se dilater. Du coup, une crise peut apparaitre. Il est possible que ce soit la raison pour laquelle les gens associent la migraine au temps orageux. En été, le temps orageux associe la chaleur à l’humidité. Du coup, le corps a plus chaud et la vasodilatation est plus importante.

Cela dit, il est possible que le changement de pression de l’air ait aussi un impact sur la vasodilatation et que ça joue même durant d’autres saisons que l’été. C’est à voir.

 

2) Les produits et situations augmentant le taux de cortisol

 

–          Les produits augmentant le taux de cortisol

Autant les produits vasodilatateurs ont un effet assez clair sur la migraine, autant, les produits augmentant le taux de cortisol ont une action beaucoup plus vicieuse, parce que ces produits causent la migraine mais aussi diminuent les migraines. La cause du mal est aussi le médicament.

Il est normal que les produits augmentant le taux de cortisol permettent de combattre les maux de tête. Ceci parce qu’un taux de cortisol élevé entraine une constriction des vaisseaux sanguins. Or, comme la migraine est causée par la dilatation des veines qui font pression sur les nerfs situés derrière, forcément, ça calme la crise.

Seulement, comme on l’a vu par ailleurs sur ce blog, ce qui se passe, c’est que si le taux de cortisol est élevé artificiellement pendant longtemps, dès qu’on arrête de prendre le produit qui le maintient élevé, le corps diminue automatiquement le taux de cortisol. Les vaisseaux sanguins se dilatent à nouveau et les problèmes de migraines peuvent apparaitre.

La plage de temps durant laquelle le taux de cortisol est bas peut être plus ou moins longue en fonction de la durée pendant laquelle il a été élevé. Si le taux de cortisol a été élevé pendant un ou deux jours, il peut être bas pendant quelques heures. S’il l’a été pendant un mois, il pourra rester bas pendant 1 semaine ou 2. Et s’il l’a été pendant des mois voir des années, il peut rester bas jusqu’à 3 ou 4 mois. Donc, on peut avoir des périodes de baisse allant de quelques heures à plusieurs mois.

 

–          Liste non exhaustive des produits augmentant le taux de cortisol :

Déjà, il y a évidemment la plupart des médicaments antimigraineux hormis ceux dits de palier 3. En effet, à part pour les grands migraineux, la plupart des médicaments présentés comme spécifiquement contre la migraine sont en fait soit des anti-inflammatoires de type aspirine soit une association anti-inflammatoire/opiacés. Pour les très grands migraineux, on passe plutôt à des opiacés purs (et puissants).

Il y a tous les anti-inflammatoires. Que ce soit l’aspirine, le paracétamol et tous les autres anti-inflammatoires stéroïdiens ou non-stéroïdiens. Il ne faut pas confondre avec certains anti-inflammatoires qui sont à base de produits opiacés ou qui combinent un produit opiacé et un produit qui augmente le taux de cortisol (comme le di-antalvic).

Les antibiotiques ont aussi un effet du même genre.

La pilule contraceptive a aussi cet effet-là.

On peut penser que les produits contre l’asthme ont aussi cet effet-là. Du coup, si on diminue les doses ou qu’on ne prend pas ses médicaments pendant quelques jours, une crise peut apparaitre. Ça sera plus le cas si la personne prend de la cortisone par voie digestive (donc en cas d’asthme assez avancé). Par contre, pour les sprays, vu que leur impact est probablement plus local, l’impact est à déterminer. S’il y a un impact sur la migraine, il est probablement plus aléatoire en cas d’arrêt.

Un bon nombre d’huiles essentielles prises par voie orale ont un effet du même type. Donc, il faut se méfier de ce qui semble être des recettes miracles soi-disant naturelles et sans effets secondaires. C’est en réalité exactement la même chose que de l’aspirine. Sauf qu’étant issus de plantes, ces produits ont une concentration en produits actifs qui peut être aléatoire. Ce qui peut être éventuellement dangereux si on prend plusieurs types d’huiles essentielles en même temps.

Certains produits qui ne semblent pas être des médicaments aux yeux du grand public ont en réalité un effet d’augmentation du taux de cortisol et ne sont donc pas du tout des produits innocents. C’est le cas de la spiruline, de la chlorera et du klamath. Ces extraits d’algues ne sont pas du tout des aliments, comme c’est présenté sur certains sites, mais bien des produits actifs ayant une action de type anti-inflammatoire. C’est d’ailleurs pour ça que sur les sites en question, on recommande de ne pas en prendre plus de quelques grammes par jour.

Le café a cet effet également. Probablement que le chocolat noir avec de fortes concentrations de cacao l’a aussi dans une moindre mesure. Peut-être que c’est le cas aussi du thé, à voir.

D’ailleurs, un certain nombre de médecins et aussi pas mal de personnes se sont aperçu qu’il ne valait mieux pas diminuer les doses de café d’un seul coup si on en prend pas mal chaque jour. Le taux de cortisol continue à être augmenté, mais comme il est comparativement moins important qu’avant, une crise peut apparaitre.

Il est possible que certains fromages aient cet effet. J’ai lu que les bleus pouvaient entrainer de la migraine.

Le gin tonic a aussi cet effet. Peut-être la bière. D’une façon générale, toutes les boissons ayant un gout amer.

Probablement les boissons à base d’Anis comme le pastis, ou celles à base de menthe.

Certaines plantes à gout amer comme la rhubarbe.

Le coca-cola aussi apparemment.

 

Pour récapituler, ce qui se passe, c’est d’abord que ce genre de produit va augmenter le taux de cortisol et donc provoquer une constriction des veines. C’est pour ça que tous les produits cités plus haut marchent contre la migraine. Mais, au bout de quelques heures, le taux de cortisol va retomber à un niveau plus bas que la normale. Et du coup, il va y avoir dilatation des veines. Et la douleur risque de revenir.

Toutefois, le retour de la crise n’est pas obligatoire et dépend d’un certain nombre de facteurs.

Déjà, ça dépend de la dose de produits ingérée et de la fréquence à laquelle on prend le produit. Si on prend par exemple 500 mg d’aspirine une fois, il y a des chances que ça fasse passer la crise sans qu’elle ne revienne ensuite.

Ensuite, ça dépend du moment de la journée. Durant la journée, le taux de cortisol est élevé. Donc, si on a pris tôt le matin un produit augmentant le taux de cortisol (du café par exemple), il est possible qu’aucun problème de migraine n’apparaisse durant l’après-midi, quand l’effet du café sur le taux de cortisol disparaitra. Par contre, comme le soir, le taux de cortisol baisse naturellement, il est possible que la migraine apparaisse à ce moment-là. Comme on le verra plus bas, une situation de stress augmente aussi le taux de cortisol. Donc, ça aussi ça peut s’opposer au retour de la migraine.

 

Concernant la pilule contraceptive, on comprend pourquoi les femmes ont des maux de têtes lors de leurs règles. Il est possible que les règles correspondent à une baisse naturelle du taux de cortisol et que des migraines apparaissent même sans prise de pilule. Mais la pilule amplifie énormément le phénomène, voir le crée carrément chez bon nombre de femmes. Comme la pilule augmente le taux de cortisol, et qu’une femme en prend pendant 3 semaines, le taux de cortisol est maintenu artificiellement haut pendant longtemps. Du coup, quand la femme arrête d’un seul coup de prendre la pilule lors des règles, le taux de cortisol diminue fortement, les veines se dilatent, et la migraine apparait.

On comprend donc pourquoi les pilules prises en continu suppriment les crises. Comme en fait, l’arrêt de la pilule ne dure que 3 jours (avec 3 fausses pilules), le taux de cortisol n’a pas le temps de redescendre beaucoup et les maux de tête n’apparaissent pas. Par contre, le fait de maintenir le taux de cortisol élevé pendant longtemps engendre des effets très négatifs sur le corps (voir les articles sur la pilule contraceptive). Le gain concernant les maux de tête est chèrement payé par ailleurs.

Cela dit, comme les femmes qui ont des migraines durant leurs règles prennent généralement des médicaments antimigraineux augmentant le taux de cortisol, en fait, c’est quasiment comme si elles prenaient des pilules en continu. Pas tout à fait, puisque sinon la crise n’arriverait pas, mais ça n’est pas loin de ça.

Il est possible aussi que des femmes changeant de pilule pour une moins fortement dosée ressentent des maux de tête au début à cause de la diminution du taux de cortisol par rapport à la précédente pilule.

Inversement, le changement d’une pilule faiblement dosée mais prise en continu pour une pilule plus fortement dosée va faire aussi apparaitre des crises, puisque là, il y aura une phase d’arrêt de 7 jours.

 

–          Les situations entrainant une augmentation du taux de cortisol

 

Vu que le cortisol est une hormone naturelle utilisée par le corps pour gérer certaines situations ou stress, il est normal que certaines situations naturelles aboutissent à une augmentation du taux de cortisol. Hausse qui sera suivie d’un effondrement et donc de l’apparition d’une crise.

C’est le cas des situations de stress. Le taux de cortisol est élevé pour que, grâce à la constriction des veines, le sang circule plus vite à chaque battement de cœur. Par ailleurs, le taux de cortisol est associé à des états mentaux plus positifs et plus agressifs. Ce qui est utile en situation de danger et d’action.

Seulement, vu que certaines parties du corps sont alors défavorisées (les membres), le corps ne peut pas maintenir indéfiniment ce taux de cortisol élevé. Donc, au bout d’un moment, le taux de cortisol diminue fortement, les veines se dilatent, et la migraine apparait.

C’est pour ça que les migraines peuvent avoir tendance à apparaitre plutôt le week-end, ou en vacances, quand la pression du travail n’est plus là.

De la même façon, elles apparaissent plutôt le soir, la nuit ou tôt le matin, quand le corps peut se reposer. Le taux de cortisol est bas durant la nuit.

Sauf que dans le cas du sommeil, il s’agit d’un phénomène assez systématique. C’est physiologique. Alors que dans le cas du week-end ou des vacances, c’est surtout lié à l’état d’esprit de la personne. Si elle continue à travailler le week-end, ou si elle reste stressée pour une raison ou pour une autre, le taux de cortisol ne va pas retomber et la migraine ne va pas apparaitre. Alors que dans le cas de la nuit, vu que normalement on dort, le taux de cortisol va automatiquement baisser.

Cela dit, ça n’est pas exactement et complètement lié à la nuit. Ca l’est parce que le corps est fait pour réagir à l’obscurité et est réglé sur le rythme journalier du soleil. Donc, globalement, il va baisser la nuit. Mais c’est lié principalement aux heures habituelles de sommeil. Quelqu’un qui vit la nuit va voir une subir une baisse du taux de cortisol assez faible. Ce sera à son heure habituelle de sommeil que celui-ci baissera et que la crise de migraine aura plus de chance d’apparaitre.

Cela dit, il est possible aussi que durant le week-end ou en vacance, la personne abuse moins du café et que ce soit la diminution de la consommation de café qui fasse apparaitre la crise. Mais les deux éléments peuvent participer au phénomène.

Eventuellement, un effort prolongé sur plusieurs jours chez des personnes qui ne sont pas habituées à en faire peut conduire aussi à ce phénomène. Le corps maintient le taux de cortisol élevé pendant 3 ou 4 jours. Et au bout de 3 ou 4 jours, il n’arrive plus à le faire. Le taux de cortisol s’effondre et les maux de tête risquent d’apparaitre. Ce sont aussi les fameux 3 ou 4 jours au bout desquels arrive le contrecoup de l’effort quand on se remet à faire du sport tous les jours.

 

3) Explication de certains effets et situations

 

–          Nausées et vomissements

Du coup, on comprend pourquoi il y a des nausées et des vomissements. Les maux de tête sont provoqués par la vasodilatation, ce qui entraine une hypotension. Or, la digestion entraine une mobilisation d’eau et de sang dans le ventre. Ce qui provoque aussi une hypotension. C’est pour ça qu’on manque d’énergie après un gros repas. Si l’hypotension venant du repas vient s’ajouter à une hypotension qu’il y a par ailleurs, il y a risque qu’il y ait une hypotension trop importante. Or, le corps à la possibilité d’arrêter la digestion immédiatement en vomissant. Donc, en cas d’hypotension trop importante, le corps va vomir pour supprimer cette source d’hypotension. Avec une seule source d’hypotension, celle-ci va redescendre et le corps va sortir de la zone d’hypotension dangereuse.

En fonction du degré d’hypotension et du fait qu’on a absorbé un repas ou non, le corps va soit ressentir une simple nausée, soit il va carrément vomir.

C’est pour ça qu’un gros repas alcoolisé peut entrainer des vomissements. Le gros repas entraine déjà une hypotension. Et l’alcool aussi. Les deux effets s’additionnent. Et la nausée apparait. Le corps se débarrasse de l’hypotension provoquée par la digestion en vomissant.

Bien sûr, le fait par exemple de reprendre de l’alcool après le repas va exacerber le problème. A l’inverse, le fait de prendre un café va diminuer le problème pour éventuellement le faire apparaitre deux heures ou trois après, quand l’effet du café diminuera et que celui de l’alcool sera encore là (si on a en a absorbé beaucoup). Le fait que ça se passe en journée ou en soirée joue aussi, etc…

 

–          Manque de sommeil

Le manque de sommeil joue aussi dans l’apparition des crises. En effet, ainsi qu’on l’a vu plus haut, le corps baisse le taux de cortisol pendant la nuit. Ça sert à hydrater les cellules des bras et des jambes et à vider les déchets des cellules du centre du corps. Donc, un taux de cortisol bas est associé au sommeil.

Du coup, plus on est fatigué, plus le taux de cortisol doit être bas. Et plus il est bas, et plus il y a dilatation des veines. Ce qui provoque des maux de tête.

 

–          Excès de sommeil

J’ai vu que l’excès de sommeil était aussi mis en cause. Une bizarrerie donc, puisque normalement, avec une bonne quantité de sommeil, le taux de cortisol devrait être élevé. Mais en fait, une fois qu’on a compris le contexte, ça s’explique assez bien. On dort beaucoup quand on a le temps de dormir ; donc, en week-end ou en vacances. Or, comme on l’a vu précédemment, durant le week-end ou les vacances, on décompresse du stress accumulé durant la semaine et le taux de cortisol baisse. Donc, ce n’est pas l’excès de sommeil qui pose problème en réalité, mais le stress accumulé avant les congés, et la décompression de ce stress durant les premiers jours ou la première semaine de vacances. Le stress du voyage peut venir s’ajouter aussi au stress général.

Par ailleurs, en vacances, il fait souvent plus chaud ; ce qui n’aide pas.

En réalité, si on est en excès de sommeil, c’est très probablement parce que justement, le taux de cortisol est bas et fait dormir plus que d’habitude. Donc, on peut se réveiller avec un taux de cortisol bas malgré une longue période de sommeil. En fait, le taux de cortisol bas entraine les deux éléments, l’excès de sommeil et la migraine.

 

–          Décalage horaire

On est dans une combinaison des deux précédentes situations. Le décalage horaire entraine un manque de sommeil. Et généralement, s’il y a décalage horaire, c’est qu’on est en vacances dans un pays éloigné, et éventuellement chaud. Donc, là encore, on peut récupérer du stress de la semaine et du voyage et subir les effets de la chaleur.

 

Bien sûr, dans les 3 cas en question (manque ou excès de sommeil, décalage horaire), il peut y avoir d’autres causes de maux de tête qui viennent se greffer là-dessus. Donc, on peut avoir un mal de tête après une grasse matinée alors qu’on n’a pas été particulièrement stressé, mais parce qu’on est par exemple dans la phase d’arrête de la pilule, ou parce qu’on a fait un repas arrosé la veille, etc…

 

–          Alternance chaud/ froid

Certaines personnes ressentiraient des migraines lorsqu’il y a alternance de chaud et de froid. C’est possible effectivement. Le froid fait se resserrer les veines et le chaud l’inverse. Donc, il est possible que la différence d’état conduise à une dilatation des veines trop importante et que ça conduise à une migraine.

 

–          Forte luminosité

Il est possible que le problème vienne bien de la lumière en elle-même. Mais souvent, s’il y a forte luminosité, c’est qu’on est en été et qu’il fait chaud. Ce qui renvoie au problème de la chaleur traité plus haut.

Et il est possible que la causalité soit inversée et que la personne réagisse mal à la lumière parce qu’elle est en situation de migraine.

 

–          Bruit

Dans la mesure où c’est une source de stress, c’est effectivement tout à fait possible que ça provoque une migraine. Ensuite, selon la façon de réagir, ça peut la provoquer avec un décalage ou immédiatement.

Si ça engendre un stress qui fait augmenter le taux de cortisol –plutôt un stress qui énerve donc-, la migraine va apparaitre une fois la personne éloignée du bruit.

Certaines personnes par contre peuvent réagir avec une sorte de stress d’effondrement, un stress qui mine plutôt qu’un stress qui énerve. Donc, là, il y aurait plutôt une baisse du taux de cortisol et apparition de la migraine rapidement.

Bien sûr, là encore, il ne faut pas confondre avec une migraine causée par l’alcool qu’on prend lors d’une soirée avec beaucoup de monde et qui est forcément bruyante.

 

–          Toux

D’après ma théorie, la toux peut accompagner la baisse du taux de cortisol. Ca n’est pas systématique, mais ça peut arriver.

Donc, on devrait trouver un lien entre par exemple l’asthme et la migraine. Eh bien effectivement, c’est le cas. C’est ce qu’on peut voir ici et ici. Il s’agit d’une étude de Davey G, Sedgwick P, Maier W, Visick G, Strachan DP, Anderson faite au HR.Department of Public Health Sciences, St George’s Hospital Medical School, London, et septembre 2002. Elle dit que les migraineux auraient un risque relatif d’avoir de l’asthme de 1,59.

Bien sûr, chez ceux qui ont des migraines légères ou peu fréquentes, la baisse du taux de cortisol ne sera généralement pas assez importante et longue pour que la toux apparaisse.

 

–          Recette de grand-mère

On comprend du coup l’utilité de mettre quelque chose de froid sur le front et quelque chose de chaud sur le ventre. Comme le froid entraine un resserrement des veines, ça va limiter leur dilatation.

Et pour la chaleur sur le ventre, comme ça provoque un élargissement des veines au niveau du ventre, ça provoque un afflux de sang et donc une pression moindre au niveau de la tête.

 

4) Cercle vicieux des médicaments antimigraineux

 

Avec cette interprétation des choses, on comprend comment les médicaments antimigraineux agissent. Ils ne font que resserrer les vaisseaux sanguins en augmentant le taux de cortisol. Du coup, ceux-ci ne font plus pression sur les nerfs situés derrière et la douleur disparait.

Il y a cependant un autre type de médicament qui est utilisé contre la migraine, ce sont les opiacés. Dans ce cas, l’effet sur la douleur est direct. L’opiacé coupe la sensation de douleur directement au niveau des nerfs. Dans les antalgiques de palier 2, on a un anti-inflammatoire et un opiacé faible. Dans les antalgiques de palier 3, on a seulement un opiacé, mais un opiacé fort (comme la morphine). Les antalgiques de palier 2 sont utilisés quand les antalgiques de palier 1 (les anti-inflammatoires seuls) ne font plus suffisamment effet. Même chose pour les antalgiques de palier 3 par rapport aux antalgiques de palier 2.

La question de l’entrée dans un cercle vicieux due aux antimigraineux dépend du type de médicaments pris. Mais globalement, il y a un réel danger d’entrer petit à petit dans un cercle vicieux qui va faire prendre de plus en plus d’antimigraineux, voir en prendre presqu’en permanence.

Pour les antimigraineux de palier 1, le problème ne se pose quasiment pas. Autant, avec les médicaments augmentant le taux de cortisol pris sur une longue période (pilule par exemple), il y a introduction d’un cercle vicieux, autant, comme les antimigraineux de palier 1 sont pris ponctuellement –quand la crise arrive-, il n’y a pas vraiment de cercle vicieux. Ou plutôt, le cercle vicieux est peu fréquent et dure relativement peu longtemps. L’augmentation artificielle du taux de cortisol doit durer trop peu de temps pour enclencher un cercle vicieux.

Ils peuvent effectivement entrainer un retour de la crise quand ils cessent d’agir. Mais ça ne va pas être systématique. La personne va prendre une aspirine, ça va calmer sa douleur. Et ça sera finit. Parfois, ça enclenchera le cercle vicieux, et la personne subira alors une migraine pendant plusieurs jours au lieu d’un seul. Pour les gros migraineux, le cercle vicieux s’enclenchera plus souvent, mais ça restera limité.

Si la personne a des problèmes de retour de migraine, ce sera souvent parce qu’il y a un problème de baisse du taux de cortisol entrainé par une autre  cause.

Cela dit, bien sûr, il y aura certaines personnes qui entreront dans un cercle vicieux relativement long uniquement à cause des antalgiques de palier 1. Mais ça sera rare.

C’est avec les antalgiques de palier 2 que le problème d’entrée dans un cercle vicieux de longue durée va apparaitre.

On va déjà avoir un problème de cercle vicieux de courte durée. Ceux-ci vont apparaitre plus souvent avec les antimigraineux de palier 2 qu’avec ceux de palier 1. Ça va arriver plus souvent déjà parce que si ces médicaments plus puissants sont utilisés c’est parce que les personnes ont des problèmes de migraine plus importants. Donc, on va utiliser ces médicaments plus souvent, augmentant la probabilité de survenue d’un cercle vicieux. Et en plus, celui-ci sera plus long. Disons que plus ou moins souvent, ça va faire durer la crise non pas 2 ou 3 jours, mais carrément une semaine ou 10 jours.

Bien sûr, tout dépend de la dose. Comme pour les antalgiques de niveau 1, une prise isolée ne va pas entrainer de cercle vicieux.

Et les retours de crise vont être en plus être beaucoup plus douloureux qu’avec les antalgiques de palier 1. En effet, les opiacés ont un effet direct sur la douleur, et arrêter de les prendre entraine un retour de la douleur, mais augmenté. Donc, comme ces médicaments contiennent des anti-inflammatoires et des opiacés, quand on arrête de les prendre, la migraine risque de revenir à cause du cercle vicieux lié à l’anti-inflammatoire, mais en plus, la douleur va être magnifiée par l’arrêt de l’opiacé.

Le premier problème qui va entrainer des cercles vicieux de durée plus longue, c’est que comme il faut prendre des doses de plus en plus fortes d’opiacés pour conserver le même effet sur la douleur, il va falloir prendre des doses de plus en plus fortes d’antalgiques de pallier 2. Ce qui risquera de faire revenir la migraine pendant plus longtemps.

Mais surtout, les antalgiques de paliers 2 risquent d’entrainer une véritable addiction à l’opiacé qu’ils contiennent. Donc, les gens vont avoir tendance à les consommer en continu, histoire d’éviter les symptômes très désagréables ressentis lors de l’arrêt (comme quand on arrête la morphine ou l’héroïne). Du coup, il va y avoir rapidement prise en continu, et entrée dans un cercle vicieux de longue durée, voir permanent. Dès que la personne arrêtera d’en prendre, comme le taux de cortisol aura été élevé artificiellement pendant longtemps (à cause de l’anti-inflammatoire), il s’effondrera, et la migraine reviendra. Et elle reviendra d’autant plus fort que l’arrêt de l’opiacé magnifiera la douleur. Donc, les antalgiques de type 2 peuvent provoquer l’entrée dans le cercle vicieux permanent, via l’addiction à l’opiacé. Ça dépendra en fait de la capacité de la personne à contrôler cette addiction.

Le cercle vicieux pourrait ne pas apparaitre avec les antimigraineux de palier 3, à savoir les opiacés puissants (ex. la morphine). En effet, comme les opiacés n’engendrent pas de cercle vicieux de la douleur, mais entrainent seulement une magnification d’une douleur déjà présente, normalement, la migraine ne devrait pas revenir après leur arrêt.

Mais ce qu’il y a, c’est que les opiacés entrainent de nombreux effets secondaires, et que certains ne peuvent être traités qu’en prenant des produits de type inflammatoire. Du coup, quasiment systématiquement, on prend aussi des anti-inflammatoires en plus de l’opiacé. Or, lorsqu’on arrêtera de prendre le médicament, on arrêtera aussi l’anti-inflammatoire. Et l’effet en retour lié à l’arrêt de l’anti-inflammatoire va faire revenir la douleur. Il y aura donc une douleur de présente, et l’arrêt de l’opiacé va la magnifier.

On se retrouve donc dans la même situation que dans le cas des antimigraineux de palier 2. Sauf que l’effet en retour après l’arrêt du médicament sera encore pire, puisque l’opiacé est plus fort.

Sauf que cette fois, il y aura un risque quasi certain de création d’un cercle vicieux long, voir même permanent. En effet, comme on doit prendre l’opiacé pendant plusieurs semaines pour qu’il fasse effet, on doit prendre des anti-inflammatoires aussi pendant la même période de temps (pour contrer certains effets secondaires de l’opiacé donc). Du coup, quand on arrête l’opiacé, on arrête aussi l’anti-inflammatoire, et la migraine va alors revenir pendant de nombreux jours, voir des semaines ; obligeant ainsi la personne à reprendre de l’opiacé. Et ce cycle peut perdurer indéfiniment.

Les antalgiques ne palier 3 ne peuvent être prescrits que pendant une période maximale de 28 jours (loi de 1999). Mais rien n’empêche le médecin de renouveler indéfiniment le traitement. Et même si on ne prend pas l’opiacé en permanence, mais par période de plusieurs semaines, un cercle vicieux long s’installera forcément, à cause de la prise conjointe de l’anti-inflammatoire. En fait, dès qu’on prend l’opiacé de façon prolongée (sur plusieurs semaines), et plus seulement ponctuellement, on entre dans un cercle vicieux qui s’auto-entretient.

Et puis, là aussi, il va y avoir le problème de l’addiction. Et vu les doses d’opiacé, l’addiction sera pire qu’avec les antalgiques de palier 2. La personne aura donc un risque très fort de devenir accroc à l’opiacé et à devoir continuer à prendre de l’antalgique indéfiniment.

En fait, dès qu’on est obligé de prendre l’antalgique sur une période de plus de quelques semaines, que ce soit à cause d’une addiction à l’opiacé, ou parce qu’il faut prendre le produit sur une longue période pour qu’il soit efficace, il y a un risque énorme de rentrer dans un cercle vicieux de longue durée concernant la migraine, un cercle vicieux qui s’auto-entretient.

Dans la mesure où de nombreuses personnes vont passer des antalgiques de palier 1 à ceux de palier 2, et où le cercle vicieux se met en place dès ce palier là, on peut dire qu’il y a arnaque. Arnaque dans le sens où on va se mettre à donner des médicaments qui vont faire entrer dans un cercle vicieux, ce qui empêchera d’arrêter de les prendre. Si les gens arrêtent de le faire, la migraine reviendra, et avec une intensité bien plus forte qu’une migraine normale. Ces gens seront donc obligées de reprendre de l’antalgique. Et à cause de l’addiction à l’opiacé, l’arrêt du médicament entrainera des crises d’angoisse, une très grand nervosité, et d’autres symptômes de sevrages, ce qui obligera là-aussi à reprendre de l’antalgique. Donc, ils seront obligés de prendre l’antimigraineux quasiment à vie. Au mieux, ils seront obligés d’en prendre sur de longues périodes.

Et il y a arnaque aussi parce qu’on sait qu’un pourcentage important de migraineux finiront par passer aux antalgiques de niveau 2 et 3. Si, le passage des antalgiques de palier 1 à ceux de palier 2 était rare, l’arnaque serait limitée. Mais là, vu que c’est fréquent, il s’agit d’une arnaque massive. On organise en fait l’addiction.

Et bien sûr, cette addiction aux opiacés et aux anti-inflammatoires et les effets secondaires qui les accompagnent ouvriront la voie à des diagnostics de maladies plus graves.

 

Donc, avec les antalgiques de palier 1, la plupart du temps, le problème de la migraine va venir d’autres causes de variation artificielle du taux de cortisol, des causes qui sont présentes tout le temps : alimentation et/ou prise de médicaments augmentant le taux de cortisol (pilule par exemple), etc… C’est pour ça que beaucoup de femmes voient disparaitre leurs migraine à la ménopause, quand elles arrêtent de prendre la pilule. Cela dit, pas mal prennent des hormones qui vont avoir les mêmes effets, mais en permanence cette fois, ce qui fera comme une prise d’anti-inflammatoire en permanence. Donc, peut-être que l’analyse est biaisé en ce qui concerne les femmes.

Mais dès que la personne arrivera aux antalgiques de palier 2, elle aura un gros risque d’entrer dans un cercle vicieux auto-entretenu qui l’empêchera d’arrêter ses médicaments.

Ce qui n’empêchera d’ailleurs pas qu’il y ait toujours des causes externes de variation du taux de cortisol ou de vasodilatation directe. On peut même penser que si les gens en sont à prendre des antalgiques au-dessus du palier 1, c’est qu’elles ont des causes importantes par ailleurs d’avoir des migraines.

 

5) Débat sur le fait de savoir si c’est la migraine qui entraine la dépression ou l’inverse

 

Il y aurait un débat entre les médecins à ce sujet.

Déjà, il faut savoir que la dépression, hors cas ayant des raisons importantes de déprimer, est causée souvent par un taux de cortisol bas. Le cortisol est en effet aussi un régulateur de l’humeur. Avec un taux élevé, on a la pèche, voir on peut être énervé et excité. Avec un taux bas, on déprime, on manque d’envie, d’allant, etc…

Donc, le taux de cortisol bas étant lié à la dépression, et la migraine étant liée (hors prise de substances vasodilatatrices) à un taux de cortisol bas, la migraine est liée à la dépression naturellement. Quand il y a un taux de cortisol bas, il va y avoir tendance à y avoir en même temps migraines et dépression. Donc forcément, on va se dire qu’il y a un lien entre les deux. Il y a effectivement un lien entre les deux via une cause en amont qui est le taux de cortisol.

La baisse du taux de cortisol va souvent venir d’une cause n’ayant rien à voir avec la migraine ou la dépression. Mais par ailleurs la migraine est liée à la dépression à cause des médicaments pris pour la soigner. Et inversement, la dépression est lié à la migraine, là encore, à cause des médicaments pris pour lutter contre elle. Donc, les deux problèmes risquent d’amener l’un à l’autre. Il n’y a pas seulement corrélation mais aussi causalité. Causalité qui va dans les deux sens, de la migraine vers la dépression et inversement.

 

a. Cas du taux de cortisol bas amenant migraine et dépression

Là, on est donc dans le cas où il y a une cause générale aux deux phénomènes que sont la migraine et la dépression. Cause qui est un taux de cortisol bas.

Dans le cas présent, la plupart du temps, il va s’agir de cas où le taux de cortisol est bas pendant une assez longue durée. Ne serait-ce qu’à cause du fait qu’on ne parle pas de déprime au bout de seulement quelques jours ou quelques semaines.

A partir de là, il y a plusieurs cas possibles.

Déjà, il y a le cas où la personne a pris pendant longtemps des substances qui augmentent artificiellement le taux de cortisol et qui a arrêté de les prendre d’un coup. Ça peut être le cas de la pilule, ou d’anti-inflammatoires de type cortisone ou aspirine, ou encore d’un traitement anti-cancéreux.

Il y a aussi des situations naturelles ou le taux de cortisol augmente, puis s’effondre. C’est le cas de situations prolongées de stress, comme on l’a vu. La deuxième moitié de la grossesse semble voir aussi une augmentation du taux de cortisol pour le voir fortement diminuer par la suite.

Dans ces différents cas, vu que l’augmentation du taux de cortisol s’est faite pendant longtemps, la baisse dure elle aussi pendant longtemps (plusieurs semaines à plusieurs mois). Et comme ça dure longtemps, la dépression dure longtemps. Elle est donc plus visible que si elle est entrecoupée fréquemment de plus ou moins longues périodes où la personne se sent bien. Et comme il y a des migraines durant cette période, on va faire le lien entre les deux et se dire que peut-être que la migraine peut entrainer la dépression ou l’inverse, ou encore qu’il y a une mystérieuse cause en amont qui entrainerait les deux phénomènes.

 

b. Cas migraine > dépression :

Concernant le cas de la migraine qui mènerait à la dépression, c’est un peu différent.

Concernant les migraineux légers à intermédiaires, il n’y a en général pas trop de problème de dépression, puisqu’on prend des médicaments augmentant le taux de cortisol immédiatement. Donc, au pire, les épisodes avec un faible taux de cortisol dureront au maximum un ou deux jours et l’éventuelle déprime aussi. Ça ne durera pas assez longtemps pour qu’on puisse accoler l’étiquette « dépression » sur la personne. Et même, ces épisode ne dureront la plupart du temps qu’à peine une demi-heure, le temps que la personne prenne des médicaments qui augmenteront à nouveau le taux de cortisol. Donc là, ça supprimera la dépression éventuelle très rapidement.

Par contre, chez les gros migraineux, c’est différent, parce qu’eux vont prendre souvent des médicaments à base d’opiacés. Or on peut penser que ces médicaments provoquent chez certaines personnes une dépression, alors que chez d’autres, ça reste neutre. Donc, dans ce cas, la migraine amène effectivement à la dépression via l’utilisation de médicaments.

c. Cas dépression > migraines

Enfin, concernant la causalité dépression > migraine, un certain nombre de médicaments contre la dépression sont en réalité des analogues de la cortisone ou des anti-inflammatoires non stéroïdiens.

Donc, quand on arrêt de les prendre ou qu’on diminue les doses, la migraine apparait. Et les médecins auront alors tendance à penser que la dépression a un lien avec la migraine.

 

6) Solution au problème

 

Donc, il faut surtout éviter d’absorber des produits vasodilatateurs et limiter le plus possible les variations de taux de cortisol.

Concernent les vasodilatateurs, il faut donc éviter avant tout l’alcool et les solvants (dont les parfums si on y est sensible).

Et pour les augmenteurs du taux de cortisol, il faut éviter les éléments suivant :

Pour la nourriture : le café, le chocolat noir, les fromages de type « bleu », le gin tonic, le coca-cola, éventuellement les pastis, les boissons à base de menthe, les desserts à base de rhubarbe.

En ce qui concerne les médicaments allopathiques, il faut éviter les anti-inflammatoires, la pilule et certains antidépresseurs ayant un effet de type anti-inflammatoire. Et bien sûr, il faut éviter les médicaments antimigraineux de type anti-inflammatoire, qui ne font qu’entretenir le phénomène.

Enfin, du côté des médicaments dit « naturels », il faut éviter les extraits de plantes (autrement appelés huiles essentielles), ainsi que certaines algues ayant un effet anti-inflammatoire comme la spiruline, la  chlorera, le klamath.

 

Conclusion :

 

Donc, en réalité, il n’y a que deux causes principales au problème des migraines : la vasodilatation directe et le taux de cortisol bas. Le problème est assez simple. Seulement, comme il y a des tas de situations et de produits chimiques qui entrainent une vasodilatation ou qui jouent sur le taux de cortisol, les causes du phénomène, pour quelqu’un qui n’a pas compris le mécanisme, vont sembler assez obscures et multiples. D’autant plus que comme on l’a vu, les doses, la répétition de la prise de produit posant problème, l’heure à laquelle est pris le produit, jouent dans le fait que la crise risque de revenir ou pas. Et à ça vient s’ajouter le problème du stress, de la fatigue, de la chaleur, etc… Ce qui rend encore plus obscure le problème si on ne comprend pas le principe de base.

Il y a un certain nombre de causes qui peuvent entrainer petit à petit à consommer de plus en plus d’antimigraineux. Du côté des femmes, c’est clair, la pilule est une source gigantesque de migraines. Du côté des hommes, l’alcool et la consommation de café vont être eux aussi des sources très importantes de migraines. Ensuite, il y aura des causes plus diverses comme le stress, la fatigue, les médicaments pris pour diverses raisons (asthme, douleurs, etc…), etc.

Et évidemment, puisque le problème vient soit de l’absorption d’un produit vasodilatateur ou d’une augmentation artificielle ou naturelle du taux de cortisol, il faut simplement éviter l’absorption des premiers types de produit, et éviter l’augmentation non naturelle du taux de cortisol.

Bien sûr, il y a des migraines qui ont une cause plus profonde, comme des caillots sanguins, une tumeur, des problèmes de cervicales, etc… Mais on peut penser qu’au moins 95 % des migraines sont en fait entrainées par les deux causes citées dans cet article.

 

Le troisième type de médicament : l’association anti-inflammatoire/opiacé

 

Comme on a pu le voir sur ce blog, il y a principalement 2 types de médicaments produits par l’industrie pharmaceutique : les anti-inflammatoires et les opiacés (plus quelques-uns utilisés pour des cas assez particuliers comme certains diurétiques ou anti-constipation). L’industrie pharmaceutique les recycle sous des tas de noms différents en les faisant passer pour des médicaments complètement différents les uns des autres et ayant donc des effets spécifiques. Mais quand on analyse leurs effets, on se rend compte que ces derniers sont toujours les mêmes et donc que ces médicaments sont identiques.

Mais en fait, il y a évidemment un troisième type de médicament. Ce sont ceux qui associent un anti-inflammatoire et un opiacé. J’ai découvert ça il y a un an environ.

Avec les produits purs, comme les anti-inflammatoires, ou les opiacés, les effets secondaire sont connus. Mais comme là, il s’agit d’un mélange, ça devient évidemment plus compliqué. Les effets peuvent se concurrencer ou non. Dans le cas où ils se concurrencent, le résultat final dépend en partie des doses respectives des deux médicaments, en partie de l’intensité initiale de l’effet, etc… Donc, c’est loin d’être simple.

C’est pour ça que j’ai mis longtemps avant de m’y atteler. C’est en faisant un article (à venir) sur la migraine que j’ai découvert qu’on utilisait beaucoup ce type de médicaments. Avec plus d’exemples disponibles et forcé de faire l’étude de leurs effets dans le cadre de l’article sur la migraine, j’ai enfin réalisé une analyse du problème.

Pour rappel, la médecine orthodoxe sépare les antalgiques en 3 niveaux. Ce sont les antalgiques de niveau 2 qui sont essentiellement des mélanges anti-inflammatoires/opiacés. Les opiacés utilisés dans ce cas sont d’intensité assez faible, comme la codéine. Ceux de niveau 1 sont composés d’anti-inflammatoires de type aspirine, paracétamol, etc… Et ceux de niveau 3 sont composés d’opiacés de plus forte intensité, comme la morphine.

 

1) Détermination des effets des mélanges anti-inflammatoires/opiacés

 

Vu qu’il s’agit d’un mélange de deux produits, il est évidemment plus compliqué d’en déterminer les effets.

Déjà, certains effets sont contraires les uns des autres. Par exemple, les anti-inflammatoires entrainent une vasoconstriction alors que c’est l’inverse pour les opiacés. Les opiacés diminuent la sensation de faim, alors que les anti-inflammatoires l’augmentent. Les anti-inflammatoires provoque de la diarrhée, alors que les opiacés provoquent de la constipation. Les opiacés entrainent une somnolence alors que les anti-inflammatoires ont plutôt tendance à empêcher de dormir.

Par contre, certains effets ne semblent pas se retrouver de façon inverse dans l’autre type de produit. Par exemple, les opiacés provoquent une détente des muscles, alors que les anti-inflammatoires ne semblent pas provoquer une excitation musculaire. Les anti-inflammatoires augmentent le taux de cortisol, alors qu’il ne semble pas que les opiacés le diminuent. Les opiacés diminuent la douleur, tandis que les anti-inflammatoires ne l’augmentent pas. Les anti-inflammatoire pris à hautes doses ont un effet de désagrégation des cellules (d’où des saignements) ; alors qu’il n’y a pas d’effet inverse avec les opiacés. Les anti-inflammatoires entrainent une accumulation d’eau dans le centre du corps, alors qu’à priori, les opiacés n’ont pas d’influence sur le problème. Les anti-inflammatoires entrainent aussi une agression du foie, alors que les opiacés a priori non.

Dans ce cas, vu qu’il n’y a rien en face pour contrecarrer l’effet de l’opiacé ou de l’anti-inflammatoire, on retrouve à peu près les effets officiels concernant ce type de médicaments.

Voici un tableau pour visualiser plus facilement la liste des cas :

 


Anti-inflammatoires

Opiacés

Résultat

Effets contraires

vasoconstriction

Vasodilatation

(effets induits : vertiges, nausées, vomissements)

Dépend de la dose relative et de l’intensité d’action de chaque médicament. Réalité du phénomène et interprétation pas évidents

faim

Manque d’appétit

Pas pris en continu. Donc, pas trop de risque de subir l’un ou l’autre effet

Diarrhées

Constipation

La constipation semble l’emporter souvent

insomnie

somnolence

La somnolence semble souvent l’emporter

Enervement/excitation

Etat amorphe/déprime

Même chose que pour la somnolence. L’état amorphe/déprime semble l’emporter.


Effets sans concurrence


Détente des muscles

Oui


Diminution de la douleur

Oui

Augmentation du taux de cortisol


Oui

Désagrégation des cellules


Probablement faible ou inexistante parce que dose d’anti-inflammatoire faible et pas prise en continu. Mais peut apparaitre si les doses augmentent.

Accumulation d’eau dans le centre du corps et donc prise de poids


Peu de risque de subir cet effet puisque pas pris en continu

Agression du foie


Oui mais faible parce que pris ponctuellement

Eruption cutanée (découle de la désagrégation des cellules)


Rare mais peut arriver avec des doses importantes

Accumulation soudaine d’eau et de sang au niveau du ventre en réaction à l’agression de l’anti-inflammatoire (qui peut entrainer des nausées et vomissements)



L’effet peut être notable avec des doses moyennes d’anti-inflammatoire

 

 

1,1) Les effets sans concurrence

 

Donc, du côté des effets sans concurrence, on a :

Pour l’opiacé :

  • Détente des muscles
  • Diminution de la douleur

Pour l’anti-inflammatoire :

  • Augmentation du taux de cortisol
  • Désagrégation des cellules
  • Accumulation d’eau dans le centre du corps et donc prise de poids
  • Agression du foie
  • Eruption cutanée
  • Accumulation soudaine d’eau et de sang au niveau du ventre

 

Tous ces effets sont susceptibles d’être présents en même temps. Mais, il y a plusieurs effets de l’anti-inflammatoire qui ne se voient pas parce que les doses sont faibles ou parce que le produit n’est pas pris en continu.

Il s’agit de :

  • La désagrégation des cellules
  • L’accumulation d’eau dans le centre du corps et donc la prise de poids
  • L’éruption cutanée
  • Accumulation soudaine d’eau et de sang au niveau du ventre (nausées, vomissements)

 

La désagrégation des cellules peut être présente et provoquer des saignements. Mais ça doit être relativement rare. Et même si ça arrive, la plupart du temps, ça ne sera pas situé dans une zone importante et irréparable. Donc, ça passera inaperçu. La prise de poids aussi va être relativement rare, puisqu’on prend ces médicaments pendant 2 ou 3 jours, pas pendant 1 mois non-stop. L’éruption cutanée va être rare et va dépendre de la dose d’anti-inflammatoire contenue dans le mélange. Enfin, l’accumulation soudaine d’eau et de sang au niveau du ventre ne va pas être perçue si les doses d’anti-inflammatoires sont faibles. Cela dit, même si l’effet devient notable (nausées, vomissements) lors de l’augmentation des doses, la personne pensera qu’il s’agit d’un problème en liaison avec la migraine.

 

Du coup, on aura principalement une détente des muscles, une diminution directe de la douleur pour l’opiacé. Et pour l’anti-inflammatoire, une augmentation du taux de cortisol et une agression du foie.

L’agression du foie sera évidemment lente, vu que le produit n’est pas pris de façon continue et à hautes doses. Donc, les dégâts ne se verront que par exemple 20 ou 30 ans plus tard (si la personne a pris des antalgiques pendant tout ce temps). Mais bien sûr, plus le médicament sera pris à des doses élevées et souvent, plus vite et plus fort se fera l’endommagement du foie.

Du coup, à court terme, il y aura que 3 effets sans concurrence : la détente des muscles, la diminution directe de la douleur et l’augmentation du taux de cortisol.

 

1,2) Les effets en concurrence

 

On a donc les couples anti-inflammatoire/opiacé suivants.

  • Faim/manque d’appétit
  • Diarrhée/constipation
  • Insomnie/somnolence
  • Vasoconstriction/vasodilatation

 

Il n’est pas évident de déterminer si un des deux médicaments domine globalement l’autre, parce que ça va varier selon les cas. Dans un cas, l’intensité de l’effet de l’opiacé va être très fort, alors que celui de l’anti-inflammatoire va être moyen ou faible ; et inversement. Donc, il n’y a apparemment pas de domination globale de l’opiacé sur l’anti-inflammatoire et inversement. On ne peut analyser qu’effet par effet. Par ailleurs, la domination d’un effet sur l’autre peut dépendre de la dose relative de médicament.

 

–          Couple faim/manque d’appétit

Dans ce couple, difficile de savoir lequel l’emporte. En fait, vu que les médicaments ne sont pas pris en continu, l’effet dans un sens ou dans l’autre ne doit pas apparaitre beaucoup. Et en plus les deux effets doivent être plus ou moins d’intensité égale. Donc, il n’y a pas d’effet qui domine. Les deux effets se neutralisent plus ou moins et rien n’apparait.

–          Couple diarrhée/constipation

Dans le couple diarrhée/constipation, il semble que ce soit la constipation qui l’emporte en général. C’est surtout cet effet là qui est rapporté sur les notices des antalgiques de niveau 2. Donc, on pourrait se dire que c’est l’opiacé qui l’emporte sur l’anti-inflammatoire. Mais en fait, c’est difficile de dire si l’un ou l’autre l’emporte, puisque les doses d’anti-inflammatoire étant faibles et le produit pris ponctuellement, ça n’est de toute façon pas obligatoire que la diarrhée apparaisse. Donc, dans la pratique, on serait face tout simplement à une situation avec seulement un effet en lice et pas un couple antagoniste.

Ce qu’on peut se dire aussi, c’est que l’effet de détente des muscles apparait en même temps que l’effet d’agression des chairs, et au même endroit (dans le système digestif). Or, le système d’éjection du bol alimentaire par le système digestif en cas d’agression repose en partie sur une accélération du transit. Les muscles accélèrent le transit. L’eau n’a pas le temps d’être absorbée par le corps. Et du coup, c’est la diarrhée. Mais ce système ne repose pas sur des muscles stimulés artificiellement au niveau de leur fonctionnement même. Ils réagissent à une agression extérieure, mais c’est tout. Par contre, l’opiacé détend les muscles artificiellement. Du coup, c’est l’effet artificiel qui domine sur le système naturel. C’est donc l’effet opiacé, l’effet de constipation qui domine.

 

–          Couple insomnie/somnolence

Dans le couple insomnie/somnolence, c’est manifestement l’effet de somnolence provoqué par l’opiacé qui domine. Mais on peut penser que l’effet de somnolence induit par les opiacés est largement plus fort que l’effet d’insomnie induit par les anti-inflammatoires. Donc, c’est encore un cas particulier.

 

–          Couple vasodilatation/vasoconstriction

Jusqu’ici, on a eu la chance d’avoir des tendances claires et nettes. Pour le couple vasoconstriction/vasodilatation, c’est beaucoup moins le cas. Ici, les symptômes constatés (nausées, vomissements, vertiges, effet positif sur la migraine) peuvent donner lieu à plusieurs interprétations concernant la domination de l’un ou de l’autre.

Le problème qui rend l’analyse indécise, c’est qu’on signale des problèmes de nausées et de vertiges avec ces médicaments. Or, ça, ça implique une hypotension. Et une hypotension implique normalement une vasodilatation. Par ailleurs, la constipation implique une détente des muscles ; ce qui implique là-aussi une vasodilatation.

Or, on utilise en même temps un anti-inflammatoire du type aspirine, qui entraine une vasoconstriction.

Donc, soit l’effet vasodilatateur de l’opiacé l’emporte très largement sur l’effet constricteur de l’anti-inflammatoire. Soit on est dans un cas particulier où il y peut y avoir vasoconstriction et hypotension en même temps. Soit il s’agit de l’effet que peut provoquer l’anti-inflammatoire immédiatement en provoquant un afflux de sang et d’eau dans l’abdomen. Soit les effets sont décalés dans le temps.

 

  • Possibilité 1 : l’effet opiacé domine

Ici, on va faire l’hypothèse que c’est l’effet opiacé qui l’emporte largement et que l’anti-inflammatoire ne joue quasiment aucun rôle dans ce genre de médicaments.

Les effets secondaires des antalgiques de niveau 2 ressemblent fortement à ceux des opiacés. Ils provoquent des nausées, des vomissements et des vertiges. Des signes clairs d’une vasodilatation. Donc, majoritairement, ces médicaments auraient un effet de type opiacé. Et l’effet de type anti-inflammatoire ne jouerait quasiment pas.

L’effet antidouleur viendrait donc uniquement de l’effet direct sur la douleur de la part de l’opiacé, et pas du tout de l’effet sur le calibre des veines. Et l’effet sur le calibre des veines serait uniquement celui d’un opiacé, à savoir qu’elles se dilateraient au lieu de se contracter. Les histoires de vasoconstriction seraient donc des mensonges. Et l’effet de vasodilatation aurait au contraire plutôt tendance à faire augmenter la douleur s’il n’y avait pas cet effet direct sur la douleur.

Il est possible que ce qui est dit dans la littérature médical sur le fait que ça entraine une constriction des veines vienne du fait que les opiacés entrainent peut-être une vasoconstriction au niveau des extrémités. Cette vasoconstriction limitée à des endroits précis du corps donnerait l’impression fausse que c’est le cas partout. Alors que dans l’écrasante majorité du corps, il y aurait plutôt vasodilatation. Donc, il n’y aurait pas vasoconstriction là où c’est important, c’est-à-dire dans le crâne et dans le centre du corps.

 

  • Possibilité 2 : l’effet anti-inflammatoire l’emporte

Cela dit, il est éventuellement possible qu’il y ait vasoconstriction et en même temps les symptômes de prise d’opiacés.

Il se pourrait que l’effet anti-inflammatoire l’emporte ; ce qui est possible, puisque l’effet constricteur des anti-inflammatoires est assez important et que dans ces médicaments mixtes, on utilise plutôt des opiacés faibles comme la codéine. Donc, il pourrait effectivement y avoir une constriction des veines. L’effet sur la douleur viendrait alors d’une action conjointe de constriction des veines de la part de l’anti-inflammatoire et d’élimination de la douleur directement de la part de l’opiacé. L’alliance des deux types de médicaments donnerait un effet supérieur à celui d’un de ces médicaments seul.

Normalement, il ne devrait alors pas y avoir d’effets secondaires de type opiacé en rapport avec la vasodilatation. Mais il est possible que si.

En effet, si la vasodilatation entraine des nausées et des vertiges, c’est parce que ça engendre une hypotension. C’est cette dernière qui est à l’origine des nausées et des vertiges en fait. Quand aucun médicament n’est impliqué, l’hypotension implique généralement la vasodilatation. Mais avec les opiacés, il y a peut-être une deuxième source d’hypotension non liée à la vasodilatation. L’opiacé engendre une détente des muscles. Et ça, ça peut entrainer une hypotension via deux causes : 1) la détente des muscles d’une façon générale ; 2) la détente des muscles du cœur en particulier.

Les muscles permettent au sang de remonter dans les veines vers le cœur. C’est la contraction des veines par ces muscles qui permet au sang de revenir vers le cœur. Avec la détente des muscles provoquée par l’opiacé, le sang va y revenir moins vite. Du coup, le corps va peut-être faire battre le cœur moins vite histoire de s’adapter au débit en baisse du côté du retour sanguin. Le débit étant moins fort, la tension sanguine baissera.

Concernant le cœur, si les muscles le composant sont détendus, celui-ci ne va évidemment pas pouvoir battre aussi vite que d’habitude ; ce qui entrainera une diminution du débit et provoquera donc de l’hypotension.

Du coup, il risque d’y avoir hypotension malgré la vasoconstriction. La constriction des vaisseaux sanguins devrait entrainer une augmentation de la tension. Mais l’effet de diminution de la tension entrainé par l’opiacé doit être supérieur à celui d’augmentation de la tension entrainé par l’anti-inflammatoire. La tension diminue donc, ce qui entraine des problèmes de nausées et de vertiges.

Ça peut entrainer aussi un risque de crise cardiaque. D’où le fait que ce genre de médicament soit déconseillé aux personnes présentant des faiblesses à ce niveau-là.

Donc, avec ces médicaments, on peut subir un phénomène de vasoconstriction tout en ayant des problèmes cardiaques, alors que normalement, la vasoconstriction limite au contraire les problèmes cardiaques (sauf en cas d’athérosclérose).

L’anti-inflammatoire serait donc un élément tout de même important du médicament. L’effet sur la migraine viendrait en grande partie de lui.

Le fait qu’il y ait constipation indique quand même une détente des muscles. Et une détente des muscles implique une vasodilatation. Donc, dans le présent cas, il ne devrait pas y avoir constipation. Mais il est possible que puisque le produit est très concentré dans le système digestif, l’effet soit maximal à cet endroit. Et donc, que la contraction musculaire face au poison que constitue l’anti-inflammatoire n’apparaisse pas à cet endroit. Alors que par ailleurs, la constriction apparaitrait au niveau des veines.

Ce qu’il y a aussi, c’est l’aspirine ou le paracétamol ne sont pas forcément dosés très forts. Les doses de paracétamol sont au maximum de 3g par jour, alors que le paracétamol est moins puissant que l’aspirine. Ça correspond peut-être à 1 ou 1,5 g d’aspirine par jour. Donc, quand l’anti-inflammatoire est de faible intensité, comme le paracétamol, peut-être que l’effet laxatif serait de toute façon assez limité même si l’anti-inflammatoire était pris tout seul.

Enfin, il est possible que le processus conduisant à la diarrhée mette trop de temps à se mettre en place et qu’entre temps, l’opiacé ait commencé à faire effet et ait contré l’effet de l’anti-inflammatoire. Par exemple, l’huile de ricin, un laxatif stimulant, n’agit qu’au bout de 3 heures. Et l’effet de constriction est moyen. Donc, en 3 heures, l’effet de détente des muscles engendré par l’opiacé a largement eu le temps de s’installer et de bloquer l’effet laxatif de l’anti-inflammatoire.

 

  • Possibilité 3 : l’effet anti-inflammatoire l’emporte, mais les nausées et vertiges n’apparaissent qu’au début de la prise

Concernant les nausées et les vertiges, ce qui est possible aussi, c’est tout simplement qu’il y ait mobilisation d’eau et de sang dans le ventre à cause de l’anti-inflammatoire, et que comme la personne est déjà en état de vasodilatation et donc d’hypotension, ça amplifie encore plus ce phénomène et provoque donc des nausées et des vertiges. Ce phénomène apparait un peu après le début de la prise et ne va pas durer de nombreuses heures. Mais c’est suffisant pour que l’orthodoxie médicale ait noté ce genre de symptôme.

Peut-être que la présence de l’opiacé joue aussi. Normalement, comme l’anti-inflammatoire entraine un resserrement des veines, ça doit limiter le phénomène d’hypotension. Mais avec la présence de l’opiacé et son pouvoir de détente des muscles, la constriction des veines est moins forte qu’avec l’anti-inflammatoire seul. Et du coup, la tension peut diminuer au lieu d’augmenter. Ce qui provoque des nausées, des vomissements et des vertiges. Cela dit, probablement que l’effet de l’anti-inflammatoire et de l’opiacé sur les diamètres des veines n’agit pas en même temps que l’effet de l’anti-inflammatoire sur l’afflux de sang et d’eau au niveau du ventre. Ça doit arriver plutôt après. Dans ce cas, l’opiacé ne jouerait pas sur le problème. Mais peut-être que l’effet de l’opiacé sur les vaisseaux sanguins se met à agir un peu avant que le premier effet prenne fin. Donc, peut-être que ça joue quand même un peu. A voir.

A noter que ce genre de chose peut arriver avec un anti-inflammatoire seul. D’ailleurs, dans la notice de l’aspirine, il y a « nausées » dans les effets secondaires.

 

  • Possibilité 4 : la durée des effets n’est pas la même ; l’effet opiacé dure plus longtemps

Ce qui est possible aussi, c’est que le délai et la durée d’action des deux médicaments diffèrent. Donc, le problème ne viendrait pas du fait que l’effet d’un des deux médicaments l’emporterait sur l’autre, mais qu’un des médicaments aurait cessé d’agir alors que l’autre continuerait à le faire. Et apparemment, c’est souvent le cas. Par exemple, le dextropropoxyphène a une demi-vie (temps nécessaire pour que, après l’administration d’un médicament, sa concentration diminue de moitié) de 13 heures. Alors que la demi-vie du paracétamol est de 1 à 4 heures. Donc, les médicaments combinant les deux, comme le di-antalvic vont avoir une période où seul l’opiacé va continuer à agir. Et du coup, des symptômes de type opiacé (nausées, vertiges) vont apparaitre.

La tramadol a lui une demi-vie de 5 à 7 heures. Donc, là encore, l’effet de l’opiacé dure plus longtemps que celui du paracétamol.

Enfin, la codéine a une demi-vie d’environ 4 heures. Là, on est dans des temps identiques à ceux du paracétamol.

Donc, pour la plupart des antalgiques utilisant le dextropropoxyphène ou le tramadol, des effets de type opiacé vont apparaitre au bout de 3 ou 4 heures, quand l’effet du paracétamol (ou d’un autre anti-inflammatoire) aura commencé à se dissiper.

Du coup, quand l’orthodoxie dit que ces médicaments entrainent aussi bien une vasoconstriction que des nausées et vertiges, c’est vrai, sauf que ça n’arrive pas en même temps. Les nausées et vertiges arrivent après que la vasoconstriction ait disparu.

 

 

Difficile de dire quelle est la bonne hypothèse. En fait, selon les situations, c’est peut-être bien les quatre. En effet, les concentrations des deux éléments varient selon les médicaments. La concentration en paracétamol varie de 300 mg à 600 mg et celle en opiacé de 8 mg à 50 mg (voir ici). Ça passe du simple au double pour l’anti-inflammatoire, et ça peut être multiplié par 6 pour l’opiacé. Donc, il est possible que dans certains médicaments, l’opiacé ait un effet supérieur à celui de l’anti-inflammatoire sur le calibre des veines. On serait alors dans l’hypothèse 1.

Si c’est l’anti-inflammatoire l’emporte, on va être dans les 3 autres hypothèses. Si l’effet de l’opiacé dure plus longtemps que celui de l’anti-inflammatoire, on devrait être plutôt dans l’hypothèse 4 (même si ça n’exclue pas complètement l’hypothèse 2 et 3). Et si c’est de même longueur, on sera soit dans l’hypothèse 2, soit dans l’hypothèse 3, soit dans les deux.

 

 

Résultat final :

On peut donc penser que d’ordinaire, on a les effets suivants :

  • Détente des muscles
  • diminution directe de la douleur
  • augmentation du taux de cortisol
  • constipation
  • somnolence
  • Nausées, vomissements
  • Vertiges
  • Endommagement du foie (dont l’intensité dépend des doses et du nombre de prises)
  • Fluidification sanguine (et donc risque d’hémorragies)
  • Eruption cutanée lorsque la dose d’anti-inflammatoire est importante
  • Dépression respiratoire pour les associations ou l’effet de l’opiacé dure plus longtemps que l’anti-inflammatoire. Ou alors, éventuellement au début de la prise, si l’effet anti-inflammatoire domine.

Du coté des effets dont la présence dépend des dosages respectifs des deux médicaments et de la durée d’effet de l’opiacé on a :

  • Vasoconstriction (et donc probabilité de développer des thromboses veineuse et des caillots)
  • Vasodilatation

 

Du coté des effets en retour lors de l’arrêt, on va avoir tous les problèmes liés à l’arrêt des anti-inflammatoires :

  • Vasodilatation
  • Retour des douleurs dans les membres ou dans la tête (migraine)
  • Manque d’énergie
  • Déprime
  • Manque d’appétit

On va en avoir un ou deux lié à l’arrêt de l’opiacé :

  • Augmentation de la douleur

 

Donc, on va avoir 4 éléments dangereux à court ou à long terme :

  • Problèmes cardiaques
  • Risques d’hémorragie
  • Endommagement du foie
  • Cercle vicieux lié au taux de cortisol

 

Ce qui est sûr, c’est que d’une façon ou d’une autre, ça entraine des nausées et des vertiges. Que ce soit à cause d’une vasodilatation ou d’un processus plus compliqué dans le cas d’une vasoconstriction. Et quel que soit le mécanisme, ça indique une hypotension et donc un danger pour le cœur.

Ces médicaments étant très prescrits pour les personnes de plus de 65 ans (c’était le cas par exemple du di-antalvic, qui a été retiré, voir ici), ça doit être une source importante de crises cardiaques. Et ce d’autant plus qu’on augmente les doses au fur et à mesure des années.

Le fait que très souvent, la personne qui prend l’antalgique soit déjà en état de vasodilatation (migraine par exemple) et donc d’hypotension, augmente la probabilité de survenue du problème.

D’ailleurs, des études ont montré que les migraineux, grand consommateurs d’antalgiques de niveau 2, sont plus susceptibles d’avoir des problèmes cardiaques.

Les antalgiques dont l’effet opiacé dure plus longtemps que l’effet anti-inflammatoire (exemple : paracétamol (de 1 à 4 heures)/ dextropropoxyphène (13 heures)) sont particulièrement dangereux à ce niveau-là. Le problème, c’est qu’il semble que l’effet sur la douleur ait tendance à disparaitre bien avant que l’effet de l’opiacé ait disparu : au bout de 4 ou 5 heures. Les gens vont avoir tendance à reprendre un antalgique au bout de 4 ou 5 heures, quand l’effet sur la douleur du premier aura commencé à diminuer. Mais l’effet opiacé sera encore présent. Et du coup, quand l’effet anti-inflammatoire du deuxième antalgique disparaitra au bout de 3 ou 4 heures, il ne restera que l’effet opiacé. Seulement, comme l’opiacé de l’antalgique précédent fera encore effet, ce sera comme si ces gens avaient pris une double dose d’opiacé. Ce qui entrainera un risque de crise cardiaque plus important (par vasodilatation et donc hypotension). Par ailleurs, peu après que la personne ait pris le deuxième antalgique, la mobilisation d’eau et de sang au niveau du ventre à cause de l’anti-inflammatoire risquera là aussi de provoquer une crise cardiaque.

Au passage, ce problème lié à l’augmentation de la dose d’opiacé est connu de la médecine officielle (mais pas celui concernant la mobilisation d’eau et de sang au niveau du ventre lié à l’anti-inflammatoire). C’est pour ça qu’il y a actuellement retrait des médicaments avec des opiacés à longue durée d’action (c’est le cas du di-antalvic).

 

Si on augmente les doses et qu’on prend plus souvent ces médicaments (ce qui va être le cas avec le cercle vicieux lié à l’anti-inflammatoire, voir plus bas), les risques hémorragiques vont augmenter. Ce qui pourra être source d’accidents vasculaires cérébraux (AVC).

Par exemple, pour les hommes qui ont des migraines (donc, qui prennent régulièrement des antalgiques), le risque d’AVC est entre 2 et 4 fois supérieur (voir ici). Pour les femmes, il n’y a apparemment pas de risque supplémentaire d’AVC lié à la migraine. Mais en fait, on sait par ailleurs que le risque est multiplié par 10 pour une femme migraineuse si elle prend la pilule, et par 39 s’il y a prise de pilule + consommation de tabac (source : bonjour docteur). Je pense que c’est la façon dont la statistique est calculée qui fausse le résultat ainsi que l’utilisation de différents types de pilules. On a déterminé que les femmes qui ont des migraines n’ont pas plus de risque que les autres d’avoir des AVC. C’est comme ça qu’est fait le calcul. On fait une comparaison femmes sans migraine/femmes avec migraine.

Seulement, beaucoup de femmes prennent des pilules en continue, ce qui leur permet d’éviter d’avoir des migraines puisque leur taux de cortisol reste élevé en permanence. Comme le taux de cortisol est élevé tout le temps, et que ça crée des thromboses et des caillots dans les jambes, ces femmes là, vont avoir autant de risque d’AVC que celles qui ont des migraines. Donc, on va dire que les femmes qui ont des migraines n’ont pas plus de risque d’AVC que les autres ; et ça sera vrai. Sauf que les autres ont autant de raison d’avoir des AVC que celles-ci. En réalité, si on comparait avec celles qui n’ont pas de migraines et qui ne prennent pas la pilule, on trouverait que celles qui ont des migraines doivent avoir là aussi un risque 4 fois supérieur d’AVC. Et probablement même 10 fois, vu que la plupart vont aussi prendre la pilule (et c’est ça qui va leur causer les problèmes de migraine).

 

Evidemment, là encore si on en prend plus régulièrement avec des doses plus élevées, ça va finir par fortement endommager le foie. La personne risque donc d’avoir de moins en moins d’énergie, vu qu’elle éliminera de moins en moins bien les déchets cellulaires. Et par ailleurs, si jamais un médecin diagnostique la présence d’une tumeur quelque part, il pourra inventer l’existence d’un cancer métastasé au foie, à cause des éventuelles nécroses, réparations anarchiques et inflammations que l’antalgique aura créé au fur et à mesure des années (voir l’article sur la façon dont les médecins rendent réel le diagnostic de cancer).

 

Le cercle vicieux lié au taux de cortisol est évidemment un élément central du problème. A cause de lui, les patients voient revenir la douleur et sont obligés de reprendre de l’antalgique. Bien sûr, tout dépend de la dose. Comme pour les antalgique de niveau 1, une prise isolée ne va pas entrainer de cercle vicieux.

La diminution de l’effet opiacé sur la douleur associée au cercle vicieux de l’anti-inflammatoire rend ce dernier encore plus vicieux. Parce que comme l’effet de l’opiacé diminue avec le temps, les gens sont obligés de prendre des doses de plus en plus fortes. Ce qui accélère le cercle vicieux. Avec l’anti-inflammatoire seul, il n’y aurait qu’un cercle vicieux simple, c’est-à-dire sans augmentation des doses. Là, il y a en plus nécessité de plus ou moins rapidement augmenter les doses et de les prendre beaucoup plus souvent. Du coup, l’effet en retour de l’anti-inflammatoire devient de plus en plus important quand on arrête de prendre le médicament. Donc, les migraines, par exemple, vont revenir et être encore plus violentes.

Elles vont l’être d’autant plus que l’opiacé a lui-même une sorte d’effet en retour. Quand on l’arrête, ça doit magnifier une douleur déjà présente. A priori, ça ne la crée pas, mais si elle existe déjà, elle va être plus forte. Donc, comme il va y avoir retour de la douleur à cause de l’effet en retour de l’anti-inflammatoire, cette douleur va être en plus fortement augmentée à cause de l’arrêt de l’opiacé.

Cela dit, les personnes qui prennent des antalgiques de niveau 2 ont déjà des problèmes par ailleurs qui font qu’elles doivent prendre des antalgiques plus puissants que de simples anti-inflammatoires. Donc, même sans le cercle vicieux, elles auraient probablement besoin d’antalgiques. Mais là, ça permet d’en augmenter fortement le besoin. Et puis, ça permet aussi de faire éventuellement déborder le besoin au-delà de la période où la personne a besoin d’antalgiques (donc, au-delà du besoin externe au cercle vicieux).

Par exemple, une femme qui prend une pilule contraceptive avec arrêt de 7 jours va souvent avoir des migraines lors de la phase d’arrêt (à cause de la baisse du taux de cortisol). Donc, même sans le problème du cercle vicieux propre aux antalgiques, elle va avoir besoin de ces derniers. Mais, avec le système de cercle vicieux des antalgiques de niveau 2, même quand elle aura arrêté de prendre la pilule, elle aura peut-être besoin de continuer à prendre ces médicaments pendant le reste de sa vie. Avec les antalgiques de niveau 1 (avec uniquement un anti-inflammatoire), il y aurait éventuellement une petite chance de s’en sortir, en profitant d’une période d’accalmie. Mais avec les antalgiques de niveau 2, ça doit être plus difficile de sortir du cercle vicieux si on n’a pas conscience de celui-ci.

 

Avec l’opiacé seul (antalgiques de niveau 3), il y aurait nécessité d’augmenter les doses régulièrement ; mais il n’y a pas exactement d’effet en retour. Donc, à la base, il n’y a pas vraiment de cercle vicieux. On peut arrêter d’en prendre, et la douleur ne va pas forcément revenir. Il y aura l’effet en retour bien connu de l’arrêt des opiacés cela dit, comme la période de sevrage de l’héroïne ; mais c’est différent. Par ailleurs, la sensation de douleur augmente lors du sevrage. Mais à priori, il faut qu’il y ait déjà une douleur qui soit présente.

Cela dit, même avec les antalgiques de niveau 3, on n’en sort pas. D’une part, parce que les patients vont en général être obligés de prendre des produits anti-inflammatoires pour contrer les effets secondaires. Donc, très souvent, il y aura prise simultanée d’anti-inflammatoires et d’opiacés, comme lors de la prise d’antalgiques de niveau 2.

Par exemple, avec les effets de constipation et de somnolence, les gens vont évidemment avoir tendance à prendre des médicaments pour compenser. Par exemple, on donnera de la caféine pour éviter la somnolence. Mais la caféine a justement un effet de type anti-inflammatoire. Donc, ce dernier va augmenter. C’est la même chose pour les produits de type amphétamine, probablement aussi pour le modiodal. Pour la constipation, on pourra donner des produits lubrifiants ou de lest, qui n’ont pas d’effet de type anti-inflammatoire. Mais à terme, on finira peut-être par donner des laxatifs stimulants, qui eux, sont en réalité des anti-inflammatoires.

Et en plus, si la personne commence à être soulagée, on reviendra vers les antalgiques de niveau 2. Et donc, on reviendra dans le cercle vicieux.

Au passage, la personne utilisera probablement déjà ce genre de médicaments anti somnolence et laxatif pour les antalgiques de niveau 2. Du coup, ça peut faire dominer les effets de type anti-inflammatoire. En tout cas, ça rendra le problème encore un peu plus compliqué.

 

Donc, avec ce système d’effet en retour de l’anti-inflammatoire, augmenté par l’opiacé, on rend le patient accroc à ces médicaments.

Bien sûr, il s’agit d’une première analyse. Donc, probablement que par la suite, de nouvelles idées et connaissances viendront l’enrichir.

 

PS :

Les triptans sont en réalité eux aussi une association anti-inflammatoire/opiacé, et pas une mystérieuse nouvelle molécule issue de la recherche high-tech. Là, il semble que ce soit l’effet anti-inflammatoire qui l’emporte. En effet, il est rapporté assez clairement que ça entraine une constriction des vaisseaux sanguins, que ça augmente la tension, et que ça peut diminuer la nausée dans le cas de certaines migraines.

 

Explication alternative à l’amélioration de l’espérance de vie

 

Maintenant qu’on a déterminé que la mortalité infantile des temps anciens n’était pas un phénomène naturel, et vu les autres éléments en notre possession, on peut avoir une autre vision de l’amélioration de l’espérance de vie.

Je rappelle d’abord la théorie officielle. Selon cette dernière, l’espérance de vie s’est améliorée essentiellement grâce aux progrès de la médecine. Et tout d’abord, grâce à ses succès contre les microbes pathogènes. Grace aux vaccins et aux antibiotiques, l’énorme mortalité infantile a été réduite à presque rien. Et la mortalité des adultes a elle aussi très fortement diminué puisque les grandes maladies microbiennes endémiques ainsi que les grandes épidémies n’ont plus été qu’un mauvais souvenir. Bien après viennent les autres succès : chirurgie, médecine d’urgence, transfusions sanguines et perfusions, obstétrique, etc… Enfin, bien sûr, la théorie officielle reconnait à l’amélioration des conditions de vie (alimentation abondante et variée, travail peu dangereux et peu fatiguant, chauffage, etc…) une part dans l’amélioration de l’espérance de vie. Mais cette part est considérée comme assez limitée (10 % peut-être). L’essentiel venant des progrès de la médecine.

Voyons maintenant la vision alternative. On peut la diviser en 4 catégories : la mortalité infantile, l’amélioration des conditions de vie, le rôle de la médecine (qu’on subdivisera en rôle négatif et positif).

Bien sûr, vu qu’il s’agit d’estimations et que c’est un premier jet, les chiffres sont approximatifs. Mais la base de raisonnement est correcte.

 

1) La diminution de la mortalité infantile

 

Comme on a pu le voir dans l’article précédent, l’écrasante majorité de la mortalité néonatale et  infantile était en fait causée par des avortements ou des infanticides. Ce qui fait que les données officielles sur le sujet sont totalement fausses. Et du coup, les théories officielles à ce sujet le sont aussi.

Et tout laisse à penser que la mortalité infantile n’aurait été au maximum que 10 fois supérieure à celle de maintenant, pas 100 fois supérieure. Donc, la diminution globale de l’espérance de vie n’aurait pas été de 30 ou 40 %, mais à peine de 3 ou 4 %.

C’est ce qu’on peut constater sur les animaux domestiques comme les chiens ou les chats. Sans vaccination, une portée bien nourrie aura souvent 100 % de chiots ou de chatons qui atteindront l’âge adulte. Il y aura peut-être un mort sur 30, mais pas plus. Et encore, ces animaux sont désavantagés par le fait qu’une portée peut comporter de nombreux petits et que la mère peut éventuellement avoir du mal à les nourrir s’ils sont particulièrement nombreux. Alors que pour des humains, la plupart du temps, il n’y a qu’un bébé par grossesse.

Donc, la réalité, c’est que les nourrissons étaient pour la plupart parfaitement viables. Et du coup, l’espérance de vie à l’époque est complètement sous-estimée. Elle était plutôt de 15 ans supérieure, soit entre 39 et 44 ans selon le point de départ officiel (25 ans d’espérance de vie ou 30 ans). Les gens vivaient environ 50 % plus vieux que ce qu’on nous a fait croire.

Il n’y a donc eu que très peu d’amélioration de l’espérance de vie par ce biais là parce que la mortalité infantile était déjà quasiment au même niveau que maintenant.

 

2) Amélioration des conditions de vie

 

En fait, l’amélioration de l’espérance de vie vient pour l’essentiel de l’amélioration des conditions de vie : eau saine, nourriture abondante et saine, chauffage, métiers moins dangereux et fatigants, meilleure hygiène de vie, solidarité envers les démunis (permise par une plus grande richesse matérielle de la société).

Cela dit, on va voir que les choses ne sont pas si claires que ça. Elles le sont assez pour les ouvriers. Mais pas tant que ça pour les paysans. Ce qui pose problème pour une partie du chiffre d’années d’espérance de vie gagnées grâce à l’amélioration des conditions de vie.

–          Les ouvriers

Concernant les ouvriers, leurs conditions de travail au 19ème siècle étaient souvent assez effroyables. Les mineurs respiraient en permanence de la poussière (ce qui entrainait des maladies pulmonaires comme la silicose). Les usines étaient des endroits très dangereux et pratiquement sans mesure de sécurité. Le travail était très dur.

La durée du temps de travail jouait aussi fortement. Une journée de travail pouvait durer 12 ou 14 heures. Du coup, les ouvriers s’épuisaient à la tâche.

Concernant l’hygiène de vie, il est connu que les ouvriers avaient tendance à boire énormément d’alcool. Alors, beaucoup mourraient prématurément de cirrhose. Au 19ème siècle, beaucoup consommaient du laudanum, qui contenait des opiacés.

Donc forcément, il y avait beaucoup d’espérance de vie à gagner en améliorant les conditions de vie et de travail des ouvriers.

–          La nourriture et l’eau

Du côté de l’eau et de la nourriture, ce n’est pas non plus si évident.

Malgré l’absence de pasteurisation avant 1800 (c’est en réalité Nicola Appert l’inventeur initial de la pasteurisation. Pasteur n’en étant que le théoricien a postériori), les gens étaient capables de conserver de la nourriture pour l’hiver par divers moyens : salaison, fabrication de fromages, utilisation de légumes secs, conservation du raisin et  des pommes sous forme de vin et de cidre, etc… La farine se conserve également bien puisqu’elle est sèche. Donc, la conservation de la nourriture ne posait pas de problème fondamental. Les gens avaient suffisamment à manger l’hiver. Et ils ne mourraient pas non plus d’empoisonnement à cause de mets mal conservés.

Il pouvait y avoir des famines. Mais c’était quand même très rare. Et manifestement, il n’y avait pas 20 % de la population qui mourrait à cette occasion, même pas 5 %. Donc, l’impact devait être très limité.

Les nouveaux moyens de conservation de la nourriture ont surtout permis de manger plus varié. Et ce sont surtout les moyens industriels, techniques et économiques qui ont permis cette révolution. On arrive à mieux conserver les grains grâce aux silos dont l’air est asséché. On conserve les aliments frais sur un longue durée grâce aux congélateurs et aux frigidaires. Et par ailleurs, la variété vient aussi des moyens de transports rapides.

Ils ont bien sûr permis aussi d’augmenter la population. Mais la quantité de nourriture dans les temps anciens était adaptée à la population d’alors.

Concernant la qualité de l’eau, il est certain que l’amélioration de son traitement et de sa distribution a permis d’éviter des maladies liées à des eaux non potables. Mais l’impact n’a peut-être pas été si important que ça en termes de gain d’espérance de vie. Ce qui nous amène au sujet des ruraux

–          Les ruraux

En effet, les problèmes se posaient surtout à la ville, pas à la campagne. Les ruraux avaient accès à des puits souvent individuels avec une eau parfaitement potable. Or, encore 90 % des gens étaient des ruraux. Donc, l’amélioration de la qualité de l’eau n’a pas dû jouer tant que ça.

De la même façon, dans les campagnes, les gens travaillaient dur seulement le temps des récoltes. Le reste de l’année était plutôt tranquille.

Donc en fait, la plupart des problèmes cités plus haut concernaient essentiellement les habitants des villes.

 

Donc, il y a comme un problème. S’il est vrai qu’à la ville, et spécialement au 19ème siècle, on avait un certain nombre de raisons de mourir relativement tôt, ce n’était pas le cas à la campagne ou dans les petits villages, qui représentaient quand même 90 % de la population.

Donc, à la louche, on peut penser qu’il y a eu amélioration de l’espérance de vie de 20 ans grâce aux meilleures conditions de vie et de travail. On vit désormais jusqu’à 80 ans grâce aux meilleures conditions de vie. Mais par rapport au chiffre trouvé plus loin (95 ans), comme on va le voir, il y a quelque chose qui ne va pas.

 

3) Le rôle de la médecine

 

Concernant le rôle de la médecine, il faut distinguer deux choses : son impact positif et son impact négatif. Et bien sûr, cet impact a évolué entre la période ancienne et moderne.

 

–          L’impact de la médecine dans les temps anciens

 

La médecine sévissait déjà sévèrement à l’époque et elle devait avoir un impact essentiellement négatif. En effet, on ne voit pas trop quel élément de la médecine aurait permis aux gens de vivre plus longtemps. La chirurgie était totalement primitive, les médicaments extrêmement dangereux, les pratiques complètement à côté de la plaque (saignées, etc…), les diagnostics erronés. Donc, là-dedans, on ne voit pas trop ce qui permettait de sauver qui que ce soit.

Il n’y a donc qu’un impact négatif. Et il devait être assez important. On a tendance à être assez mal informé sur les médicaments des temps anciens et donc à croire qu’il n’y avait que quelques recettes de grand-mère. Mais en réalité, il y en avait déjà plein et la plupart étaient très dangereux.

On donnait des toniques quand la personne se sentait faible, ce qui était un équivalent de nos anti-inflammatoires. D’une façon générale, on utilisait déjà des tas de médicaments à base de plante et ayant une action de type anti-inflammatoire ou antibiotique (à plus forte dose). Donc, des tonnes de gens devaient mourir d’hépatites, d’arrêt cardiaque, d’embolies pulmonaires ou encore d’accidents vasculaires cérébraux (par hémorragie ou caillot),  à cause de ces médicaments.

Le problème, c’est qu’à leur dangerosité naturelle, s’ajoutait la variabilité de leur concentration en principe actif. Comme il s’agissait essentiellement de médicaments à base de plante, la concentration pouvait fortement varier en fonction de l’ensoleillement et de l’hydrométrie. Donc, on pouvait passer très facilement de doses déjà relativement dangereuses à des doses mortelles.

On se servait aussi de médicaments de type antibiotique comme émétiques ou purgatifs, pour faire vomir ou pour donner la diarrhée. D’une façon générale, depuis Hippocrate et Gallien (2ème et 3ème siècle après JC) on pensait que le problème venait des « humeurs » du patient, et que pour le guérir, il fallait le purger de ces humeurs. Donc, on utilisait les émétiques ou les purgatifs pour le purger par vomissement ou par diarrhée. On multipliait aussi les lavements à l’aide de clystères. Forcément, à force de vider le patient, il maigrissait et se déshydratait parce qu’il n’avait pas le temps de digérer. Par ailleurs, le lavement devait conduire aussi à une déshydratation puisqu’une partie des transferts d’eau se font dans le colon. Tout ça entrainait un état d’hypotension. Et comme les émétiques ou les purgatifs entrainent une mobilisation d’eau soudaine dans le ventre quand ils sont pris, le patient finissait par mourir de crise cardiaque une fois devenu trop maigre et donc trop hypotendu.

Les saignées, font partie de ce système de traitement des humeurs. Et forcément, ça devait bien affaiblir, voire achever les malades. Avec un patient déjà en état d’hypotension, ça aggravait cette hypotension éventuellement jusqu’au point létal.

On donnait aussi à tout va des métaux lourds extrêmement dangereux : mercure (contre la syphilis par exemple), arsenic, antimoine, etc…

On peut y ajouter les opiacés au moins à partir du 18ème siècle. Mais il semble qu’on y avait recours déjà avant, même si c’était de façon moins massive. Or, on a pu voir les risques entrainés par la prise de ce genre de substance dans d’autres articles (hypotension, manque d’appétit, donc amaigrissement, et donc, augmentation de l’hypotension, constipation, etc…).

Donc, plein de gens devaient mourir à cause des médicaments et traitements administrés par les médecins.

Alors, c’est vrai qu’il devait y avoir moins de médecins que maintenant. Mais il y avait pas mal de sorciers, guérisseurs, apothicaires et autres marchands ambulants de médicaments. Donc, mine de rien, la société devait être assez bien quadrillée dès le moyen-âge. On pouvait assez facilement « bénéficier » d’un diagnostic et de médicaments même en l’absence de médecin.

En faisant une estimation à la louche, on peut penser qu’on retirait environ 15 ans de vie à l’ensemble de la population. Du coup, on arrive à 45+15 = 60 ans. Sans la médecine, on aurait donc pu vivre jusqu’à 60 ans.

 

–          L’impact positif de la médecine moderne

 

A la différence de l’ancienne médecine, la médecine moderne a un rôle positif et pas seulement négatif.

La médecine a joué un rôle positif pour l’amélioration de l’espérance de vie, mais pas là où on le dit en général. Ce n’est pas avec la vaccination et les antibiotiques qu’elle a augmenté l’espérance de vie, mais surtout avec l’amélioration de la chirurgie, la médecine d’urgence, les perfusions et la transfusion sanguine. On peut penser que grâce à ces progrès, on a gagné environ 5 ans de vie.

La médecine d’urgence ça concerne les accidents de la route, les accidents domestiques, les tentatives de suicide, les empoisonnements, les attaques de bêtes (serpent, guêpes, chiens), les accidents cardiaques, les accidents vasculaires cérébraux, les accidents sportifs, les accidents de travail (usines, etc…), les brulures, les catastrophes naturelles, etc…

Ça fait beaucoup de situations. Mais enfin il n’y a quand même pas tant de gens que ça qui se retrouvent dans ce genre de situation ; et qui en plus ont été sauvés par la médecine d’urgence. Avec une estimation de 10 % de gens concernés (ce qui est déjà pas mal), on tombe sur ce chiffre de 5 ans de vie gagnés. En effet, si ces 10 % des gens avaient vécus en moyenne jusqu’à seulement 30 ans sans l’aide de la médecine, et le reste des gens jusqu’à en moyenne 80 ans, alors, l’espérance de vie descend à 75 ans au lieu des 80 ans actuels. Donc, selon cette première estimation, on perdrait 5 ans de vie.

En fait, en vérifiant, on constate que 5 % des morts viennent des accidents en général (donc tous les accidents possibles). Les accidents dans les transports ne représentent que 1 % de l’ensemble des morts. Donc, si on part sur 2 fois ces cas qui auraient pu être mortels si on ne les avait pas soignés (rapidement ou non), on arrive à un chiffre de 10 % des gens. Donc, on arrive à peu près au chiffre que j’ai donné. On peut se demander si ce n’est pas plus élevé que 2 fois le nombre de morts. C’est possible pour les accidents de la route. Pour tout le reste, c’est loin d’être sûr.

Pour les noyades, non, puisque ça n’a pas d’impact par la suite. Soit on meurt très rapidement, soit on ne meurt pas. Donc, il y a peu de cas de personnes qui ont été sauvées grâce à la médecine.

Idem, pour les accidents cardiaques, tout se passe en très peu de temps. Donc, la plupart du temps, les services d’urgence ne peuvent pas arriver assez vite pour sauver la personne. Bref, là aussi, il n’y a pas tellement de gens sauvés par la médecine. Ça doit faire seulement 20 ou 30 % des personnes mortes. On est loin du chiffre de 2 fois les cas de mort.

Pour les brulures, les chiffres sont de 3600 personnes acceptées dans les centres de traitement des grands brulés. Et il y aurait 1000 morts par an par brulure. Donc, on en sauverait là encore environ 2 fois. Peut-être 3 fois si on suppose qu’une partie des 1000 personnes sont mortes avant l’arrivée des soins.

Pour les électrocutions, pareil, tout se fait en un instant. Donc, pas de possibilité d’en réchapper la plupart du temps.

Les étouffements (qui concernent surtout les enfants en bas âge) même chose, c’est trop rapide et trop tout ou rien.

Les chutes mortelles ou engageant le pronostic vital concernent surtout les personnes âgées (les plus de 75 ans représentent plus de trois quarts des décès par chutes, qui sont au nombre de 9412 en 2008, voir ici). Le reste doit être constitué de jeunes faisant du sport (ski, alpinisme, parapente, etc…), d’accidents professionnels (dans le bâtiment par exemple) et enfin d’enfants. Dans le cas des chutes, on n’est pas dans une situation de type tout ou rien, puisqu’une personne peut survivre pendant plusieurs heures ou plusieurs jours selon la blessure.

On peut estimer que la quantité de personnes sauvées par la médecine est équivalente à disons une ou deux fois la quantité de morts.

Seulement, la moyenne d’âge doit être assez élevée, puisque ce sont là-encore les personnes âgées qui ont le plus de risque de succomber à des chutes qui ne les ont pas tuées sur le coup. Donc, l’impact en termes d’espérance de vie est une fois de plus assez limité.

Et puis surtout, il semble que beaucoup de médicaments (70) provoquent des chutes mortelles chez les personnes âgées (voir ici et ici). Evidemment, ce sont essentiellement des produits ayant un effet de type opiacé (voir les articles sur les opiacés et leurs analogues). Comme ça provoque une vasodilatation des vaisseaux sanguins et une hypotension, ça doit perturber les éléments gérant l’équilibre dans l’oreille interne, d’où les chutes. Donc, dans le cas présent, la médecine ne provoque pas 95 % des accidents. Mais elle en provoque quand même une grosse partie. Donc, l’impact positif de la médecine moderne est fortement réduit dans le cas des chutes.

Pour les accidents vasculaires cérébraux, le problème, c’est quand même que la médecine les provoque. Donc, effectivement, ses produits permettent de limiter les dégâts. Mais 95 % de ces AVC ne seraient jamais arrivés sans elle. Donc, la médecine provoque les cas qu’elle soigne. Du coup l’impact est en fait complètement négatif. Alors, est-ce qu’avec les médicaments d’avant, qui étaient aussi du genre anti-inflammatoires, il n’y avait pas de d’avc ? Je pense que non. Parce qu’ils n’étaient pas pris autant sur le long terme. Ils étaient pris en traitement sur quelques semaines ou quelques mois maximum, mais pas sur des années et des années comme on peut le voir maintenant.

Donc, on peut penser qu’en moyenne, c’est environ 10 % de la population qui a pu bénéficier de soins dans une situation qui autrement, aurait pu être mortelle à court ou moyen terme.

Cela dit, il faut voir aussi l’âge de personnes concernées. Autant, pour les accidents de la route, les noyades, les électrocutions, les brulures, on peut éventuellement tabler sur un âge moyen de 35 ans, autant pour les autres accidents, l’âge est probablement plus élevé. Par exemple, pour les accidents domestiques, c’est très souvent des chutes. Et les chutes concernent à 95 % des personnes ayant plus de 70 ans. Donc, le gain en termes d’espérance de vie pour l’ensemble de la population est faible quand on a réussi à sauver ces personnes-là. De la même façon, les morts par accidents cardiaques surviennent essentiellement chez des personnes de plus de 50 ans.

Donc, à cause du fait que très souvent, ces accidents concernent des personnes assez âgées, on pourrait tabler plutôt sur 3 ou  4 ans supplémentaires.

 

Concernant les opérations chirurgicales pour autre chose que des accidents, ça concerne quand même pas mal de monde.

Mais dans beaucoup de cas, ça concerne des maladies inventées. Dans ces cas-là, l’opération ne sert à rien. Il n’y a donc aucun gain. Au contraire, puisqu’on fait prendre un risque à la personne.

Il y a aussi les opérations pour des cas provoqués par la médecine. Du  coup, l’impact est nul, puisque c’est la médecine qui a provoqué le problème à la base. En fait, à cause des problèmes post opératoires (maladie nosocomiale), c’est même plutôt négatif. C’est le cas des  thromboses veineuses. En effet, ce sont principalement les médicaments du type anti-inflammatoire qui provoquent ces problèmes. C’est également le cas des ulcères, eux aussi causés essentiellement par les médicaments du type anti-inflammatoire.

Alors c’est vrai qu’on liste les aspects positifs de la médecine dans cette catégorie. Mais il ne faut pas exagérer non plus. Si la maladie est provoquée par la médecine, ça ne compte pas.

Les opérations qui peuvent apporter vraiment et dont les problèmes ne sont pas ou peu provoqués par la médecine, sont les suivantes.

Les problèmes cardiaques. Là effectivement, la plupart des problèmes viennent du mode de vie. Donc, ça n’est pas provoqué par la médecine (sauf dans le cas des caillots).

Selon le Figaro : « En France chaque année 25 000 personnes bénéficient d’un pontage coronarien et 60 000 d’une dilatation des artères coronaires avec pose de stent (angioplastie) ». Donc là, ça fait beaucoup.

Les transplantations cardiaques sont par contre peu nombreuses. En 2003, il y en avait seulement 287 de pratiquées. En plus, selon les cas, la survie n’est que d’un an à 10 ans.

Enfin, il y a la chirurgie valvulaire (pose d’une valvule cardiaque). Concernant ce type de chirurgie, j’ai beau avoir cherché, impossible de trouver le nombre de cas par an en France. Mais heureusement, Doctissimo, nous donne le chiffre général des opérations chirurgicales du cœur. On a environ 100.000 opérations de chirurgie cardiaque par an en France. Donc, si on a 85.000 personnes faisant l’objet d’une opération de pontage coronarien ou de pose de stent, la chirurgie valvulaire concerne 15.000 personnes par an. Ce qui va dans le sens de ce que dit Doctissimo concernant le pourcentage des sténoses aortiques chez les personnes âgées : « on estime ainsi que 3 % des personnes de plus de 75 ans présentent une sténose aortique (la plus fréquente des valvulopathies) ».

Avec un nombre de cas aussi important, on a tendance à se dire que ça doit influer fortement sur l’espérance de vie. Mais en fait, non.

En effet, les problèmes cardiaques concernent essentiellement des gens âgés, à partir de 55 ans au moins. Et ces gens ne se font opérer qu’au bout de quelques années après que les problèmes aient commencé à se manifester ; disons à un âge de 65 ans. Du coup, ça ne rajoute pas énormément d’années de vie, vu que l’espérance de vie est de 80 ans. Au mieux, ça rajoute 15 ans. Mais vu leurs problèmes cardio-vasculaires, ça veut dire qu’à priori, ils ne vont pas vivre aussi longtemps que des gens en bonne santé. Donc, on peut penser qu’ils ne vont pas vivre jusqu’à 80 ans, mais plutôt jusqu’à 75 ans. Donc, ces opérations doivent rajouter 10 ans de vie.

Seulement, il faut voir que, sans opération, les personnes ne seraient pas mortes forcément dans l’année. La plupart l’auraient peut-être été au bout de 5 ans en moyenne. Ça veut dire qu’au final, il n’y a eu que 5 ans de vie de rajoutés.

Donc, même si ces opérations concernent beaucoup de monde, l’impact n’est pas si grand. En effet, il y a environ 500.000 morts par an en France. Donc, même si les 100.000 personnes opérées du cœur étaient mortes effectivement plus tôt, ça ne représenterait que 20 % des décès. Comme ça fait gagner 5 ans en plus pour les gens opérés, en réalité, ça ne fait qu’un an d’espérance de vie en plus pour la population générale (20 % de 5 ans). Pas si énorme. C’est même moins que pour les accidents.

Il y a aussi les opérations aux poumons en cas de décollement de la plèvre (pneumothorax). Il y a 4000 cas primaires par an environs. La plupart ne sont pas mortels et ne nécessitent que du repos. Donc, ça ne doit faire que 500 cas qui pourraient être mortels. Mais il y a aussi 12.000 cas secondaires. Là, c’est mortel 17 % du temps. Donc, c’est sérieux. Mais l’impact sur l’espérance de vie est là encore moyen, puisque ça touche des personnes qui ont au moins 60 ans. Et quand même, tous les cas ne sont pas mortels. Donc, on peut estimer que sur 12.000 personnes, il y en a 2000 qui meurent, et 7000 qui seraient mortes sans la médecine. Mais comme il y a 500.000 personnes qui meurent chaque années en France, ça ne qu’à peine 1,2 % de l’ensemble. Donc, même si ces gens ont gagné 20 ans de vie, ça ne fait qu’à peine 3 mois de gagnés pour la population générale.

Sinon, il y a effectivement pas mal d’autres opérations, mais elles n’engagent pas le pronostic vital. Or, c’est bien de ça qu’on parle ici. Il y a des opérations des articulations (genou, pied, main, anche, colonne vertébrale, etc…), mais les problèmes initiaux ne sont pas mortels.

Donc, on a 3 ou 4 ans avec le traitement des accidents par la médecine d’urgence, 1 an pour la chirurgie du coeur, 3 mois pour les pneumothorax ; on arrive bien à environ 5 ans de vie rajoutés.

 

–          L’impact négatif de la médecine moderne

 

C’est encore une estimation à la louche,  mais on peut penser que sans la médecine, on vivrait jusqu’à 95 ans.

En effet, les médicaments tuent. Les traitements anticancéreux tuent énormément de monde. La morphine tue énormément. La médecine invente des tonnes de maladies bidon qui font entrer les gens dans un cercle vicieux qui peut finir par être mortel, notamment par la prise de médicaments au long cours. Ces maladies bidon entrainent aussi des opérations inutiles. Et celles-ci peuvent faire mourir le patient : soit directement, soit par maladie nosocomiale (en fait provoquée par l’opération elle-même). Donc, dans ce cas, c’est totalement négatif. Etc, etc…

Sauf qu’actuellement, on ne vit pas jusqu’à 95 ans, mais seulement jusqu’à 80 ans. Donc, globalement, la médecine actuelle nous prend 15 ans de vie. Comme on a estimé que du côté de l’impact positif, elle donnait 5 ans de vie, ça veut dire que du côté de l’impact négatif, elle prend 20 ans. On a : – 15 (impact global) = 5 (impact positif) – 20 (impact négatif). Donc, globalement, l’impact n’a pas changé entre les temps anciens et maintenant, mais le côté négatif fait perdre encore plus de temps de vie qu’avant.

Et encore, on a de la chance, parce que la médecine actuelle tue surtout des personnes âgées. Alors que la médecine d’avant tuait aussi bien les jeunes que les vieux. Si la médecine actuelle tuait autant les jeunes que la médecine d’avant, on perdrait probablement entre 5 et 10 ans de vie supplémentaires. Donc, on peut penser qu’en fait la médecine actuelle est encore plus dangereuse que l’ancienne. Il suffirait que la médecine actuelle s’avise de dire que le cancer par exemple touche autant les jeunes que les vieux pour que ce soit rapidement le massacre chez les jeunes.

Par ailleurs, puisque la médecine tue surtout des personnes âgées, ça veut dire que son impact en nombre de personnes tuées est particulièrement massif. Ça touche presque tout le monde. En effet, si un enfant est tué par la médecine avant un an, ça influence fortement l’espérance de vie globale. Il y a donc besoin d’en tuer moins pour arriver à une durée d’espérance de vie X. Alors que chaque personne âgée tuée va retirer relativement peu d’années d’espérance de vie. Il faut donc en tuer beaucoup plus.

Pour donner un exemple chiffré. Si on a 100 personnes, avec seulement 15 % de personnes tuées quelques jours après la naissance et 85 % qui vivent jusqu’à 95 ans, on peut obtenir une espérance de vie de 80 ans. Alors que si on a disons 10 % de personnes qui meurent à 60 ans, 80 % qui meurent à 80 ans, et 10 % qui meurent à 95 ans, on arrive aussi à 80 ans d’espérance de vie. Sauf qu’il a fallu tuer 90 % des gens prématurément et pas 15 %. On les tue moins prématurément, c’est vrai, mais on en tue beaucoup plus.

Et bien sûr, si les conditions de vie actuelles étaient équivalentes à celles d’il y a 150 ans, peut-être bien que la médecine nous ferait perdre encore plus que ça, puisqu’elle aurait l’occasion d’intervenir beaucoup plus souvent et plus tôt. Alors qu’actuellement, avec l’amélioration des conditions de vie, c’est moins le cas. A conditions de vie égales, la médecine actuelle ôterait peut-être 5 ou 10 ans de vie en plus.

A l’inverse, il faut considérer que la médecine ancienne n’avait pas l’ubiquité de la médecine actuelle. Si elle avait été aussi répandue, les ravages auraient été supérieurs. Peut-être qu’elle aurait enlevé 5 ou 10 ans de vie en plus.

A tranches d’âges touchées égales, à conditions de vie égales (celles du 18ème siècle), et à ubiquité de la médecine égale (celle de maintenant), bref, dans la pire situation possible, c’est donc plutôt la médecine actuelle qui serait la plus dangereuse, puisque ça ferait perdre entre 10 et 20 ans de vie supplémentaires, alors que la médecine de l’époque ne ferait perdre qu’entre 5 et 10 ans de vie supplémentaire. La médecine moderne ferait donc perdre entre 25 et 35 ans de vie, et la médecine ancienne entre 20 et 25 ans de vie.

Une autre réflexion qu’on peut se faire, c’est que d’une façon générale, l’essentiel des défauts et donc des causes de mort de l’ancienne médecine a disparu avec la médecine moderne. On a arrêté d’utiliser toutes les techniques purgatives (émétiques, purgatifs, saignées). On a arrêté d’administrer des métaux lourds. Le dosage des médicaments est devenu bien plus stable, évitant ainsi de nombreux morts (on peut peut-être tabler sur 5 ans d’espérance de vie en plus). Donc, ça veut dire qu’on a éliminé ce qui était la cause de 10 à 15 ans d’espérance de vie en moins. Et pourtant, on a toujours 20 ans de vie en moins à cause du côté négatif de la médecine. C’est quand même assez fort.

Donc, ça veut dire qu’on a remplacé la plupart des mauvaises pratique par de nouvelle mauvaises pratiques, mais d’un genre différent.

En tout cas, globalement la médecine n’a rien fait gagner. Tout vient de l’amélioration de l’espérance de vie. Donc, on ne peut pas dire que la médecine ait fait gagner quoi que ce soit.

Et son rôle est toujours négatif. Si encore, il était neutre, ça irait. Mais en fait, il est carrément négatif et nous fait perdre carrément 15 ans de vie. C’est quand même assez énorme.

A partir de ce chiffre de 95 ans sans la médecine, on peut estimer l’amélioration de l’espérance de vie grâce aux meilleures conditions de vie. On pourrait donc vivre jusqu’à 95 ans sans la médecine. Et on a estimé que sans la médecine d’avant, on vivait jusqu’à 60 ans. Donc, on a gagné 35 ans de vie uniquement grâce à de meilleures conditions de vie. A moins de trouver d’autres sources de mortalité, la différence vient forcément de là.

 

Conclusion :

 

Donc voilà, on peut estimer qu’en réalité, dans les temps anciens, les gens vivaient plutôt jusqu’à 45 ans. Et ils auraient pu vivre 15 ans de plus sans la médecine. Ce qui aurait fait une espérance de vie de 60 ans.

Et à l’époque actuelle, on peut penser qu’on a gagné 35 ans d’espérance de vie, mais que la médecine continue à en faire perdre 15. Du coup, avec la médecine, on vit jusqu’à 80 ans. Mais on pourrait vivre jusqu’à 95 ans sans la médecine. Et jusqu’à 100 avec juste le côté positif de la médecine.

On a donc une vision complètement différente du problème que celle que nous donne l’orthodoxie. Là, c’est clairement uniquement l’amélioration des conditions de vie qui a entrainé l’augmentation de l’espérance de vie. Et loin de faire progresser l’espérance de vie, la médecine la plombe. Et elle n’a même pas progressé entre les temps anciens et maintenant.

Il reste quand même des bizarreries. Même avec de mauvaises conditions de vie, c’est quand même bizarre que les gens soient morts si tôt dans les temps anciens. Parce que les conditions de vie à la campagne n’étaient pas tellement atroces au Moyen-âge. Il y avait beaucoup de jours chômés. Le travail n’était dur que lors des récoltes. Donc, ils n’avaient pas de raisons de mourir à seulement 60 ans. Il est possible qu’il y ait encore des choses qui nous échappent. Mais quoi ? Ca, mystère. Ça peut être un ou deux gros éléments ou alors beaucoup de petits éléments prenant 1 ou 2 ans d’espérance de vie à chaque fois, et finissant par prendre 7 ou 8 ans d’espérance de vie au total.

Donc, je reviendrai probablement sur le sujet.

 

Le mythe de l’allongement de l’espérance de vie grâce à la médecine : la mortalité infantile


Un des piliers sur lesquels repose la médecine moderne est l’idée que l’espérance de vie dans les temps anciens était très basse (25 ans), et que grâce à elle celle-ci a progressé de façon fantastique pour atteindre l’âge de 80 ans. C’est un élément absolument capital pour convaincre les gens que les théories médicales modernes sont justes. Sans cet argument, forcément, la crédibilité de la médecine moderne serait totalement entamée.

C’est un argument régulièrement opposé aux dissidents de la médecine. Ceux-ci ont une partie de la réponse, mais il leur manque la plus importante. La partie de réponse qu’ils possèdent concerne l’allongement de l’espérance de vie des adultes. L’idée est que c’est surtout l’amélioration des conditions de vie (travail moins pénible et dangereux, chauffage, alimentation abondante et variée, etc…) qui a permis une partie de l’augmentation de l’espérance de vie.

Seulement, une part importante de l’augmentation de l’espérance de vie vient de la diminution de la mortalité infantile. Et là, on ne peut pas arguer des mauvaises conditions de vie pour justifier la mortalité importante des enfants de l’époque. Donc on ne peut pas justifier l’augmentation de l’espérance de vie par l’amélioration des conditions de vies des nourrissons (c’était surtout les enfants venant de naître qui mourraient). Si les enfants mourraient quelques semaines après être nés, ce n’est pas à cause d’un travail dangereux, d’un manque de nourriture ou de chaleur. Donc, c’est forcément qu’il y a autre chose qui les tuait. Et là, les dissidents sont bien en peine de trouver de quoi il pouvait bien retourner. Et du coup, les apologistes de la médecine officielle peuvent facilement mettre en avant l’idée que la seule possibilité est que c’était les maladies microbiennes qui tuaient les nourrissons, et par conséquence, que c’est l’introduction des vaccins et des antibiotiques qui a permis l’énorme diminution de la mortalité infantile. Ce qui montre bien que les germes pathogènes existent ; bref, qu’on doit remercier la médecine officielle pour tout le bien qu’elle nous a apporté.

Pendant longtemps, j’avoue que je n’ai pas compris où était le truc. Et puis récemment, j’ai eu le déclic.

En fait, le truc, c’est qu’on se dit forcément que la mort était naturelle. Mais si on y réfléchit, on se dit qu’en fait, c’est faux. Les nourrissons en question ne mourraient pas de mort naturelle (donc de maladie). Ils étaient tués. En réalité, les morts en question étaient essentiellement des avortements, et des infanticides.

En fait, j’avais déjà eu cette idée il y a deux ou trois ans. Mais j’étais bloqué. Parce que concernant les avortements, forcément, les enfants sont morts à la naissance. Donc, évidemment, ils ne pouvaient pas être comptabilisés comme nourrissons morts peu après la naissance. Il faut être né vivant à la naissance pour être comptabilisé dans les statistiques de mortalité néo-natale ou infantile. Si le fœtus est déjà mort, c’est une fausse couche dans le cas où c’est naturel, ou un avortement sinon.

Et puis en y repensant récemment, j’ai compris le truc. En fait, c’est tout simple. L’avortement étant strictement interdit par l’église, eh bien, on devait certainement antidater la naissance du nourrisson pour faire croire qu’il était déjà né depuis plusieurs jours ou semaines avant qu’il meure. Comme ça, on évitait les foudres de la justice.

 

1) La mortalité néo-natale et infantile dans les temps anciens : en réalité des avortements, des infanticides et peut-être des fausses couches déguisés

 

Ce qu’il faut voir, c’est que l’impossibilité de contrôler la survenue des grossesses a toujours posé un énorme problème (jusqu’à la pilule et la légalisation de l’avortement bien sûr). C’est un élément capital.

Une femme peut avoir disons 25 enfants entre 15 ans et 45 ans. Seulement, ni les familles ni la société n’ont jamais eu les ressources pour assumer une telle quantité d’enfants. Et même s’ils les avaient eues à un moment donné, ce n’est pas viable dans le temps. Ca fait une telle multiplication par génération qu’en seulement 2 générations, la population serait multipliée par 625. Bien sûr, 25 enfants, c’est un maximum, mais ça peut facilement être à 12 ou 15. Et donc, en 2 générations, on est déjà dans une multiplication par 225. Et la réalité, c’est que loin de ce que dit la médecine officielle, ces enfants seraient quasiment tous viables et destinés à vivre jusqu’à un âge avancé.

Sans la possession de moyens de contraception comme le préservatif, la pilule ou le stérilet, à moins bien sûr de ne pas faire l’amour, il faut avorter ou tuer l’enfant qui vient de naitre quand la descendance commence à être trop nombreuse. Si une femme à en moyenne disons 10 enfants, et si la population n’augmente pas de génération en génération, ça veut dire que sur les 10 enfants, on en a tué au moins 6 ou 7. Et sur les 3 ou 4 restants, un ou deux sont morts avant l’heure, ou n’ont pas pu enfanter.

Or, si tuer son enfant était autorisé dans l’antiquité, ça a été interdit dans la société chrétienne. Et dans cette dernière, c’est en fait tous les moyens de ne pas avoir d’enfant qui ont été interdits, de la contraception à l’avortement. Du coup, depuis 1500 ans environ, c’est une chose qui s’est faite de façon secrète en Europe ; ce qui fait qu’on n’en a quasiment aucune trace Et du coup, il est facile pour la médecine d’incriminer les microbes. Personne ne va venir la contredire.

Voyons déjà comment on réglait le problème dans l’antiquité et dans les autres civilisations

 

–          L’infanticide dans l’antiquité et les autres civilisations

 

  • Dans l’antiquité en Europe

Dans l’antiquité, le père avait tout pouvoir sur la famille ; ce qui incluait la possibilité de tuer ses enfants s’il le désirait. L’infanticide était donc parfaitement légal. A Rome par exemple, on ne conservait que la fille ainée. Les filles suivantes étaient tuées la plupart du temps. La mention de deux filles dans une famille romaine est tout à fait exceptionnelle. Forcément, avec 50 % de naissances de filles en moyenne, on éliminait déjà environ 40-45 % du problème. Et comme le problème se posait en fait pour environ 50 % des nouveau-nés (sur 8 enfants par exemple, on en gardait 4 et on en supprimait 4), c’était plutôt 80 à 90 % du problème qu’on éliminait ainsi. On devait bien supprimer un ou deux garçon. Mais au final, on avait un rapport de 1 garçon éliminé pour 2 ou 3 filles, voir plus selon les cas.

Pour les garçons, on avait le droit d’éliminer les enfants chétifs ou victimes d’une malformation. Donc, tous les garçons prématurés pouvaient être éliminés. Et même s’ils étaient nés à 9 mois, ils pouvaient l’être pour peu que leur poids soit trop faible. Ce qui entraine que la liberté devait être totale, puisqu’il devait être facile de provoquer prématurément l’accouchement grâce à des drogues et de déclarer que l’enfant était trop chétif.

En Grèce, l’infanticide était interdit pour les enfants en bas âge. Mais pour les nouveau-nés, c’était autorisé. Donc, la situation était finalement la même qu’à Rome.

 

  • Dans les autres civilisations (antiquité jusqu’à l’époque moderne)

La situation en Chine et en Inde et dans l’Asie du sud, est finalement quasiment la même qu’à Rome. On éliminait essentiellement les filles. Je n’ai pas d’information sur la légalité de la chose. Mais apparemment, vu la fréquence de la pratique, ça devait être au moins toléré officieusement. Donc, comme on l’a vu plus haut, comme ça éliminait quasiment 80 à 90 % du problème de l’excès d’enfants, celui-ci se posait beaucoup moins pour les enfants males. Cela dit, vu que l’infanticide était pratiqué sur les filles, les parents ne devaient pas avoir de scrupules à le pratiquer aussi sur les fils si la famille était en surnombre.

Evidemment, le problème de l’avortement se posait là aussi beaucoup moins. Vu qu’il était au minimum toléré officieusement de tuer les filles après la naissance, il n’y avait que rarement à l’utiliser.

Désormais, grâce aux techniques modernes, on pratique l’avortement. Avec l’échographie, on sait si c’est une fille ou un garçon, et on avorte là encore beaucoup plus fréquemment si on a une fille.

Apparemment, les millénaires passés à éliminer les filles ont formaté les us et les coutumes pour faire en sorte qu’avoir une fille soit moins intéressant socialement et économiquement pour une famille, ce qui entraine que ce sont toujours elles qui sont éliminés préférentiellement par rapport aux garçons. Cela dit, il y a encore une base concrète qui entraine qu’on continue à éliminer les filles : la société de ces pays est encore fortement rurale. Dans ces conditions, avoir un garçon est plus intéressant puisqu’il peut aider aux champs. Donc, même si les us et coutumes disparaissaient d’un coup, les garçons seraient très probablement encore favorisés pour cette raison. Mais ils le seraient probablement moins dans les classes moyennes urbaines.

En Afrique noire, on supprimait et on continue à supprimer les nouveau-nés. Mais là, il semble que la justification repose sur la superstition (voir ici). Ce sont des infanticides rituels.

En fait, on a la possibilité de supprimer le nouveau-né s’il est considéré comme sorcier. Seulement, les conditions pour qu’il soit considéré comme tel sont tellement larges que 90 % des nouveau-nés sont concernés. Comme ça, forcément, on peut tuer qui on veut.

Donc, la réalité est que cette histoire d’enfant sorcier n’est qu’un prétexte bien pratique pour pouvoir éliminer les nouveau-nés en fonction des besoins. Quand on veut tuer son chien, on l’accuse d’avoir la rage.

Une fois l’enfant déclaré sorcier, on appelle le bourreau, qui l’emmènera et se chargera de le tuer. Bien sûr, dans la vision des autochtones, il ne s’agit pas d’un bourreau, mais plutôt d’un « réparateur », une sorte de libérateur qui a eu le courage de débarrasser la société d’un monstre, et qui est récompensé pour ça.

Il semble qu’on tuait également les filles. Ceci parce que comme l’Afrique était constituée de petites tribus souvent en guerre entre elles et que les males sont des guerriers, avoir moins de mâles conduisait à un affaiblissement de la tribu par rapport aux autres et sa possible mise en esclavage en cas de défaite.

Ces pratiques ont lieu plutôt dans l’ouest de l’Afrique noire. Mais on peut penser que les autres parties de l’Afrique noire utilisent des méthodes similaires.

La plupart des autres civilisations ont pratiqué l’infanticide. Dans l’Arabie pré islamique, l’infanticide était pratiqué comme une forme de contrôle des naissances post-partum. Idem en Asie Centrale.

Chez les aborigènes d’Australie, 30 % des nouveau-nés étaient tués.

En Amérique du nord, il est reporté que 15 % à 80 % des filles étaient tuées chez les Inuits. Chez les indiens, les tribus Shoshones et Mariames souffraient d’un manque de femme à cause des infanticides des nouveau-nés filles. Ce qui faisait d’ailleurs que celles-ci devaient être acquises auprès d’autres groupes.

En Amérique du sud, les Tapirapés, n’autorisaient pas plus de 3 enfants par couple et pas plus de 2 enfants du même sexe. Tout dépassement entrainait un infanticide. La tribu des Bororo tuait tout enfant qui n’avait pas l’air en bonne santé. Les Abipones n’autorisaient pas plus de 2 enfants par famille. Chez les Chacos, il est estimé que 50 % des nouveau-nés étaient tués.

Bref, l’infanticide était pratiqué partout dans le monde jusqu’à une époque récente. Et ça l’est encore dans les régions où les conditions économiques rendent difficiles l’accès à la contraception et l’avortement.

Voyons maintenant ce qu’il en était au moyen-âge en Europe.

 

–          L’avortement, l’infanticide et les fausses couches au moyen-âge masquées comme des morts naturelles de nouveau-nés

 

  • Les lois sur l’avortement au moyen-âge et la difficulté de cacher les grossesses

 

Par rapport à l’époque romaine, tout change au moyen-âge. L’infanticide, l’abandon d’enfant, l’avortement et la contraception sont alors interdits.

Seulement le problème demeure. Il y a trop d’enfants par rapports aux possibilités de subsistance. Donc, il ne reste qu’une solution aux gens : pratiquer l’avortement, l’infanticide et l’abandon d’enfants de façon cachée.

Soit cachée de façon intégrale, en dissimulant aussi bien la grossesse que soit l’avortement, l’infanticide ou encore l’abandon ; soit cachée en partie, en révélant la grossesse, en révélant aussi la mort du nourrisson, mais en cachant la vraie cause de la mort en faisant croire que celle-ci est naturelle.

On peut supposer que les femmes, généralement en accord avec leur mari, utilisaient les deux solutions (secret total ou partiel) alternativement et pas juste une seule. Ceci afin de ne pas trop attirer l’attention.

Utiliser uniquement la solution avec le secret total aurait pu paraitre louche. En effet, ça aurait entrainé une situation avec seulement disons 3 ou 4 enfants nés, et aucun nourrisson mort. Donc, ça aurait été louche parce que ça aurait été bizarre de n’avoir que 3 ou 4 enfants, alors que la quasi absence de moyens de contraception entrainait obligatoirement la naissance d’au minimum 7 ou 8 enfants. Et ça aurait été louche aussi parce que les autres femmes devaient utiliser les deux solutions. Ce qui fait qu’avoir 2 ou 3 nourrissons morts devenait quelque chose de normal. Et par conséquent l’inverse, à savoir l’absence totale de nourrissons morts, devenait anormal. Donc, n’avoir aucun nourrisson mort aurait entrainé la suspicion que la personne pratiquait l’infanticide en cachette.

Et utiliser uniquement la solution avec le secret partiel aurait paru louche aussi. Parce qu’en supposant que les femmes aient eu en moyenne 10 enfants, la femme aurait alors eu dans les 6 ou 7 nourrissons morts. Ça aurait commencé à faire beaucoup. Et là aussi, on aurait commencé à suspecter qu’en réalité, elle les tuait de façon cachée.

Donc, en supposant que les femmes avaient en moyenne 10 enfants, on peut penser qu’elles en avaient 3 ou 4 qu’elles laissaient vivre, 3 qu’elles tuaient de façon totalement cachée, et 3 qu’elles tuaient de façon partiellement cachée.

En mixant les deux solutions, ça diminuait le risque d’être soupçonnées d’avortement ou d’infanticide. Les 2 ou 3 nourrissons dont la mort avait été révélée, c’était la fatalité. Et ensuite, le couple pouvait tuer les 2 ou 3 autres de façon complètement secrète sans être soupçonnés d’être capable de le faire.

Et du coup, ça correspond à peu près aux chiffres que la médecine nous donne sur la proportion d’enfants morts peu après la naissance à cette époque-là : à savoir environ un tiers des naissances.

On peut penser qu’étant prévoyants, pas mal de couples ou de femmes seules faisaient en sorte de ne pas attendre d’avoir 4 enfants pour tuer les 6 ou 7 suivants. Ce qui évidemment, aurait paru louche. En effet, les gens auraient pu se dire que ne pouvant plus nourrir les suivants, ils les tuaient. Donc, ils/elles faisaient en sorte de commencer à tuer tôt, dès le deuxième ou le troisième bébé (dans le secret total ou non), afin d’avoir de la marge pour la suite.

En laissant vivre les 2 premiers, puis en tuant le 3ème dans le secret partiel, en tuant le 4ème dans le secret total, puis en laissant vivre le 5ème, en tuant le 6ème dans le secret partiel, puis en laissant vivre le 7ème et en tuant le 8ème dans le secret partiel et enfin le 9ème et le 10ème dans le secret total, ça évitait d’attirer les soupçons. Là, les gens n’allaient pas soupçonner le couple d’avoir tué ses enfants, puisque des nourrissons laissés vivants seraient apparus par la suite. Ils n’allaient pas imaginer qu’ils feraient ça de façon aussi calculée. Bien sûr, si tout le monde le faisait, ça n’était pas un bien grand secret. Mais les apparences étaient sauves.

Le fait de maintenir le secret uniquement sur la cause de la mort permettait de ne pas avoir à cacher la grossesse, ce qui était difficile dans un village. Donc, maintenir seulement un secret partiel était bien pratique pour éviter d’avoir à se cacher pendant plusieurs mois. C’est pour ça qu’en plus de sa nécessité (cf. plus haut), c’était une méthode qui devait être préférée du point de vue du confort au fait de maintenir le secret total.

Avec le secret partiel, l’infanticide était bien pratique pour ne pas avoir à recourir à un médecin avorteur qu’il aurait fallu payer pour qu’il fasse croire à une fausse couche ; ou sinon, qui aurait antidaté la date de naissance pour masquer le fait qu’il s’agissait d’un avortement, faisant ainsi croire qu’il s’agissait d’un bébé mort de façon naturelle quelques jours après la naissance. C’était par ailleurs beaucoup moins risqué physiquement pour la mère. Les méthodes d’avortement pouvaient en effet être assez dangereuses. Donc, l’infanticide devait être pas mal utilisé. Et puis ça permettait que le bébé soit né normalement (à 9 mois). Ce qui évitait d’attirer les soupçons. Enfin, ça permettait de tuer le nourrisson plusieurs mois après la naissance, alors que l’avortement obligeait à faire croire à une mort suivant d’à peine quelques jours, ou maximum quelques semaines, la naissance.

Dans le cadre du secret partiel, l’avortement permettait de faire croire à une fausse couche naturelle. Ce qui était bien pratique, parce que peu soupçonnable. Du moins, tant qu’il n’y avait pas récidive trop fréquente.

Cela dit, un bon nombre d’avortements devaient aussi être maquillés pour faire croire à une mort quelque temps après la naissance au lieu d’une fausse couche. Le problème, c’est qu’on ne pouvait pas multiplier les fausses couches indéfiniment. Les fausses couches, dans la mesure où ça arrive tôt dans la grossesse, ça peut paraitre louche, parce que ça peut tout aussi bien être un avortement qu’une fausse couche. Alors une femme qui aurait eu 5 fausses couches d’affilé, ça aurait pu attirer la suspicion des gens du village. Donc, il fallait faire en sorte à certains moments de faire croire aux gens du village qu’il y avait eu naissance de l’enfant en temps et en heure (8 ou 9 mois), et qu’il avait vécu pendant plusieurs jours ou semaines avant de mourir.

Si on ne désirait pas faire passer ça pour une fausse couche, il fallait en effet que la naissance soit considérée comme ayant été faite dans les temps, c’est-à-dire vers au moins 7 ou 8 mois. Sinon, ça aurait là encore pu passer pour un avortement déguisé, ou comme une quasi fausse couche (et donc comme un avortement déguisée, s’il y avait déjà eu de trop nombreuses fausse couches précédemment).

Par contre, il était intéressant que ça ne soit en réalité pas le cas. En effet, le fait de faire croire que le fœtus avait 7 ou 8 mois alors qu’il n’en avait que 5 ou 6 permettait de faire croire qu’il était très chétif. Ca permettait de justifier plus facilement sa mort. Dans l’esprit des gens, l’enfant n’avait pas survécu parce qu’il était trop fragile. C’est ce qui devait aussi rendre intéressant l’avortement. En permettant de faire passer l’enfant comme légèrement prématuré, et en plus, prématuré chétif, sa mort passait plus facilement. Bien sûr, il ne fallait pas utiliser trop souvent ce stratagème. Mais une fois ou deux, ça passait inaperçu.

Evidemment, faire croire aux gens que l’enfant était mort après la naissance alors qu’il l’avait été juste au moment de celle-ci nécessitait d’antidater la date de la naissance. Mais il devait y avoir pas mal de médecins prêts à le faire contre rémunération. Au besoin, s’il était difficile d’avoir assez d’intimité et qu’on avait donc peur d’être découvert par les voisins, on allait chez la cousine ou à la ville pour faire ça. Il était alors facile de se faire avorter, et avec la signature du médecin, de faire croire que l’enfant était mort après la naissance. Il pouvait aussi y avoir des prêtres complaisants.

Cela dit, souvent, ça devait reposer sur la parole des seuls parents. Donc, il était facile de dire que l’enfant était né il y a 2 jours. Dans de nombreux cas, c’était invérifiable. Par exemple, si la ferme était un peu à l’écart, et que ça se passait pendant l’hiver, vu qu’à cette époque de l’année, les gens ne sortaient pas tellement de chez eux, c’était facile de dire que la naissance s’était passée quelques jours avant, et qu’on n’en avait pas informé le prêtre parce qu’il faisait trop froid et que les chemins étaient difficilement praticables.

Bien sûr, le couple pouvait ne pas passer par un médecin en pratiquant tout seul l’infanticide après une grossesse menée à son terme. Mais un certain nombre ne devaient pas oser le faire eux-mêmes. Et puis, comme on l’a vu, l’avortement permettait de tuer l’enfant alors qu’il était encore chétif (donc alors qu’il n’avait pas encore 9 mois), ce qui rendait la chose plus crédible. Or pour ça, il fallait passer par un médecin ou une sorcière fournissant les drogues pour avorter.

Le problème de l’avortement, c’était bien sûr qu’il introduisait un étranger dans la réalisation du « crime ». Etranger qui pouvait parler par la suite s’il se faisait prendre par la police lors d’une autre affaire. Ou alors, si on les apercevait ensemble, les mauvaises langues pouvaient dire que la mort de l’enfant était en fait un avortement maquillé. Surtout que dans le cadre du secret partiel, la grossesse était connue par tout le monde. Donc, forcément, le fait de voir le couple et l’homme ou la femme soupçonné d’être avorteur éveillait beaucoup plus les soupçons que si personne ne savait que la femme était enceinte. C’est pour ces différents inconvénients de l’avortement que l’infanticide devait globalement être préféré.

Seulement, vu que la mort des nourrissons systématiquement quelques jours ou semaines après la naissance pouvait porter à soupçon, on devait utiliser parfois l’avortement pour obtenir l’équivalent d’une fausse couche ou éventuellement (plus rarement) l’équivalent de la mort d’un prématuré chétif.

Le secret total, lui, permettait qu’on ne pose aucune question sur l’origine de la mort du nourrisson. Tout était fait ni vu ni connu. Par contre, se posait le problème de cacher la grossesse aux personnes du village. Pour des gens vivant dans des fermes un peu éloignées, ça pouvait passer. Mais pour des gens vivant près d’un village, c’était plus dur. La solution, c’était de se faire passer pour malade, ou alors de partir en voyage.

Dans le cadre du secret total, l’abandon d’enfant pouvait être utilisé, puisque personne ne savait que la femme avait enfanté. Elle pouvait donc l’abandonner dans les bois, le donner à un cocher de passage contre rémunération (ça se faisait) afin qu’il le donne à un hospice, ou encore, accoucher à la ville et le laisser directement à un hospice. Ça devait être utilisé par les personnes n’ayant pas le courage de tuer froidement l’enfant. En fait, le secret total permettait d’utiliser n’importe quelle méthode pour se débarrasser de l’enfant, contrairement au secret partiel qui excluait l’abandon et rendait plus risqué le recours à l’avortement. On pouvait donc utiliser la méthode la plus confortable ou/et celle impliquant le moins de personnes extérieures. Et ça devait être souvent l’abandon après une naissance normale qui était choisi, puisqu’on n’avait pas à tuer directement le nourrisson, et pas à utiliser les services de qui que ce soit pour un éventuel avortement. Le petit danger quand même, c’était que le nourrisson soit retrouvé et qu’on fasse le lien avec la femme en question.

Cela dit, l’avortement devait être choisi relativement souvent aussi, puisque ça permettait justement d’éviter que les autres membres du village ne s’aperçoivent de la grossesse de la femme. Quand la femme s’en apercevait, elle pouvait la dissimuler pendant quelques semaines avec des vêtements plus serrés et plus couvrants, le temps que le médecin ou la sorcière du coin intervienne. L’avortement permettait que la grossesse reste cachée sans partir du village ou sans avoir à rester cachée dans la ferme en se faisant passer pour malade.

Difficile de dire la répartition des trois méthodes dans le total, mais on peut imaginer que ça c’était du un tiers pour chacune. Donc, un tiers pour l’infanticide, un tiers pour l’abandon, et un tiers pour l’avortement. L’infanticide était le plus pratique, mais difficile psychologiquement. Mais bon, pour beaucoup, ça ne devait pas être un trop gros problème. L’abandon aboutissant à la mort certaine du nourrisson était un peu plus facile mais un peu plus risqué. L’abandon à une institution, donc, n’aboutissant pas à la mort du nourrisson, était beaucoup plus facile psychologiquement, mais on risquait de se faire prendre si une personne passait à ce moment-là (et forcément, c’était des endroits relativement passant). Ces deux méthodes (infanticide et abandon) supposant bien sûr que la femme ait mené la grossesse jusqu’à son terme ; ce qui était évidemment assez risqué. Et enfin, l’avortement évitait qu’on ne découvre la grossesse de la femme, ce qui était un très gros avantage. Mais la contrepartie était que c’était dangereux pour la mère et que ça obligeait à recourir à un tiers.

 

Evidemment, c’est assez effroyable. Mais les gens de l’époque n’étaient pas des tendres. Et en plus, le problème était insoluble. Donc, tendres ou pas tendres, il fallait faire ce qui devait être fait si on ne voulait pas avoir entre 10 et 15 enfants qu’on aurait été incapable de nourrir.

Et bien sûr, tout ça a perduré jusqu’au 19ème siècle. En fait tant que l’interdiction a été maintenue.

Donc, cette nouvelle situation au moyen-âge a entrainé une dissimulation de la réalité et donc une appréhension erronée de celle-ci de la part des générations modernes. Ce qui a permis au mensonge de la médecine moderne concernant le taux de mortalité néonatale d’être cru. Comme toute la réalité des infanticides, des avortements et des abandons d’enfants n’était plus connue parce que maintenue secrète pendant des siècles, on s’est effectivement dit après coup que les enfants morts peu après la naissance devaient l’avoir été de maladie.

Il est vrai que quelques moyens de contraception existaient. Mais ils devaient être loin d’être très efficaces. Donc, ça pouvait éventuellement permettre d’éviter d’avoir 2 ou 3 enfants supplémentaires grand maximum. Mais on devait rester à minimum 10 enfants par femme. De toute façon, quand on sait que de nos jours avec des moyens de contraceptions très efficaces et pléthoriques, on arrive à avoir encore un quart de grossesses non désirées, il est clair que dans ces temps-là, vu la faible efficacité des moyens de contraception d’alors, ça devait être très largement plus et donc que la contraception laissait la majeure partie du problème non résolue. En plus, une grande partie des gens n’avaient pas accès à la contraception par simple manque de connaissance (l’information passant très peu). Donc, là, le problème restait entier.

 

–          Le cas des femmes seules

 

Le cas des femmes seules a tendance à occulter la réalité du problème. En effet, le crime d’avortement ou d’infanticide était particulièrement recherché chez les femmes seules. Mais, du coup, on a tendance à se dire que ce genre de crime était scruté avec vigilance par toute la société pour tout le monde. On se dit donc, que ça ne rigolait vraiment pas, que tout le monde surveillait tout le monde et que s’il n’y avait pas trop d’affaires de ce genre de rapportées, c’est tout simplement parce qu’il n’y avait pas beaucoup de crimes de ce genre.

Mais en fait non. En réalité, s’il n’y avait pas beaucoup de procès, c’est déjà tout simplement parce qu’il était très difficile d’avoir connaissance de ces crimes. L’écrasante majorité du temps, il était impossible de savoir si une femme s’était fait avorter, avait tué son nourrisson, ou s’il était mort de façon naturelle (maladie soudaine, mort à la naissance, ou fausse couche).

Et cette vigilance ne concernait essentiellement que les femmes seules. Dans la littérature qu’on peut trouver sur le sujet, c’est clair. Donc en réalité, ce qu’on peut se dire, c’est que les couples échappaient complètement à ce problème. Les membres de la majorité ne se tiraient pas dans les pattes.

Il devait y avoir deux raisons à cet état de fait.

Déjà, ça devait servir à détourner l’attention en faisant semblant de traiter le problème. Ce qu’il y a, c’est que tout le monde devait plus ou moins savoir que ce genre de chose se faisait dans chaque famille. Donc, comme on pouvait difficilement dire que ça n’existait pas du tout, on était obligé de faire quelque chose Mais évidemment, on ne pouvait pas poursuivre et exécuter tout le monde. Donc, on faisait semblant de se préoccuper et de combattre ce phénomène en n’attaquant qu’une cible secondaire, ceci parce que cette dernière était en situation de faiblesse. Ca évitait d’avoir à combattre le phénomène chez les gens bien établis, ce qui représentait 95 % de la société. Bref, les femmes seules auraient été un genre de bouc émissaire bien pratique ; des victimes de la conjuration des braves gens. La situation bien hypocrite quoi.

Cela dit, le fait de viser les femmes seules devait répondre à un problème réel. Ce groupe n’était pas choisi seulement parce qu’il était faible. Le problème, c’est qu’en avortant, les femmes seules pouvaient rester des électrons libres. Elles pouvaient coucher avec les maris des femmes mariées en toute tranquillité, menaçant ainsi les couples établis. Du coup, les femmes mariés voyaient en elles une menace. Et leur interdire d’avorter les obligeait à assumer les conséquences de leurs coucheries en ayant un enfant. Et comme elles ne pouvaient pas entretenir de nombreux enfants, vu qu’elles étaient seules, elles cessaient rapidement d’aller voir à droite et à gauche après avoir eu 1 ou 2 enfants illégitimes. Sans non plus dramatiser, ça pouvait éventuellement être une question de vie ou de mort pour les femmes mariées. Parce que vu que le divorce était interdit, mais pas le remariage, il pouvait venir la mauvaise idée au mari couchant avec une femme seule de se débarrasser de sa femme pour se remarier avec son amante. Probablement que sans ce problème de concurrence vis-à-vis des femmes mariées, l’omerta aurait protégé aussi les femmes seules. D’ailleurs, dans les documents sur le sujet, c’est clairement les femmes qui sont vigilantes vis-à-vis des grossesses des femmes seules. Alors que comme par hasard, les jurys de cours de justice, qui étaient certainement uniquement composés d’hommes, étaient plutôt bienveillants.

Mais enfin du coup, cette vigilance vis-à-vis des avortements, des infanticides et des abandons d’enfants ne concernaient que les femmes seules, pas le reste de la population. Ce qui fait qu’en réalité, 95 % du phénomène ne faisait l’objet d’aucune surveillance active. Tout au contraire, c’était l’omerta complète. Même si on s’apercevait de quelque chose, on devait rester muet la plupart du temps.

Donc, l’impression que le problème était activement surveillé et combattu est complètement fausse.

 

–          Autre moyen de lutter contre le problème du moyen-âge jusqu’en 1900

 

Un autre moyen de lutter contre ce problème était de faire se marier les femmes assez tard, entre 25 et 29 ans. Ainsi, la période de fécondité n’était plus que de 20 ou 16 ans, ce qui permettait de n’avoir que disons une douzaine d’enfants maximum. Ce qui faisait qu’en pratique, en faisant attention, en utilisant éventuellement des méthodes de contraception, c’était plutôt 8 à 10.

C’est une chose qu’on voit apparemment surtout dans les sociétés occidentales. Ce qui est normal, puisque c’était les seules à être chrétiennes et donc, à interdire tout type de contraception, avortement, et infanticide. Dans les sociétés où ces pratiques étaient tolérées ou même légales, l’âge du mariage pouvait être très bas sans que ça ne pose de problème.

Et apparemment, ça a été comme ça du moyen-âge jusqu’à la fin du 19ème siècle. On trouve des références ici pour le moyen-âge, ici pour la période 17ème-18ème siècle, ici pour le 17ème, ici pour la période 16ème-18ème, ici pour le 18ème, et ici pour le 19ème.

 

–          Moyens humanistes limités de réduire les infanticides et les abandons à fin de meurtre

 

Devant les abandons d’enfants, les avortements et les infanticides cachés, l’église a institué dès le moyen-âge un système de prise en charge des nourrissons que les femmes ne voulaient pas garder.

Mais évidemment, ça n’a jamais été très développé. A certaines époques, ça a accueilli dans les 7000 nourrissons. Donc, très loin des besoins de la population. Et puisque les places étaient limitées, il y  avait évidemment des barrages à l’admission, ce qui allait évidemment à l’encontre du secret que devaient vouloir garder les femmes faisant ce genre de démarche.

Surtout que si la femme faisait la démarche en question et était rejetée, l’option de se débarrasser de son enfant en le laissant sur la voie publique ou en le laissant dans un endroit isolé (forêt, campagne, cours d’eau) devenait plus problématique, puisqu’on pouvait alors plus facilement remonter jusqu’à elle. Donc, ces barrages l’entrée devaient dissuader énormément de femmes de recourir à cette solution.

En fait, ce qu’on peut penser, c’est que le système a été mis en place pour laisser une soupape de sécurité pour les femmes seules qui tombaient enceintes sans pouvoir s’occuper de leur enfant. Ca introduisait un peu d’humanisme par rapport à la solution de se débarrasser purement et simplement de l’enfant. Mais le problème de l’excès des naissances et donc du contrôle de celles-ci demeurait. Si on avait permis aux femmes seules de se débarrasser de leurs enfants de façon illimitée, ça aurait entrainé une explosion des naissances. Tout ça étant à la charge de la société, alors que par ailleurs, les couples étaient obligés d’avorter ou de tuer leurs enfants. Donc, il est évident que la tolérance de la société vis-à-vis de ce genre de chose était extrêmement limitée, aussi bien pour des raisons économiques que pour des raisons d’équité. La société ne pouvait pas supporter cette charge, elle ne le voulait pas ; et en plus, on ne pouvait pas faire supporter cette charge à des gens qui par ailleurs faisaient régulièrement le sacrifice de leurs enfants à venir ou déjà nés.

Donc, très loin d’être une panacée résolvant le problème des abandons de nourrissons, la prise en charge par l’église n’a toujours été qu’un pis-aller servant essentiellement de soupape de sécurité minimum pour les femmes seules ne pouvant assumer leur enfant. Ça devait à peine résoudre 5 % du problème et donc 95 % des femmes seules dans cette situation devaient continuer à pratiquer l’abandon d’enfants, l’avortement et l’infanticide direct.

Au début du 19ème siècle, il y a eu une tentative de développer davantage ce système de prise en charge, par la méthode de tours d’abandon. Mais ça a rapidement fait long feu. Et 20 ou 30 ans après l’introduction de ce système, de très nombreuses tours d’abandon avaient fermé.

C’est ce qu’on peut lire ici :

«  Lorsque la tentative d’avortement a échoué vient le projet d’abandonner l’enfant à sa naissance. Mais, au cours du siècle, les conditions d’admission des enfants à l’hospice se durcissent. Le décret du 19 janvier 1811, réglementant le service des enfants trouvés, prévoyait qu’un hospice par arrondissement serait doté d’un tour (sorte de boîte cylindrique où les nourrissons étaient recueillis). Ce décret a été diversement interprété : certains départements n’ont institué qu’un hospice dépositaire, d’autres se sont abstenus d’en créer. La décision de supprimer des tours a été prise assez rapidement par plusieurs conseils généraux.

Ce mouvement, soutenu par des administrateurs et des publicistes qui voyaient dans le tour une incitation à l’abandon, s’est accentué dans les années 1830. En 1825, on compte 24 hospices d’enfants trouvés en Bretagne ; il n’y en a plus que 10 en 1850.

Un système d’aide à destination des femmes seules existait aussi dans les villages, à la bonne volonté des gens du village (donc relativement aléatoire). Et on retrouve les mêmes restrictions qu’avec l’église. On acceptait que la femme ait un ou deux enfants. Mais au-delà, on commençait à s’énerver et déclarer que c’était assez.

 

–          Le 19ème siècle : exode rural et amélioration de la production permettent d’avoir plus d’enfants. Résultat, la mortalité infantile diminue

 

Avec cette vision des choses, on peut se dire que si la quantité de nourriture et la richesse augmentent et qu’on peut aller s’établir ailleurs beaucoup plus facilement, alors, il n’y a plus besoin de tuer autant ses enfants. Et donc, la mortalité infantile doit diminuer, aussi bien la mortalité infantile officielle que la mortalité infantile réelle (celle qui comprend les infanticides totalement cachés).

Et effectivement, ça correspond bien à ce qui s’est passé au 19ème siècle. C’est la première période d’exode rurale et d’émigration massive vers les USA. Et logiquement, on passe d’une mortalité infantile d’un tiers des naissances au 18ème siècle à une mortalité fluctuant entre un cinquième et un sixième à partir de 1830 environ, et ça jusqu’en 1900 (chiffres de l’INED).

Vers 1850, avec la possibilité que les enfants partent ailleurs, on accepte d’en garder plus de vivants. On n’en fait pas plus, simplement on en tue moins. Sur le même nombre d’enfants qu’avant, par exemple 10, on en garde 5 ou 6 et on en tue plus que disons 3 ou 4, avec 1 ou 2 infanticides semi-déclarés et 2 complètement cachés. Ce qui fait qu’on n’en a en moyenne plus que 1,7 ou 2 morts sur 10.

Donc, on peut penser que c’est le fait que les individus aient pu enfin bouger de leur village qui a en grande partie permis l’explosion démographique, et quasiment pas les progrès de la médecine (vaccination contre la variole ou amélioration des techniques des sages-femmes). Désormais, c’est la ville ou le pays étranger qui assument l’excès d’enfants du village. Alors qu’avant, ils restaient dans le village. Et du coup, non seulement les parents, mais aussi tout le village avaient un intérêt personnel à ce qu’il n’y ait pas trop d’individus. Là, l’excès d’individus se payait cash.

 

2) Le vrai rôle des sorciers et sorcières

 

Grace à cette théorie, on peut comprendre un certain nombre d’éléments historiques. En particulier, on comprend pourquoi il y avait des sorciers et sorcières, quel était leur rôle, le pourquoi de leur persistance à travers les siècles dans une société chrétienne, et la vraie raison pour laquelle ils étaient plus ou moins mal aimés (et pourquoi parfois, on les tuait).

En fait, loin d’être des vieilles folles, des espèces d’illuminés un peu bizarroïdes, voir des satanistes pratiquant la magie noire, et mal aimés parce qu’ils vivaient en marge de la société, ils avaient un rôle bien réel, bien loin de la magie. En réalité, ils préparaient en particulier les potions qui permettaient d’avorter. Ils devaient même pratiquer des avortements physiques. Et ils/elles devaient aussi préparer les poisons pour supprimer des gens (un mari adultère ou un vieux dont on convoitait l’héritage par exemple). Donc, on n’était pas dans un délire ésotérique d’illuminés, mais dans un rôle bien concret.

Et du coup, on comprend pourquoi ils n’étaient pas bien vus par les autorités et par une bonne partie de la population. Forcément, vu leur rôle, ils pouvaient difficilement l’être. Et on comprend pourquoi on les tuait de temps à autres. Parfois, on devait les suspecter d’avoir participé à un avortement ou à un meurtre en fournissant la potion ou le poison. Et une les ligues de vertu, ou alors des parents de l’assassiné pouvaient vouloir se venger. Et pour peu qu’ils aient eu de l’influence, ils montaient tout le village et les autorités contre le ou la sorcière. Et il était relativement facile ensuite, de leur faire avouer des meurtres d’enfants (en fait des avortements, ou alors carrément des infanticides, mais à la demande de la mère). Ce qui ne veut évidemment pas dire qu’il n’y avait aucun meurtre d’enfants par des illuminés pratiquant la magie noire, mais qu’une bonne partie des accusés ne devait rien à voir avec ça.

Et on comprend aussi pourquoi ils ont perduré à travers les siècles dans une société chrétienne et alors qu’ils étaient plus ou moins mal aimés. Ils étaient indispensables. Donc, impossible de les éliminer.

Et on comprend pourquoi ils ont disparu à l’ère moderne. Avec le développement des villes et de la médecine, ils ont été remplacés par les médecins. Et durant le 20ème siècle, on n’a plus eu besoin d’eux grâce à la légalisation de l’avortement et à la retraite.

Et comme on ne sait plus rien de tout ça, on les voit maintenant comme des espèces d’illuminés new-ages avant l’heure qui étaient mal aimés simplement parce qu’ils étaient différents, marginaux, des victimes de l’intolérance stupide des gens, des boucs émissaires, etc…

Le fait que –d’après ce qu’on raconte- les sorcières vivaient dans la forêt, avait peut-être une utilité directe pour le cas des femmes enceintes. Ça pouvait permettre d’héberger la femme enceinte le temps qu’elle accouche. Là, elle était sure d’être chez quelqu’un qui ne dirait rien. Et en plus, étant dans la forêt profonde, personne ne pouvait savoir qu’elle était là. Elle pouvait donc dire qu’elle était partie en voyage chez une cousine éloignée sans avoir à aller vraiment chez la cousine en question et devoir prendre le risque d’être dénoncée par celle-ci.

Et on comprend pourquoi c’étaient plutôt des sorcières que des sorciers. Vu qu’elles traitaient énormément des problèmes des femmes, les femmes étaient plus en confiance avec une femme qu’avec un homme. Sur cette page web qui, il est vrai, ne semble pas super sérieuse, il est dit qu’il y avait 4 sorcières pour un sorcier. Cela dit, le chiffre ne doit pas venir de nulle part.

Quand on cherche au travers de ce prisme là des informations sur les sorcières on trouve bien ça (Wikipédia) :

De la fécondité de la femme dépend la continuation de l’espèce, la femme est obstétricienne depuis que le monde est monde. La « sage-femme », la « guérisseuse », celle qui donne la vie et qui connaît les secrets de la vie et de la mort ainsi que l’effet des plantes sur le bien-être physique, la santé, est à l’origine de ce personnage qu’est « la sorcière ». De fait, durant les deux siècles que dureront les persécutions, c’est souvent le terme d’« herboriste » qui est utilisé dans les procès-verbaux de l’Inquisition pour la désigner.

Eh oui, c’est plutôt le terme d’herboriste qui sert à désigner la sorcière dans les procès-verbaux de l’inquisition, pas le terme de magicienne, de lanceuse de sorts, ou d’adoratrice du diable ou de d’appellations en rapport avec l’ésotérisme. Elles sont appelé « herboristes » tout simplement parce que c’était leur activité principale.

On lit aussi dans Wikipédia que c’était souvent des sages-femmes. Eh oui, c’était souvent le cas parce qu’un de leurs rôles majeurs comme on l’a vu, était d’aider à faire des avortements. Donc, un certain nombre de sorciers ou sorcières devait avoir un rôle réel de sage-femme (donc qui pratiquait des accouchements), mais en plus, s’y ajoutait un rôle d’avorteuse, voire parfois d’aide à l’infanticide.

Et un certain nombre de pures sages-femmes n’ayant juste que quelques connaissances en herboristerie devaient parfois pratiquer des avortements. Elles pouvaient être ensuite accusées de sorcellerie alors qu’elles n’avaient quasiment rien à voir avec cette catégorie.

On constate aussi que les sorciers et sorcières sont considérés très différemment dans l’antiquité et au moyen-âge. Et on peut penser que c’est lié à la différence de point de vue sur l’avortement et l’infanticide. Dans l’antiquité, c’est permis. Du coup, les sorciers et sorcières ne sont pas vraiment mal vus (en plus, la magie fait partie des choses normales). Tandis qu’au moyen-âge, c’est interdit, et du coup, ils deviennent très mal vus. A l’ère moderne, c’est à nouveau autorisé, et par ailleurs, les médicaments sont fournis abondamment par la médecine officielle. Cette concurrence officielle entraine logiquement que les sorciers et les sorcières disparaissent. Par ailleurs, on se met à considérer le moyen-âge comme une période sombre sous la coupe d’une église rétrograde et intolérante. Et du coup, on finit par en avoir une vision romantique complètement coupée de la réalité de l’époque (du moyen-âge jusqu’au 19ème siècle).

 

3) Ce qui se passe dans la nature, pourquoi les animaux meurent tôt

 

On pourra objecter que dans la nature, les animaux meurent beaucoup et tôt.

C’est vrai. Mais là encore, on peut trouver plein d’autres raisons que les maladies microbiennes.

Il faut déjà distinguer les animaux chassés par les carnivores et les carnivores eux-mêmes.

Concernant les animaux chassés par les carnivores, il est évident qu’une grosse partie de la mortalité infantile vient du fait que les petits sont tués par les carnivores. Vu qu’ils sont encore lents et faibles, ils sont une cible de choix pour les prédateurs.

Les carnivores ont un peu moins ce problème. Mais il est présent quand même, parce que si un ou des petits se perdent ou si la mère est présente mais a en face d’elle un groupe largement supérieur en nombre et en force, ceux-ci peuvent être tués par d’autres prédateurs. Ça peut être le cas pour des guépards face à des lions par exemple.

Mais surtout, il faut savoir que si la mère pense qu’elle ne va pas pouvoir assurer la survie de sa portée, elle est capable de tuer une partie ou même toute la portée. Elle peut aussi les abandonner. Par ailleurs, chez certains carnivores, les males sont capables de tuer les petits qui sont nés d’un accouplement avec un autre male pour que la femelle soit à nouveau fécondable. Donc, une grosse part des morts des petits des prédateurs s’explique par ce biais-là. C’est d’ailleurs une pratique qu’on retrouve aussi chez des non prédateurs comme les oiseaux, les zèbres, les grenouilles, les crapauds, etc…

Dans les pays tempérés, il faut aussi compter avec l’hiver. Il faut savoir que l’hiver pompe énormément des ressources accumulées par les animaux pendant l’été. C’est une véritable épreuve pour eux. Ils peuvent par exemple perdre jusqu’à 40 % de leurs poids pendant l’hiver. Et la mortalité peut aller jusqu’à 30 %. Et comme les petits n’ont pas les réserves qu’ont pu se constituer les adultes, ils sont les plus vulnérables. Leur taux de mortalité est donc encore plus important.

On peut penser à un phénomène identique mais pour une raison inverse dans les pays tropicaux. La période sèche peut être une période de disette pour les animaux. Et beaucoup de petits vont mourir de faim ou de soif à cette occasion.

Donc, on peut penser que si les petits des animaux meurent en grande quantité, ce n’est pas parce qu’ils attrapent des maladies microbiennes, mais parce qu’ils sont tués par leurs propres parents, ou sont abandonnés, ou tués par des prédateurs, ou meurent d’épuisement à cause de l’hiver ou de la sècheresse. Eh oui, la nature, ça n’est pas super fun.

 

4) Preuves que les nourrissons meurent bien d’autre chose que de maladies microbiennes

 

Evidemment, pour les partisans de la médecine orthodoxe, tout ça est complètement farfelu et si un tiers des nourrissons mourraient, c’est à cause de maladies microbiennes.

Seulement dans ce cas, pourquoi de nombreux peuples tuaient une grosse partie de leurs nourrissons ? Ils n’auraient pas eu à le faire, puisque la plupart de ceux-ci seraient morts de toute façon dans les premières semaines. Au contraire, constatant cet état de fait, ils auraient dû essayer par tous les moyens de sauvegarder la vie, sous peine de disparaitre rapidement par non renouvellement des générations. Mais non, non seulement un tiers leurs nourrissons mourraient, mais ils s’autorisaient en plus à en rajouter une couche en en tuant d’autres. Seulement, avec un tiers de nourrissons morts naturellement, plus les autres tués volontairement, ça aurait fini par faire beaucoup.

Prenons le cas de l’empire romain. Il y aurait donc eu entre 40 et 50 % des enfants tués à la naissance (toutes les filles sauf l’ainée). Avec une mortalité de 33 % des 60 % restants, ça aurait fait seulement 40 % d’enfants restants. Sur une famille de 10 au départ, ça aurait fait seulement 4 restants. Pas beaucoup.

Surtout que si on reste dans la théorie officielle, il y aurait eu le très gros risque que des maladies infantiles et des épidémies tuent une grosse partie des enfants restants. Donc, seulement 40 % de restants, ça aurait été évidemment trop peu. A 20 ans, sans compter les épidémies, il y aurait eu le risque qu’il n’en reste que deux, voire un seul, ce qui aurait été un risque beaucoup trop important. Et en comptant les épidémies, ça aurait été encore pire.

Ça aurait été trop risqué pour la population en générale puisqu’il y aurait eu danger qu’elle diminue. Et le risque aurait été pire encore pour les familles prises individuellement. A cause des variations de mortalité par rapport à la moyenne, un couple aurait eu le risque que sa descendance soit décimée avant d’arriver à l’âge de 15 ou 20 ans.

Et puis, toujours à Rome, si on ne laissait vivre qu’une fille à chaque fois, ça veut dire qu’à chaque génération, vu la supposée mortalité infantile, il n’y aurait eu que disons la moitié de la quantité de femmes de la génération précédente qui serait arrivée à l’âge de la reproduction. Ça veut dire que la population aurait dû diminuer de moitié à chaque génération, voire plus. Mais non, il n’y avait pas de diminution. La seule possibilité, c’est qu’en fait, la mortalité infantile et adolescente était loin d’être aussi importante qu’on nous le dit, qu’il n’y avait pas non plus des tas d’épidémies. Et donc, une telle façon de faire était parfaitement viable. Eh oui, parce que le problème, c’est que la mortalité est égale entre les femmes et les hommes. Donc, s’il y avait 4 garçons et une fille et qu’au final, il n’y avait que 2 garçons à 20 ans, il n’y aurait dû y avoir qu’une demi fille à 20 ans.

Autre incohérence, pourquoi se marier si tard ? Durant de nombreuses périodes de l’histoire, l’âge moyen du mariage était assez élevé (dans les 25-26 ans, voir plus). Et ça, pour éviter que le couple ait trop d’enfants. Seulement si les enfants mourraient autant, et si en plus il y avait constamment des risques d’épidémies, ils auraient dû au contraire se marier tôt, pour faire en sorte d’avoir une grosse marge de manœuvre en cas de grosse mortalité infantile dans la famille ou en cas d’épidémie. Et ils auraient dû chercher à faire beaucoup d’enfants pour faire face au risque élevé de pertes importantes.

Bien sûr, on peut répondre qu’il restait largement assez d’enfants pour que la société survive. Seulement, ce n’est pas la position de la médecine officielle. Elle dit que si à certaines époques, la population stagnait en nombre, c’est à cause de la mortalité infantile et adulte. Donc, dans ce cas, il aurait été nécessaire de faire le plus d’enfants possible. Par ailleurs, la médecine officielle dit qu’il y avait régulièrement des épidémies qui massacraient 30 ou 40 % de la population. En tenant compte de ça, il n’y aurait même pas eu à interdire l’infanticide, puisqu’il ne serait alors même pas venu à l’idée des parents de le pratiquer.

Même principe, pourquoi développer des moyens de contraception (préservatifs, boule de tissu introduite dans le vagin, coït interrompu, amour seulement pendant la période non féconde, etc…) si le risque principal, c’était surtout de voir sa descendance décimée ?

On a également une preuve que les nourrissons ne meurent pas de maladie microbienne tout près de nous avec les animaux domestiques. On voit bien que les portées sont viables si on nourrit la mère et les animaux correctement. Sans aucune vaccination ni antibiotiques, si on nourrit correctement une portée de chiot, eh bien tous les chiots sont viables, idem pour les chats. Comment une telle chose pourrait être possible si sans les soins de la médecine moderne (vaccins, antibiotiques) un tiers des individus (animaux ou humains) mourraient durant les premières semaines de vie ? Eh bien une telle chose est possible tout simplement parce que cette histoire de mortalité néonatale naturelle d’un tiers des nouveaux nés est complètement bidon.

En dehors des raisons de confort (chatte ou chienne au caractère moins excité, pas de périodes de chaleur), pourquoi stérilise-t-on les animaux domestiques femelles ? Eh bien parce qu’on sait bien que sinon, on pourrait se retrouver rapidement avec des hordes de chiens ou de chats. Ceci parce que tous les petits survivraient.

C’est aussi pour ça qu’on pratique l’euthanasie sur les chiots ou les chatons. C’est parce qu’on sait que sur 5 chatons nés, la plupart du temps, les 5 vont arriver à l’âge adulte sans problème, et donc, que si on ne les tue pas, on en aura 5 sur les bras.

Pourtant, s’il y avait une mortalité énorme, on attendrait quelques semaines pour qu’un tiers des petits meurent, pour éviter de faire mourir d’autres petits qui auraient survécus. Si on a 5 chiots, qu’on peut en garder un, en placer 2 et qu’on sait que 2 vont mourir de maladie, on devrait normalement attendre tranquillement que 2 meurent au lieu d’aller immédiatement en faire tuer deux par le vétérinaire. Parce que sinon, on pourrait en avoir faire tuer deux par le vétérinaire, et en voir deux autres mourir de maladie. Du coup, on se retrouverait avec un seul, alors qu’on aurait pu en placer deux chez des amis. Si les gens n’ont pas le réflexe de faire ça, c’est tout simplement parce qu’ils savent que la plupart du temps, les chiots ou les chatons vont tous survivre.

Et s’ils sont tous viables c’est tout simplement parce que s’ils sont correctement nourris et sont au chaud, ils n’ont aucune raison de mourir. Ce qui montre bien que cette histoire de mortalité néonatale due aux maladies microbiennes et autres est complètement bidon.

Et c’est pareil pour les humains. Si le nourrisson est correctement nourri et est au chaud, il n’a aucune raison de mourir. Et c’était déjà comme ça dans l’antiquité et au moyen-âge. Donc, si un tiers des nourrissons mourraient, c’est bien parce que, disons 90 % du temps, on les tuait.

 

5) Une objection possible

 

Cela dit, on pourrait me répondre que pour les autres civilisations, vu qu’on ne cache pas les infanticides, les statistiques du taux de mortalité néonatal sont bien celles du taux de mortalité néonatal naturel. Ce qui suppose bien sûr qu’on ne comptabilise pas les infanticides dans les morts de nouveau-nés.

Mais non, parce que depuis qu’on analyse le truc, on le cache. Partout l’infanticide soit est devenu un crime soit est tabou vis-à-vis de l’étranger. Alors les gens ne vont pas dire qu’ils le font.

Et pour les infanticides faits dans les temps anciens, on n’a quasiment aucune trace écrite donnant des statistiques de mortalité néonatale. Et dans les rares cas où elles existent, il n’y a pas de distinction entre les morts naturelles et les morts provoquées.

 

6) Quel impact sur l’espérance de vie

 

L’impact sur l’espérance de vie dépend bien sûr de l’espérance de vie initiale et du taux de mortalité infantile, qui étaient différents selon les époques. Avant le 18ème siècle, c’était plutôt 25 ans d’espérance de vie pour une mortalité infantile d’un tiers (la mortalité infantile étant le nombre de mort avant un an). Durant le 18ème siècle, c’était encore d’un tiers pour 30 ans. Et au 19ème siècle, c’était 1/5ème ou 1/6ème pour 40 ans. Je parle des chiffres officiels bien sûr.

Donc, avant le 18ème siècle on a avait une espérance de vie de 25 ans. Pour les personnes n’étant pas mortes la première année, ça faisait donc dans les 39 ans d’espérance de vie. Seulement, la réalité, c’est que les 39 ans, c’était pour tout le monde, pas seulement pour ceux ayant dépassé la première année de vie. Donc, avec une mortalité infantile quasiment entièrement non naturelle, l’espérance de vie réelle était de 39 ans et pas de 25 ans, soit 14 ans de différence.

Cela dit, on peut penser qu’il y avait quand même quelques morts plus ou moins naturelles chez les nourrissons. Pas 30 %, mais probablement pas 3/1000 comme maintenant. On peut couper la poire en deux et penser à une mortalité de plutôt 3 %, soit un enfant mort sur 33. Donc, pas une différence de 100 fois avec l’époque actuelle, mais une différence de 10 fois. Mais, dans ce cas, ça ne change pas grand-chose sur le compte final, puisque ça fait juste une différence de 3 %. Donc, au lieu d’une espérance de vie de 39 ans, ça aurait été plutôt de 38 ans.

Cela dit, en comptant les enfants tués ou abandonnés avant leurs 5 ans, on peut arriver à 40 % de morts avant 5 ans. Parce que la période avant 5 ans était encore assez mortifère. Et là aussi, on peut penser à pas mal d’infanticides et d’abandons. Et du coup, on n’est plus très loin de 43-44 ans.

Pour le 18ème siècle, l’espérance de vie officielle était de 30 ans. Et donc, en ne comptant plus la mortalité infantile, c’était en réalité 45 ans. Soit, 15 ans de différence. Si on prend le chiffre de 3 % pour la mortalité infantile, ça fait dans les 44 ans. Et si on compte les enfants tués ou abandonnés entre 1 et 5 ans, on arrive à 49-50 ans.

Et pour le 19ème siècle, l’espérance de vie réelle n’était donc pas de 40 ans, mais de 48-50 ans (en prenant un chiffre de mortalité infantile de 20 ou 17 %). Et peut-être 55 ans en comptant les morts entre 1 et 5 ans (c’est-à-dire avec un chiffre de 25 % de morts avant 5 ans). Et on enlève environ 1,5 si on considère que le taux de mortalité était de 3 % : soit 46,5-48,5 et 53,5 ans.

Actuellement, l’espérance de vie est de 80 ans. Donc, le gain réel par rapport aux différentes époques est le suivant.

Avant le 18ème siècle : gain officiel de 55 ans. Gain réel de 41 ans (80-39). Ou 42 ans (si on tient compte des 3%). Ou encore 36 ans (avec les morts entre 1 et 5 ans). Ou enfin 37 ans (si on tient compte là aussi des 3 %).

Pour le 18ème siècle : gain officiel de 50 ans. Gain réel de 35 ans (80-45). Ou 36 ans (si on tient compte des 3 %). Ou encore 30 ans (avec les morts entre 1 et 5 ans). Ou enfin 31 ans (si on tient compte en plus des 3 %).

Pour le 19ème siècle : gain officiel de 40 ans. Gain réel de 30-32 ans. Ou 28,5-30,5 (si on tient compte des 3 %). Ou encore 25 ans (avec les morts entre 1 et 5 ans). Ou enfin 26,5 (si on tient compte là aussi des 3 %).

 

Conclusion :

L’essentiel ici, c’est que la seule source de mortalité naturelle qui ne pouvait pas être attribuée aux mauvaises conditions de vie ne peut plus être considérée comme étant naturelle. Et ça, ça change tout. Parce que tout le discours de la médecine officielle sur le sujet de l’amélioration de l’espérance de vie repose désormais sur la mortalité infantile élevée dans les temps anciens. En effet, l’écrasante majorité de la faible espérance de vie des adolescents et des adultes avant les 50 dernières années peut être attribué de façon assez convaincante aux mauvaises conditions de vie. La mortalité infantile était le seul élément qui ne pouvait pas l’être.

Si ça n’a plus rien à voir avec quelque chose de naturel, ça sort de la problématique de l’espérance de vie. Et il ne reste alors quasiment plus que des éléments qui dépendent totalement des conditions de vie. Et comme justement, les éléments qui dépendent des conditions de vie n’ont rien à voir avec la problématique des maladies contagieuses microbiennes, il ne reste plus aucun élément de l’espérance de vie qui ait à voir avec le problème des microbes pathogène. Et d’une façon générale, la part de la médecine dans l’amélioration de l’espérance de vie devient alors assez réduite.

Donc, c’est un des mythes capitaux de la médecine moderne qui est ici remis en cause.

Il faut dire qu’il était bizarre qu’on soit passé d’un taux de mortalité de 300 pour mille à presque 3 pour mille, c’est à dire cent fois moins. C’était assez absurde, puisque c’est l’âge ou l’être humain est le plus en forme et où il est le moins soumis aux conditions de vie (pas de travail, nourriture abondante et température agréable), puisqu’il est totalement protégé par les parents. Si un tiers des nourrissons mourrait de maladie microbienne, alors, un tiers des enfants entre un an et 10 ans aurait dû mourir de la même cause, voire plus. Et 40 ou 50 % des adolescents aurait dû mourir. Et encore plus parmi les vingtenaires. Etc…

Donc, on a un changement total de perspective sur l’évolution de l’espérance de vie. Le taux élevé de mortalité infantile dans les temps anciens n’avait rien à voir avec des maladies microbiennes. Et donc, sa très forte diminution durant les deux derniers siècles n’a rien à voir non plus avec la lutte contre les microbes pathogènes (vaccins, antibiotiques) mais tout à voir, dans un premier temps, avec la possibilité de nourrir et de loger plus de monde (grands espaces disponibles avec la découverte de l’Amérique, et exode rural) et dans un deuxième temps avec les découvertes sur la contraception et la libéralisation de l’avortement. Du coup, l’augmentation de l’espérance de vie n’a rien à voir avec le problème des microbes pathogènes mais essentiellement avec l’amélioration des conditions de vie. Et la part de la médecine dans l’augmentation de l’espérance de vie est réduite à une portion congrue, qui est constituée essentiellement de la médecine d’urgence, des progrès de la chirurgie, des perfusions, etc…

D’une certaine façon, la découverte de la pilule et des autres moyens de contraception pourraient être intégrés à ces sources d’amélioration de l’espérance de vie. Parce qu’effectivement, ça a quand même permis d’éviter que les nourrissons ne soient tués. Par contre, l’avortement ne peut pas l’être. Parce qu’en fait, ça a juste donné un moyen un poil plus humain de régler le problème. Mais la méthode n’est pas si différente (sauf pour les pilules abortives prises moins de quelques semaines après la conception).

 

Autre façon de tuer un patient supposément en phase terminale : arrêter de l’alimenter

 

Via le cas d’une personne proche, je viens de prendre connaissance d’une autre façon de tuer les personnes supposément en phase terminale. En fait on arrête carrément de les alimenter. Eh oui, carrément. Comme ça, forcément, la personne –qui est déjà au 36ème dessous- est complètement sûre de mourir. Surtout qu’en plus, on donne évidemment de la morphine durant les dernières semaines.

 

1) L’histoire

 

Le cas en question est celui d’une femme d’environ 70 ans, ayant la maladie d’Alzheimer, à qui on a diagnostiqué un cancer du foie suite à une soudaine jaunisse. Vers fin février je crois, elle a été opérée de la vésicule biliaire, qui était apparemment bouchée. Après l’opération, elle était toujours très jaune. Puis, vers le 20 avril, ça a complètement disparu. La couleur de peau est redevenue normale. Ça n’a cependant pas empêché qu’elle soit considérée comme en phase terminale et comme devant mourir dans les semaines à venir.

J’avais laissé tomber ce papier en passant que finalement je m’étais trompé. En effet, je croyais qu’on ne lui donnait plus à manger. Mais au moment où je suis allé la voir (vers le 20 avril), la personne en question recevait encore un peu à manger en plus de la perfusion de glucose. Elle mangeait une espèce de gel servant surtout à l’hydratation, et aussi une sorte de yaourt. Et je pensais qu’on  lui administrait de la morphine alors que là aussi, ça n’était pas le cas. Donc, je me trompais sur les deux points. Et en plus, on disait qu’elle mourrait dans très peu de temps. Ce qui semblait possible, jaune comme elle était. Donc, si elle était morte à ce moment-là, on n’aurait pas pu incriminer l’absence d’alimentation et la morphine. Seulement, elle n’est pas morte à ce moment-là. Et par la suite, on ne pouvait plus tellement incriminer le cancer et la jaunisse, vu qu’elle n’était plus jaune du tout.

Sauf que tout ça a fini par arriver. Juste après ma visite du 20 avril, ils ne l’ont plus alimentée (donc, plus de crème et de gel hydratant) à part des perfusions de solution de glucose. Ceci parce que l’alimentation était supposée augmenter les mucosités qui encombraient son système respiratoire. Et vers le 25 ou le 30 avril, ils ont commencé à lui donner de la morphine, apparemment parce qu’elle aurait commencé à exprimer de la douleur quand on la retournait dans son lit. Et comme par hasard, à partir de ce moment-là, elle s’est mis à avoir de plus en plus de mal à respirer.

Au final, elle est morte le 11 mai.

 

2) Ce qu’on peut penser de ce cas

 

A mon avis, ce qui s’est passé est la chose suivante. Il est bien possible que la personne ait eu une jaunisse à cause des médicaments qu’elle prenait. Il est possible que les médicaments qu’on lui donnait augmentent le taux de cortisol. Comme on l’a vu, l’augmentation du taux de cortisol entraine une accumulation d’eau dans les cellules du centre du corps. Celles-ci accumulent l’eau et ne la rejettent pas. Donc, toutes les cellules qui émettent des mucus divers et variés en émettent moins et ils sont plus pâteux. C’est valable pour la bile. Il est donc tout à fait possible qu’elle se soit épaissie, ce qui aurait fini par bloquer la vésicule biliaire à cause de la présence de morceaux de bile ayant cristallisé. Le fait qu’elle était assez âgée n’a bien sûr pas aidé. Les personnes âgées sont déjà plus déshydratées que des personnes jeunes. Donc, la bile peut déjà être moins fluide.

Mais les médecins ayant bien sûr une interprétation classique du problème, ils ont dit qu’elle avait un cancer du foie. On l’a donc opérée pour dégager la vésicule biliaire. Elle a ensuite récupéré lentement de l’opération (en 2 mois).

Je pense que la récupération a été lente parce qu’on lui donnait des antibiotiques, ce qui diminuait la capacité du foie à éliminer les déchets. Probablement que sinon, sa peau aurait récupéré sa couleur normale un mois plus tôt. Mais, elle a quand même fini par récupérer, et vers le 20 avril, sa peau avait à nouveau une couleur normale. La situation s’améliorait donc.

Concernant le débat « tumeur ou pas tumeur ? », le fait qu’elle ait déjauni après l’opération semble aller dans le sens d’une absence de tumeur.

Mais il est vrai qu’on lui avait débouché la vésicule et qu’elle ne mangeait que très peu. Donc, elle aurait pu avoir effectivement une tumeur, que ça ait entrainé le blocage de la vésicule, mais déjaunir parce que la vésicule a été débouchée par l’opération et ne s’est pas rebouchée ensuite. C’est sûr. Mais déjà, ça voulait dire que ce n’était pas le foie en lui-même le problème. Parce que si ça avait le problème ayant entrainé directement la jaunisse, vu que le foie n’a pas été opéré, elle aurait dû continuer à rester jaune. Comme ce n’a pas été le cas, ce n’était donc pas le foie le problème directe, et donc pas la tumeur du foie. Le problème, c’était donc uniquement la vésicule biliaire bouchée.

Et du coup, comme elle a déjauni, rien ne prouve que le blocage de la vésicule ait vraiment été causé par une tumeur. C’est possible, mais rien ne le prouve. Ça a pu tout aussi bien être autre chose qui ait causé le blocage.

Ce qu’on peut penser, c’est que si elle avait été en phase terminale d’un cancer du foie, la vésicule aurait dû se reboucher rapidement. Mais du côté officiel, on peut objecter que ça aurait pu très bien prendre plus de temps pour se reboucher et donc, qu’il pouvait très bien y avoir effectivement tumeur au niveau du foie, que ça a causé le blocage de la vésicule en début d’année, mais que ça n’ait pas eu le temps de la reboucher après l’opération. Donc, difficile de trancher dans un sens ou dans un autre.

En tout cas, même s’il y avait vraiment eu tumeur à cet endroit, et que ça ait causé le blocage de la vésicule en début d’année, ça n’a pas été ça le problème à l’origine de la mort, puisqu’elle n’était plus jaune à ce moment-là. Donc, ce n’est pas le cancer qui l’a tuée. Et si ce n’est pas le cancer qui l’a tué, c’est forcément le traitement qu’on lui a administré.

Donc, le problème de la tumeur n’est finalement pas très important. Ce qui l’est, c’est ce qui s’est passé après. Et ce qui l’a conduit à la mort.

Et ce qui l’a conduit à la mort, c’est qu’à la fin, on a arrêté de l’alimenter et on lui a donné de la morphine. Mais ça, c’est l’élément final. En analysant le processus à partir du début, on a une vision complète du problème.

Le début, c’est la jaunisse. C’est à partir de là qu’a certainement commencé le quasi arrêt de l’alimentation et donc le début du manque de nutriments essentiels et de la déshydratation.

Vu que la jaunisse consiste en un empoisonnement du sang parce que le foie n’arrive plus à éliminer ses déchets (bilirubine, mais très probablement aussi d’autres déchets cellulaires), le cerveau décide de limiter l’alimentation. Ceci afin de ne pas rajouter de déchets alors que le foie n’arrive plus à les éliminer. En pratique, la personne n’a pas faim du tout. Donc, déjà à ce moment-là, elle ne mange plus que très peu et donc, d’une part se déshydrate et d’autre part, commence à être carencée en nutriments essentiels. C’est ce qui a certainement dû arriver ici.

Puis, après l’opération, ils ont dû lui faire deux choses.

Premièrement, ils ont dû arrêter de l’alimenter directement pendant au moins 2 semaines, afin que son système digestif récupère de l’opération. Donc, ils ont dû lui faire une perfusion de glucose. Ils n’ont pas dû lui donner d’acides aminés ou de lipides, afin de permettre aux déchets d’être éliminés plus vite. Donc, à nouveau, pendant au moins 2 semaines, elle n’a pas dû être alimentée normalement.

Par ailleurs, ils ont dû lui donner des antibiotiques. Je n’ai pas entendu dire qu’ils l’avaient fait juste après l’opération (je n’avais pas d’informations à ce moment-là). Par contre, je sais qu’elle en a reçus de fin mars au moins, jusqu’ au 12 avril. Mais on peut supposer que c’était depuis l’opération (donc fin février) qu’elle en prenait, afin de prévenir une infection post-opératoire, donc depuis fin février. On peut penser alors que c’est pour ça qu’elle a déjauni relativement lentement (2 mois), malgré une quantité d’alimentation très faible. En effet, comme les antibiotiques gênent le foie dans son rôle d’élimination des déchets, forcément, ceux-ci restent dans le flux sanguin et mettent plus longtemps à être éliminés. D’ailleurs, quand ils ont arrêté de lui en donner vers le 12 avril, elle a déjauni très rapidement (en une semaine). Sans les antibiotiques, on peut penser qu’avec la très faible quantité d’alimentation absorbée, elle aurait déjauni en moins de 3 semaines.

Est-ce que la prise d’antibiotiques est si mauvaise après ce type d’opération ? Peut-être pas complètement, mais ça dépend de la dose et de l’état du patient. Peut-être que ça évite une hypotension plus ou moins importante juste après l’opération. Mais d’un autre côté, chez des personnes maigres, avec des doses importantes, ça peut conduire à des hémorragies internes, surtout si on ne nourrit pas ou peu la personne (ce qui est forcément le cas ici).

Le problème, c’est que l’arrêt soudain des antibiotiques a dû entrainer une hypotension par baisse du taux de cortisol. Ce qui n’a pas dû aider. Parce qu’elle était déjà en état d’hypotension à cause de la faible alimentation. Et ensuite, la prise de morphine a ajouté encore une autre cause d’hypotension. Donc, trois causes d’hypotension en même temps, ça faisait beaucoup pour une personne affaiblie. Comme par hasard, c’est 10 jours après l’arrêt des antibiotiques, vers le 22 avril, qu’on a déclaré que son état se détériorait.

 

Pour en revenir à l’alimentation, on a donc dû lui donner seulement des perfusions de glucose pendant au moins 2 semaines. Donc, jusqu’au 8 mars. Puis, on a dû commencer à la réalimenter par voie orale jusqu’au 20 avril, soit 1 mois et 13 jours. Seulement, entre le 8 mars et le 12 avril,  étant toujours jaune, et vu que dans ce cas, le cerveau supprime la sensation de faim, elle a continué à ne plus manger beaucoup. On lui donnait des gels hydratants, ainsi qu’une crème du genre yaourt deux ou trois fois par jour. Une perfusion de glucose à 5 % était également administrée régulièrement. Cela dit, on a arrêté de lui donner cette perfusion pendant environ 12 jours, entre le 12 et le 24 avril.

Donc, si on compte 2 semaines de jaunisse où la personne ne mangeait pas, plus 2 semaines avec seulement une perfusion de glucose, ça faisait déjà 1 mois qu’elle ne mangeait quasiment plus rien. Avec un mois en plus où elle ne mangeait pas grand-chose (2 yaourts par jour en fait, plus la perfusion de glucose) ça commençait à faire beaucoup concernant le manque de nutriments essentiel (protéines, lipides). Concernant l’hydratation, la perfusion de glucose aurait dû normalement permettre de la maintenir à un niveau normal. Mais ce n’était manifestement pas le cas, puisque les fois où je l’ai vue (entre le 12 et le 22 avril), elle avait une grande quantité de mucus au niveau de la bouche, signe clair de déshydratation. Donc, elle était déjà déshydratée. Et bien sûr l’arrêt de la perfusion pendant 12 jours, vu la faible quantité de nourriture qu’elle arrivait à prendre, n’a pas du améliorer la situation du tout.

Et heureusement que des membres de la famille venaient pour la nourrir, parce qu’il fallait insister longtemps avant qu’elle accepte de manger son yaourt et son gel hydratant. Si l’alimentation avait été laissée à la seule charge des agents hospitaliers, ça aurait été trop long et ceux-ci n’ayant pas le temps de rester longtemps pour la nourrir, elle n’aurait avalé que 2 ou 3 cuillérées maximum. Donc, sans l’intervention de la famille, la famine et la déshydratation auraient été encore plus accentués. Or, il est évident que dans la plupart des cas, les proches ne peuvent pas être présents suffisamment souvent pour donner à manger à la personne. Et même s’ils le sont, ils ne vont pas forcément penser à la faire manger. Donc, dans la plupart des cas, la personne est nourrie seulement par le personnel soignant. Ceux-ci n’ont pas le temps de le faire jusqu’au bout. Et la personne dépérit donc encore plus vite par manque de nourriture.

A ce moment-là, se peau retrouvait de plus en plus sa couleur normale. Et vers le 20 avril, elle était à peu près normale.

Je crois que c’est à cause de quelques douleurs qu’elle aurait manifestées quand on la bougeait que les médecins ont décidé de lui donner de la morphine et aussi de ne plus l’alimenter par voie orale (vers le 22 avril). On s’est remis à lui donner une solution de glucose par perfusion. C’est la seule alimentation qu’elle a reçu à partir de là.

Là encore, avec le maintien d’une perfusion de glucose, l’hydratation aurait pu se maintenir à un niveau correct. Mais, comme on l’a vu plus haut, l’hydratation par perfusion ne s’était pas particulièrement révélée très efficace jusque-là. Et puis, à ce stade, il faut compter avec l’euthanasie passive introduite par la loi Leonetti (voir plus bas). Donc, on peut craindre que la perfusion ait été encore un peu plus insuffisante au niveau des doses que précédemment, que la déshydratation se soit remis à augmenter et que l’hypotension ait commencé à devenir très importante. Et bien sûr, le manque de nutriments essentiels devait lui aussi devenir très important.

Et comme on donnait en plus de la morphine, ça a encore augmenté l’hypotension, qui a fini par être mortelle. Surtout qu’on a peut-être augmenté petit à petit les doses de morphine.

Remarque, si elle avait été consciente (pas Alzheimer), l’administration de la morphine aurait entrainé qu’elle n’aurait pas eu faim. Du coup, on se serait dit que ça ne servait à rien de lui donner à manger. Donc, la décision d’arrêter d’alimenter la personne aurait pu être justifiée aussi dans ce cas. Et du côté de la personne, étant sous morphine, elle aurait été tellement assommée par cette drogue, qu’elle n’aurait eu que de faibles velléités de protester contre cette décision, au cas où elle en aurait eu l’idée. Surtout que n’ayant pas faim à cause de la morphine, elle n’aurait pas ressenti de gêne par rapport à cette décision.

Le fait qu’il ait fait beau durant tout le mois d’avril et début mai n’a pas du aider non plus pour l’hydratation. Ca a peut-être entrainé une mort plus rapide que si le temps avait été plus froid.

Là, la personne était Alzheimer. Donc, on peut éventuellement se dire qu’il ne lui restait qu’un avenir misérable à vivre. Mais, ça peut arriver à plein d’autres personnes qui, elles, ne sont pas Alzheimer et qui pourraient profiter de la vie pendant beaucoup plus longtemps. Et puis, on peut étendre ça à des personnes qui ont eu un diagnostic autre qu’un cancer du foie. Donc, le processus décrit ici touche certainement des tas de personnes qui pourraient avoir encore de très belles années devant elles.

 

3) Ce qu’on peut penser de tout ça d’une façon générale

 

Donc, d’un point de vue général, on en revient à ce que je disais au début. Forcément, si on ne nourrit pas les gens et si en plus on leur donne de la morphine, c’est sûr qu’ils vont mourir. Et c’est bien ce qui s’est passé ici. Ça parait hallucinant qu’on arrêt de les nourrir. Mais si, on le fait.

En ce qui concerne les situations qui peuvent mener à la suppression de l’alimentation, on peut imaginer divers processus et scénarios.

 

–          Cancers et autres problèmes graves au niveau digestif

 

Bien sûr, il y a le cas présent, où la personne est supposée avoir un cancer des voies digestives. On peut imaginer que ça va être une grande source de situations conduisant à la suppression de l’alimentation.

Dans un premier temps, s’il y a jaunisse, ça va entrainer une quasi suppression de l’envie de s’alimenter.

La personne peut aussi être allée voir le médecin parce qu’elle n’a plus très envie de manger depuis quelques temps, et ce parce qu’en fait, son taux de cortisol est faible. Et le médecin peut alors lui diagnostiquer le cancer à ce moment-là. Du coup, avant l’opération, elle ne se sera pas alimentée normalement depuis plusieurs semaines.

Puis, deuxième temps, vient l’après opération. Au début, la personne va avoir des difficultés pour s’alimenter, parce qu’à cause de l’opération, la digestion sera douloureuse. On peut penser que les médecins supprimeront souvent l’alimentation par voie orale pendant une ou deux semaines, afin que le système digestif puisse récupérer de l’opération. Toutefois, en dehors du cas de la jaunisse, les médecins peuvent décider d’alimenter la personne par perfusion. Donc, cette phase sans aucune alimentation concernera surtout les personnes ayant eu une jaunisse (enfin…, a priori).

Ensuite, la personne pourrait se remettre à manger. Mais encore faut-il qu’elle soit suffisamment en forme pour s’alimenter assez. Et puis, si on lui donne de la morphine pour lutter contre d’éventuelles douleurs post opérations, elle n’aura pas très faim. Et si elle n’a pas eu de perfusion autre que de glucose après l’opération, elle n’aura mangé que peu depuis pas mal de temps, et elle va commencer à être sacrément faible. Bien sûr, le médecin pourrait mettre la personne sous sonde gastrique ou l’alimenter par perfusion. Mais tout dépend du médecin, de l’état du patient et du diagnostic. C’est donc une période critique où la personne peut soit revenir à un état de nutrition et d’hydratation correct, soit continuer à s’affaiblir par manque de nutriments et d’eau.

Si on donne des antibiotiques pendant quelque temps (ce qui s’est passé ici), ça va augmenter le taux de cortisol, ce qui devrait augmenter la faim. Donc, la personne devrait manger plus. Mais, déjà, normalement, on ne l’alimentera pas directement pendant une ou deux semaines. Donc, cet effet positif sur l’envie de manger ne jouera pas. Et même si on le faisait, la prise de l’antibiotique pourrait entrainerait des problèmes digestifs et donc ferait que la personne n’aurait pas très envie de manger (mais comme souvent, ils seront administrés par perfusion, ce problème ne se posera pas). Et après l’arrêt de l’antibiotique, le taux de cortisol baissant, la personne n’aura pas envie de manger non plus.

Tout dépend du moment et du nombre de semaines où on donne les antibiotiques en fait. Il semble logique qu’on en donne après l’opération, histoire de prévenir des infections post opératoire. Donc, on va en donner alors qu’on est dans la phase où la personne est sous perfusion, sans alimentation. Alors, si on continue à en donner après qu’on ait commencé à nourrir la personne par voie orale, l’effet positif sur le taux de cortisol fera que la personne se remettra à manger de bon appétit. Mais dès qu’on arrêtera de les administrer au patient, le taux de cortisol s’effondrant, il n’aura à nouveau plus faim. Il y aura donc une fenêtre de temps plus ou moins longue durant laquelle le patient pourra reprendre un peu de poids. Si on les administre par voie orale, il y a alors le risque que ça entraine des problèmes de digestion, ce qui pourrait alors limiter la durée de cette fenêtre de temps.

Si au contraire, on arrête de les donner juste au moment où on recommence à nourrir la personne, elle va voir son taux de cortisol baisser et elle n’aura même pas cette fenêtre de temps où elle pourrait reprendre du poids. En tout cas, lors de l’arrêt de l’antibiotique, pendant encore 3 ou 4 semaines, elle va manger assez peu. Et ça, qu’il y ait eu reprise de poids pendant quelques semaines ou non, ça va donner l’impression aux médecins que la personne rechute (ou continue à chuter s’il n’y a pas eu de phase de reprise de poids) et donc, qu’elle est proche de la fin.

Dans le cas spécifique du cancer du foie, s’il y a jaunisse, le fait de donner des antibiotiques après l’opération va entrainer que la couleur de la peau va mettre plus de temps à redevenir normale, puisque l’influence des antibiotiques sur le foie diminue ses capacités d’élimination des déchets. Du coup, ça donnera l’impression aux médecins que leur diagnostic de cancer était juste. Et en plus ils se diront que le problème est toujours présent, puisque la jaunisse persiste. Par contre, le fait de manger peu ou pas va permettre au moins de stabiliser la jaunisse, voir même de la faire diminuer un peu.

A ce moment-là, la personne n’aura pas mangé normalement depuis plusieurs semaines. Disons 2 semaines pour la jaunisse, 2 semaines après l’opération, 3 semaines encore à cause du taux de cortisol bas : 7 semaines en tout. Ça commencera à faire beaucoup. La personne commencera à manquer vraiment de nutriments essentiels. Et concernant l’hydratation, bien sûr, tout dépend si la dose de perfusion est suffisante ou pas ; mais vu ce qui s’est passé pour le cas analysé ici, il y a de gros risques que ça ne soit pas le cas.

Pour la troisième phase, tout dépend de l’idée que les médecins ont de l’état du patient en fait.

Si les médecins pensent que le problème est traitable et que la personne n’est pas en stade terminal, ils vont lui redonner à manger. Et elle ira de mieux en mieux.

Si les médecins ont décrété que la personne est en stade terminal, ils peuvent décider de supprimer l’alimentation (laissant juste une perfusion de glucose), et en plus, ils vont se mettre à lui donner de la morphine. Et là, c’est la fin à brève échéance, réalisant ainsi la prédiction des médecins, qui vont  se dire que leur estimation de la situation était juste, puisque leur prédiction s’est réalisée.

Donc, là, on aura 7 semaines sans alimentation normale, plus x semaines avec juste une perfusion de glucose. Là, ça faisait 3 semaines avant la mort. Donc, il y avait eu au moins 9 à 10 semaines, soit environs 2 mois et demi sans alimentation normale.

Mais comme il n’y a pas de limite de temps pour cette période avec juste la perfusion de glucose et la morphine, ce n’est forcément qu’une question de temps pour que la personne meure. Si elle ne meurt pas après 3 semaines, il suffira de faire durer la chose 4, puis 5, puis 6, etc.., semaines ; et au bout de suffisamment de temps, elle mourra. Avec cette façon de faire, le patient est sûr de mourir tôt ou tard. Et il est d’autant plus sûr de mourir relativement rapidement qu’on fait ça alors qu’il est déjà au bout du rouleau.

Ce qui se passera, c’est que l’hypotension sera alors très importante. Et comme en plus, on donnera de la morphine, l’hypotension deviendra fatale et la personne mourra par arrêt cardiaque, ou par arrêt du cerveau.

Mais, comme je l’avais déjà souligné dans un de mes articles sur la morphine, tout paraitra cool et apaisé grâce à la morphine. C’est d’ailleurs ce qui s’est passé là. La personne est partie sans douleur, comme si elle s’était endormie.

Un problème important qu’on peut noter au travers de l’expérience relatée dans cet article, c’est que la période d’arrêt de l’alimentation et de mise sous morphine est quand même bien rapide. En effet, en seulement 8 semaines, paf, on décidait que c’était fini et que ça ne servait plus à rien de continuer à alimenter la personne.

En fait, dans le cas présent, pendant presque les deux derniers mois, les médecins n’arrêtaient pas de dire qu’elle n’avait qu’une semaine à vivre ; parfois même seulement quelques jours. Donc, forcément, en partant sur ce genre d’idée, ils devaient fatalement aboutir assez rapidement à la décision de la mettre sous morphine et d’arrêter de l’alimenter.

Mais quand même, décider en seulement 2 mois que c’est la fin, et ça, alors que la personne se remet à manger et que la jaunisse disparait, et donc, que l’évolution des symptômes vont à l’encontre du diagnostic de phase terminale, il y a comme un problème.

Evidemment, ce n’est certainement pas un cas isolé. Donc, il doit arriver dans plein d’autres cas qu’on arrête relativement rapidement d’alimenter la personne et qu’on la mette sous morphine, alors que les symptômes s’améliorent ou restent stables. Ca relativise fortement la valeur des diagnostics de phase terminale. En fait, ça laisse à penser que dans de nombreux cas, les médecins voient ce qu’ils ont envie de voir, et rendent réel ce diagnostic en alimentant peu la personne et à la fin en ne l’alimentant quasiment plus (à part la solution de glucose) et en lui donnant de la morphine.

 

–          Autres cas

 

On peut penser qu’il y a bien d’autres cas que ceux des problèmes digestifs qui vont conduire à l’abandon de l’alimentation et donc à la mise à mort de la personne.

On peut imaginer qu’il suffit que la personne soit considérée comme en fin de vie, quelle qu’en soit la raison, pour qu’à un moment, on décide d’arrêter de l’alimenter. Une personne ayant subi une opération, qui récupère mal, et qui est considérée comme étant en phase terminale, peut faire l’objet de ce genre de décision. Idem pour une personne qui a un taux de cortisol très bas et qui est considérée comme étant en fin de vie. Et il y a probablement pas mal d’autres types de cas dont je n’ai pas connaissance pour le moment. En fait, l’élément le plus déterminant est probablement le diagnostic de phase terminale. Si la personne est considérée comme sauvable, on continuera de l’alimenter. Sinon, on arrêtera de le faire quand on considérera qu’il ne reste plus que quelques semaines, voir jours à vivre à la personne.

Par ailleurs, la mise sous morphine ne se fait pas forcément au même moment que l’arrêt de l’alimentation. Ça peut être fait avant. Ça c’est un détail essentiel. Parce que vu que les effets de la morphine donnent l’apparence que la personne est en fin de vie, il devient particulièrement facile d’établir ce diagnostic de fin de vie et du coup, de décider d’arrêter d’alimenter le patient.

En fait, l’administration de la morphine est un cas à part entière. En effet, elle peut être donnée longtemps avant le diagnostic de stade terminal, par exemple pour empêcher les douleurs liée à une maladie. Imaginons que la personne ait un cancer. On donne de la morphine pour limiter les douleurs causées par la chimio et les rayons. La personne dépérit à cause de la morphine sur une durée d’un an. Et au bout d’un an, la personne est tellement affaiblie par la morphine qu’on la déclare en phase terminale et on arrêt alors de l’alimenter. La morphine participera encore un peu plus à la mort parce qu’on augmentera les doses progressivement durant ce qu’on estimera être les dernières semaines de vie.

En plus, puisque la personne est sous morphine, elle va refuser de s’alimenter. Et quand elle s’alimentera, à cause de l’hypotension provoquée par la morphine, elle aura tendance à vomir (enfin.., si elle en a encore la force). Donc, la décision d’arrêter de l’alimenter, même par intraveineuse, sera encore plus facile.

Et vu que la personne sera en permanence dans un demi-sommeil, et très affaiblie, il sera peut-être difficile de l’alimenter. Or, comme on l’a vu plus haut, comme le personnel hospitalier n’a que peu de temps à consacrer à l’alimentation, il n’aura le temps de lui faire manger qu’un dixième ou un cinquième de repas (repas déjà très léger : dans l’exemple, il ne s’agissait que d’un gel hydratant et d’une crème). Donc, ne serait-ce qu’à cause de ça, la personne s’affaiblira rapidement. Et à cause de cet affaiblissement, on pourra décider d’arrêter de la nourrir.

Donc, il y a beaucoup de gens qui ne vont plus être alimentés parce qu’ils sont sous morphine et que ça donne l’impression qu’ils sont en toute fin de vie.

Bien sûr, comme on l’a vu à travers l’exemple du début, tout ça n’arrive pas d’un coup. Il va falloir un certain nombre d’évènements affaiblissant la personne pour que quand on arrêtera de l’alimenter et qu’on lui donnera de la morphine, elle meure au bout de quelques semaines. Ça peut être une opération, une période de faible alimentation à cause d’un faible taux de cortisol, etc…

Le fait que le personnel hospitalier n’ait pas le temps de donner à manger peut aussi être une cause importante du problème chez les personnes ayant la maladie d’Alzheimer, puisqu’il suffit que la personne ne mange pas assez vite pour qu’elle se retrouve sous-alimentée.

Par ailleurs, concernant l’arrêt des antibiotiques, le taux de cortisol s’effondrant, le centre du corps devient plus déshydraté. Du coup, une toux peut apparaitre ainsi que des douleurs aux membres. Il y a un risque qu’on donne de la morphine pour faire disparaitre ces symptômes. Mais là, à cause de l’hypotension provoquée par la morphine, une détresse respiratoire commencera à apparaitre. Ce qui ira dans le sens d’un diagnostic de stade terminal.

A noter que quand l’effet de la morphine est moins fort, la douleur réapparait (et éventuellement une toux aussi). Du coup, constatant la réapparition de la douleur, on donne à nouveau de la morphine. Baser l’administration de la morphine sur la réapparition des douleurs fait entrer dans un cercle vicieux, puisque l’arrêt de la morphine va faire revenir la douleur et la magnifier. Ca fait qu’il y a peu de chance qu’on arrête de donner de la morphine à une personne qu’on considère être en phase terminale.

Donc, il y a potentiellement beaucoup plus de cas que les seuls cas de cancers des voies digestives qui peuvent être concernés par ce genre de processus.

 

4) Objections possibles

 

Alors, bien sûr, on va me dire que si la personne est en phase terminale d’un cancer du système digestif, c’est normal qu’elle ne puisse plus s’alimenter et meurt. Sauf que dans l’exemple du début, vu la quantité de médicaments que la personne prenait, il est bien probable que le blocage de la vésicule biliaire ait été entrainé par ces derniers. Si ce sont des médicaments qui augmentent le taux de cortisol, ça peut entrainer un épaississement des sécrétions et donc, aussi au niveau de la vésicule biliaire. Chez quelqu’un d’âgé, ça peut aboutir à un blocage de celle-ci.

Mais de toute façon, trois semaines avant sa mort, la couleur de sa peau était redevenue normale. Et ce alors qu’on l’alimentait par voie orale. Donc, le problème ne venait clairement pas d’un empoisonnement du sang.

Par ailleurs, dans la plupart des cancers en phase terminale, la tumeur est beaucoup trop petite pour bloquer vraiment l’organe touché. Et souvent, on estime qu’elle a régressé grâce à la chimio et aux rayons. Donc, il est clair que ce sont les traitements qui sont à l’origine de la mort de la personne.

Et puis, si la personne avait le choix de continuer de s’alimenter ou non, on pourrait dire que c’est bien le cancer la cause du problème. Mais dans la mesure où on arrête l’alimentation d’autorité, impossible de d’affirmer que c’est bien le cancer qui a tué la personne. Là, on n’est pas du tout dans un cas où on essaierait d’alimenter la personne et où elle refuserait, tellement elle n’arriverait pas à absorber le moindre gramme de nourriture. Non, on est dans un cas où les médecins décident unilatéralement de supprimer la nourriture.

En fait, on est même dans un cas inverse. La personne continuait à s’alimenter par voie orale sans problème, jusqu’à ce que les médecins décident d’arrêter (donc sans aucune raison) de donner à manger à la personne.

Donc, pour toutes ces raisons, l’argument selon lequel il est logique que la personne ne puisse plus s’alimenter parce qu’elle a un cancer du système digestif en phase terminale ne tient pas du tout.

Et puis rien n’empêche les médecins de faire une alimentation par intraveineuse (pas seulement de glucose bien sûr). On peut faire tenir une personne pendant très longtemps comme ça. Le fait d’arrêter toute alimentation (hors glucose) alors que la personne n’a même pas de jaunisse montre bien une volonté de faire mourir la personne de la part des autorités médicales. Mais bien sûr dans leur esprit, ce n’est pas un problème, puisque la personne est supposée mourir en moins de quelques semaines.

Alors, peut-être qu’il y a des personnes dont le système digestif est tellement esquinté par les opérations, la chimio et éventuellement les rayons, qu’elles meurent réellement parce que le système digestif n’arrive plus à assurer sa fonction. Mais on peut penser que de très nombreuses personnes ne sont pas dans ce cas et que les médecins les tuent par suppression de l’alimentation ajoutée à l’administration de morphine.

Et puis, il y a plein de personnes qui n’auront pas eu un diagnostic de cancer, mais auxquels on retirera l’alimentation parce qu’on estimera qu’elles sont en phase terminale.

 

5) Concernant l’hydratation et la perfusion de glucose

 

Comme on l’a vu précédemment, la perfusion n’est apparemment pas suffisante pour hydrater correctement la personne (présence de mucus au niveau de la bouche dans le cas analysé), alors qu’elle devrait l’être. On peut se demander le pourquoi de cet état de fait.

Déjà, il y a deux possibilités. Première possibilité : la perfusion est insuffisante naturellement. Mais on ne voit pas pourquoi ce serait le cas. Donc, c’est forcément la dose qui est insuffisante. Normalement, la perfusion devrait permettre à la personne d’être correctement hydraté, mais la dose qu’on lui donne est insuffisante. Et dans ce cas, soit c’est involontaire, soit c’est volontaire. Ça peut bien sûr être les deux alternativement.

Par exemple, on peut avoir une phase involontaire, puis volontaire. On peut mal estimer la dose nécessaire, ce qui ferait que la personne se déshydraterait. Ça peut être le cas si on la nourrit oralement. On peut alors estimer qu’il lui faut telle dose de perfusion en complément. Mais si finalement, elle ne se nourrit pas bien oralement, la dose d’eau fournie par la perfusion se révèlera insuffisante. Et ensuite (concernant la phase « volontaire »), on peut choisir volontairement de ne plus l’hydrater correctement parce qu’on estime que la personne est en phase terminale. On réalise ainsi une euthanasie passive.

Il y a d’autres cas possibles. La dose peut être suffisante pour maintenir le niveau d’hydratation actuel de la personne, mais ne pas lui permettre de récupérer un niveau d’hydratation normal. C’est-à-dire que si la personne est déjà déshydratée, la dose sera suffisante pour éviter qu’elle ne se déshydrate plus, mais elle restera à son niveau de déshydratation présent. Donc, s’il lui manque un jour d’hydratation, elle restera à ce niveau.

La quantité peut aussi être mal estimée à cause d’un coup de chaleur qui augmente la consommation d’eau de la personne.

Et puis, on peut ôter temporairement la perfusion à la personne sous prétexte qu’elle se remet un peu (ce qui a été le cas ici). Mais si elle se nourrit trop peu par voie orale, elle se déshydratera encore un peu plus.

Donc, on retrouve les situations rencontrées dans le cas étudié ici. La personne a été déshydratée pendant une période à cause de sa jaunisse (mais ça pourrait être une autre cause chez une autre personne). Puis, on lui a donné une perfusion, qui, sans la déshydrater plus, ne lui a pas permis d’être à nouveau hydratée à un niveau normal. Ensuite, on lui a donné une perfusion dont la quantité a dû être estimée en rapport avec la quantité d’eau apportée par l’alimentation par voie orale (donc une perfusion d’appoint). Sauf que cette dernière n’a pas été suffisante parce que la personne ne mangeait qu’une partie du repas (et dans une situation où les parents ne seraient pas venus, elle aurait mangé encore moins). Puis, on a arrêté sa perfusion pendant 12 jours. Et enfin, on a arrêté de lui donner à manger par voie orale. Et on a recommencé à lui donner une perfusion de glucose. Mais elle devait être insuffisante pour l’hydrater correctement. Ceci parce qu’on imaginait qu’elle était en stade terminal et qu’il ne servait plus à rien de l’alimenter et de l’hydrater suffisamment. La personne n’est probablement pas morte à cause de la seule déshydratation. Mais elle l’était suffisamment pour que la morphine l’achève.

Ce qu’il y a, c’est qu’il suffit de 6 ou 7 jours sans eau pour mourir de déshydratation. Donc, il est évident que la frontière entre le niveau d’hydratation normal et la mort étant mince, les médecins ne peuvent pas carrément couper tout apport en eau, ceci ne serait-ce que quelques jours. Sinon, la mise à mort se verrait trop facilement. On est donc obligé de maintenir officiellement un apport en eau en permanence, que ce soit sous forme d’alimentation ou de perfusion. Mais on peut faire en sorte de déshydrater la personne l’équivalent de 3, 4 ou 5 jours sans eau, en étalant ça sur plusieurs semaines ou mois.

Donc, en jouant sur les doses, on peut tout à fait faire en sorte que la personne finisse par mourir. Bien sûr, ce n’est pas volontaire de la part des médecins (sauf à la fin, où ils estiment que la personne va de toute façon mourir).

Concernant la phase finale, où les médecins limitent volontairement la dose de la perfusion, certains répondront que ce n’est pas possible. Mais si c’est possible. En faisant des recherches pour cet article, j’ai découvert la loi Leonetti de 2005. La loi Leonetti sur la fin de vie permet une sorte d’euthanasie dissimulée. Elle dit que les médecins ont le droit de suspendre tous les soins si le patient le désir (ou ses proches, je suppose, si le patient est inconscient). Seulement, dans « tous les soins », on inclut l’alimentation artificielle. Donc, si on autorise à suspendre tous les soins, ce ne seront pas seulement les soins médicamenteux qu’on arrêtera d’administrer, mais aussi l’eau et la nourriture. Alors, bien sûr, pour l’eau, on doit être subtil. On doit continuer à en donner par perfusion, parce que sinon, l’euthanasie serait trop évidente et mal acceptée. Mais on peut en donner suffisamment peu pour que le patient dépérisse et finisse par mourir. En donnant en plus de la morphine, on arrive à tuer la personne suffisamment tôt pour qu’on ne puisse pas être accusé de l’avoir fait mourir de soif.

Cela dit, cette loi ne fait certainement qu’officialiser quelque chose qui devait se pratiquer de longue date.

Et bien sûr, tout dépend du moment où les médecins se seront mis à penser que la personne est en phase terminale. Parce que si c’est 3 ou 4 mois avant le décès, ils auront pu limiter volontairement l’apport en eau depuis beaucoup plus longtemps que les 2 ou 3 dernières semaines. Mais ça, sans le révéler à la famille.

Du coup, quand on en n’est à ne plus avoir qu’une solution de glucose comme seule source d’alimentation et d’hydratation, et qu’on s’est fait diagnostiquer un état de stade terminal, ou de maladie grave, a priori, on est mal.

 

Conclusion :

 

Donc, forcément, si on ne nourrit pas les gens et qu’en plus on leur donne de la morphine, c’est sûr qu’ils vont mourir. Et c’est bien ce qui s’est passé ici et ce qui doit se passer dans plein d’autres cas. Ça parait hallucinant qu’on fasse ça. Mais si, on le fait. Cette pratique doit causer un nombre de morts assez énorme. Avec l’utilisation de la morphine, ça doit participer fortement à l’accumulation de morts prématurés provoqués par la médecine.

Et on fait ça quand la personne est le plus affaibli. Donc, forcément, il y a comme un léger risque de mourir rapidement.

Les gros problèmes alimentaires durant les derniers mois de la vie participent fortement à la mise à mort du patient. Entre les éventuelles pertes d’appétit avant un traitement où une opération, les pertes d’appétit après le traitement ou l’opération, les pertes d’appétit après l’arrêt de médicaments augmentant le taux de cortisol comme les antibiotiques, les chimio, etc…, les pertes d’appétit à cause de la prise de morphine, et le manque de temps de la part des infirmières pour alimenter le patient qui met beaucoup de temps à manger, c’est sûr que le patient risque de finir en état de malnutrition et de déshydratation avancé. Quand enfin les médecins décident d’arrêter l’alimentation parce qu’ils estiment que la personne est en fin de phase terminale, et qu’ils ajoutent à ça l’administration de morphine, c’est le coup de grâce.

Une fois de plus, on comprend mieux un certain nombre de morts bizarres. Des personnes qui ne devraient pas mourir (d’après mon point de vue) meurent alors qu’on ne leur donnait plus de médicaments contre la supposée maladie. Et les médecins ont alors beau jeu de dire qu’ils ne donnaient plus les médicaments en question et donc, que la mort est forcément due à la maladie. Sauf que comme on l’a déjà vu, on donne de la morphine. Et la nouveauté ici, c’est qu’en plus, on arrête d’alimenter le patient. Patient qui est souvent déjà mal alimenté depuis pas mal de temps. Alors évidemment, les morts en question deviennent d’un seul coup beaucoup moins mystérieuses.