La maladie de la vache folle n’est pas causée par le prion

Bon, c’est un vieux truc. Et puis, plus personne n’en a rien à foutre de la vache folle. Surtout que ce que je vais dire est maintenant relativement connu dans les milieux un peu conspirationnistes ou alternatifs. Mais bon, il y a encore plein de gens qui ne savent pas de quoi il retourne. Je vais faire relativement court. Mais je reviendrai probablement compléter cet article par la suite ; ou je ferais d’autres articles le complétant.

C’est l’excellent Mark Purdey, un anglais, qui a compris le truc. Et apparemment il avait des doutes sur la dangerosité du produit en cause avant même que le premier cas de vache folle n’apparaisse. Ce qu’il a compris c’est qu’en réalité, l’agent qui cause la maladie de la vache folle n’est pas un hypothétique prion devenu anormal et qui se transmettrait par la nourriture. Le coupable, c’est un insecticide organophosphoré, le Phosmet, appliqué sur le dos des vaches pour éviter qu’une mouche ne perce son cuir pour y pondre des oeufs, ce qui faisait perdre de la valeur à la peau de l’animal.

La théorie de Purdey, c’est que le Phosmet perturbe l’équilibre des métaux présent dans le cerveau et la moelle épinière de l’animal. Ca perturberait l’équilibre entre le manganèse et le cuivre. Il y aurait moins de cuivre et plus de manganèse. Le cuivre disparaîtrait petit à petit de la zone en question (colonne vertébrale, et peut-être cerveau). Et un certain nombre d’autres produits organophosphorés auraient le même impact sur le cuivre.

A partir de là, il semble que Mark Purdey ait cherché à relier la baisse du taux de cuivre et l’excès de manganèse à l’apparition des prions mutants. Il s’est surtout concentré là-dessus. Ayant reçu un petit financement de la part du gouvernement pour mener des expériences pour confirmer sa théorie, il n’a réussi, avec l’aide d’un docteur, qu’à reproduire 3 des 4 étapes nécessaires pour reproduire le prion in vitro. Mais, par la suite, une autre personne, le Docteur David Brown, chercheur à l’Université de Bath en reproduisant in vitro des conditions riches en manganèse et pauvres en cuivre a réussi à reproduire les 4 étapes.

A mon avis, le problème est peut-être plutôt le suivant. Le cuivre est probablement un élément essentiel de la conduction des signaux électriques qui sont transmis par le cerveau au reste du corps via la moelle épinière. C’est assez logique remarquez, le cuivre est un des meilleurs métaux conducteurs d’électricité. Donc, a priori, un produit qui fait disparaître le cuivre risque de perturber les signaux électriques de la colonne vertébrale et du cerveau. Ceux-ci ne vont plus ou vont mal passer. Et comme c’est par la colonne vertébrale que passent les signaux de mouvements venant du cerveau, forcément, dans une telle situation l’animal va perdre la coordination de ses mouvements. Je ne dis pas que ça ne peut pas agir directement sur les protéines du cerveau. Mais peut-être bien que la désorganisation vient en réalité après. Peut-être qu’une fois que le cerveau n’arrive plus à communiquer avec les membres, les zones du cerveau en question n’étant plus sollicitées, leur composition change. Et puis, vu qu’il y a de forts doutes sur les outils d’analyse des protéines, peut-être qu’en réalité, cette histoire de protéines mutante est une pure invention des biologistes, un artefact. J’ai pu déjà voir que l’analyse de l’ADN est tout sauf claire. Donc, pour les protéines, c’est très probablement la même chose. C’est pour ça que je pense que le fait que Purdey se soit concentré sur l’influence plus ou moins directe du cuivre sur l’apparition du prion « mutant », n’était peut-être très pertinent de sa part.

Quoiqu’il en soit de ces spéculations théoriques, plusieurs éléments montrent que les farines animales ne pouvaient pas être responsables de la maladie (cette liste vient de ce site), et qu’au contraire, c’était le Phosmet le responsable.

– En Suisse, les vaches prenaient elles aussi des farines animales non chauffées ou insuffisamment chauffées, et pourtant, elles ne développaient pas la maladie. Donc, le prion venant des farines ne pouvait pas être le responsable. Ce qui les différenciaient des vaches anglaises, c’est qu’elles n’étaient pas traitées au Phosmet elles.

– En fait c’est dans le monde entier que les sous-produits de la viande avaient été exportés. Or, les 170.000 cas d’ESB recensés Grande-Bretagne dépassaient de beaucoup le nombre de cas relevés dans le reste du monde. Mais il n’y a presque qu’en Angleterre que le Phosmet était utilisé à ces doses là.

– Les vaches avaient soi-disant été infectées en consommant des suppléments alimentaires contenant des cervelles de moutons atteints de tremblante. Pourtant les habitants des îles Shetland au large de l’Ecosse avaient coutume de consommer des ragoûts de cervelles de mouton depuis des siècles, sans qu’on ait jamais rapporté l’apparition de troubles neurologiques.

– Des cas d’ESB s’étaient déclarés dans des fermes biologiques sur des animaux importés de l’extérieur, Mais il ne s’était produit aucun cas sur des animaux nés sur ces exploitations biologiques, alors même que les lois applicables à ces exploitations permettaient d’utiliser 20% de farines de viande dans les compléments alimentaires destinés à ces animaux. Le truc, c’est que les exploitants de fermes biologiques refusaient d’utiliser le Phosmet.

– Les autres ruminants, comme les moutons et les chèvres, n’avaient pas contracté la maladie en Angleterre, même en consommant des FDV (farine de viande). Eh oui, mais sur eux, on n’appliquait pas de traitement au Phosmet.

– A l’opposé, plusieurs antilopes du zoo de Londres, à la ferme expérimentale de Liscombe, avaient été atteintes de l’ESB, sans avoir jamais absorbé de suppléments contenant des FDV.

– Quand l’ESB avait fait son apparition dans d’autres pays, c’était dans des régions comme la Bretagne, dans le nord-ouest de la France, là où l’utilisation des organophosphorés dans la lutte contre le varron avait été préconisée (note du traducteur : « et financée ») par le Gouvernement Français. Comme dans les Iles Britanniques, les premiers cas d’ESB y firent leur apparition quelques années après que le programme d’éradication du varron ait été mis en place. L’incidence plus faible qu’en Grande-Bretagne peut être due au fait que les doses utilisées étaient plus faibles, appliquées une fois seulement par an (au lieu de 2 en Grande-Bretagne), et que le programme n’était pas obligatoire.

– A titre de preuve supplémentaire, on notera que la diminution des cas d’ESB en Grande-Bretagne coïncide avec l’arrêt du programme d’éradication du varron.

– En dépit de la panique qui s’est développée, il n’y a eu en réalité que très peu de cas chez l’homme. Purdey a constaté que 80 % des cas reconnus sont apparus dans des zones rurales, qui n’hébergent que 20 % de la population. Un noyau de cas a eu lieu dans le canton de Weald, dans le Kent, dans une région où on cultive du houblon, où des pesticides organophosphorés sont largement dispensés à des doses cent fois supérieures à celles utilisée pour les autres récoltes.

Mark Purdey a ensuite étendu sa théorie aux animaux souffrant de ce genre de symptômes et n’ayant pas fait l’objet de traitements du genre phosmet ou autre, et où les organophosphorés n’étaient que peu ou pas utilisés. Il s’est aperçu que sur les sols riches en manganèse et pauvres en cuivre, sélénium, fer et zinc, ce genre de maladie survenait chez les herbivores. Alors que dans les zones géographiques voisines ou la composition du sol était « normal », la maladie ne se déclarait pas.
La cause première de ce déséquilibre minéral pouvait varier : pluies acides, émissions volcaniques, production de carburant sans plomb, émissions d’aciéries dans l’atmosphère, fabrications de verre, de céramiques, de teintures et de munitions, pistes de décollage des grands aéroports.

– Des maladies comparables à l’ESB ont été découvertes au Colorado sur les élans et les cerfs, dans une région où la surpopulation du gibier oblige souvent des animaux affamés à se nourrir d’aiguilles de pin. Celles-ci contiennent des teneurs très élevées en manganèse provenant probablement de pluies acides apportées par des vents dominants.

– En Islande, Purdey trouva que la tremblante était associée avec les mêmes caractéristiques de sol riche en manganèse/pauvre en cuivre.

– En Slovaquie, les deux « noyaux » de CJD sont voisins d’usines traitant des minerais ferro-manganiques et des verreries (grandes consommatrices de manganèse).

– Tous ces cas pouvaient être rattachés à la maladie professionnelle à présent pratiquement éradiquée, la « Folie du Manganèse » qui survenait chez les mineurs lorsque la ventilation de la mine était défectueuse. Les symptômes et les lésions de cette maladie sont en tout point comparables à ceux des encéphalopathies spongiformes.

– Purdey s’est également rendu à l’île de Groote Eyland, au large de la côte nord-est de l’Australie, où est extraite environ 25% de la production mondiale de manganèse. A peu près une personne sur trente de la population composée surtout d’Aborigènes Agurugu, dans le village où se dépose en quantité une fine poussière venant de la mine voisine, est atteinte du syndrome de Groote, une maladie neurologique progressive et fatale. Les chercheurs, financés par la société minière, ont émis l’hypothèse d’un défaut génétique introduit dans les chromosomes de la population locale par des navigateurs portugais, il y a plus de 300 ans. Pourtant, cette théorie n’explique pas pourquoi certains mineurs de race blanche sont aussi atteints par la maladie, ni que celle-ci n’existe que depuis que la mine a ouvert ses portes dans les années 1960.

En tout cas, une chose est sure, l’épidémie annoncée chez les humains n’est jamais arrivée. Alors qu’on a eu le temps d’en bouffer de la viande de vache folle. On nous a fait peur pendant des années sur les millions de personnes qui pourraient développer l’encéphalite spongiforme à partir de l’année 2000 environ. Et rien n’est arrivé. Tout était bidon. Il faut dire que les êtres humains n’étaient pas traités au Phosmet, eux.

Bref, encore une fois, la cause est chimique et pas du tout liée à un quelconque microbe pathogène et transmissible.

Le site de Mark Purdey (en Anglais) : http://www.markpurdey.com/

Site parlant des théories de Mark Purdey en français : La vache folle

Nouvelles informations et réflexions sur Semmelweis

En faisant des ajouts à mon premier article sur Semmelweis, j’ai fait quelques recherches supplémentaires. Et je suis tombé sur pas mal de nouveaux trucs intéressants.

Première chose, concernant les deux possibilités que soit les femmes aient été infectées sans aucune plaie ouverte, soit qu’elles l’aient été en ayant subis des plaies ouvertes, j’ai trouvé ce document qui règle le problème. Semmelweis soutenait en fait que l’infection se transmettait même sans plaie ouverte. Il pensait que la muqueuse vaginale laissait passer les éléments pathogènes par simple contact avec une main souillée, sans qu’il y ait besoin d’une quelconque plaie ouverte. Il cite le cas de 5 femmes enceintes ayant soi-disant contracté la fièvre après qu’il leur ait simplement touché le vagin avec une main supposément infectée.

Au mois de juin, entra dans le service de Bartch une femme qu’on avait cru gravide d’après les symptômes mal vérifiés. Semmelweis à son tour l’examine et découvre chez elle un cancer du col utérin et puis, sans songer à se laver les mains, il pratique le toucher successivement sur cinq femmes à la période de dilatation. Dans les semaines qui suivent, ces cinq femmes meurent de l’infection puerpérale typique.

Donc, Semmelweis soutient bien que même sans plaie ouverte, par un simple toucher sur la muqueuse du vagin, la fièvre puerpérale se transmet. Donc, on retombe dans la critique que j’avais faite au départ. A savoir qu’on ne voit vraiment pas pourquoi les médecins n’attrapaient pas eux aussi la fièvre en question.

Par ailleurs, les médecins devaient être mariés, et lors de leurs relations sexuelles, ils devaient bien toucher le vagin de leur femme avec les doigts de temps à autre. Donc, elles auraient du mourir elles aussi de la fièvre en question. Eux-mêmes devaient bien se toucher les muqueuses des yeux, de la bouche ou du nez, de temps à autre.

Autre chose dont j’ai déjà parlé dans l’article précédent ; pourquoi des femmes jeunes en parfaite santé auraient-elles du mourir lors d’une mise en contact avec des mains ayant elles-mêmes été en contact avec des cadavres, alors que ça n’arrive à personne de mourir suite à un contact de la peau avec de la viande avariée ?

Et puis, dans l’exemple cité, la fièvre puerpérale atteint carrément 5 femmes sur cinq touchées et fait 5 mortes sur 5 femmes atteintes. Le taux de transmission et de mortalité est absolument exceptionnel.

Taux de transmission qu’on ne retrouve pas du tout dans l’expérience des étudiants, puisqu’ils devaient pratiquer le toucher sur quasiment toutes les femmes. Et pourtant, le taux de transmission était bien moindre.

Par ailleurs, dans le pavillon des sages-femmes, il devait bien y avoir quelques cas de fièvre puerpérale. Donc, si la contagion s’était faite par contact, les sages-femmes auraient du avoir leurs mains souillées et ensuite transmettre la maladie aux autres femmes accouchantes. Et rapidement, la maladie aurait du faire rage autant dans les deux pavillons.

Et les sages-femmes auraient du souffrir aussi de la fièvre en question, vu qu’elles devaient bien se toucher le sexe de temps à autre elles aussi, que ce soit pour des raisons d’hygiène (même si elle n’était pas aussi développée que maintenant), ou pour des raisons sexuelles.

Encore autre chose (voir ici, en bas de la page 9) :

Dès lors, il pensa qu’il fallait détruire ces éléments sur la main exploratrice afin d’empêcher la production de la maladie chez les accouchées. Aussi, vers le milieu de Mai 1847, il prescrivit aux étudiants de se laver les mains avec une solution de chlorure de chaux. Brusquement, la mortalité tomba de 12 à 3 pour 100. Continuant ses observations, il fut bientôt convaincu que le « poison cadavérique » n’est pas le seul élément pathogène pouvant atteindre la femme en travail, mais bien aussi toute substance organique en voie de décomposition, et, au premier Chef, LES SÉCRÉTIONS SANIEUSES DES ORGANISMES VIVANTS MALADES.

Il exigea alors que, dans tous les cas, et non plus seulement au sortir de l’amphithéâtre, les mains des personnes procédant à un accouchement fussent désinfectées ; de plus, il voulut que cette désinfection fût étendue aux instruments, au matériel de pansement, et enfin il fit séparer les femmes malades des femmes saines. À la suite de ces nouvelles mesures, la mortalité par fièvre puerpérale tomba pendant l’année 1848 à 1,24 pour 100 et celle des nouveau-nés également de 6 à 4 pour 100.

Donc, quand la mortalité est passée de 12 à 3 %, les instruments n’étaient pas désinfectés. Donc, on ne comprend pas très bien par quel miracle la mortalité a autant baissé. En effet, vu que ces instruments sont en contacts avec la muqueuse vaginale, la fièvre aurait du continuer à être transmise. Sans compter qu’un scalpel par exemple, aurait mis l’agent pathogène directement en contact avec le sang. Donc, en l’absence de décontamination des outils, il n’y avait aucune raison que la fièvre baisse dans des proportions aussi importantes.

De plus, on ne comprend pas très bien comment la mortalité des nouveau-nés peut-être de 4 % alors que celle des mères est de 1,24 %. Il n’y avait pas de raison que les nouveau-nés soient plus touchés que les mères, et, s’ils l’étaient autant, il n’y avait pas de raison qu’ils aient un taux de mortalité supérieur.

Bref, rien ne tient debout dans cette histoire. Il est donc clair que le problème n’avait rien à voir avec une transmission par les mains des germes pathogènes venant des cadavres ou des femmes atteintes de la fièvre puerpérale.

Des médecins de l’époque contredisent Semmelweis

Miracle d’Internet, j’ai pu retrouver un livre ou le docteur Denham critique Semmelweis. Merci Google d’avoir numérisé le bouquin (c’est ici. Si ça n’arrive pas immédiatement sur la bonne page, c’est à la 209). Evidemment, tout ça a été passé sous silence parce que rapidement, ça n’a plus été dans le sens de la thèse officielle. Il cite un certain nombre de docteurs dont les expériences contredisent celles de Semmelweis.

Premier docteur cité, un certain Meigs, de Philadelphie. Sur 468 accouchements, seules 13 de ses patientes sont tombées malades et 3 sont mortes. Donc, comme le dit Meigs, pourquoi, s’il était le vecteur de la contagion, a-t-il transmis la maladie à seulement 13 personnes sur 468 ? Eh oui, c’est gênant.

Le docteur Meigs cite aussi le docteur Rutter. Celui-ci semblait être poursuivi par la fièvre puerpérale dans sa pratique des accouchements. Aussi est-il parti pendant 10 jours à la campagne, a changé tous ses vêtement, a pris un bon bain chaud, s’est fait raser la tête, à laissé sa montre et différents objets. Mais, la première femme qu’il a faite accoucher est morte de la fièvre puerpérale. Certains penseront que c’est qu’il ne s’était pas lavé avec un antiseptique. Mais non, parce qu’il a continué à pratiquer des accouchements et là, aucune femme n’a été atteinte de la fièvre.

Le docteur M’Clintock dit qu’il n’a jamais transmis la maladie de ses patientes atteintes à l’hôpital à celles qu’il faisait accoucher chez elles. Le docteur Denham ajoute que c’est aussi son cas. Pourtant, ça aurait du arriver, si la maladie avait été transmise par les mains.

Le docteur Denham fait remarquer que la maladie survient souvent dans des villes ne possédant ni hôpital pratiquant l’accouchement ni salle de dissection. Donc, si le problème est particulièrement lié aux germes attrapés lors de la dissection, on se demande bien comment la maladie peut se transmettre. A moins que de nombreux médecins aient pratiqué fréquemment la dissection par ailleurs évidemment. Mais sans un endroit dédié, ça semble peu probable a priori.

Par ailleurs, Denham visita l’hôpital de Vienne où Semmelweis avait pratiqué après que celui-ci fut parti. Or, à ce moment-là, en hiver, la fièvre avait à nouveau frappé. 36 femmes avaient développé la fièvre en question, et ce avant d’accoucher. Sauf que cette fois, c’était les sages-femmes qui avaient un taux de fièvre puerpérale supérieure à celle du pavillon des étudiants. La mortalité de la fièvre y étant elle aussi supérieure. Ca contredit fortement le travail de Semmelweis. C’est le genre de chose qui change tout. C’est bien pour ça que je dis que le fait qu’on n’ait eu des informations que par Semmelweis fait qu’on n’a pas les outils pour la réfuter. On a cette information, mais sur d’autres sujets, comme on n’a toujours pas d’info, impossible de savoir de quoi il retourne. Or, ça, en science, c’est inacceptable. En tout cas, là, ça montre que les choses étaient très loin d’être aussi parfaitement clean que ne le faisait croire Semmelweis.

Raisons probables de la fièvre puerpérale

Ayant trouvé de nouvelles informations et ayant eu l’occasion de réfléchir plus sur le problème, voici une théorie un peu plus élaborée que la première.

Déjà, je pense toujours que les étudiants en médecine devaient pratiquer plus facilement des actes chirurgicaux invasifs que les sages-femmes. Donc, le fait que ceux-ci devaient charcuter les femmes accouchantes plus que ne le faisaient les sages-femmes devaient participer à la mortalité. Sur le topic du forum Onnouscachetout sur Semmelweis, Sharkreef, une femme, avait dit que lors de son accouchement, l’épisiotomie l’avait fait abondamment saigner. Voici ce qu’elle a dit :

Enfin, je peux t’assurer qu’une épisiotomie n’est pas un acte anodin. La cicatrisation est parfois longue et difficile. Pour ma part, j’en ai souffert pendant près de 6 mois ! Et pendant l’accouchement, j’ai perdu énormément de sang par cette plaie, qui n’a été recousue qu’au bout de 2h, sans anesthésie… merci la sage-femme !

Donc, si les étudiants et les médecins chirurgiens pratiquaient la chirurgie sur les femmes en question, celles-ci pouvaient bien se retrouver fortement affaiblies par la suite à cause des pertes en sang. Et ensuite, les médecins les achevaient peut-être par des médicaments sensés les soigner.

Mais je pense maintenant que la principale raison vient du problème suivant. Dans certains documents on lit la chose suivante « Birley, le patron du service, croit que Klin ne purgeait pas méthodiquement ses patientes. »

J’avais déjà lu ça en 2004. Mais à l’époque, même si j’avais eu un gros doute, je n’avais pas cherché plus avant et j’étais resté sur l’idée que c’était peut-être pratiqué avec des lavements. Peut-être pas. Mais n’ayant pas plus d’information que ça, j’avais du en rester là, vu qu’évidemment, un lavement, a priori, ça n’est pas bien dangereux.

Mais, en me renseignant à nouveau, j’ai vu qu’en fait, la purge ne devait pas être pratiquée avec des lavements, mais avec des médicaments à base de plantes : des purgatifs. Et ça, évidemment, ça change tout.

Or, comme j’ai traduit récemment l’article de Shelton concernant les herbes médicinales, je me suis souvenu qu’on s’en servait à l’époque comme médicaments purgatifs, entre autres.

Eh oui. C’est probablement bien là que devait se situer le problème. Ce qui devait donc se passer, c’est qu’avant l’accouchement, on devait donner des médicaments purgatifs pour éviter que les « humeurs » ou autres conneries comme ça ne viennent gêner le « travail » (c’est-à-dire l’accouchement).

Or, comme déjà vu sur le site, ces médicaments à base de plantes sont des désagrégateurs de cellules. Donc, ce qui devait se passer, c’est que les femmes en question mourraient tout simplement d’empoisonnement à cause des purgatifs (via une hémorragie cérébrale ou un arrêt cardiaque). Vu la vitesse de la mort pour certaines, certains de ces médicaments devaient vraiment être très puissants.

Ce qui est possible aussi, c’est que, même avec des doses faibles, les purgatifs en question donnaient de la fièvre, puis, on donnait ensuite un deuxième médicament pour soigner la fièvre. Et ça aurait été la combinaison des deux médicaments pris l’un à la suite de l’autre qui auraient tué le patient.

En effet, comme on a pu le voir, ces médicaments agissent sur le taux de cortisol. Et le taux de cortisol aboutit à une redistribution de la répartition de l’eau dans le corps, avec une accumulation d’eau dans le tronc et une diminution dans les membres. Et l’effet est inverse quand le taux de cortisol baisse. Et dans ce dernier cas, la personne subit des fièvres, des douleurs dans les membres, une forte baisse de forme liée à un état d’hypotension, etc… Donc, peut-être que la purge entraînait un pic de cortisolémie, puis quelques jours après une situation de manque de cortisol. Du coup, les médecins prenait ça pour une fièvre puerpérale et donnait des médicaments plus puissants qui tuaient la femme en question.

Ca explique par ailleurs les malades et les morts avant accouchement. Vu qu’on devait donner les purgatifs avant l’accouchement, la maladie avait le temps de se déclarer avant celui-ci.

Par ailleurs, voilà ce qu’on dit sur la fièvre puerpérale :

Pour vous donner quelques clartés sur ce qui se faisait alors, je vais vous conter aussi rapidement que possible ce qui se passait à la Maternité de l’Hôtel-Dieu de Paris en 1778

Au commencement de l’année 1778, M Dugès étant en possession du service depuis trois ans, l’épidémie était telle que, sur douze accouchées, sept au moins étaient atteintes de fièvre puerpérale. L’administration, le Bureau, comme on disait alors, invita les médecins à donner leur avis sur les moyens d’arrêter cette  » espèce d’épidémie ». Sur quoi chacun des médecins s’étant expliqué selon son ordre de réception, ils s’entendirent sur les points suivants: ils reconnaissent d’abord que la plupart des femmes qui ont péri de ce mal en sont attaquées au plus tard dans les douze heures de leur accouchement ; que le mal se manifeste par des douleurs aiguës dans les entrailles, qu’elles sont travaillées d’une fièvre violente. Le visage est enflammé, le lait ne monte point aux mamelles, puisque toutes sont prises du délire et périssent au plus tard le second jour.

On a donc des douleurs au niveau du système digestif, une fièvre violente, le visage est enflammé, et les femmes sont prises de délire. Hey, mais ça ne serait pas plus ou moins les symptômes d’une prise de médicament du genre antibiotique ça ? Eh oui. Ca y ressemble fortement.

Mais pourquoi alors y aurait-il eu des variations aussi importantes de la mortalité ?

Il est possible que la variation dans le nombre de morts ait été due à la variation dans la composition des médicaments à base de plante qu’on donnait aux femmes enceintes. On n’était évidemment pas dans une production chimique et donc stable des médicaments. Ils étaient tirés de plantes, et donc, la variation de la composition des plantes en produit actif entraînait à terme une variation du médicament final en produit.

Par exemple, supposons qu’une année, il ait fait chaud en mai et juin, et qu’on cueillait les plantes en question début juillet. La plante ayant souffert de la chaleur devait avoir produit beaucoup plus de produit désagrégeant servant à fluidifier la sève. Du coup, un médicament basé sur cette plante aurait vu sa composition en produit actif être multipliée disons par exemple par 3 ou 4. Du coup, on passait d’un produit moyennement dangereux à un véritable poison. Et les femmes à qui on donnait ces médicaments mourraient évidemment beaucoup plus. Et pendant tout le temps ou le stock était utilisé, il y avait un pic de mortalité. Et si le nouveau stock avait une concentration moindre en produit actif, le taux de mortalité tombait.

D’ailleurs, à l’intérieur d’une même bouteille de médicaments, peut-être que les plantes ne venaient pas toutes du même endroit et qu’on les mixait entre elles pour faire les pilules ; ou alors, peut-être qu’on faisait les pilules avec des herbes d’une provenance particulière à chaque fois, et qu’on mélangeaient les pilules à la fin dans la bouteille. Donc, il pouvait y avoir variations très importantes de composition entre deux pilules à l’intérieur d’une même bouteille. Il suffisait qu’une partie des plantes soit venue d’un coin ou il aurait beaucoup plu et qu’une autre partie soit venue d’un autre coin où il y aurait eu beaucoup de soleil, et on aurait eu dans la même bouteille des pilules très actives et des pilules beaucoup moins actives. Tout ça entraînant bien sur des variations incompréhensibles pour les médecins de cas de maladies diverses (parce que ces symptômes ne devaient pas être reliés qu’à la fièvre puerpérale. D’ailleurs, je crois avoir lu que les symptômes de la fièvre puerpérale se confondaient avec les symptômes d’autres maladies).

Les herboristes veillaient probablement bien à cueillir les plantes à tel moment. Mais ils étaient tributaires du climat. Et ça, ils ne pouvaient pas y faire grand chose. Et n’étant probablement pas conscients que la concentration en produit actif venait du climat, ils subissaient les variations de la concentration en produits actifs.

Du coup, on peut se dire que le taux élevé de mortalité infantile et de femmes jeunes vient tout simplement que les médecins tuaient les patients en quantités industrielles avec leur « médicaments ». Sans ces ahuris, le taux de mortalité infantile aurait été bien moindre. Et l’espérance de vie bien plus grande, puisqu’un enfant mort à la naissance fait chuter l’espérance de vie de façon énorme.

Bien sur, puisqu’on n’y était pas, ce ne sont que des suppositions. Mais pour ma part, vu qu’il est à mon avis certain que la mort était causée par un poison chimique, et que celui-ci était donné avant l’accouchement vu qu’il y avait des malades morts avant ceux-ci, les purgatifs, vu la dangerosité des médicaments à base de plante, et la possibilité de variation très importante dans la concentration du produit actif, sont en première ligne des suspects.

Semmelweis, une fausse gloire ?

Le 5 juin 2004, sur le forum onnouscachetout, j’ai publié ce papier sur Semmelweis. Je l’ai légèrement remanié.

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En lisant l’article d’on peut le faire » sur l’accouchement à domicile, j’ai relu l’histoire du docteur Semmelweis et recherché les documents qu’on peut trouver sur lui sur Internet. Voici ce qu’on peut trouver :

« Dans les années 1850, Ignaz P. Semmelweis, médecin autrichien, a montré que, dans les salles de travail que les médecins et leurs étudiants visitaient immédiatement après leurs travaux d’anatomie, le pourcentage de mortalité des parturientes chutait de 20% à 2% si ces praticiens acceptaient de se laver les mains avec du savon et du jus de citron »

 » Autrefois, dit-il, les élèves en médecine et les élèves sages-femmes étaient répartis dans les deux cliniques d’accouchement qui existent au grand hôpital de Vienne: la maladie régnait dans les deux services avec une égale intensité. À partir de 1836, la première clinique fut assignée aux élèves en médecine; la deuxième, réservée exclusivement aux élèves sages-femmes. À dater de ce jour, il y eut entre les deux services une différence énorme sous le rapport de la mortalité, et cette différence se soutint jusqu’au mois de mai 1847″.

« Le 27 février 1846, Semmelweis, récemment diplômé d’obstétrique, est nommé assistant du Pr Klin. À Vienne, deux pavillons, par alternance de 24 heures à accueillent les femmes sur le point d’accoucher. En 1846, la mortalité postnatale des femmes est de 16% (note d’Aixur, probablement qu’il s’agit d’une erreur de retranscription et que le chiffre est en réalité de 1,6 %) dans le pavillon du Pr Bartch, et de 31% dans le pavillon du Pr Klin. Chez Bartch, ce sont les sages-femmes qui s’occupent des femmes, alors que chez Klin, ce sont les étudiants en médecine. En examinant les statistiques antérieures à 1840, époque où les étudiants en médecine ne travaillaient pas dans les hôpitaux et n’étudiaient pas l’anatomie par dissection mais uniquement dans les livres, il apprend que la létalité dans les deux services était identique dans les eux pavillons: 1,25%. »

« Semmelweis examine les statistiques avant 1840, époque où les étudiants en médecine ne fréquentaient pas encore les hôpitaux et n’étudiaient l’anatomie que dans les livres et non par dissection. La létalité était alors la même dans les deux services, c’est à dire faible pour l’époque: 1,25% environ.
Semmelweis observe la différence de létalité des deux services d’accouchements à l’hôpital , depuis que les étudiants pratiquent des dissections à l’hôpital. Dans un service, la létalité pouvait atteindre 30%, dans l’autre 1% à 2% seulement. Le premier était tenu par les médecins et les étudiants en médecine, le second par les sages-femmes et les élèves sages-femmes. »

« C’est alors qu’il observa que les étudiants se déplaçaient des salles de dissection cadavériques vers les salles d’accouchements, sans précaution particulière. Il remarqua que s’exhalent des relents cadavériques des mains des professeurs, assistants, étudiants qui pratiquent des dissections sur les cadavres et c’est ainsi qu’ils se rendent au chevet des femmes en couches. Il en conclut qu’il devait y avoir un AGENT INVISIBLE , causant la mort et que l’on devait éviter de transférer cet agent de la salle d’autopsie à la salle d’accouchement. »

« Il eut donc l’idée, de faire pratiquer un lavage systématique des mains, de tous les étudiants, à l’aide d’une solution de chlorure de calcium, bien que cette mesure ne corresponde à aucune exigence scientifique à l’époque. À partir de 1847, il interdit aux étudiants en médecine de quitter les salles de dissection sans s’être lavé les mains, ce qui entraîne immédiatement une baisse significative des taux de la mortalité qui passe de 12% à 3%. Il étend ses formalités de désinfection à toute personne ayant été au contact d’une malade, d’instruments de chirurgie ou de pansements, il ordonne l’isolement des femmes malades : la mortalité tombe à 1%. »

« Il constata que les femmes examinées par les élèves sages-femmes, qui n’avaient pas accès à la salle d’anatomie, étaient beaucoup moins souvent atteintes par la fièvre puerpérale. Il nota également que les femmes qui accouchaient dans la rue, de peur de mourir à l’hôpital, étaient épargnées par la maladie. Il raconte plus tard – « qu’une femme prise brusquement de douleur dans la rue… se hâte vers l’hôpital et comprend qu’elle arrive trop tard : elle supplie au nom de sa vie qu’on ne la fasse pas entrer chez Klin. »

 

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Puisque je ne crois plus au microbes pathogènes, je pense de plus en plus que c’est une fausse gloire. Mais, c’est en lisant l’article en question que me sont venues à l’esprit quelques unes des choses qui clochent avec cette histoire.

Il me semble en effet extrêmement bizarre que le fait que les médecins accoucheurs aient eu du sang de cadavre ou, plus probablement des restes de sang de cadavres sur les mains ait pu provoquer 20 % (ou 18 ou 30 %, les chiffres semblent différer de façon importante selon les sources) de mortalité parmi les femmes accouchantes. Parce que, même en croyant à la théorie des germes pathogènes, on voit mal en quoi le fait d’avoir des restes de sang pourrait causer une infection mortelle pour une femme accouchante. Jusqu’à nouvel ordre, le contact avec un peu de sang de cadavre n’est pas sensé provoquer des morts violentes. Sinon, l’ingestion de viandes un peu avancée devrait faire passer chaque année des millions de gens de vie à trépas.

Et puis, les médecins de l’exemple de Semmelweis auraient du être eux-mêmes en première ligne de l’infection. Ils auraient du mourir en masse eux aussi, puisqu’eux n’étaient pas en contact avec les germes une seule fois dans leur vie pendant quelques heure, mais pratiquement tous les jours. Il est dit que Semmelweis a été convaincu que le problème venait du sang des cadavres après qu’un chirurgien pratiquant des autopsies, Jakob Kolletschka, qui s’était coupé avec un scalpel après la dissection d’un cadavre, fut mort. Seulement, des blessures avec un scalpel pendant les autopsies, ou juste après, lors d’un accouchement par exemple, ça devait arriver fréquemment. Donc, il y aurait du y avoir de nombreux morts de chirurgiens par fièvre puerpérale. Et même sans blessure au scalpel, il y a fréquemment des petites éraflures ou des petites coupures qu’on se fait. Ca aurait pu entrer par là. Et la contamination aurait pu aussi se transmettre par les muqueuses, si les étudiants avaient porté leurs mains souillées aux yeux, au nez ou à la bouche. Donc, il y aurait du y avoir de nombreux morts parmi les étudiants. Mais apparemment, ça n’arrivait pas. Donc, ça montre plutôt bien que le contact avec le sang des cadavres n’entraine aucune maladie. Ca aurait du arriver aussi en masse aux chirurgiens pratiquant la coupure d’une jambe gangrénée par exemple, ou tout autre tissus en état de pourriture avancée.

De toutes façon, il semble que la légende selon laquelle Semmelweis ait introduit le lavage des mains soit fausse. Les médecins se lavaient apparemment déjà les mains. D’ailleurs, dans un extrait retranscrit plus haut, il est bien dit « Il remarqua que s’exhalent des relents cadavériques des mains des professeurs » ; ce qui suppose qu’ils n’avaient pas les mains dégouttant de sang, mais qu’elles étaient lavées à l’eau et que l’odeur de cadavre continuait à sentir. Ils ne devaient donc pas arriver avec les mains dégouttant de sang, mais avec les mains lavées (ce qui semble évident. On voit mal les chirurgiens arriver tout sourire les mains pleines de sang devant la femme enceinte disant « bon, ben maintenant, on va vous faire accoucher madame », genre film d’horreur. On imagine bien le grand cri de la femme en question.). Mains lavées qui devaient donc avoir peu de risques de transmettre une maladie dans des conditions d’accouchement normales (ou alors, avec un tel pouvoir infectieux, les médecins auraient du être touchés eux-mêmes). Ce que Semmelweiss aurait introduit c’est l’aseptie avec une solution concentrée de chlorure de chaux (ou chlorure de calcium).

A noter ce qui est dit  » Mais les étudiants et le personnel hospitalier protestent contre ces « lavages malsains ». Il faut dire que la solution de chlorure de chaux est apparemment irritante pour la peau. Donc, ce n’est pas par pure opposition à Semmelweis que le personnel hosptialier s’opposait au lavage de main, mais pour des raisons tout à fait compréhensibles.

D’ailleurs, la solution proposée par Semmelweis aurait du entrainer des morts chez les étudiants et chirurgiens disséquant des cadavres. Eh oui, puisque le chlorure de chaux est irritant pour la peau, ça aurait du entrainer au bout d’un moment des lésions plus ou moins à vif sur la peau de certains étudiants. Ce qui aurait favorisé le passage des germes de la fièvre puerpérale dans le sang. Mais une telle chose n’est pas arrivée.

Alors, pourquoi y a-t-il eu 20 % de morts ? Eh bien, on nous dit que c’était de jeunes étudiants chirurgiens pratiquant des opérations sur les morts qui réalisaient les accouchements aboutissant au 20 % de mortes. Peut-être que, tout simplement, nos braves et enthousiastes étudiants étaient tout contents de pratiquer l’art de la chirurgie sur les pauvrettes qu’on leur confiait. Peut-être que Klin était un excité du bistouri. et que cet esprit rejaillissait sur ses étudiants (qui étaient peut-être sélectionnés pour leur enthousiasme à pratiquer la chirurgie). Peut-être que les cas sensés être difficiles, nécessitant de la chirurgie leur étaient confiés, tandis que les sages-femmes du batiment d’en face ne la pratiquait pas. J’ai lu qu’il pratiquaient les forceps ou des épisiotomies, par exemple. Or de tels actes chirurgicaux invasifs sont bien à même de provoquer un stress oxydant important. En plus, les pics de mortalité arrivaient en hiver, lorsqu’il fait plus froid (probablement que les locaux n’étaient pas chauffés) et que la nourriture est plus lourde et moins riches en vitamines hydrosolubles. Les femmes concernées étaient pauvres apparemment. Et peut-être qu’après les actes chirurgicaux en question, on donnait aux femmes des médicaments un peu trop actifs, du genre de ceux qu’on donnait aux syphilitiques (arsenic, mercure… le genre à faire passer ad patres rapidement). Peut-être aussi qu’on leur faisait prendre des produits avant l’accouchement. Par exemple, on peut lire la chose suivante  » Birley, le patron du service, croit que Klin ne purgeait pas méthodiquement ses patientes« . Est-ce qu’on pratiquait des purges sur les femmes enceintes avant l’accouchement ? Avec quel produits ? Il faudrait avoir les comptes rendus de l’époque pour savoir tout ça. Et peut-être qu’en même temps qu’il introduisait le lavage des mains, d’autres choses étaient modifiées dans le fonctionnement de l’hopital et que ça a fait ramener le pourcentage de décès à moins de 3 %, mais que Semmelweis, tout à son idée de l’agent pathogène lié aux cadavres a évité d’en parler.

D’ailleurs, lorsqu’on lit « ce qui entraîne immédiatement une baisse significative des taux de la mortalité qui passe de 12% à 3%« , on comprend mal, puisqu’au départ, la mortalité était sensée être de 20 %, voir 30 %. Alors, la mortalité avait déjà baissé avant l’introduction du lavage des mains de 8 % (dans les 40 % de baisse), ou de 18 % (plus de 50 %) ? Ca changerait forcément beaucoup de chose. Si la mortalité était déjà en train de baisser, Semmelweis a peut-être bénéficié simplement d’une tendance favorable.

Il y a un autre chiffre : « En mai 1851, il accepte un poste dans la clinique obstétricale du Professeur Birley qui applique sa méthode : résultats 0,85 % de fièvre puerpérale. C’est à partir de ce moment qu’il commença la rédaction de son ouvrage: – « L’Etiologie de la Fièvre Puerpérale » – qu’il mettra quatre ans à rédiger ». Seulement, on ne sait pas de quel pourcentage de mortalité on partait, ni si les conditions d’expériences étaient les mêmes (manipulation de cadavre avant ou pas). Il semble qu’un épidémie de fièvre puerpérale s’était déclenchée. Mais une épidémie, ça a tendance à repartir comme ça revient. Donc, difficile de savoir s’il avait bénéficié simplement d’une tendance favorable ou pas.

Il est à noter que d’autres médecins ( John Denham) faisaient remarquer que la fièvre puerpérale touchait les femmes accouchantes dans des hôpitaux n’ayant pas de médecins pratiquant des dissections sur des cadavres. Par ailleurs, un autre médecin, Scanzoni, a expérimenté cette méthode à Prague, et en a contesté les résultats.

En résumé, il n’y avait aucune raison que les mains même légèrement souillées des étudiants chirurgiens provoquent une quantité aussi invraisemblable de morts. Ou alors, les étudiants seraient morts eux aussi. Donc, il devait y avoir autre chose qui causait ce massacre. Mais, en tout état de cause, Semmelweiss se trompait et n’est donc pas la gloire qu’il est supposé être.

 

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Quelques réflexions supplémentaires de 2008 :

– J’ai séparé cette partie de l’ensemble du texte parce qu’à l’époque j’avais vu une contradiction avec ce que je disais un peu plus loin :

« Normalement, une femme qui accouche n’a pas de plaie, pas plus que le bébé. L’accouchement se résume simplement à ce que le bébé sort du ventre de la mère. Donc, à aucun moment la très faible quantité de sang du cadavre ne devrait entrer en contact avec l’intérieur du corps de la mère. Donc, il n’y avait aucune raison que celles-ci subissent 20 % de mortalité à cause d’un germe pathogène. Si le germe avait été suffisant pour tuer la mère sans ouverture du corps, il aurait du tuer aussi les docteurs ainsi que les bébés« 

Je pensais que ça entrait en contradiction avec le fait que je disais que les morts étaient dus aux actes chirurgicaux des médecins. Mais en fait, même si l’objection est amoindrie, ça reste en partie valable. Soit les médecins ne pratiquaient pas d’actes chirurgicaux entrainant des plaies. Et dans ce cas, l’objection reste valable. Soit, comme je le pense, ils en pratiquaient. Et dans ce cas, l’objection est effectivement annulée, mais on introduit alors une autre explication possible face à l’hypothèse du germe pathogène : le fait que les actes chirurgicaux invasifs soient à l’origine du problème.

– Sur le forum onnouscachetout, une objection m’a été apporté par Tinuviel, qui mettait en partie en avant le fait que les femmes en question pouvaient avoir leur système immunitaire affaibli. Mais, ça ne pouvait pas être le cas, puisque dans le pavillon où les sages femmes opéraient, le taux de mortalité était de 1,25 %. Alors, bien sur, on peut dire que c’était l’acte chirurgical + la faible immunité. Oui, mais alors, on introduit bien le problème de l’acte chirurgical pratiqué par les étudiants médecins. Et dans ce cas, on peut tout aussi bien ne retenir que l’hypothèse que c’était l’acte chirurgical tout seul qui posait problème.

– Quoi qu’il en soit, vu que je ne crois plus du tout aux germes pathogènes, je suis sur désormais que cette histoire des mains contaminée par le sang de cadavre est complètement bidon. Les morts devaient certainement être dus à l’intervention chirurgicale elle-même et aux médicaments donnés aux femmes en question. On peut supposer qu’un certain nombre de patientes vivaient mal l’accouchement, à cause des gestes médicaux invasifs et qu’on leur donnait ensuite des médicaments qui les tuait. Surtout que comme il s’agissait apparemment de femmes pauvres, il est fort possible qu’elles servaient d’entrainement à la chirurgie aux étudiants.

De toute façon, on a deux autres médecins qui soulèvent des objections aux résultats de Semmelweis. Denham, qui dit que la fièvre puerpérale touchait des femmes dans des hopitaux où on ne pratiquait pas la dissection des cadavres. Et Scanzoni, qui a expérimenté cette méthode et en a contesté les résultats. Donc, les choses étaient loin d’être aussi simples qu’on le dit. Ce qui laisse à penser que Semmelweis a surtout retenu les faits qui allaient dans son sens et à ignoré les faits gênants qui le contredisait.

D’ailleurs, de nos jours, alors que l’asepsie est parfaite, il y a encore plein de personnes qui tombent malades après un acte chirurgical à l’hopital. On accuse les germes résistant, la faible immunité, le fait que les chirurgiens ne respecteraient pas les règles d’asepsie et autres explications bidons. La réalité, c’est que l’acte chirurgical en lui-même est très éprouvant pour le corps, et que les drogues prises par la suite achèvent de mettre la personne au 36ème dessous.

Les médicaments basés sur les hormones humaines

Le quatrième type de médicaments est donc celui basé sur les hormones humaines (voir l’article sur les quatre types de médicaments ici). Ce sont les moins dangereux et les plus bénéfiques, mais en même temps peut-être les plus vicieux. Comme je n’ai commencé à les analyser que récemment, je ne les connais pas tous. Je concentrerai donc cet article sur celui que je commence à connaître à peu près bien : le cortisol. Je complèterai par la suite l’analyse des médicaments basés sur des hormones dans d’autres articles.

Heureusement, le cortisol est l’hormone peut-être la plus utilisée. Donc, connaître la problématique de cette hormone, c’est déjà connaître une part importante du problème des hormones utilisées en tant que médicament.

1) L’exemple du cortisol

1,1) Le rôle du cortisol

Je pense que le cortisol est une hormone qui sert en fait plus ou moins à gérer le stress hydrique et éventuellement physique du corps (chose plus souvent vue dans les documents traitant de biologie que le stress hydrique, mais apparemment pas vraiment comprise) et à préserver les organes vitaux dans ce genre de situation.

En effet, premier constat. Certaines parties du corps sont plus importantes que d’autres. Les organes vitaux étant situés dans le centre du corps et dans la tête, il est évident que ces parties du corps sont très importantes, plus importantes que les bras et les jambes. Dans le cas où le liquide vital n’est plus en situation d’optimum et donc où le corps peut être endommagé, les organes vitaux doivent être préservés à tout prix. Et le cortisol sert à mon avis à ça.

Il y a déjà le cas de la déshydratation. Le fait de ne plus avoir assez d’eau à disposition fait que les organes vitaux fonctionnent moins bien. Et il est évident que dans le cas du coeur, le problème est critique.

Je ne sais pas exactement quel est le mécanisme à l’oeuvre, mais ce qui doit se passer est la chose suivante. D’une façon ou d’une autre, le cortisol enclenche un mécanisme qui permet au corps de retenir l’eau dans le tronc. Les bras et les jambes sont moins irrigués. Mais le tronc et la tête, eux, le restent parfaitement. Du coup, les organes vitaux sont protégés de la déshydratation.

Le cortisol sert aussi à réguler le taux de sels minéraux dans le corps. Il faut que le taux de sels minéraux soit à un niveau donné pour que le corps fonctionne à l’optimum (voir les travaux de Quinton sur la similitude entre le sang animal et l’eau de mer diluée ; au 1/5ème je crois). Donc, tout prise trop importante de sels minéraux (en général, il va s’agir du sel) va entraîner une émission de cortisol. En effet, en retenant l’eau dans le centre du corps, la proportion de sel à cet endroit va diminuer et rester à l’optimum. Donc, là encore, les organes vitaux vont être préservés.

On voit d’ailleurs là la justesse des vues de Quinton. Il faut bien que le liquide vital (eau) soit en quantité suffisante, et avec la composition requise (sels minéraux divers aux taux optimaux). Ca rejoint aussi les vues de Fereydoon Batmanghelidj sur l’importance de l’hydratation. Mais si celui-ci a compris l’importance de l’eau, il semble qu’il n’ait pas compris l’importance de sa composition en sels minéraux. Donc, il lui manque un élément important du problème dans son analyse. Ce qui doit le limiter dans l’analyse de certains phénomènes physiologiques.

Il semble que le cortisol serve à gérer également les situations d’effort physique (en partie). Pendant un effort physique prolongé, le corps va se servir de l’adrénaline pour éviter que la personne ne se retrouve en situation d’hypotension. L’adrénaline est une hormone ayant apparemment un effet assez similaire à la cortisone. Mais elle semble avoir un effet plus rapide (peut-être qu’elle est émise plus rapidement par le corps). Puis, une fois l’effort passé, en situation de repos plus ou moins total, pour consolider et éventuellement réparer les muscles des jambes et des bras, le taux d’adrénaline et probablement de cortisol va baisser. Les jambes et les bras vont être plus irrigués et vont pouvoir être consolidés. Evidemment, la personne va souffrir d’un manque de forme lié à la baisse de la quantité de cortisol. Enfin, au bout de quelque temps, une fois les réparations faites dans les membres, le taux de cortisol va remonter pour irriguer à nouveau plus les organes vitaux.

En fait, un simple stress psychologique semble pouvoir entraîner une émission de cortisol. Pas forcément une peur soudaine, qui met en jeu plutôt l’adrénaline, mais un stress prolongé. Probablement que le cerveau ne sait pas différencier l’origine du stress, et que quel qu’il soit, au bout d’un moment, il engendre la production de cortisol.

1.2) Les effets secondaires de la production élevée de cortisol

Evidemment, la production inhabituelle de cortisol va produire des effets secondaires divers.

Le fait qu’il y ait plus d’eau dans le sang du tronc va faire entraîner une situation d’hypertension. Le coeur va pomper plus de sang à chaque fois, donc, le flux va être plus important. On peut également penser qu’il y a un phénomène de constriction des veines des bras et des jambes lors du processus initié par l’émission de cortisol. C’est assez probable. Sinon, vu que la tension est mesurée au niveau des bras, a priori, on ne constaterait pas cette hypertension.

Par ailleurs, comme il y a moins d’eau dans les bras et les jambes, au bout d’un moment, ceux-ci vont avoir tendance à faiblir, à ne plus être capable de fournir le même effort qu’avant. Ils vont aussi avoir plus facilement des bleus ou des ecchymoses, puisque, étant mal alimentés en eau, le moindre choc a plus d’impact. Et ils cicatriseront moins vite, là aussi, par manque d’eau.

L’accumulation d’eau dans le tronc doit perturber la digestion en entraînant facilement une accumulation d’eau dans le système digestif ou quelque chose comme ça. Ce qui entraîne des diarrhées. Il semble que le cortisol stimule l’appétit et améliore le moral de la personne. Le fait qu’il y ait moins d’eau dans les membres va également fragiliser les os à ces endroits là.

C’est pour ça qu’un régime trop riche en sel par exemple, a tendance à provoquer de l’hypertension. Comme le taux de sel augmente trop dans le sang, du cortisol va être émis. Ce qui va engendrer de l’hypertension. Cela dit, on peut penser aussi que l’excès d’autres éléments peut entraîner cet effet. Par exemple, peut-être qu’un régime riche en protéines provoque cet effet là aussi.

On peut penser aussi que toute agression du corps par un produit nocif introduit à l’intérieur, va entraîner l’émission de cortisol. Comme déjà vu dans l’article de Shelton sur les plantes médicinales, il est bien possible qu’un médicament introduit dans le corps soit reconnu comme un poison et pousse le corps à émettre du cortisol pour diluer ce poison là où se trouvent les organes vitaux.

Le cortisol est moins produit pendant la nuit. Il y a une raison à ça. La nuit, on est en état de repos total. Or, comme déjà vu plus haut, le corps se sert des périodes de repos, vu que les organes vitaux ont alors une activité réduite, pour réparer les bras et les jambes. C’est à cause de ça qu’on constate la recrudescence de tous les processus inflammatoires la nuit (asthme, laryngite, abcès, douleurs articulaires, etc..). Le tronc étant moins alimenté en eau, des effets secondaires liés au manque d’eau se font plus sentir.

 

1,3) l’exemple de la cortisone

La cortisone est présentée souvent comme la version synthétique du cortisol. En fait, il semble que ce soit plutôt un précurseur du cortisol. Une fois introduit dans l’organisme, il se transforme en cortisol grâce à l’action d’une enzyme : la 11-hydroxystéroïde deshydrogénase. Il a bien une activité directe similaire à celle du cortisol. Mais elle ne représenterait que 5 % de celle du cortisol.

Les effets secondaires présents lors de l’utilisation de la cortisone vont clairement dans le sens de ce que je dis concernant le cortisol. S’y ajoutent des effets supplémentaires liés au fait que c’est un médicament pris sous forme de pilule (généralement), et que c’est donc plus concentré dans le système digestif.

Les effets secondaires vont être de l’hypertension, le ventre ballonné, des douleurs articulaires, une faiblesse des membres, des bleus ou des ecchymoses au niveau des membres, une difficulté de cicatrisation, une fragilité des os, un appétit accru, une certaine euphorie.

Concernant les os, on préconise d’augmenter la quantité de calcium et de s’exposer au soleil pour éviter l’ostéoporose. Mais dans la mesure où le problème vient d’un manque d’eau, ces mesures ne servent à rien. Seule une certaine activité physique, dans la mesure où elle fait revenir un peu d’eau dans ces endroits là doit avoir une certaine efficacité.

A cela s’ajoutent les effets plus ou moins liés au fait que le médicament est en général pris par voie orale et qu’il est donc plus concentré dans le système digestif au départ.

Il va y avoir un recentrage des graisses dans le corps. On peut penser à l’explication suivante pour ce phénomène. Il semble que la prise de cortisone, au moins à haute dose, esquinte le foie. Donc, on peut penser que le fait qu’il y ait aussi recentrage des graisses en plus du recentrage de l’eau vient du phénomène suivant. Le foie ne pouvant plus correctement éliminer les graisses, celles-ci vont rester dans le corps et vont donc être stockées. Et le stockage doit être probablement lié à la quantité d’eau présente dans les tissus. Donc, comme l’eau est recentrée dans le tronc, la graisse va s’accumuler plutôt dans le tronc. C’est pour ça qu’on voit des phénomènes bizarres comme la bosse de bison. Cela dit, peut-être que l’émission de cortisol dans une situation naturelle entraîne elle aussi un stockage des graisses dans le centre du corps. Mais on peut penser que l’effet est augmenté par le fait que le foie est esquinté par la prise orale de la cortisone.

Les problèmes digestifs qu’on peut constater déjà lors d’une émission naturelle de cortisol, doivent être augmentés vu que la quantité de cortisone est maximum dans le système digestif.

1,4) Le coté vicieux de la cortisone : l’effet en retour lors de l’arrêt

Un des gros problèmes de la cortisone, et je pense d’autres médicaments agissant sur les hormones, c’est l’effet en retour lors de l’arrêt de la prise du médicament. Si on arrête la cortisone brutalement, il est connu que de nombreux effets physiologiques vont apparaître. Et comme par hasard, ces effets sont plus ou moins les effets inverses de ceux qui apparaissent lors de la prise de cortisone.

C’est normal. En fait, comme le corps a eu un taux de cortisol très élevé de façon artificielle pendant des mois ou des années, à l’arrêt, celui-ci s’effondre. Du coup, l’eau quitte massivement le centre du corps pour aller vers les membres.

Conséquence de ça, la personne souffre d’hypotension, de dépression, de perte d’appétit. Il y a souvent une perte de poids importante (pas seulement liée à la perte d’appétit, mais aussi, à la perte d’eau dans le tronc et à diminution de la masse graisseuse, là aussi, dans le tronc). On peut penser aussi que le manque d’eau dans les poumons et à leur périphérie peut conduire à l’apparition d’une toux sèche.

Concernant les membres, comme l’eau revient vers eux et que les tissus ont été endommagés et ont accumulé une grande quantité de déchets cellulaires, il y a une réparation massive des membres qui se produit, avec tous les effets qui y sont associés, douleurs musculaires, articulaires, etc… Comme les extrémités des membres ont été les plus endommagées par le manque d’eau et ont donc produit plus de déchets cellulaires, il arrive qu’il y ait des éruptions cutanées aux mains ou aux pieds. Surtout qu’il semble que la peau devienne plus fine avec l’usage de la cortisone. Ca peut venir du fait qu’il y a une perte de protéines importante dans les membres. En tout cas, a priori, la peau plus fine doit laisser passer plus facilement les éruptions cutanées. Par ailleurs, les fluides doivent être plus stagnants avec la baisse de tension sanguine. Or, des fluides qui stagnent ou qui avancent moins rapidement peuvent conduire à l’accumulation de déchets.

Alors, bien sur, pour la cortisone pure et simple, les effets sont connus. Et le médecin va être conscient que les effets qui apparaissent lors de l’arrêt sont liés au manque soudain de cortisone. Mais, pour certains médicaments qui utilisent la cortisone dans un but différent, les médecins vont être beaucoup moins conscients de ça.

Et c’est la même chose lorsque certains médicaments induisent une augmentation de la quantité de cortisol naturel par le stress biologique qu’ils induisent. Augmentation de cortisol qui peut éventuellement être en réalité à l’origine de l’amélioration.

Sans compter qu’on fait passer de la cortisone pour d’autres médicaments (exemple, les trithérapies anti-VIH). Et là, les médecins ne comprennent absolument pas les effets secondaires.

Or, tous ces différents types de médicaments sont relativement nombreux. Du coup, dans de nombreux cas, il va être impossible d’arrêter de prendre ces médicaments, parce que les symptômes à l’arrêt vont être interprétés comme le retour de la maladie.

Par exemple, pour l’asthme, on prescrit de la cortisone en spray à inhaler. Si on arrête la cortisone d’un coup, comme l’eau quitte le tronc en masse, et donc, les poumons, l’individu va avoir tendance à tousser beaucoup plus. Donc, il aura ce qui sera interprété par le médecin comme une grosse crise d’asthme. Le médecin ne pensera pas au contrecoup de l’arrêt du médicament. Et la personne sera poussée à réutiliser à nouveau de la cortisone pour soigner sa crise. Du coup, impossible de se passer de la cortisone. L’usage de ce médicament est donc complètement vicieux.

Pour les médicaments autres que la cortisone qui induisent une poussée de production du cortisol, on peut se demander si ce n’est pas le cas des antibiotiques utilisés à faible dose. Donc, il est possible que chez un enfant qui a une toux sèche (donc, non liée à la problématique de l’excès de protéines, dont j’ai déjà parlée par ailleurs, mais probablement liée au fait qu’il n’y a pas assez d’eau au niveau des cellules des poumons), on lui prescrive un antibiotique. Cet antibiotique, par l’augmentation de cortisol qu’il induit, va diminuer la toux. Ceci, probablement parce que le cortisol fait revenir de l’eau vers les tissus des poumons. Lorsqu’on va arrêter l’antibiotique, l’eau va repartir et la toux va revenir. On va lui prescrire à nouveau l’antibiotique. Ce qui va entraîner le même processus. Donc, là aussi, effet vicieux. Et comme l’usage de l’antibiotique peut déboucher sur des effets plus graves, là, c’est encore plus vicieux.

Même genre de chose pour les Antirétroviraux utilisés contre le VIH : les trithérapies. Quand on voit les effets secondaires à la prise comme à l’arrêt, on se rend compte qu’en fait de médicaments hyper high-tech issus de la recherche pharmaceutique de pointe, il ne s’agit ni plus ni moins que de cortisone mise sous un autre nom. Et là où c’est vicieux, c’est que quelqu’un qui aurait l’idée d’arrêter brutalement sa thérapie (un dissident du sida par exemple), va évidemment subir les effets physiologiques de l’arrêt de la cortisone. Or, ça va être interprété par les médecins comme le fait que le SIDA revient. Par exemple, si une toux se déclenche, ça va être interprété comme une pneumonie ou une tuberculose. Si la personne a une éruption cutanée sur les mains, ça sera considéré comme une maladie éruptive microbienne. Et si la personne a mal à la tête, ça sera considéré comme une toxoplasmose. Donc, on va la remettre sous trithérapie (et on l’aura traitée avant aux antibiotiques, ce qui tuera un certain nombre d’entre eux. D’autant plus qu’avec l’arrêt de la trithérapie, ils se seront amaigris et auront perdu l’appétit et que, comme on l’a déjà vu sur ce site, antibiotiques + maigreur + faible appétit = danger). Donc, là encore, impossible d’arrêter la prise des ces médicaments.

Il y a aussi les médicaments dont on sait que l’usage de la cortisone à terme, ne va plus avoir beaucoup d’effet, voir va rendre à terme la maladie plus grave que ce qu’elle était avant l’usage de la cortisone. Et on sait que le fait de l’arrêter d’un coup, va entraîner une très grosse crise. Mais comme on pense qu’on n’a que ça pour pallier aux effets de la maladie, on utilise quand même ce médicament. Et on l’utilise à vie, parce qu’une fois qu’on a commencé à l’utiliser, on pense qu’on ne peut plus s’arrêter. Et c’est même le patient qui exige qu’on continue à lui prescrire.

1,5) Autre coté vicieux de la cortisone : les effets secondaires en cascade sur le long terme

Le coté vicieux vient aussi de ce que sur certaines maladies, la cortisone est utilisée sur le long terme (parce qu’il n’y a pas d’autre médicaments pour atténuer les symptômes de la maladie). Or, comme elle entraîne au bout d’un moment des effets secondaires et que les médecins ne savent pas forcément que ces effets secondaires sont dus à la cortisone, ils vont croire que ces effets secondaires sont soit le développement de la maladie primaire, soit une autre maladie qui se développe. Donc, ils vont donner d’autres médicaments pour soigner la maladie en question. Ce qui va déclencher de nouveaux effets secondaires, ce qui va entraîner la prescription de nouveaux médicaments, etc…

Ou sinon, d’autres fois, les médecins savent que les effets secondaires sont dus à la cortisone. Mais ils donnent des médicaments pour endiguer les effets secondaires de la cortisone. Or, ces médicaments vont évidemment entraîner eux-mêmes de nouveaux effets secondaires. Et là, les médecins commencent à se perdre dans la foret des effets secondaires des divers médicaments. Et ils peuvent tout à fait se mettre à croire que la personne à une infection ou autre chose. Surtout que les infections microbiennes peuvent faire parti des effets secondaires des médicaments en question (et même de la cortisone). Donc, ils n’ont même pas forcément à sortir du cadre des effets secondaires des médicaments qu’ils donnent. Du coup, de nouveaux traitements en nouveaux traitement, petit à petit, la santé de la personne va décliner de plus en plus, les maladies diagnostiquées vont être de plus en plus graves, pour finir très souvent par la mort par les médicaments.

2) Généralisation aux autres médicaments basés sur des hormones

2.1) L’effet en retour lors de l’arrêt

Ce genre d’effet rebond n’est pas propre à la cortisone. Il semble que les médicaments antihypertension qui jouent sur les hormones produisent aussi ce genre d’effet. Si on arrête ces médicaments, il y a un retour de l’hypertension à un niveau très élevé. Cela dit, ça ne concerne pas tous les médicaments antihypertenseurs, parce que pas mal jouent sur l’élimination du sel et donc, ne sont pas concernés par cet effet rebond. Mais ce qui nous intéresse, ce sont ceux qui jouent sur les hormones. Et eux, entraînent cet effet rebond.

Donc, on peut penser qu’en fait, la plupart des médicaments basés sur des hormones entraînent un effet en retour. C’est d’ailleurs logique, puisque comme ils se substituent à la molécule naturelle, ou alors, comme ils obligent le corps à produire de très grandes quantités de molécule naturelle, dès qu’on arrête le traitement, le corps, soit n’est plus habitué à en produire, soit ne peut plus produire autant de molécule naturelle.

Et donc, bien qu’ils soient moins directement dangereux que les médicaments à base de plantes ou de levures, à cause de leur coté très vicieux, à terme, ils le sont peut-être autant que les autres. Parce que, comme pour la cortisone, les médecins sont peut-être conscients de leurs effets quand ils les utilisent dans un certain cadre. Mais dès qu’ils les utilisent dans des domaines différents, ou que les médicaments ne sont pas présentés vraiment, ou pas du tout, comme le médicament connu, la plupart du temps, cette conscience des effets secondaires à l’arrêt (et même lors de la prise) disparaît en grande partie. Et du coup, ils interprètent les symptômes physiologiques à l’arrêt comme le retour de la maladie initiale, et pas du tout comme l’effet en retour lié à l’arrêt du médicament. Donc, il devient impossible de s’arrêter de prendre ces médicaments

2.2) Les effets secondaires en cascade sur le long terme

Bien sur, les effets secondaires en cascades sont le problème de tous les médicaments. Mais plus on les prend sur le long terme, ou plus ils sont dangereux, ou plus le médecin croit que le moindre symptôme clinique est le signe d’une nouvelle maladie, plus ce genre de chose risque d’arriver. Or dans le cas des médicaments à base d’hormone, s’ils ne sont pas trop dangereux, et si les médecins ne sont pas à scruter le moindre symptôme, ils sont en général pris sur le long terme, voir à vie. Donc, presque fatalement, ils vont déboucher sur des situations beaucoup plus graves au bout d’un certain temps. C’est pour ça que malgré leur faible dangerosité à court terme, je pense qu’ils sont en réalité extrêmement dangereux.

L’excellent livre « le grand secret de l’industrie pharmaceutique » de Philippe Pignarre vu sous un autre angle que celui de l’auteur.

Un livre très instructif est sorti il y a quelques années (en 2003) : « le grand secret de l’industrie pharmaceutique« . Dans ce livre l’auteur révèle plein de choses extrêmement intéressantes sur l’histoire de l’industrie pharmaceutiques. Des choses qui offrent un tout autre regard sur le domaine que celui qu’on peut avoir habituellement.

La partie la plus intéressante concerne la façon de l’industrie pharmaceutique de mener les recherches scientifiques aux temps héroïques de la médecine, que l’auteur définie comme étant la période allant des années 30 aux années 70. Ce que nous révèle Philippe Pignarre, c’est qu’en fait à cette époque c’était purement et simplement le n’importe quoi dans le monde de l’industrie pharmaceutique. Il n’y avait aucune contrainte sur la façon dont les expérimentations étaient menées. Les essais n’étaient pas fait en aveugle, le nombre de cas étudiés étaient faibles et les études pouvaient ne durer qu’un temps très court (cf. p 54), etc…

Evidemment, ça jette une lumière bien différente sur les médicaments de l’époque.

1) Le sérieux de la mise au point des médicaments

Déjà, première chose, ce qui est sur, c’est que le sérieux de la mise au point des médicaments souvent mis en avant par les médecins devient un bobard complet.

Les biologistes et les médecins aiment brandir l’argument des essais cliniques pour faire croire aux gens que tous les médicaments qu’ils utilisent ont été testés via une procédure extrêmement rigoureuse d’essai clinique.

Souvent, quand quelqu’un leur parle d’un médicament non validé par l’industrie pharmaceutique, d’un air méprisant, ils disent qu’un médicament officiel est validé par 10 années, voir plus, d’études avant la mise sur le marché. Et ils ont beau jeu alors de demander si le médicament en question a subis l’épreuve des essais cliniques. Et ils ont également beau jeu de faire croire que les médicaments venant de l’industrie ont subit une procédure de validation extrêmement sérieuse.

Mais ça, ça ne s’applique qu’aux médicaments inventés après les années 60. Or, comme le montre Philippe Pignarre, à peu près toutes les grandes classes de molécules les plus utilisées aujourd’hui, ont été inventées justement avant les années 70. Donc, ça veut dire qu’à peu près aucune grande classe de molécule utilisée actuellement n’a fait l’objet d’une procédure d’essai clinique telle qu’on la conçoit aujourd’hui (c’est à dire, une étude sérieuse).

Bien sur, il y a eu de nouveaux médicaments mis au point après les années 70. Mais, la plupart des médicaments mis au point à partir des années 70 ne sont que des dérivés de ceux de l’époque précédente ; des dérivés qui améliorent à peine le médicament initial. Donc, les nouveaux médicaments n’étant pas vraiment des nouveautés, on ne peut pas s’en servir pour dire que de nouveaux médicaments ont remplacé les anciens et qu’eux ont fait l’objet d’essais cliniques sérieux.

On pourrait penser que puisque ces nouveaux médicaments ont fait l’objet d’une étude clinique moderne, c’est comme si l’ancienne molécule avait finalement fait l’objet elle aussi d’une étude clinique moderne, puisque la plupart du temps, les deux médicaments sont quasiment identiques dans leurs effets. Mais non, parce que la plupart des nouveaux médicaments ne sont pas analysés (lors des essais cliniques) contre un placebo ou contre une absence de traitement, mais contre l’ancien médicament qu’il est sensé remplacer. Donc, on ne refait pas les études en partant du début, comme ça serait le cas si on testait un nouveau type de médicament face à une situation où il n’y aurait rien. On fait juste une étude comparative. Donc, même avec l’introduction de nouveaux médicaments légèrement dérivés des anciens, on en reste à la situation en question.

Alors, de toute manière, au final, l’industrie pharmaceutique pourrait probablement montrer que, d’une certaine façon, un certain nombre d’anciennes molécules marchent. Parce que le problème est souvent plus vicieux qu’une simple procédure médicament contre placebo ou contre aucun traitement. Et puis, les molécules ont vraiment un effet sur le corps. Enfin bon, on pourrait analyser de façon plus approfondie la façon dont l’industrie pharmaceutique pourrait retomber en partie sur ses pattes concernant certains médicaments. Mais le fait est là, 99 % des grandes classes molécules utilisées aujourd’hui n’ont pas fait l’objet d’études cliniques sérieuses.

Est-ce que les médecins et les biologistes mentent ? Probablement pas. Il est très probable que la plupart des médecins ne connaissent rien à cet état de fait et qu’ils croient que la médecine a toujours fonctionné selon le modèle des essais cliniques actuels. Il ne doit pas y en avoir beaucoup qui connaissent les coulisses de la mise au point des médicaments avant les années 70 (mais quand même probablement beaucoup plus depuis le livre de Pignarre).

Mais bon, ça veut simplement dire que la médecine est composée soit d’ignorants, soit de tartuffes qui se drapent dans le sérieux de leur discipline alors qu’ils savent bien qu’elle est basée sur l’amateurisme le plus total.

De toute façon, pour toute maladie transmissible entraînant potentiellement des morts ou des incapacités graves, l’industrie pharmaceutique ne peut pas faire des études cliniques vraiment sérieuses ; pour des problèmes d’éthique. Par exemple, on ne peut pas injecter à 1000 personnes un microbe pathogène potentiellement mortel, ne leur donner aucun médicament, et injecter le même microbe à 1000 autres personnes et leur donner un antibiotique qui va les sauver. Donc, par exemple, pour les antibiotiques (grande classe de médicament inventée justement durant la période étudiée par Pignarre), impossible de faire des études cliniques sérieuses. On est obligé de biaiser, d’étudier ce qui se passe uniquement sur des personnes considérées comme déjà malades. Et c’est la porte ouverte à toutes les manipulations de résultats, à tous les biais d’analyse. Bien sur, il y a les tests sur des animaux. Mais ce n’est pas une étude clinique sérieuse, puisque toutes les truandes sont possibles avec les animaux, vu que ceux-ci ne parlent pas. Seule l’expérience avec des humains est valable. Et pour un très grand nombre de maladies non transmissibles, c’est pareil, puisqu’on ne peut pas travailler sur autre chose que des personnes déjà malades.

D’ailleurs, petit aparté, ce problème d’étique, c’est ce qui s’est passé en réalité avec l’AZT (le premier médicament contre le SIDA, introduit en 1987). L’industrie pharmaceutique a fait croire que l’étude justifiant la mise sur le marché de l’AZT était du genre AZT contre aucun traitement. Mais en réalité, les médecins étaient au courant de qui prenait quoi. Et comme, moralement, ils ne pouvaient pas laisser mourir des personnes alors qu’il y avait un traitement qui pouvait les sauver, les personnes du groupe sans traitement étaient en réalité fournies en AZT autant que les personnes du groupe prenant de l’AZT. Comme par hasard, le résultat était quasiment identique entre le groupe sans AZT et le groupe avec AZT. Evidemment, sérieux de l’étude : zéro.

Et encore, là, on n’était même pas dans le cadre d’une injection de la maladie, puis, de l’analyse de ce qui arrivait avec médicaments et sans médicaments. On était avec des personnes qu’on croyait déjà malades. Donc, on était très loin d’une étude vraiment sérieuse qui reprend tout depuis le début.

2) l’opinion de Philippe Pignarre sur cette période pré-70

De son coté, Philippe Pignarre voit ça comme une époque de créativité où, la recherche n’étant pas contrainte par des méthodes trop rigoureuses, plein d’expérimentations étaient possibles. Et ce serait grace à ça qu’on a vu une explosion de nouveau médicaments. Selon Pignarre, c’est en grande partie à cause de réglementations de plus en plus sévères, et d’organisations de plus en plus lourdes, que la créativité a été de plus en plus limitée, et au final que l’industrie pharamaceutique a vu s’effondrer la découverte de médicaments nouveaux.

Derrière ce raisonnement, il y’a le fait que pour Pignarre, la valeur des médicaments mis au point avant les années 70 semble acquise. Ca pourrait se tenir. Sauf qu’en fait tout son livre jette un énorme doute sur la valeur des médicaments de l’époque. Et ce n’est pas vraiment un petit détail.

3) Les études cliniques n’étaient pas sérieuses, mais est-ce que c’était fait de bonne volonté, avec honnêteté ?

On pourrait se dire que, ok, avant les années 70, tout était fait de façon légère. Mais que c’était lié à l’esprit de pionniers qui animait les gens de cette époque et que s’ils étaient légers, ils étaient en tout cas honnête.

Ce qui est sur, c’est que vu qu’il n’y avait pas de vérification par les autorités, et que les procédures de mise au point et de contrôle des études (réalisées à chaque fois par la société pharmaceutique elle-même) étaient hyper légères, c’était une époque où toutes les arnaques étaient permises. Pendant 40 ans (et avant aussi bien sur), l’industrie pharmaceutique a pu mentir à fond sur ses médicaments en toute tranquillité. Et quand on voit les bidonnages actuels, il est évident qu’à l’époque, ça devait être dingue. Il y avait possibilité de truander, et cette possibilité a certainement été utilisée à fond. On étudiera ça dans un futur article.