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Grève des hôpitaux et taux de mortalité

lundi, janvier 17th, 2011

 

Voici deux ou trois statistiques sur l’influence d’une grève des personnels soignants dans les hôpitaux sur la mortalité générale. Elles sont relativement connues dans le monde des sceptiques de la médecine officielle, mais vu qu’il y a beaucoup de monde qui les ignore, il est toujours intéressant de les redonner. Et puis, même connu ça n’empêche pas que c’est assez énorme.

C’est tiré de ce site (vernoncoleman). D’habitude, il n’y a que la statistique concernant la grève en Israël. Mais là, il y en a d’autres qui viennent confirmer celle-ci. J’ai modifié légèrement le texte en y ajoutant 2 ou 3 données trouvées dans des textes traitant du cas israélien.

On aurait tendance à imaginer que sans docteur, les gens devraient tomber comme des mouches. Mais ce n’est absolument pas le cas.

En 1973, les docteurs israéliens se sont mis en grève pendant un mois. Les admissions dans les hôpitaux ont chuté de 90 % (65.000 à 7.000). Seuls les cas les plus urgents étaient admis. Le taux de mortalité aurait donc du augmenter fortement. Mais bien au contraire, le service funèbre de Jérusalem a rapporté que le taux de mortalité chez les israéliens avait diminué de 50 %, atteignant son niveau le plus bas jamais enregistré. C’était la baisse la plus importante depuis la grève précédente, 20 ans avant.

A peu près la même chose est arrivée à chaque fois que les médecins se sont mis en grève.

A Bogota, en Colombie, les médecins se sont mis en grève pendant 52 jours. Il y a eu une baisse du taux de mortalité de 35 %.

A Los Angeles, une grève des médecins entraina une diminution de 18 % du taux de mortalité. Durant la grève, il y eut 60 % d’opérations en moins dans les 17 hôpitaux les plus importants. A la fin de la grève, le taux de mortalité est revenu à la normale.

 

Moins connu, un autre épisode de grève des médecins est arrivé en Israël en 2000 (voir ici). La grève à commencé le 9 mars 2000. Et l’influence sur la mortalité a été reportée en juillet 2000.

« L’association médicale d’Israël a commencé le mouvement de revendication le 9 mars pour protester contre la proposition du trésor public d’imposer un nouveau contrat de quatre ans de gages pour les médecins. Depuis lors, des centaines de milliers de visites de patients dans les cliniques ont été décommandées ou remises à plus tard avec des dizaines de milliers d’opérations de confort. Les hôpitaux publics, qui fournissent la grande majorité des soins médicaux secondaires et tertiaires, ont maintenu en fonctionnement normal leurs salles de secours, unités de dialyse, services d’oncologie, départements obstétriques et néonatals, et les autres équipements essentiels pendant la grève.

En l’absence de chiffres officiels, le Jerusalem Post a sondé les sociétés d’enterrement juives sans but lucratif, qui exécutent les enterrements pour la grande majorité des Israéliens, pour savoir si la grève affectait les décès dans le pays.

« Le nombre d’enterrements que nous avons exécutés a chuté radicalement, » a dit Hananya Shahor, directeur de longue date de la société d’enterrement Kehilat Yerushalayim de Jérusalem. « Ce mois-ci, il y avait seulement 93 enterrements comparés aux 153 en mai 1999, aux 133 de ce même mois en 1998, et aux 139 en mai 1997, » a-t-il dit. La société s’occupe de 55% de tous les décès dans la zone métropolitaine de Jérusalem. En avril dernier, il y avait seulement 130 décès comparés aux 150 ou plus dans les mois d’avril précédents. « Je ne puis expliquer pourquoi, » a dit M. Shahor.

Meir Adler, directeur de l’entreprise de pompes funèbres de Shamgar, qui enterre la plupart des autres résidants de Jérusalem, a déclaré avec beaucoup plus de certitude : « Il y a certainement un lien entre les sanctions des médecins et le peu de décès. Nous avons vu la même chose en 1983 (quand l’Association Médicale d’Israël a appliqué des restrictions de soins pendant quatre mois et demi). »

Motti Yeshuvayov, la seule société d’enterrement de Tel Aviv a déclaré qu’elle avait noté la même tendance dans la zone métropolitaine de Tel Aviv dans les deux derniers mois. La région de Haïfa a été la seule exception à la tendance de décroissantes des décès.

La ville côtière de Netanya a seulement un hôpital, et cela lui a épargné l’action revendicative parce que le personnel doit signer une clause de non recours à la grève avec son contrat. La société d’enterrement de Netanya, dirigée par Shlomo Stieglitz, a signalé à 87 enterrements le mois dernier, le même nombre qu’en mai 1999. Elle en a signalé 97 en avril comparé aux 122 d’avril 1999, et aux 99 de mars par rapport aux 119 de mars 1999. M. Stieglitz a dit que sa société d’enterrement couvre non seulement Netanya mais aussi d’autres villes, dont Hadera et Kfar Sava, où les médecins de l’hôpital se sont joints à la grève.

Pendant les mois de grève, les patients « sont allés davantage chez leur médecin de famille et dans les salles de secours des hôpitaux, qui n’ont pas été affectées par les restrictions de la grève,» a dit le professeur Yisraeli. »

Donc, en gros, on avait 93 enterrements en mai 2000 comparé aux 140 qu’il y avait en moyenne durant les 3 années précédentes. Ce qui fait une baisse de 34 %. Et pour le mois d’Avril, la baisse était de 13 %.

On apprend au passage qu’il y a eu aussi une grève en 1983, cette fois pendant 4 mois et demi et que ça a eu le même impact sur la mortalité qu’en 2000.

 

Donc, ben voilà. Quand les médecins se mettent en grève, la mortalité diminue fortement. Ce qui signifie que ce sont bien les médecins qui tuent les patients. Et ce n’est pas une petite baisse. C’est une baisse hallucinante. Ca peut aller jusqu’à 50 %.

C’est une statistique très importante pour comprendre qu’effectivement, la médecine moderne est très létale.

Et encore, là, il ne s’agit que de l’arrêt des opérations de confort ou pas indispensables, ou pas urgentes. Toutes les personnes ayant des problèmes graves, des accidents nécessitant un traitement rapide, ou étant en fin de vie ont continué à être traitées.

Alors, autant pour les accidents et autres urgences bien claires et nettes, on peut penser que la mortalité aurait augmenté, autant pour les autres problèmes soi-disant graves, ça aurait pu entrainer une baisse encore plus importante de la mortalité.

Et par ailleurs, les gens ont évidemment continué à prendre les médicaments qu’ils prenaient déjà avant (cas de maladie chronique par exemple). Donc, ça aussi, ça aurait pu entrainer une baisse de la mortalité. Ca aurait bien sur impliqué une grève impossible à mettre en place, puisqu’une telle chose (arrêt de la distribution des médicaments) aurait été interdite par les pouvoirs publics. Mais en supposant une situation imaginaire où une telle chose serait survenue, la mortalité aurait probablement baissé aussi par ce biais là.

L’idée selon laquelle les opérations seraient tout de même justifiées, parce que ça améliorerait la vie des patients et qu’il y aurait évidemment toujours quelques échecs ne tient pas (on trouve cette idée dans le papier sur la grève de l’an 2000 en Israël). En effet, on ne parle pas d’une baisse du taux de mortalité de quelques pourcents. On parle d’une baisse de 50 % de la mortalité. Et ce n’est pas la mortalité dans les hôpitaux. C’est la mortalité générale. Cette théorie serait valable si la baisse était tout à fait marginale. Mais ce n’est pas le cas.

Par ailleurs, si on a reporté leur opération, c’est que c’est gens là étaient loin d’être très malades. Donc, ça veut dire que des gens qui ne sont pas particulièrement en mauvaise santé meurent en masse de leur opération. Parce que si les médecins avaient estimé que ces gens étaient menacés de mourir à 6 mois ou 1 an d’échéance sans opération, on peut être sur que ces derniers auraient été considérés comme des cas graves à opérer d’urgence (donc, n’auraient pas été concernés par la grève).