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Les cellules et la gestion de leurs déchets grace au cycle journalier du cortisol : l’utilité du sommeil

vendredi, octobre 9th, 2009

Concernant le fait que les cellules ne puissent pas se purger de leurs déchets quand le taux de cortisol est élevé (chose dont j’ai parlée dans l’article sur la pilule), ça m’a fait penser aux idées suivantes.

On peut penser d’une façon générale que les cellules se purgent de leurs déchets en se vidant de leur eau. Mais pour faire ça, il faut d’abord qu’elles se remplissent d’eau. Donc, elles doivent accumuler l’eau, puis se vider de cette eau, et les déchets partent avec le flux. C’était bien sur plus ou moins compris dans ce que j’ai dit dans l’article sur la pilule. Mais ce n’était pas aussi clair que là.

Ca semble logique. Parce qu’on voit mal quelles autres possibilités elles pourraient avoir pour se débarrasser de leurs déchets. Elles pourraient éventuellement avoir un mécanisme pour évacuer les déchets dans une zone particulière de leur anatomie, toujours avec un flux d’eau. Mais comme il doit y avoir des déchets partout, ça ne doit pas être évident de faire en sorte qu’ils aillent au bon endroit. Et puis, il faudrait que la cellule ait la possibilité de se contracter dans cette zone précise. Ca n’est pas évident qu’il puisse y avoir un mécanisme de ce style. Alors qu’avec une vidange qui part de tous les cotés, il n’y a pas de problème de faire aller les déchets à un endroit précis, et pas besoin de capacité à contracter une zone de la cellule.

Supposons donc que cette hypothèse soit la bonne.

Il y aurait donc un cycle : accumulation d’eau et vidange de l’eau. Et il ne faut pas perturber ce cycle. Si la cellule n’arrive pas à se débarrasser de son eau, c’est probablement pareil que si elle s’en débarrasse en permanence. Dans les deux cas, les déchets n’arrivent pas à partir. Il faut que la cellule se gonfle d’eau avant d’évacuer l’eau. Si elle est gonflée en permanence, elle retient les déchets parce qu’elle n’arrive pas à se débarrasser de son eau. Et si elle est dégonflée en permanence, il ne doit pas y avoir un flux assez important pour que les déchets sortent (ou en tout cas, ils vont sortir plus lentement que d’habitude). Il faut que le cycle soit présent.

Comme on l’a vu, on sait par ailleurs que la quantité d’eau dans les cellules est fonction du taux de cortisol. Donc, on peut penser que c’est le cortisol qui gère ce système d’évacuation des déchets des cellules.

Et on sait également que le taux de cortisol varie en fonction du cycle quotidien. Le jour il est élevé, et la nuit, il est bas.

Du coup, on peut penser que le sommeil sert à gérer ce problème pour l’ensemble du corps. Comme il y a baisse du taux de cortisol la nuit, et augmentation le jour, ça doit servir entre autres choses à faire en sorte que les cellules des différents endroits du corps se vident de leur eau ou inversement se remplissent d’eau. La nuit, les cellules du centre du corps se vident de leur eau et donc de leurs déchets, tandis que les cellules des membres se remplissent d’eau. Et le jour, c’est l’inverse : les cellules du centre du corps se remplissent d’eau, et les cellules des membres se vident de leur eau et donc de leurs déchets.

Sans le sommeil, on ne pourrait pas maintenir le cycle. Et donc, toutes les cellules du corps verraient les déchets s’accumuler en elles. Donc, le sommeil est absolument essentiel.

Donc, non seulement le sommeil sert à réparer les membres pendant la nuit, mais il doit servir à cette fonction encore plus essentielle de permettre la vidange et le remplissage des cellules en eau.

Je crois que c’est cette raison qui permet d’expliquer l’existence du sommeil d’un point de vue purement physiologique. Les explications classiques du sommeil sont centrées sur la nécessité du cerveau de se reposer pour mémoriser les informations de la journée, donc, des explications plus liées au psychique qu’au physiologique.

Cette théorie donne donc une explication supplémentaire à la baisse du taux de cortisol durant la nuit. J’avais déjà mis en avant la nécessité de réparer les membres pendant la nuit. Là, ça ajoute le fait que ça permet aux cellules des membres d’évacuer leurs déchets pendant la nuit. Par ailleurs, alors que mon explication précédente disait que la baisse du taux de cortisol nocturne ne servait que pour les membres, là, ça sert aussi pour le centre du corps.

A mon avis, le fait d’alterner les phases de décharge des déchets entre les membres et le centre du corps permet aussi de ne pas avoir une émission trop massive de déchets d’un seul coup. Si les cellules de tout le corps relarguaient leurs déchets en même temps, le corps aurait peut-être du mal à les éliminer.

Par ailleurs, on peut penser qu’il faut que les cellules d’une zone agissent dans le même sens. Parce que sinon, les cellules en phase d’accumulation d’eau absorberaient les déchets venant des cellules à proximité en phase de dégonflement. Si la cellule A rejette ses déchets, et que la cellule B, qui est juste à coté absorbe ceux-ci, c’est foireux. L’opération aurait un résultat très mauvais. La plupart des déchets resteraient dans la zone en question. Avec une élimination par zone (bras et jambe vs centre du corps), les déchets peuvent être évacués vers le système lymphatique et éliminés ou recyclés par le foie.

L’existence de ce mécanisme veut donc dire que les cellules n’ont a priori pas la capacité mécanique d’évacuer leurs déchets.

A priori, on peut penser que le cortisol doit être émis de façon locale. Parce que sinon, le cortisol serait élevé dans toutes les cellules du corps. Par contre, quel mécanisme règle cette émission de cortisol localement ? Est-ce que c’est local ou global ? Mystère.