Explication alternative à l’amélioration de l’espérance de vie

 

Maintenant qu’on a déterminé que la mortalité infantile des temps anciens n’était pas un phénomène naturel, et vu les autres éléments en notre possession, on peut avoir une autre vision de l’amélioration de l’espérance de vie.

Je rappelle d’abord la théorie officielle. Selon cette dernière, l’espérance de vie s’est améliorée essentiellement grâce aux progrès de la médecine. Et tout d’abord, grâce à ses succès contre les microbes pathogènes. Grace aux vaccins et aux antibiotiques, l’énorme mortalité infantile a été réduite à presque rien. Et la mortalité des adultes a elle aussi très fortement diminué puisque les grandes maladies microbiennes endémiques ainsi que les grandes épidémies n’ont plus été qu’un mauvais souvenir. Bien après viennent les autres succès : chirurgie, médecine d’urgence, transfusions sanguines et perfusions, obstétrique, etc… Enfin, bien sûr, la théorie officielle reconnait à l’amélioration des conditions de vie (alimentation abondante et variée, travail peu dangereux et peu fatiguant, chauffage, etc…) une part dans l’amélioration de l’espérance de vie. Mais cette part est considérée comme assez limitée (10 % peut-être). L’essentiel venant des progrès de la médecine.

Voyons maintenant la vision alternative. On peut la diviser en 4 catégories : la mortalité infantile, l’amélioration des conditions de vie, le rôle de la médecine (qu’on subdivisera en rôle négatif et positif).

Bien sûr, vu qu’il s’agit d’estimations et que c’est un premier jet, les chiffres sont approximatifs. Mais la base de raisonnement est correcte.

 

1) La diminution de la mortalité infantile

 

Comme on a pu le voir dans l’article précédent, l’écrasante majorité de la mortalité néonatale et  infantile était en fait causée par des avortements ou des infanticides. Ce qui fait que les données officielles sur le sujet sont totalement fausses. Et du coup, les théories officielles à ce sujet le sont aussi.

Et tout laisse à penser que la mortalité infantile n’aurait été au maximum que 10 fois supérieure à celle de maintenant, pas 100 fois supérieure. Donc, la diminution globale de l’espérance de vie n’aurait pas été de 30 ou 40 %, mais à peine de 3 ou 4 %.

C’est ce qu’on peut constater sur les animaux domestiques comme les chiens ou les chats. Sans vaccination, une portée bien nourrie aura souvent 100 % de chiots ou de chatons qui atteindront l’âge adulte. Il y aura peut-être un mort sur 30, mais pas plus. Et encore, ces animaux sont désavantagés par le fait qu’une portée peut comporter de nombreux petits et que la mère peut éventuellement avoir du mal à les nourrir s’ils sont particulièrement nombreux. Alors que pour des humains, la plupart du temps, il n’y a qu’un bébé par grossesse.

Donc, la réalité, c’est que les nourrissons étaient pour la plupart parfaitement viables. Et du coup, l’espérance de vie à l’époque est complètement sous-estimée. Elle était plutôt de 15 ans supérieure, soit entre 39 et 44 ans selon le point de départ officiel (25 ans d’espérance de vie ou 30 ans). Les gens vivaient environ 50 % plus vieux que ce qu’on nous a fait croire.

Il n’y a donc eu que très peu d’amélioration de l’espérance de vie par ce biais là parce que la mortalité infantile était déjà quasiment au même niveau que maintenant.

 

2) Amélioration des conditions de vie

 

En fait, l’amélioration de l’espérance de vie vient pour l’essentiel de l’amélioration des conditions de vie : eau saine, nourriture abondante et saine, chauffage, métiers moins dangereux et fatigants, meilleure hygiène de vie, solidarité envers les démunis (permise par une plus grande richesse matérielle de la société).

Cela dit, on va voir que les choses ne sont pas si claires que ça. Elles le sont assez pour les ouvriers. Mais pas tant que ça pour les paysans. Ce qui pose problème pour une partie du chiffre d’années d’espérance de vie gagnées grâce à l’amélioration des conditions de vie.

–          Les ouvriers

Concernant les ouvriers, leurs conditions de travail au 19ème siècle étaient souvent assez effroyables. Les mineurs respiraient en permanence de la poussière (ce qui entrainait des maladies pulmonaires comme la silicose). Les usines étaient des endroits très dangereux et pratiquement sans mesure de sécurité. Le travail était très dur.

La durée du temps de travail jouait aussi fortement. Une journée de travail pouvait durer 12 ou 14 heures. Du coup, les ouvriers s’épuisaient à la tâche.

Concernant l’hygiène de vie, il est connu que les ouvriers avaient tendance à boire énormément d’alcool. Alors, beaucoup mourraient prématurément de cirrhose. Au 19ème siècle, beaucoup consommaient du laudanum, qui contenait des opiacés.

Donc forcément, il y avait beaucoup d’espérance de vie à gagner en améliorant les conditions de vie et de travail des ouvriers.

–          La nourriture et l’eau

Du côté de l’eau et de la nourriture, ce n’est pas non plus si évident.

Malgré l’absence de pasteurisation avant 1800 (c’est en réalité Nicola Appert l’inventeur initial de la pasteurisation. Pasteur n’en étant que le théoricien a postériori), les gens étaient capables de conserver de la nourriture pour l’hiver par divers moyens : salaison, fabrication de fromages, utilisation de légumes secs, conservation du raisin et  des pommes sous forme de vin et de cidre, etc… La farine se conserve également bien puisqu’elle est sèche. Donc, la conservation de la nourriture ne posait pas de problème fondamental. Les gens avaient suffisamment à manger l’hiver. Et ils ne mourraient pas non plus d’empoisonnement à cause de mets mal conservés.

Il pouvait y avoir des famines. Mais c’était quand même très rare. Et manifestement, il n’y avait pas 20 % de la population qui mourrait à cette occasion, même pas 5 %. Donc, l’impact devait être très limité.

Les nouveaux moyens de conservation de la nourriture ont surtout permis de manger plus varié. Et ce sont surtout les moyens industriels, techniques et économiques qui ont permis cette révolution. On arrive à mieux conserver les grains grâce aux silos dont l’air est asséché. On conserve les aliments frais sur un longue durée grâce aux congélateurs et aux frigidaires. Et par ailleurs, la variété vient aussi des moyens de transports rapides.

Ils ont bien sûr permis aussi d’augmenter la population. Mais la quantité de nourriture dans les temps anciens était adaptée à la population d’alors.

Concernant la qualité de l’eau, il est certain que l’amélioration de son traitement et de sa distribution a permis d’éviter des maladies liées à des eaux non potables. Mais l’impact n’a peut-être pas été si important que ça en termes de gain d’espérance de vie. Ce qui nous amène au sujet des ruraux

–          Les ruraux

En effet, les problèmes se posaient surtout à la ville, pas à la campagne. Les ruraux avaient accès à des puits souvent individuels avec une eau parfaitement potable. Or, encore 90 % des gens étaient des ruraux. Donc, l’amélioration de la qualité de l’eau n’a pas dû jouer tant que ça.

De la même façon, dans les campagnes, les gens travaillaient dur seulement le temps des récoltes. Le reste de l’année était plutôt tranquille.

Donc en fait, la plupart des problèmes cités plus haut concernaient essentiellement les habitants des villes.

 

Donc, il y a comme un problème. S’il est vrai qu’à la ville, et spécialement au 19ème siècle, on avait un certain nombre de raisons de mourir relativement tôt, ce n’était pas le cas à la campagne ou dans les petits villages, qui représentaient quand même 90 % de la population.

Donc, à la louche, on peut penser qu’il y a eu amélioration de l’espérance de vie de 20 ans grâce aux meilleures conditions de vie et de travail. On vit désormais jusqu’à 80 ans grâce aux meilleures conditions de vie. Mais par rapport au chiffre trouvé plus loin (95 ans), comme on va le voir, il y a quelque chose qui ne va pas.

 

3) Le rôle de la médecine

 

Concernant le rôle de la médecine, il faut distinguer deux choses : son impact positif et son impact négatif. Et bien sûr, cet impact a évolué entre la période ancienne et moderne.

 

–          L’impact de la médecine dans les temps anciens

 

La médecine sévissait déjà sévèrement à l’époque et elle devait avoir un impact essentiellement négatif. En effet, on ne voit pas trop quel élément de la médecine aurait permis aux gens de vivre plus longtemps. La chirurgie était totalement primitive, les médicaments extrêmement dangereux, les pratiques complètement à côté de la plaque (saignées, etc…), les diagnostics erronés. Donc, là-dedans, on ne voit pas trop ce qui permettait de sauver qui que ce soit.

Il n’y a donc qu’un impact négatif. Et il devait être assez important. On a tendance à être assez mal informé sur les médicaments des temps anciens et donc à croire qu’il n’y avait que quelques recettes de grand-mère. Mais en réalité, il y en avait déjà plein et la plupart étaient très dangereux.

On donnait des toniques quand la personne se sentait faible, ce qui était un équivalent de nos anti-inflammatoires. D’une façon générale, on utilisait déjà des tas de médicaments à base de plante et ayant une action de type anti-inflammatoire ou antibiotique (à plus forte dose). Donc, des tonnes de gens devaient mourir d’hépatites, d’arrêt cardiaque, d’embolies pulmonaires ou encore d’accidents vasculaires cérébraux (par hémorragie ou caillot),  à cause de ces médicaments.

Le problème, c’est qu’à leur dangerosité naturelle, s’ajoutait la variabilité de leur concentration en principe actif. Comme il s’agissait essentiellement de médicaments à base de plante, la concentration pouvait fortement varier en fonction de l’ensoleillement et de l’hydrométrie. Donc, on pouvait passer très facilement de doses déjà relativement dangereuses à des doses mortelles.

On se servait aussi de médicaments de type antibiotique comme émétiques ou purgatifs, pour faire vomir ou pour donner la diarrhée. D’une façon générale, depuis Hippocrate et Gallien (2ème et 3ème siècle après JC) on pensait que le problème venait des « humeurs » du patient, et que pour le guérir, il fallait le purger de ces humeurs. Donc, on utilisait les émétiques ou les purgatifs pour le purger par vomissement ou par diarrhée. On multipliait aussi les lavements à l’aide de clystères. Forcément, à force de vider le patient, il maigrissait et se déshydratait parce qu’il n’avait pas le temps de digérer. Par ailleurs, le lavement devait conduire aussi à une déshydratation puisqu’une partie des transferts d’eau se font dans le colon. Tout ça entrainait un état d’hypotension. Et comme les émétiques ou les purgatifs entrainent une mobilisation d’eau soudaine dans le ventre quand ils sont pris, le patient finissait par mourir de crise cardiaque une fois devenu trop maigre et donc trop hypotendu.

Les saignées, font partie de ce système de traitement des humeurs. Et forcément, ça devait bien affaiblir, voire achever les malades. Avec un patient déjà en état d’hypotension, ça aggravait cette hypotension éventuellement jusqu’au point létal.

On donnait aussi à tout va des métaux lourds extrêmement dangereux : mercure (contre la syphilis par exemple), arsenic, antimoine, etc…

On peut y ajouter les opiacés au moins à partir du 18ème siècle. Mais il semble qu’on y avait recours déjà avant, même si c’était de façon moins massive. Or, on a pu voir les risques entrainés par la prise de ce genre de substance dans d’autres articles (hypotension, manque d’appétit, donc amaigrissement, et donc, augmentation de l’hypotension, constipation, etc…).

Donc, plein de gens devaient mourir à cause des médicaments et traitements administrés par les médecins.

Alors, c’est vrai qu’il devait y avoir moins de médecins que maintenant. Mais il y avait pas mal de sorciers, guérisseurs, apothicaires et autres marchands ambulants de médicaments. Donc, mine de rien, la société devait être assez bien quadrillée dès le moyen-âge. On pouvait assez facilement « bénéficier » d’un diagnostic et de médicaments même en l’absence de médecin.

En faisant une estimation à la louche, on peut penser qu’on retirait environ 15 ans de vie à l’ensemble de la population. Du coup, on arrive à 45+15 = 60 ans. Sans la médecine, on aurait donc pu vivre jusqu’à 60 ans.

 

–          L’impact positif de la médecine moderne

 

A la différence de l’ancienne médecine, la médecine moderne a un rôle positif et pas seulement négatif.

La médecine a joué un rôle positif pour l’amélioration de l’espérance de vie, mais pas là où on le dit en général. Ce n’est pas avec la vaccination et les antibiotiques qu’elle a augmenté l’espérance de vie, mais surtout avec l’amélioration de la chirurgie, la médecine d’urgence, les perfusions et la transfusion sanguine. On peut penser que grâce à ces progrès, on a gagné environ 5 ans de vie.

La médecine d’urgence ça concerne les accidents de la route, les accidents domestiques, les tentatives de suicide, les empoisonnements, les attaques de bêtes (serpent, guêpes, chiens), les accidents cardiaques, les accidents vasculaires cérébraux, les accidents sportifs, les accidents de travail (usines, etc…), les brulures, les catastrophes naturelles, etc…

Ça fait beaucoup de situations. Mais enfin il n’y a quand même pas tant de gens que ça qui se retrouvent dans ce genre de situation ; et qui en plus ont été sauvés par la médecine d’urgence. Avec une estimation de 10 % de gens concernés (ce qui est déjà pas mal), on tombe sur ce chiffre de 5 ans de vie gagnés. En effet, si ces 10 % des gens avaient vécus en moyenne jusqu’à seulement 30 ans sans l’aide de la médecine, et le reste des gens jusqu’à en moyenne 80 ans, alors, l’espérance de vie descend à 75 ans au lieu des 80 ans actuels. Donc, selon cette première estimation, on perdrait 5 ans de vie.

En fait, en vérifiant, on constate que 5 % des morts viennent des accidents en général (donc tous les accidents possibles). Les accidents dans les transports ne représentent que 1 % de l’ensemble des morts. Donc, si on part sur 2 fois ces cas qui auraient pu être mortels si on ne les avait pas soignés (rapidement ou non), on arrive à un chiffre de 10 % des gens. Donc, on arrive à peu près au chiffre que j’ai donné. On peut se demander si ce n’est pas plus élevé que 2 fois le nombre de morts. C’est possible pour les accidents de la route. Pour tout le reste, c’est loin d’être sûr.

Pour les noyades, non, puisque ça n’a pas d’impact par la suite. Soit on meurt très rapidement, soit on ne meurt pas. Donc, il y a peu de cas de personnes qui ont été sauvées grâce à la médecine.

Idem, pour les accidents cardiaques, tout se passe en très peu de temps. Donc, la plupart du temps, les services d’urgence ne peuvent pas arriver assez vite pour sauver la personne. Bref, là aussi, il n’y a pas tellement de gens sauvés par la médecine. Ça doit faire seulement 20 ou 30 % des personnes mortes. On est loin du chiffre de 2 fois les cas de mort.

Pour les brulures, les chiffres sont de 3600 personnes acceptées dans les centres de traitement des grands brulés. Et il y aurait 1000 morts par an par brulure. Donc, on en sauverait là encore environ 2 fois. Peut-être 3 fois si on suppose qu’une partie des 1000 personnes sont mortes avant l’arrivée des soins.

Pour les électrocutions, pareil, tout se fait en un instant. Donc, pas de possibilité d’en réchapper la plupart du temps.

Les étouffements (qui concernent surtout les enfants en bas âge) même chose, c’est trop rapide et trop tout ou rien.

Les chutes mortelles ou engageant le pronostic vital concernent surtout les personnes âgées (les plus de 75 ans représentent plus de trois quarts des décès par chutes, qui sont au nombre de 9412 en 2008, voir ici). Le reste doit être constitué de jeunes faisant du sport (ski, alpinisme, parapente, etc…), d’accidents professionnels (dans le bâtiment par exemple) et enfin d’enfants. Dans le cas des chutes, on n’est pas dans une situation de type tout ou rien, puisqu’une personne peut survivre pendant plusieurs heures ou plusieurs jours selon la blessure.

On peut estimer que la quantité de personnes sauvées par la médecine est équivalente à disons une ou deux fois la quantité de morts.

Seulement, la moyenne d’âge doit être assez élevée, puisque ce sont là-encore les personnes âgées qui ont le plus de risque de succomber à des chutes qui ne les ont pas tuées sur le coup. Donc, l’impact en termes d’espérance de vie est une fois de plus assez limité.

Et puis surtout, il semble que beaucoup de médicaments (70) provoquent des chutes mortelles chez les personnes âgées (voir ici et ici). Evidemment, ce sont essentiellement des produits ayant un effet de type opiacé (voir les articles sur les opiacés et leurs analogues). Comme ça provoque une vasodilatation des vaisseaux sanguins et une hypotension, ça doit perturber les éléments gérant l’équilibre dans l’oreille interne, d’où les chutes. Donc, dans le cas présent, la médecine ne provoque pas 95 % des accidents. Mais elle en provoque quand même une grosse partie. Donc, l’impact positif de la médecine moderne est fortement réduit dans le cas des chutes.

Pour les accidents vasculaires cérébraux, le problème, c’est quand même que la médecine les provoque. Donc, effectivement, ses produits permettent de limiter les dégâts. Mais 95 % de ces AVC ne seraient jamais arrivés sans elle. Donc, la médecine provoque les cas qu’elle soigne. Du coup l’impact est en fait complètement négatif. Alors, est-ce qu’avec les médicaments d’avant, qui étaient aussi du genre anti-inflammatoires, il n’y avait pas de d’avc ? Je pense que non. Parce qu’ils n’étaient pas pris autant sur le long terme. Ils étaient pris en traitement sur quelques semaines ou quelques mois maximum, mais pas sur des années et des années comme on peut le voir maintenant.

Donc, on peut penser qu’en moyenne, c’est environ 10 % de la population qui a pu bénéficier de soins dans une situation qui autrement, aurait pu être mortelle à court ou moyen terme.

Cela dit, il faut voir aussi l’âge de personnes concernées. Autant, pour les accidents de la route, les noyades, les électrocutions, les brulures, on peut éventuellement tabler sur un âge moyen de 35 ans, autant pour les autres accidents, l’âge est probablement plus élevé. Par exemple, pour les accidents domestiques, c’est très souvent des chutes. Et les chutes concernent à 95 % des personnes ayant plus de 70 ans. Donc, le gain en termes d’espérance de vie pour l’ensemble de la population est faible quand on a réussi à sauver ces personnes-là. De la même façon, les morts par accidents cardiaques surviennent essentiellement chez des personnes de plus de 50 ans.

Donc, à cause du fait que très souvent, ces accidents concernent des personnes assez âgées, on pourrait tabler plutôt sur 3 ou  4 ans supplémentaires.

 

Concernant les opérations chirurgicales pour autre chose que des accidents, ça concerne quand même pas mal de monde.

Mais dans beaucoup de cas, ça concerne des maladies inventées. Dans ces cas-là, l’opération ne sert à rien. Il n’y a donc aucun gain. Au contraire, puisqu’on fait prendre un risque à la personne.

Il y a aussi les opérations pour des cas provoqués par la médecine. Du  coup, l’impact est nul, puisque c’est la médecine qui a provoqué le problème à la base. En fait, à cause des problèmes post opératoires (maladie nosocomiale), c’est même plutôt négatif. C’est le cas des  thromboses veineuses. En effet, ce sont principalement les médicaments du type anti-inflammatoire qui provoquent ces problèmes. C’est également le cas des ulcères, eux aussi causés essentiellement par les médicaments du type anti-inflammatoire.

Alors c’est vrai qu’on liste les aspects positifs de la médecine dans cette catégorie. Mais il ne faut pas exagérer non plus. Si la maladie est provoquée par la médecine, ça ne compte pas.

Les opérations qui peuvent apporter vraiment et dont les problèmes ne sont pas ou peu provoqués par la médecine, sont les suivantes.

Les problèmes cardiaques. Là effectivement, la plupart des problèmes viennent du mode de vie. Donc, ça n’est pas provoqué par la médecine (sauf dans le cas des caillots).

Selon le Figaro : « En France chaque année 25 000 personnes bénéficient d’un pontage coronarien et 60 000 d’une dilatation des artères coronaires avec pose de stent (angioplastie) ». Donc là, ça fait beaucoup.

Les transplantations cardiaques sont par contre peu nombreuses. En 2003, il y en avait seulement 287 de pratiquées. En plus, selon les cas, la survie n’est que d’un an à 10 ans.

Enfin, il y a la chirurgie valvulaire (pose d’une valvule cardiaque). Concernant ce type de chirurgie, j’ai beau avoir cherché, impossible de trouver le nombre de cas par an en France. Mais heureusement, Doctissimo, nous donne le chiffre général des opérations chirurgicales du cœur. On a environ 100.000 opérations de chirurgie cardiaque par an en France. Donc, si on a 85.000 personnes faisant l’objet d’une opération de pontage coronarien ou de pose de stent, la chirurgie valvulaire concerne 15.000 personnes par an. Ce qui va dans le sens de ce que dit Doctissimo concernant le pourcentage des sténoses aortiques chez les personnes âgées : « on estime ainsi que 3 % des personnes de plus de 75 ans présentent une sténose aortique (la plus fréquente des valvulopathies) ».

Avec un nombre de cas aussi important, on a tendance à se dire que ça doit influer fortement sur l’espérance de vie. Mais en fait, non.

En effet, les problèmes cardiaques concernent essentiellement des gens âgés, à partir de 55 ans au moins. Et ces gens ne se font opérer qu’au bout de quelques années après que les problèmes aient commencé à se manifester ; disons à un âge de 65 ans. Du coup, ça ne rajoute pas énormément d’années de vie, vu que l’espérance de vie est de 80 ans. Au mieux, ça rajoute 15 ans. Mais vu leurs problèmes cardio-vasculaires, ça veut dire qu’à priori, ils ne vont pas vivre aussi longtemps que des gens en bonne santé. Donc, on peut penser qu’ils ne vont pas vivre jusqu’à 80 ans, mais plutôt jusqu’à 75 ans. Donc, ces opérations doivent rajouter 10 ans de vie.

Seulement, il faut voir que, sans opération, les personnes ne seraient pas mortes forcément dans l’année. La plupart l’auraient peut-être été au bout de 5 ans en moyenne. Ça veut dire qu’au final, il n’y a eu que 5 ans de vie de rajoutés.

Donc, même si ces opérations concernent beaucoup de monde, l’impact n’est pas si grand. En effet, il y a environ 500.000 morts par an en France. Donc, même si les 100.000 personnes opérées du cœur étaient mortes effectivement plus tôt, ça ne représenterait que 20 % des décès. Comme ça fait gagner 5 ans en plus pour les gens opérés, en réalité, ça ne fait qu’un an d’espérance de vie en plus pour la population générale (20 % de 5 ans). Pas si énorme. C’est même moins que pour les accidents.

Il y a aussi les opérations aux poumons en cas de décollement de la plèvre (pneumothorax). Il y a 4000 cas primaires par an environs. La plupart ne sont pas mortels et ne nécessitent que du repos. Donc, ça ne doit faire que 500 cas qui pourraient être mortels. Mais il y a aussi 12.000 cas secondaires. Là, c’est mortel 17 % du temps. Donc, c’est sérieux. Mais l’impact sur l’espérance de vie est là encore moyen, puisque ça touche des personnes qui ont au moins 60 ans. Et quand même, tous les cas ne sont pas mortels. Donc, on peut estimer que sur 12.000 personnes, il y en a 2000 qui meurent, et 7000 qui seraient mortes sans la médecine. Mais comme il y a 500.000 personnes qui meurent chaque années en France, ça ne qu’à peine 1,2 % de l’ensemble. Donc, même si ces gens ont gagné 20 ans de vie, ça ne fait qu’à peine 3 mois de gagnés pour la population générale.

Sinon, il y a effectivement pas mal d’autres opérations, mais elles n’engagent pas le pronostic vital. Or, c’est bien de ça qu’on parle ici. Il y a des opérations des articulations (genou, pied, main, anche, colonne vertébrale, etc…), mais les problèmes initiaux ne sont pas mortels.

Donc, on a 3 ou 4 ans avec le traitement des accidents par la médecine d’urgence, 1 an pour la chirurgie du coeur, 3 mois pour les pneumothorax ; on arrive bien à environ 5 ans de vie rajoutés.

 

–          L’impact négatif de la médecine moderne

 

C’est encore une estimation à la louche,  mais on peut penser que sans la médecine, on vivrait jusqu’à 95 ans.

En effet, les médicaments tuent. Les traitements anticancéreux tuent énormément de monde. La morphine tue énormément. La médecine invente des tonnes de maladies bidon qui font entrer les gens dans un cercle vicieux qui peut finir par être mortel, notamment par la prise de médicaments au long cours. Ces maladies bidon entrainent aussi des opérations inutiles. Et celles-ci peuvent faire mourir le patient : soit directement, soit par maladie nosocomiale (en fait provoquée par l’opération elle-même). Donc, dans ce cas, c’est totalement négatif. Etc, etc…

Sauf qu’actuellement, on ne vit pas jusqu’à 95 ans, mais seulement jusqu’à 80 ans. Donc, globalement, la médecine actuelle nous prend 15 ans de vie. Comme on a estimé que du côté de l’impact positif, elle donnait 5 ans de vie, ça veut dire que du côté de l’impact négatif, elle prend 20 ans. On a : – 15 (impact global) = 5 (impact positif) – 20 (impact négatif). Donc, globalement, l’impact n’a pas changé entre les temps anciens et maintenant, mais le côté négatif fait perdre encore plus de temps de vie qu’avant.

Et encore, on a de la chance, parce que la médecine actuelle tue surtout des personnes âgées. Alors que la médecine d’avant tuait aussi bien les jeunes que les vieux. Si la médecine actuelle tuait autant les jeunes que la médecine d’avant, on perdrait probablement entre 5 et 10 ans de vie supplémentaires. Donc, on peut penser qu’en fait la médecine actuelle est encore plus dangereuse que l’ancienne. Il suffirait que la médecine actuelle s’avise de dire que le cancer par exemple touche autant les jeunes que les vieux pour que ce soit rapidement le massacre chez les jeunes.

Par ailleurs, puisque la médecine tue surtout des personnes âgées, ça veut dire que son impact en nombre de personnes tuées est particulièrement massif. Ça touche presque tout le monde. En effet, si un enfant est tué par la médecine avant un an, ça influence fortement l’espérance de vie globale. Il y a donc besoin d’en tuer moins pour arriver à une durée d’espérance de vie X. Alors que chaque personne âgée tuée va retirer relativement peu d’années d’espérance de vie. Il faut donc en tuer beaucoup plus.

Pour donner un exemple chiffré. Si on a 100 personnes, avec seulement 15 % de personnes tuées quelques jours après la naissance et 85 % qui vivent jusqu’à 95 ans, on peut obtenir une espérance de vie de 80 ans. Alors que si on a disons 10 % de personnes qui meurent à 60 ans, 80 % qui meurent à 80 ans, et 10 % qui meurent à 95 ans, on arrive aussi à 80 ans d’espérance de vie. Sauf qu’il a fallu tuer 90 % des gens prématurément et pas 15 %. On les tue moins prématurément, c’est vrai, mais on en tue beaucoup plus.

Et bien sûr, si les conditions de vie actuelles étaient équivalentes à celles d’il y a 150 ans, peut-être bien que la médecine nous ferait perdre encore plus que ça, puisqu’elle aurait l’occasion d’intervenir beaucoup plus souvent et plus tôt. Alors qu’actuellement, avec l’amélioration des conditions de vie, c’est moins le cas. A conditions de vie égales, la médecine actuelle ôterait peut-être 5 ou 10 ans de vie en plus.

A l’inverse, il faut considérer que la médecine ancienne n’avait pas l’ubiquité de la médecine actuelle. Si elle avait été aussi répandue, les ravages auraient été supérieurs. Peut-être qu’elle aurait enlevé 5 ou 10 ans de vie en plus.

A tranches d’âges touchées égales, à conditions de vie égales (celles du 18ème siècle), et à ubiquité de la médecine égale (celle de maintenant), bref, dans la pire situation possible, c’est donc plutôt la médecine actuelle qui serait la plus dangereuse, puisque ça ferait perdre entre 10 et 20 ans de vie supplémentaires, alors que la médecine de l’époque ne ferait perdre qu’entre 5 et 10 ans de vie supplémentaire. La médecine moderne ferait donc perdre entre 25 et 35 ans de vie, et la médecine ancienne entre 20 et 25 ans de vie.

Une autre réflexion qu’on peut se faire, c’est que d’une façon générale, l’essentiel des défauts et donc des causes de mort de l’ancienne médecine a disparu avec la médecine moderne. On a arrêté d’utiliser toutes les techniques purgatives (émétiques, purgatifs, saignées). On a arrêté d’administrer des métaux lourds. Le dosage des médicaments est devenu bien plus stable, évitant ainsi de nombreux morts (on peut peut-être tabler sur 5 ans d’espérance de vie en plus). Donc, ça veut dire qu’on a éliminé ce qui était la cause de 10 à 15 ans d’espérance de vie en moins. Et pourtant, on a toujours 20 ans de vie en moins à cause du côté négatif de la médecine. C’est quand même assez fort.

Donc, ça veut dire qu’on a remplacé la plupart des mauvaises pratique par de nouvelle mauvaises pratiques, mais d’un genre différent.

En tout cas, globalement la médecine n’a rien fait gagner. Tout vient de l’amélioration de l’espérance de vie. Donc, on ne peut pas dire que la médecine ait fait gagner quoi que ce soit.

Et son rôle est toujours négatif. Si encore, il était neutre, ça irait. Mais en fait, il est carrément négatif et nous fait perdre carrément 15 ans de vie. C’est quand même assez énorme.

A partir de ce chiffre de 95 ans sans la médecine, on peut estimer l’amélioration de l’espérance de vie grâce aux meilleures conditions de vie. On pourrait donc vivre jusqu’à 95 ans sans la médecine. Et on a estimé que sans la médecine d’avant, on vivait jusqu’à 60 ans. Donc, on a gagné 35 ans de vie uniquement grâce à de meilleures conditions de vie. A moins de trouver d’autres sources de mortalité, la différence vient forcément de là.

 

Conclusion :

 

Donc voilà, on peut estimer qu’en réalité, dans les temps anciens, les gens vivaient plutôt jusqu’à 45 ans. Et ils auraient pu vivre 15 ans de plus sans la médecine. Ce qui aurait fait une espérance de vie de 60 ans.

Et à l’époque actuelle, on peut penser qu’on a gagné 35 ans d’espérance de vie, mais que la médecine continue à en faire perdre 15. Du coup, avec la médecine, on vit jusqu’à 80 ans. Mais on pourrait vivre jusqu’à 95 ans sans la médecine. Et jusqu’à 100 avec juste le côté positif de la médecine.

On a donc une vision complètement différente du problème que celle que nous donne l’orthodoxie. Là, c’est clairement uniquement l’amélioration des conditions de vie qui a entrainé l’augmentation de l’espérance de vie. Et loin de faire progresser l’espérance de vie, la médecine la plombe. Et elle n’a même pas progressé entre les temps anciens et maintenant.

Il reste quand même des bizarreries. Même avec de mauvaises conditions de vie, c’est quand même bizarre que les gens soient morts si tôt dans les temps anciens. Parce que les conditions de vie à la campagne n’étaient pas tellement atroces au Moyen-âge. Il y avait beaucoup de jours chômés. Le travail n’était dur que lors des récoltes. Donc, ils n’avaient pas de raisons de mourir à seulement 60 ans. Il est possible qu’il y ait encore des choses qui nous échappent. Mais quoi ? Ca, mystère. Ça peut être un ou deux gros éléments ou alors beaucoup de petits éléments prenant 1 ou 2 ans d’espérance de vie à chaque fois, et finissant par prendre 7 ou 8 ans d’espérance de vie au total.

Donc, je reviendrai probablement sur le sujet.

 

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2 Responses to “Explication alternative à l’amélioration de l’espérance de vie”

  1. Maëlle dit :

    bonjour,

    concernant les petits éléments pondérant l’espérance de vie autrefois (période médiévale notamment), je pense à la mortalité criminelle…on se faisait occire avec facilité à ces époques là!!

    Ce texte me fait penser à mes grands parents (3 sont morts autour des 90 ans, le dernier gazé de 14-18)…une vie très peu médicalisée.
    Ma mère bien ‘suivie’ par son médecin traitant, est décédée à 71 ans (comme son frère). En une génération, on perd presque 20 ans …vive la médecine moderne et ses progrès…

  2. Aixur dit :

    Bonjour,

    Bonne idée pour la mortalité criminelle.

    J’avais pensé aux meurtres familiaux. Meurtres du conjoint pour ceux ou celles qui voulaient se remarier avec quelqu’un d’autre (vu que le divorce était interdit). Meurtre du père pour avoir l’héritage. Et aussi meurtre du frère ainé de la part des cadets pour avoir le gros de l’héritage plutôt que la portion congrue. Mais comme je manquais un peu d’info, je ne l’ai pas mis.

    Sinon, plus je découvre de nouvelles sources de mortalité via la médecine, plus je découvre des cas de morts parmi mes parents qui ont du être causés par elle. Ceci alors qu’avant, je ne soupçonnais rien de particulier.

    Par exemple, mon grand-père maternel est mort à 95 ans, un mois après une chute. En découvrant durant l’écriture du présent article que les produits ayant un effet de type opiacé provoquent des chutes chez les personnes âgées, j’ai compris qu’il devait en prendre à l’époque et que ça doit être ça qui a provoqué la chute (il n’y avait pas d’escalier dans son appartement). Ce qui va aussi dans ce sens, c’est qu’il était régulièrement constipé. Et durant les dernières années de sa vie, il avait maigri. Des symptôme qu’on trouve chez les consommateurs de produits opiacés.

    Par ailleurs, il n’était pas très assuré quand il grimpait ou descendait ne serait-ce que deux ou trois marches et il fallait l’aider. Donc, il avait déjà un équilibre précaire.

    A part ça, il était en parfait santé et avait toute sa tête.

    Je n’ai pas d’information sur ce qui s’est passé après sa chute, mais il est bien probable qu’il soit mort parce que son gendre (un médecin donc), lui avait administré de la morphine ; soit pour le soulager de la douleur consécutive à sa chute, soit parce qu’il estimait qu’il était en phase terminale et qu’il fallait le faire partir sans douleur (peut-être que la raison 2 a suivi la raison 1 d’ailleurs). Bien sur, si mon grand-père prenait en plus toujours ses médicaments à effet de type opiacé, ça n’a pas du aider.

    Du coup, je pense qu’il a du très probablement être tué par les produits à effet de type opiacé. Et ça en deux temps. Premier temps, ça a provoqué la maigreur, l’hypotension, puis la chute. Deuxième temps, ça a provoqué la mort par hypotension.

    Peut-être qu’il y a eu aussi mélange antibiotiques/opiacés et qu’il est mort par hypotension lors de la prise d’antibiotiques (par mobilisation d’eau et de sang dans l’abdomen au détriment du torse).

    Mais bien sûr, aux yeux de tous, il mort simplement parce qu’il a fait une chute à 95 ans et qu’à cet âge là, souvent on ne s’en remet pas.

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