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Les grandes épidémies de peste n’ont jamais existé 2

dimanche, novembre 23rd, 2008

Les estimations sont essentiellement faites à partir de quelques registres et des écrits de quelques chroniqueurs

Bien sur, on pourrait se baser sur les registres paroissiaux et seigneuriaux pour faire les estimations. Le problème, c’est qu’on ne tenait pas de registres paroissiaux à l’époque en Europe. En France, l’obligation d’en tenir a été faite seulement à partir de 1539 à l’initiative du roi François 1er par l’ordonnance de Villers-Cotterêts. Et encore, au départ, on ne comptabilisait que les naissances. La comptabilisation des mariages et des morts n’a commencé à être faite qu’à partir de 1579, par l’ordonnance de Blois édictée par Henri III. Il est dit qu’avant l’ordonnance de François 1er, les registres ont commencé à être tenus à la fin du moyen-âge. Mais, la fin du moyen-âge commence à partir de 1500.

Et dans le reste de l’Europe, c’est pareil. C’est seulement à partir de 1497 que cette pratique a commencé à être utilisée, en Espagne d’abord, puis, petit à petit, dans toute l’Europe. Et c’est en 1563 que l’Eglise catholique a ordonné la tenue de ces registres. C’est par exemple le cas en Allemagne (fin du 16ème siècle), au Danemark (un peu plus tard, vers 1640) et en Norvège (1668). Donc, il doit y avoir un nombre très très restreint de registres paroissiaux datant d’au moins 1347.

Les historiens parlent des registres anglais. Mais, ceux-ci semblent ne remonter au plus tôt que vers les années 1540.

En fait, apparemment, il y a un seul registre paroissial qui date d’avant 1347 en France, c’est celui de Givry, en Saône et Loire, commencé en 1303 et tenu jusqu’en 1357 (et il compte les actes de baptême, de mariages ainsi que les actes de sépulture). Le deuxième plus ancien registre paroissial semble être celui de Nantes, qui a commencé en 1406.

Alors, effectivement, dans le registre de Givry, sur une population de 1500 habitants, il y aurait eu 649 sépultures de réalisées en 1348 (dont 630 de juin à septembre), contre 40 d’habitude. Ce qui irait dans le sens de la théorie officielle.

Heureusement, miracle d’Internet, j’ai retrouvé un livre intitulé « le registre paroissial de Givry et la peste noire », de Pierre Gras, écrit en 1939. C’est relativement court, et ça passe par le prisme de l’analyse de l’auteur qui croit à l’épidémie de peste. Mais les quelques détails donnés permettent d’imaginer une toute autre version que celle qui est donnée dans cet ouvrage.

Déjà, si les informations sur les sépultures vont seulement jusqu’en 1348, heureusement, celles sur les mariages vont jusqu’à 1357 (tout ça est répartie sur plusieurs cahiers). Et manque de chance pour la théorie officielle, les informations sur les mariages contredisent assez la thèse des ravages dus à la peste. Soit disant, la peste a tué 630 personnes de juillet à novembre 1348. Mais, en fait, ça ne se retrouve pas du tout dans les chiffres des mariages. Ceux-ci sont les suivants : 1336, 19 ; 1337, 20 ; 1338, 11 ; 1339, 29 ; 1340, 15 ; 1341, 11 ; 1342 (incomplète), 1 ; 1343 (incomplète), 5 ; 1344 (incomplète), 3 ; 1345 (incomplète), 2 ; 1346, manque complètement ; 1347 (incomplète), 19 ; 1348 année de la Peste noire, 0 ; 1349, 86, 1350, 33 ; 1351, 22 ; 1352, 19 ; 1353, 15 ; 1354, 19 ; 1355, 12 ; 1356, 10 ; 1357 (incomplète), 9.

Donc, alors qu’environ 43 % de la population est morte en 1348, ça n’a strictement aucun impact sur le nombre de mariages les 9 années suivantes. La théorie officielle dit que c’est parce qu’il y aurait eu une flambée de mariages après l’épidémie. Mais si, à la rigueur ça pourrait tenir pour les deux ou trois premières années, on devrait quand même voir un impact les années suivantes. Normalement, il devrait y avoir alors environ 43 % de mariages en moins. Mais non, tout continue exactement comme avant, comme s’il ne s’était rien passé. Eh oui, ça continue comme s’il ne s’était rien passé, tout simplement parce qu’il ne s’est rien passé.

Cela dit, même la première année, l’explication officielle ne tient pas. Il est dit que parmi les 86 mariages de cette année, 42 furent célébrés entre le 14 janvier et le 24 février 1349. Donc, 43 % des gens meurent entre juillet et novembre. Mais en moins de quelques mois, probablement moins de 3 mois pour certains, 43 personnes se remarient. Les veufs et les veuves étaient vraiment sacrément joyeux à Givry. Surtout qu’à l’époque, les mariages étaient des choses qui ne se faisaient pas du jour au lendemain. En général, vu que ça impliquait des dotes pour les filles, des réunions de terrains, etc.., et que les parents étaient fortement décisionnaires, les choses ne se décidaient pas en deux ou trois mois. D’autant plus qu’il devait y avoir des périodes de fiançailles qui duraient un minimum de temps. Alors on voit mal comment, en seulement 2 ou 3 mois, toutes les décisions, les consultations de parents, les périodes de fiançailles, etc.., auraient pu être réalisées. Surtout que ça implique que tout se serait décidé presque au lendemain de la fin du massacre, dès décembre. Rapides les gars. Et puis, les gens en question ne savaient pas si la peste allait revenir ou pas. Donc, s’engager pour l’avenir alors qu’ils étaient loin d’être sur que tout était terminé, ça semble assez peu crédible. Un an d’attente aurait semblé le minimum.

Et puis, pour qu’il y ait eu flambée de mariages, il aurait fallu que le plus souvent, un seul des deux conjoints fût mort. Mais vu la façon dont on nous présente la peste (causée par les puces des rats), ça aurait du être au contraire l’exception plutôt que la règle. La plupart du temps, vu qu’ils vivaient au même endroit, les deux conjoints auraient du être mordus par les puces des rats et auraient du mourir. Donc, il n’y aurait eu que très peu de veufs ou des veuves à marier.

Donc, cette flambée de mariages si peu de temps après une telle catastrophe qui aurait du emporter surtout des couples, voir des familles entières, et le maintien par la suite des mariages au même niveau qu’avant est illogique par rapport à la théorie d’un véritable massacre dû à la peste.

Par ailleurs, ce comptage des morts pendant la peste par le vicaire, puis son arrêt soudain est assez bizarre. Il aurait continué l’œuvre de son prédécesseur même sans se faire payer (quasiment pas d’indication de luminaires durant cette période. Le luminaire étant apparemment un paiement pour la cérémonie funéraire). Puis, alors qu’il aurait retranscrit la mort de 630 personnes en quelques mois, il aurait ensuite arrêté de le faire ? Et ceci alors qu’il aurait continué à retranscrire les mariages. Ca parait assez illogique.

Mais, à la lumière des informations données dans ce livre, je crois qu’on peut comprendre ce qui s’est réellement passé. Ma théorie est la suivante. L’élément capital, c’est que le 24 juin 1348, un nouveau vicaire est arrivé pour s’occuper de la cure de Givry. Un autre élément très important est que le comptage des morts s’arrête à la fin de novembre 1348. A la lumière de ces deux éléments ainsi que de quelques autres, on peut penser qu’en fait, il ne s’agit pas de comptage des morts, mais tout simplement du recensement de ses ouailles par le nouveau vicaire. C’est pour ça qu’il n’y a quasiment pas d’indication de luminaires de la part du nouveau vicaire. C’est aussi pour ça qu’il n’y a que des noms, sans aucune note, ni aucune allusion à un fléau quelconque. Et c’est pour ça que le livre s’arrête en novembre. En fait, le vicaire avait tout simplement fini de recenser la population. Et il arrêtait donc le comptage. S’il y a seulement 630 personnes de comptées au lieu de 1500 (le chiffre de la population totale), c’est qu’il ne devait pas compter les enfants. Seul le couple chef de famille devait l’intéresser. D’où un chiffre bien moins élevé que les 1500. Il y avait quelques indications de luminaires, parce qu’il devait y avoir eu des morts lors de son comptage. Il les a donc retranscrits à l’occasion de son recensement.

S’il y a eu 86 mariages en 1349, c’est peut-être tout simplement parce qu’il y avait eu des retards dans la réalisation des mariages l’année, ou peut-être même les années précédentes. Peut-être qu’il y a eu des cérémonies qui n’ont pas été réalisées à cause de problèmes venant du précédent vicaire (d’où son remplacement). Il est dit qu’il n’y a aucune donnée pour 1346 dans les cahiers tenus par l’ancien vicaire et que les 4 années précédentes étaient incomplètes (ainsi que l’année 1347). Et s’il y a eu zéro mariage en 1348, c’est peut-être là encore tout simplement à cause des déficiences du précédent vicaire et du temps qu’à mis le nouveau vicaire à recenser ses ouailles. La situation finissant par être urgente, ce dernier aurait donc effectué les mariages en retard assez tôt dans l’année 1349.

Peut-être aussi que le retard se situait seulement dans la comptabilisation des mariages. Du coup, le nouveau vicaire aurait comptabilisé les mariages de 1348 et peut-être de 1347 en début d’année 1349, pour que les comptes soient à jour. De ce qu’en dit Pierre Gras, il ne s’agissait pas d’un livre officiel, mais juste de cahiers de comptes personnels pour les vicaires en place. Donc, vu que c’était quelque chose d’informel, il n’avait pas à rendre compte à qui que ce soit. Il pouvait prendre du retard dans les écritures ; ça ne regardait que lui.

Ensuite, en 1350, vu que le vicaire officiait alors normalement et n’avait plus de retard soit dans le nombre de mariage à effectuer, soit dans sa comptabilité des mariages, le nombre de mariage noté dans ses cahiers est logiquement revenu à la normale durant les six années suivantes.

Le fait que les cahiers avaient seulement un usage personnel peut expliquer aussi que le nouveau vicaire ait marqué son recensement dans un des cahiers précédemment utilisé pour le comptage des cérémonies funéraires. Comme il ne s’agissait de rien d’officiel, il aurait tout simplement pris un cahier où il y avait de la place et l’aurait détourné de sa fonction précédente. Il est dit qu’il a arrêté de l’utiliser alors qu’il y avait encore de nombreuses feuilles blanches pour écrire. Là aussi, ça n’a plus rien d’étonnant. Ayant fini sa tache de recensement, il a simplement arrêté d’utiliser ce cahier. Mais évidemment, pour quelqu’un lisant le cahier 7 siècles plus tard, ça pouvait amener à croire que les chiffres du nouveau vicaire concernaient toujours la comptabilisation des cérémonies funéraires. Et avec la croyance préalable qu’une terrible épidémie avait ravagé l’Europe en 1348, la confusion devenait plus que probable.

Donc en fait, ce que le registre de Givry nous décrirait, ce serait simplement un problème avec un précédent vicaire, les lenteurs d’installation du nouveau vicaire, son recensement informel de la population, et peut-être le rattrapage de certaines cérémonies de mariage durant l’année 1349. Bref, le livre en question nous décrit des évènements qui n’ont rien à voir avec un quelconque massacre. Il décrit seulement la vie paisible d’une petite bourgade du XIVème siècle.

Il est dit que les anglais auraient parmi les meilleures données. Seulement, on ne parle apparemment pas de registres paroissiaux et de nombre de morts. Donc, de quoi retourne-t-il exactement ? Mystère. Il semblerait, si je comprends bien, mais je suis loin d’en être sur, qu’on se base sur les chiffres de recensement de population de certaines villes ou paroisses. Mais, ça ne voudrait alors rien dire. Parce que selon les historiens eux-mêmes, la population était en baisse en Europe depuis le début du 14ème siècle. Donc, se baser sur les chiffres de recensement ne permettrait aucune conclusion sur une éventuelle peste.

Et les registres seigneuriaux, si jamais il y en a eu à cette époque, ont du disparaitre avec leur seigneur.

De toute façon, il y aurait une contradiction logique. Il est dit que les prêtres étaient les plus touchés par l’épidémie. Donc, comment aurait on pu avoir des registres paroissiaux à jour durant les années 1347-1350 avec la plupart des prêtres morts, et probablement une bonne partie des autres en fuite pour échapper à la pestilence ? Surtout que ce qui est indiqué sur les registres, ce n’est pas la date de la mort, mais la date de la sépulture. Mais là aussi, il y a un problème. On nous dit par ailleurs que vu que les morts étaient trop nombreux, ils étaient enterrés dans des fosses communes. Donc, il ne devait pas y avoir d’acte de sépulture dans ces cas là.

Par ailleurs, les registres paroissiaux enregistrent apparemment les baptêmes, pas les naissances. Donc, si jamais un danger à entrainé la fuite des gens et des prêtres, forcément, il n’y aura pas de baptême cette année là.

Donc, les estimations générales de morts sont faites essentiellement non pas sur la base de registres paroissiaux ou seigneuriaux, mais sur les écrits de quelques chroniqueurs. On fait mieux comme source crédible.

Vous vous dites que ce n’est pas possible de bidonner autant. Ben, de nos jours, on bidonne pratiquement autant concernant les chiffres du nombre de mort par sida en Afrique. Alors, bidonner des chiffres d’il y a 750 ans, ce n’est vraiment pas un problème.

Les chroniqueurs en question et les personnages de l’époque

Déjà, il est illogique que seulement quelques chroniqueurs parlent de cet évènement. S’il y avait eu un tiers de la population qui avait disparu, il y aurait eu des tonnes de témoignages : écrits, peintures, etc… Mais non, on a juste quelques chroniqueurs qui en parlent.

Et, encore mieux, les chroniqueurs en question évoquent le massacre de façon très courte, parfois en seulement une ligne ! Le truc de fou.

C’est le cas de Jean Froissart. Il parle de la peste dans une seule ligne de tout son ouvrage, ou il dit que le tiers de la population est morte à cause d’une maladie, sans préciser laquelle (dans ce temps, une maladie que l’on nomme épidémie couroit, dont bien la tierce partie du monde mourut). Donc, il y a le tiers du monde connu qui meurt d’une épidémie, mais il ne parle de l’évènement que dans une seule ligne. Bien sur, très crédible. La réalité, c’est qu’il n’y a eu aucune épidémie. Il doit inventer complètement. C’est pour ça qu’il n’en parle que dans une seule ligne. Et si ça se trouve, c’est un truc rajouté par la suite.

Et puis quand on se renseigne sur Froissart, on voit qu’il est né en 1337. Donc, en 1347, il avait 10 ans. Il aurait donc du avoir des souvenir assez nets de l’horreur. Vu les massacres auxquels il aurait du assister, ça aurait du marquer sa mémoire et il aurait du en parler quand même pas mal dans son livre. Mais non, juste une seule ligne.

Froissart est d’ailleurs vilipendé par la plupart des historiens comme exagérant fortement et presque constamment. Le gars fiable.

Au niveau des exagérations relevées (je ne sais pas si ça concerne Froissard), on a par exemple ça :

« au début, les gens étaient stupéfiés, et les témoins apeurés avaient tendance à exagérer leur témoignage. A Avignon, en France, les chroniqueurs parlent de 62.000 morts (et certains autres de 120.000), alors que la population de cette cité était probablement de moins de 50.000 personnes« .

Le moine de Saint-Denis parle aussi de la maladie, mais sur une seule page. Ben voyons.

Il y a aussi Giovanni Boccaccio (Boccace en Français), l’auteur du Décaméron, né apparemment en 1313. Soi-disant, il écrit le Décaméron  entre 1349 et 1353. On a l’Europe qui perd le tiers de sa population. Dans les villes, c’est souvent les deux tiers de la population. Mais alors que le monde s’effondre autour de lui, ce gars écrit un recueil de nouvelles. Et par ailleurs, alors qu’il écrit son livre, il voyage dans toute l’Europe, soit disant touchée par la peste. Par exemple, en 1350, il va à Brandebourg, Milan et Avignon. Et en Octobre 1350, il va à Florence, et rencontre Francesco Pétrarque qui lui conseille d’étudier le grec ancien et la littérature latine.

Dans son Décaméron, il parle des bubons : « aux hommes comme aux femmes, venait d’abord à l’aine ou sous les aisselles certaines enflures, dont les unes devenaient grosses comme une pomme ordinaire, d’autres comme un œuf, d’autres un peu plus un peu moins, que le vulgaire nommait bubon« . Donc, contrairement à ce que dit la version officielle de maintenant, il n’y avait pas un bubon mais plusieurs. Ce que dit Boccace, c’est que ça commençait à l’aine ou sous les aisselles. Donc, ensuite, il y en avait d’autres à d’autres endroits du corps. D’ailleurs, le principe que ça commence d’abord à l’aine ou sous les aisselles parce que les puces auraient piqué seulement à ces deux endroits est absurde. Les puces piquent partout. Il suffit de lire les témoignages de personnes ayant un problème de puce de parquet. A chaque fois, elles disent qu’elles se grattent les jambes. Seulement, effectivement, en dehors des aisselles et de l’aine, où il y a beaucoup de ganglions lymphatiques, on ne voit pas comment il y aurait pu y avoir des bubons. Soit c’est limité à ces deux endroits et éventuellement au cou, soit il y en a ailleurs, et alors, le problème n’était pas des ganglions gonflés, mais bien des espèces de cloques. Et on retombe sur le problème de symptômes que personnes n’a jamais vu.

Par ailleurs, Boccace dit « la propriété de la maladie en question fut de se transformer en taches noires ou livides qui apparaissaient sur les bras, sur les cuisses« . Donc, certains ont bien parlé de bubons noirs ; même s’il parle ici plutôt de taches (alors qu’il parle d’enflures ailleurs, la contradiction ne le gêne pas). Le fait qu’il parle aussi de bubons clairs, en plus du fait que personne ne parle de ça dans la théorie officielle, montre qu’il raconte n’importe quoi, parce qu’encore plus que des gros bubons noirs sur tout le corps, personne n’a jamais vu ça.

Le Décaméron lui-même va à l’encontre de la version officielle, puisque Boccace place l’action de ses personnages à la campagne. Et il laisse entendre que tout y était idyllique, en tout cas pour les personnages de son recueil de nouvelles. Il dit bien au début de l’ouvrage que les campagnes aussi sont touchées, mais de façon bien moins importante. Or, selon la théorie officielle, les campagnes étaient elles aussi touchées très fortement puisqu’il y avait dans les 30 % de mortalité. En tout cas, les personnages eux, ne sont absolument pas importunés par la peste durant leur séjour. Alors, peut-être qu’il s’agissait d’invention poétique. Mais alors, rien n’empêche de penser qu’il en était de même quand il parlait de la peste par ailleurs. Ca pouvait être une pure invention qu’il aurait trouvée bien pour son livre.

Il semble aussi que Ibn Khaldun (1332-1406), un historien arabe, ne s’étende que très peu sur la peste dans ses ouvrages. Alors pourtant que ses parents sont soi-disant morts à cause de celle-ci quand il avait 17 ans. Apparemment, il n’y a que cette référence : « Tant à l’est qu’à l’ouest, la civilisation subit une incursion destructrice, celle de la peste qui dévasta les nations et raya des populations entières de la surface de la terre. Elle annihila le bien qui avait été créé […] le niveau de civilisation décrut en même temps que le nombre d’habitants. La face du monde habité en fut changée« . Donc, là aussi, on a quelqu’un de super prolixe sur un évènement qui a soi-disant rayé de la carte des populations entières.

Dans le même genre absurde, on a la reine Jeanne, comtesse de Provence. Alors que l’épidémie de peste est sensée avoir commencé vers le 1er novembre 1347 à Marseille, que fait-elle ? Elle quitte Naples pour arriver à Marseille le 29 janvier 1348. En pleine peste ! Il est dit que son arrivée ressemblait plus à une fuite qu’à une visite de ses États. En effet, le 11 janvier 1348 Louis de Hongrie était à Bénévent prêt à envahir le royaume de Naples. Devant cette menace, Jeanne qui s’était retirée au Château-Neuf et confiante en la fidélité des habitants de Marseille, avait préparé son évasion afin d’échapper à la vengeance de Louis. Elle reste un mois à Marseille. Et ensuite, elle quitte Marseille le 27 février pour se rendre à Châteaurenard, près d’Arles. Là, elle attend que le pape Clément VI lui donne audience à Avignon. Ce qui est fait le 15 mars (cf. la page Wikipédia sur Clément VI et la reine Jeanne).

Donc, elle fuit Naples par peur de la mort ou de l’emprisonnement, mais elle va à Marseille qui est en pleine épidémie de peste. Elle y reste un mois, puis va près d’Arles puis à Avignon, où là aussi, la peste fait des ravages. Et elle y reste jusqu’au 21 juillet 1348. Bref, alors qu’elle fuit la mort, elle va et ensuite reste dans des endroits ou elle a apparemment toutes les chances de mourir.

La cerise sur le gâteau étant que durant les moments de rencontre entre le pape Clément VI et la reine Jeanne, celui-ci achète Avignon à la reine Jeanne (80.000 florins ; elle avait en effet besoin d’argent). La peste est sensée ravager Avignon, et à un tel rythme qu’on peut se demander s’il restera un seul homme vivant dans cette ville. Mais Clément VI décide d’acheter cette ville.

Encore un autre truc amusant concernant Clément VI et Avignon. En 1348, considérant que la guerre fait rage en France, il décide qu’Avignon a besoin de protection. Et dès 1349, il charge Juan Fernandez de Heredia de diriger la construction des nouveaux remparts devant ceindre Avignon. Pour les financer, les Avignonnais sont taxés et les membres de la Curie envoyés aux quatre coins de l’Europe pour trouver des subsides. Donc, les deux tiers de la population de la ville sont morts. Ca doit être au moins le tiers de la population dans les campagnes alentours. Et que décide le pape ? De construire des remparts qui doivent couter une somme phénoménale et une quantité d’ouvriers énorme. Et en plus, il taxe certainement très fortement les survivants.

Autre évènement complètement en décalage avec les ravages de la peste. Le 6 juin 1349 : Louis de Tarente et les barons napolitains sont mis en déroute par les troupes hongroise qui ont envahit le royaume de Naples à la bataille de Melito. L’Italie est massacrée par la Peste, et que font les hongrois ? Ils envahissent l’Italie. Apparemment, ils n’avaient pas peur que leurs troupes soient ravagées par la peste. D’ailleurs, vu que la Hongrie elle-même devait être ravagée par la peste à ce moment là, on se demande comment ils ont pu réunir une armée. Sans compter que décider d’envahir un autre pays alors que le sien est en train d’être ravagé par la peste, il faut quand même avoir un grain. Soi-disant, il est obligé de se retirer à cause de la peste. Mais il est dit aussi qu’il se retire à cause de la révolte des barons napolitains. On peut penser que c’est cette dernière explication qui est la bonne.

Mieux, il refait une campagne contre le royaume de Naples dès février 1350 (jusqu’en octobre). Si la peste avait vraiment ravagé l’Italie et la Hongrie en 1348-1349, il aurait fallu vraiment qu’il soit fou à lier pour refaire une nouvelle campagne aussi tôt, avec tous les risques que son armée soit décimée par la peste. Surtout que là, encore plus qu’avant, avec tous les morts de la peste, il n’aurait pas du avoir assez d’hommes pour faire une campagne militaire.

Enfin, dans Wikipédia, il est dit à la page de l’année 1349 que Valdemar Atterdag reconquiert toutes les provinces perdues par le Danemark, y compris la Scanie et les territoires extérieurs au royaume. Il semble que cette reconquête ce soit étalée sur plusieurs années. Mais apparemment, elle a commencé en 1349. Donc, même problème que pour les hongrois : on comprend mal comment le roi du Danemark aurait décidé de faire une guerre de reconquête alors que la peste ravageait son royaume.

Des charniers a priori non découverts

Il est dit qu’à Vienne, on enterrait jusqu’à 1.600 personnes par jour et qu’on fut obligé de creuser d’immenses fossés autour de la ville pour y enfouir les montagnes de cadavres (histoire générale de la médecine, par Jean-Antoine-François Ozanam, p.87). Ou sont les charniers en question ? On arrive à retrouver des charniers vieux de 2000 ans ; donc, il ne devrait pas y avoir de problème pour retrouver ceux-là.

Par ailleurs, certains disent que tout le monde se repliait sur lui-même et que les pères refusaient de voir leurs enfants (et inversement), de peur d’attraper la maladie. Mais dans le même temps, en tout cas à Vienne, ça ne les gênait pas de passer des heures au milieu des morts pour les enterrer. Surtout que si les puces avaient sauté sur les fossoyeurs et que la peste les avait tués, ça aurait évidement rapidement découragé les vocations.

Des évènements pouvant être la cause de nombreux morts

Le 25 janvier 1347, un violent tremblement de terre ébranla la grève et l’Italie. Naples, Rome, Pise, Bologne, Padoue et Venise souffrirent beaucoup. Des églises, des châteaux s’écroulèrent et ensevelirent des milliers de victimes. Trente villages furent engloutis en Carniole. Villach fut détruite de fond en comble et ses habitants ensevelis sous les ruines.

En France, on était alors en pleine guerre de cent ans. La bataille de Crécy avait été perdue par les français en aout 1346.
Donc, il y avait par ailleurs des évènements pouvant justifier de nombreux morts dans certaines villes, par famines, massacres, catastrophes naturelles, etc…

Les autres épidémies de peste

Contradiction entre épidémies locales et périodes de pandémie

Un autre problème, c’est que la plupart des autres épidémies sont localisées dans une ou quelques villes précises. Il suffit de regarder Wikipédia : à partir de la peste noire de 1348, toutes les épidémies Européennes sont locales.

Par exemple, au XVIème siècle :

* 1507 : prévôté de Châtenois en Lorraine
* 1524 : duché d’Alençon, en Normandie
* 1526 : duché d’Alençon
* 1533 : Quimper, en Bretagne
* 1534 : Agen
* 1544 : duché d’Alençon
* 1554 : Argentan, en Normandie
* 1558 : Amiens, Argentan, Toulouse
* 1559 : Amiens, Saint-Malo, Toulouse
* 1560 : Amiens, Carcassonne, Draguignan, Paris, Rennes, Toulouse
* 1561 : Amiens, Coulommiers, Orléans, Pamiers, Paris, Perpignan, Toulouse
* 1564 : Quimper, en Bretagne
* 1565 : Quimper, en Bretagne
* 1567 : Autun, Avallon, Beaune, Dijon, Mâcon, Paris, Troyes
* 1568 : Angers, Armentières, Auxerre, Avallon, Besançon, Genève, Nantes, Paris
* 1569 : Auxerre, Avalon, Besançon, Castres, Gap, Nantes
* 1570 : Avesnes, Gap, Nantes
* 1571 : Cambrai
* 1575 : Venise
* 1580 : Hyères, Arles
* 1585 : La Rochelle
* 1585-1595 : prévôté de Châtenois en Lorraine
* 1586 : Quimper, en Bretagne
* 1594-1595 : Quimper, en Bretagne
* 1597 : Argentan

Donc, il y a comme un problème. Comment les grandes épidémies ont-elles pu se répandre aussi vite dans toute l’Europe, et la plupart des épidémies suivantes rester localisées à chaque fois à une ou quelques villes ? C’est complètement aberrant. On ne peut pas avoir les deux cas. Soit ça se propage à toute vitesse, soit ça reste localisé. Mais si c’est capable de se propager à toute vitesse, en se jouant des frontières naturelles, comme on l’a vu, alors, la plupart des épidémies devraient avoir affecté toute l’Europe (ou le continent asiatique, etc…)

Surtout qu’après 1347, il n’y a pas eu qu’une épidémie, il y en a eu des dizaines (on peut en compter dans les environs de 50 sur Wikipédia. Et encore, ça a l’air de se concentrer surtout sur les épidémies françaises).

Et on ne peut même pas dire que les gens restant étaient immunisés, puisqu’on constate des épidémies récurrentes, comme à Quimper, Arles, Argentan, La Rochelle, Bordeaux (61 années de peste entre 1500 et 1656), etc… Et ce parfois à des années de distances, mais le plus souvent à des dizaines d’années de distance. Donc, la théorie comme quoi les européens survivants de la peste noire de 1347 auraient été immunisés contre la bactérie ne tient pas. Et si les gens n’étaient pas immunisés contre la peste, pourquoi celle-ci ne s’est pas à nouveau répandue dans toute l’Europe ? Ben, elle ne s’est pas répandue parce qu’il n’y a jamais eu d’épidémie de peste et qu’il n’y a pas de bactéries causant la peste. Et la peste elle-même n’existe pas.

Pourquoi y avait-il des épidémies dans certaines villes parfois (quand elles sont réellement avérées bien sur et qu’on n’était pas en période de guerre ou de famine) ? C’est probablement parce que l’eau était de mauvaise qualité. En fait, il devait s’agir d’empoisonnement : soit des empoisonnements chimiques (rejets de produits dans le cours d’eau ou les gens s’abreuvaient), soit des empoisonnements du à la toxine émise par le bacille du choléra (présence de cadavres ou de grandes quantités de déjections dans l’eau). C’est pour ça que « l’épidémie » se limitait à cette ville.

Et comme par hasard, les grandes épidémies, en dehors de la peste noire de 1347, remontent aux calendes grecques. On a la peste Antonine entre 165 et 170 après J.C, qui est censée avoir affecté toute l’Empire romain. Puis, en 251-260, on a la peste de Cyprien, qui affecte la totalité de l’Europe occidental et une partie de l’Afrique du nord. On a plus ou moins la peste de Justinien, entre 541 et 767, qui affecte une partie de l’Europe, mais de façon fractionnée (plusieurs épidémies sur 10 ans) et relativement localisée à chaque fois. C’est sur qu’avec des épidémies se passant dans des temps anciens, on ne peut pas vérifier la véracité de la chose. Donc, on peut inventer n’importe quoi. En réalité, on ne sait rien de ces épidémies.

La dernière grande épidémie de peste a eu lieu en Chine, en 1894. Là aussi, en situant l’épidémie dans un pays lointain, on peut inventer n’importe quoi. Là aussi, on ne sait pas grand-chose de ce qui s’est réellement passé.

Et comme dit précédemment, puisque les puces d’Europe étaient désormais toutes infectées, après 1348, on aurait du avoir des épidémies à répétition. Les gens auraient du tomber malade sans arrêt. En fait, l’humanité aurait du disparaitre. Ou alors, quasiment tout le monde devrait être immunisé naturellement.

Conclusion

D’un point de vu général, on a donc des symptômes incroyables et changeants (et ils deviennent non spécifiques lors du changement). A l’époque, le terme « pestis » était un terme générique. Ce qui fait que les témoignages ne désignent absolument pas spécifiquement la maladie qu’à notre époque nous appelons peste.

Du coté de la peste noire, celle-ci progresse à une vitesse incroyable et les scientifiques eux-mêmes trouvent que ça ne colle pas. La transmission par bateau est illogique. Il n’y a pas de mort massive des rats, pourtant vecteurs supposés de la maladie. De très larges zones sont plus que curieusement épargnées par la maladie. La pandémie disparait sans aucune raison. De façon incroyable, les villes récupèrent leur population très rapidement, parfois en moins de 2 ans. Il n’y a pas de statistiques de la population européenne à l’époque, et il n’y avait pas de registres paroissiaux de tenus, à part dans quelques très rares cas, et pour ceux-ci, la datation pose question. Les sources reposent donc pour leur plus grande part sur quelques chroniqueurs. Mais les dits chroniqueurs relatent quasiment tous l’évènement en quelques lignes. Par ailleurs, certains personnages de l’époque agissent de façon absurde.

Et concernant les autres pestes, 90 % du temps elles ne touchent qu’une seule ville. Par ailleurs, vu que toutes les puces d’Europe étaient sensées être infectées depuis longtemps, on aurait du avoir des infections à répétition à l’échelle du monde pendant des siècles. Et on ne peut pas justifier ça par une résistance des populations européennes, puisqu’il y a eu des villes touchées par des épidémies de façon répétées, avec une période de temps entre 2 répétition assez variables (quelques années, quelques dizaines d’années, etc…).

Bref, comme pour plein d’autres maladies, cette histoire de peste ne tient pas debout.

La réalité, c’est qu’il n’y a jamais eu de peste noire. Et il n’y a donc pas eu le tiers de la population qui est morte. C’est une invention pure et simple, un truc construit a posteriori pour donner du poids à la théorie des microbes pathogènes. C’est sur que la croyance en une pandémie ayant tué le tiers la population européenne rend quasi inattaquable la théorie des microbes pathogènes. Un peu comme la croyance dans le fait qu’il y a des dizaines de millions d’africains morts du SIDA rend inattaquable la théorie du virus VIH tueur.

Les grandes épidémies de peste n’ont jamais existé 1

dimanche, novembre 23rd, 2008

Un des piliers de la théorie des microbes pathogènes, ce sont les grandes pandémies : peste noire et autres grandes (et moins grandes) pandémies de peste, épidémie de grippe espagnole, polio, cholera. La croyance dans l’existence des ces épidémies est vraiment un des éléments les plus importants pour la croyance dans la théorie des microbes pathogènes. Que cette croyance vienne à disparaitre, et la croyance dans la théorie des microbes pathogène serait très fortement ébranlée. C’est un peu comme la croyance que le SIDA ravage l’Afrique concernant la croyance en la théorie officielle du VIH/SIDA. Sans cette croyance, il ne resterait pas grand chose de la croyance en la théorie officielle, vu le faible nombre de cas dans les pays occidentaux. Pour le sida, on invente des cas dans des pays lointains, où on ne peut pas vérifier ce qui s’y passe. Pour les maladies comme la peste, on invente des cas dans un lointain passé. Et dans la mesure où on arrive sans problème à inventer des dizaines de millions de morts en Afrique de nos jours, il est évident que c’est un jeu d’enfant d’inventer des dizaines de millions de morts au moyen-âge.

La peste et la grippe espagnole sont parmi les plus impressionnantes pour le citoyen lambda. On va s’attaquer ici à la première. Bien sur, c’est un sujet assez vaste ; donc, je ne pourrais pas tout traiter en un seul article. Mais je reviendrai sur le sujet ultérieurement.

Quelques critiques générales

Problèmes de définition de la peste dans les temps anciens

Déjà, 1er et énorme problème, dans les temps anciens, la peste ne signifiait pas du tout une maladie précise, mais un peu tout et n’importe quoi. Toute épidémie un peu importante était appelée peste.

Donc, forcément, c’est facile d’inventer des méga pandémies dans les temps anciens avec un terme générique. C’est un peu comme si les historiens du futur considéraient que le terme maladie ORL désignait des pneumonies extrêmement graves, alors que ça rassemble tout l’éventail des maladies pulmonaires. C’est sur qu’alors, ils pourraient inventer des pandémies gigantesques de maladies ORL s’étant soi-disant déroulées dans les temps anciens. Donc, quand les historiens parlent d’une maladie unique et bien spécifique en parlant de peste, ils trichent complètement. Et cette tricherie leur permet d’inventer des pandémies à partir de rien.

Soi-disant, en fonction des symptômes décrits, ils arrivent à savoir quelles épidémies regroupées sous le terme générique « peste » étaient vraiment la peste telle qu’on l’imagine aujourd’hui. Mais tout ça, c’est du bidon. Avec des évènements aussi anciens, et avec des sources aussi rares et souvent complètement vagues ou sibyllines, ils sont incapables de savoir si ces épidémies étaient bien des épidémies de peste ou d’autre chose. Et on peut se dire qu’en fait, ils ont compilé les différents symptômes qu’ils trouvaient dans les documents qu’ils avaient, pour inventer totalement une nouvelle maladie.

La chance pour eux, c’est qu’une maladie spécifique appelée « peste » avait déjà été inventée au 17ème ou au 18ème siècle. Maladie inventée déjà à partir des documents concernant des épidémies anciennes. Donc, ils n’avaient qu’à reprendre cette maladie, et en modifier plus ou moins les symptômes, pour la faire coller éventuellement mieux aux témoignages des temps anciens ; et aussi pour éviter qu’elle ne soit trop spécifique et que le gens finissent par se demander ce que c’était que cette maladie bizarroïde (d’où les symptômes pas spécifiques du tout comme la fièvre). Cela dit, il fallait qu’elle soit quand même un peu spécifique, pour ne pas avoir l’air complètement évanescente. Il fallait qu’il y ait la petite spécificité (le bubon), pour rendre cette maladie bien identifiable. Et il fallait qu’il y ait plusieurs sortes de pestes, pour pouvoir justifier de descriptions changeante selon les documents des temps anciens.

Désir d’invention de cas spectaculaires de la part des croyants en la théorie microbienne au XIXème siècle

Autre problème, vu qu’au 19ème siècle on était en pleine hystérie microbienne, les historiens, loin d’être neutres, avaient tendance (et avaient intérêt) à inventer des pandémies pour  « confirmer » la théorie microbienne. Le fait qu’ils n’aient eu aucun scrupule à tricher en faisant croire que le terme « peste » désignait une maladie particulière va complètement dans ce sens.

Si la description de la peste s’était faite à une époque neutre, ok. Mais là, ce n’est absolument pas le cas. Donc, il est évident que tout ce qui est rapporté par les historiens du XIXème siècle prête complètement à caution.

Symptômes changeants et non spécifiques

Signe des maladies bidons, les symptômes de la peste sont flous et non spécifiques. Ca n’était pas le cas quand on a commencé à inventer la maladie. Mais justement, les symptômes étaient un peu trop délirants et rares pour qu’on les garde tel quel.

Au départ, les choses étaient relativement claires. La caractéristique principale de la peste bubonique, c’était une maladie avec création d’énormes bubons, éventuellement noirs, plein de pue un peu partout sur la peau. Bref, c’était une sorte d’empoisonnement du sang bizarroïde par sa rapidité, avec des créations de bubons tout aussi bizarroïdes, mais bien propres à marquer les imaginations.

Mais, comme on n’a jamais vu un tel truc, on ne pouvait pas garder cette description. D’où la nécessité de supprimer petit à petit l’histoire des bubons et  d’inventer de nouveaux symptômes, plus banals (ou de garder des symptômes qui étaient déjà attribués, comme la fièvre, mais qui sont banals). On a donc limité les bubons à un seul point, au niveau de l’aisselle. Puis, on a plutôt dit que c’était un ganglion gonflé (donc, exit le bubon noir plein de pue). Et au final, puisque le ganglion gonflé, on ne voit pas tellement ce que ça a de mortel, on a dit que les symptômes étaient plutôt une fièvre, et des hémorragies internes. On a bien gardé l’éventualité d’éruptions cutanées. Mais elles n’ont plus rien à voir avec les bubons, éventuellement de la taille d’un œuf, se multipliant sur tout le corps.

On est donc passé à des symptômes complètement non spécifiques avec de la fièvre, des céphalées, de la fatigue, une paleur, des douleurs articulaires. Des symptômes qu’on retrouve dans 25 autres maladies graves. Et pour les symptômes les plus graves, on a coagulation intravasculaire, et nécrose des vaisseaux de petite taille ; choses qui ne se voient pas ou peu à l’œil nu, ou alors, qui vont être très rarement observées de façon évidente. Donc, on peut dire ce qu’on veut. Et pour la peau, puisque on devait quand même garder quelque chose de visible, on parle de lésions de la peau, ce qui est très vague et se retrouve là aussi dans 25 autres maladies.

Du coup, avec le coté changeant et non spécifiques des symptômes, on a une espèce de flou artistique sur ce qu’est vraiment cette maladie. Et selon les circonstances, on pourra nous dire que tels symptômes sont la peste, tout simplement parce qu’on a décidé qu’on avait affaire à une épidémie. Mais avec des symptômes assez différents, on pourrait nous dire la même chose. Il suffit qu’il y ait un climat d’hystérie qui se crée.

Avec des symptômes aussi peu spécifique, dans une période d’hystérie, même la grippe pourrait être prise pour de la peste. Eh oui, vu que la grippe se caractérise par de la fièvre, et vu que les tests pour trouver le bacille de la peste vont avoir tendance à le trouver un peu tout le temps dans ce genre de condition, la plupart des cas de grippe ou de rhume un peu carabiné seraient diagnostiqués comme des cas de peste. Et comme on traiterait bien sur la personne immédiatement, par sécurité, impossible de savoir si la personne avait vraiment la peste ou simplement une grippe ou un rhume.

Du coup, pour un diagnostic de peste, tout devient fonction du contexte (ce qui est le cas pour plein de maladies microbiennes). Les symptômes ne se suffisent pas à eux-mêmes. On ne peut pas dire que telle personne a la peste simplement en fonction des symptômes. Il faut un contexte. Il faut par exemple se trouver en Afrique, dans une zone supposée endémique de la maladie, et qu’il y ait déjà eu éventuellement deux ou trois morts (par empoisonnement de l’eau par exemple, ou par une maladie soignée avec des médicaments tueurs). Mais une même personne avec les mêmes symptômes diagnostiquée en Europe n’aurait jamais eu un diagnostic de peste. Bien sur, il y a les tests de présence de bactérie. Mais comme ce genre de bactérie est probablement présente un peu partout, on va la trouver très fréquemment chez une personne déjà un peu malade. Donc, là aussi, ça dépend du soupçon qu’on a, et donc du contexte. En Europe, on ne va pas faire le test, tandis qu’en Afrique, dans une zone supposée endémique de la maladie, on va le faire. Et forcément, en le faisant, on va trouver quelque chose (un certain pourcentage de fois bien sur, pas forcément 100 % du temps ; mais par exemple, 30 ou 40 % du temps)

Taux de mortalité baissant de plus en plus avec le temps

Le taux de mortalité est beaucoup plus faible à l’époque moderne qu’au Moyen-âge. Voici un extrait de texte sur le sujet :

Lors de l’épidémie de peste noire, à plusieurs endroits (y compris Florence en 1348) plus de 75% de la population semble avoir péri ; au contraire, la plus haute mortalité pour la peste bubonique moderne, fut de 3% à Mumbai en 1903.

Eh oui, vu qu’il n’y a jamais eu de peste en réalité, plus on a eu de moyen de vérification de la véracité de ce qu’on nous disait, et plus les menteurs ont été obligés de faire profil bas dans leur mensonge.

Critique de la peste noire

Deux trois détails génériques sur la peste noire d’abord. Soi-disant, celle-ci est apparue vers la fin de l’année 1347 au sud de l’Europe : à Messine d’abord en septembre, puis à Gênes et à Marseille en décembre. Elle s’est ensuite répandue rapidement dans toute l’Europe entre 1348 et 1349, pour finir par disparaitre vers 1350. Elle aurait tué un tiers de la population européenne. Selon les scientifiques, elle aurait été propagée par les puces des rats. La maladie aurait tué d’abord les rats ; puis, ceux-ci étant morts, les puces se seraient alors rabattues sur les humains.

Impossibilité d’une progression aussi rapide

Déjà, premier problème de cette théorie, c’est que la vitesse de progression de la maladie ne colle pas du tout avec le mode de transmission. Et ce n’est pas que moi qui le dit. Les scientifiques officiels ont fini par comprendre qu’il y avait comme un problème avec cette version des choses (voir la section suivante).

Déjà, même dans une ville, on voit mal comment la propagation aurait pu se faire aussi rapidement qu’on le décrit parfois. Les rats sont des animaux prudents, craintifs, qui ne s’approchent pas tellement des humains, même s’ils ne vivent pas très loin d’eux. Donc, les puces adultes auraient eu très peu de chance de se transmettre directement aux humains. Et même les larves auraient eu une relativement faible probabilité de se trouver à proximité des humains. Et puis, il s’agit bien de puces spécifiques du rat. Donc, à la faible probabilité d’être à proximité des humains, s’ajoute le fait que ces puces n’infectent que très peu les humains.

Surtout qu’une fois malades, les rats auraient rejoint leur refuge pour s’y reposer et y seraient morts quelques jours après. Donc, les puces adultes auraient alors été coincées dans le terrier. En effet, les puces adultes ne vont pas à la recherche d’hôtes en parcourant des dizaines de mètre. Les adultes sautent éventuellement sur des animaux qui sont à quelques centimètres de l’animal infecté. Seules les larves sont par terre, et, une fois arrivées au stade adulte attendent qu’un hôte éventuel passe à proximité. Donc, la déjà très faible probabilité d’infection par les puces adultes, aurait été réduite à quasiment zéro avec la rapide mortalité des rats et le fait qu’ils seraient allés se réfugier dans leur terrier.

Bien sur, comme déjà évoqué un peu plus haut, il est possible que, sur un endroit fréquenté par les humains, les puces des rats infectées aient laissé des larves par terre. Mais, déjà, la probabilité d’une telle chose aurait été relativement faible en temps normal ; alors avec la mort rapide des rats et le fait qu’ils se seraient terrés dans leur refuge dès les premiers stades de la maladie, cette probabilité aurait été encore plus faible. Et puis, dans ce cas, comme on va le voir un peu plus loin, ça aurait retardé l’infection de l’humain au moment de la transformation des larves en adulte, donc, éventuellement bien plus tard.

En plus, même sans être un expert des rats, on peut imaginer que les rats vivent plutôt en petits groupes d’individus. Ils ne doivent pas avoir beaucoup de contacts, ou alors généralement inamicaux avec les rats des autres groupes. Donc, ça rend la possibilité de contagion directe (puces adultes infectées qui sautent sur un rat étranger) entre rats assez rare. C’est un élément de plus allant dans le sens d’une vitesse de propagation de la contagion assez lente.

Par ailleurs, les puces du rat ne se multiplient pas si vite que ça. Par exemple, pour Xenopsylla cheopis, Le stade de l’œuf dure de 1 à 10 jours. Mais surtout, le stade de la larve dure lui 11 à 84 jours (2 mois et demi), enfin, le stade du cocon dure de 2 semaines à 6 mois en fonction de l’environnement (favorable ou non). Donc, il faut entre 1 mois et 9 mois pour que les œufs se transforment en adulte. Or, seuls les adultes peuvent sucer le sang des rats ou des hommes.

Et en plus, si les puces se reproduisent tant que ça (50 œufs par jour pendant des semaines ou des mois), ça veut forcément dire qu’il y a une mortalité gigantesque parmi les œufs. Sinon, la population de puces finirait par augmenter jusque à l’infini. Si la population reste stable, c’est que la mortalité est de 99,99 % ; en fait, autant de morts qu’il y a d’œufs sauf 2 (pour remplacer le père et la mère).

Et si une puce infectée avait tué son rat ou son homme en 3 jours, ça leur aurait donc fait autant moins de temps pour pondre, et autant d’œufs en moins. Donc, déjà, avec la présence d’un hôte pendant quelques semaines, ou mois, il ne reste que quelques adultes viables ; alors avec un hôte qui meurt en quelques jours, il ne devrait en rester aucun pouvant survivre.

Surtout que les personnes portaient des vêtements en dormant. Donc, même si la puce se laissait tomber une fois morte, elle serait tombée dans les vêtements. La personne aurait été enterrée avec ses vêtements, et la puce ainsi que toutes les larves pondues n’auraient plus pu infecter personne.

Donc, en supposant une quantité de 100 puces initialement infectées, déjà, vu la mortalité, on aurait du n’avoir qu’environ 100 puces infectées à la fin. Mais en plus, avec le problème de la mortalité rapide de l’hôte, ça aurait fait probablement beaucoup moins que ça, peut-être 30 puces au final. Et en plus, les puces de la génération suivante n’auraient pu prendre le relais qu’entre 1 à 9 mois plus tard. Et dès les premiers froids, on serait passé plutôt plus près des 9 mois que des 1 mois (qui est une vitesse idéale). Donc, non seulement l’épidémie se serait transmise très lentement, mais on peut même penser qu’une telle épidémie aurait du disparaitre d’elle-même à cause du problème de la disparition trop rapide de l’hôte.

Il y a d’autres puces que Xenopsylla cheopis pouvant infecter les rats et jouer un rôle dans la transmission de la peste. Mais la vitesse de reproduction est à peu près la même. Idem pour la problématique du taux de mortalité. Donc, la problématique générale ne change pas.

Par ailleurs, il y a plein de frontières naturelles aussi bien pour les rats que pour les êtres humains. Un fleuve, pour un rat, c’est une frontière naturelle. Peut-être pas infranchissable, mais rarement franchie quand même. Une montagne, c’est une frontière naturelle. Une mer, c’est une frontière naturelle. Mais la progression de la maladie se jouait de toutes ces frontières. Ca avançait aussi rapidement vers les zones séparées de la zone contaminée par une frontière naturelle, que vers les zones sans séparation.

Sans compter qu’en hiver, les rats ne doivent pas bouger beaucoup. Ils doivent rester en général blottis dans leurs terriers et n’en bouger que pour aller se nourrir. Ils ne font pas de migrations. Donc, en hiver, il n’y aurait pas pu y avoir de progression rapide de la maladie vers d’autres zones.

Alors, bien sur, on peut penser que les humains pouvaient bouger et que parmi eux, il y avait des infectés qui pouvaient transmettre ensuite la maladie aux endroits où ils arrivaient. Mais comme le mal se développait en 24 heures et que la mort survenait entre 2 et 3 jours, un être humain infecté n’aurait pas été bien loin. En 24 heures, il aurait déjà été incapable de se déplacer.  Et vu que la plupart étaient à pied, emportant probablement quelques biens avec eux, et que les routes n’étaient pas les belles routes goudronnées de maintenant, qu’il y avait moins de ponts que maintenant, rendant la traversée des cours d’eau périlleuse, et que les forets ralentissaient fortement la marche, ils ne devaient pas faire plus de 20 ou 25 km par jour. Un courrier faisait dans les 33 km en moyenne. Alors on imagine la vitesse de déplacement d’individus lambda. Donc, ils ne seraient pas allés beaucoup plus loin que 40 ou 45 km avant de s’arrêter par épuisement puis de mourir sur place.

Donc, là aussi, on voit mal comment l’épidémie aurait pu continuer à se répandre. Les gens déjà infectés seraient morts au bout de maximum 40 ou 45 km. Et si les autres n’étaient pas morts ou malades à ce moment là, ça veut dire qu’ils n’étaient pas infectés. Donc, pour qu’ils le soient, il aurait fallu que les puces présentes sur les morts sautent sur les autres personnes. Les œufs n’interviennent pas dans le problème, puisque, comme on l’a vu, lors des différents stades avant la maturité, les puces ne se nourrissent pas de sang et ne sautent pas sur les êtres humains. Donc, c’est le stock des puces présentes sur les malades qui aurait été la source de l’infection des autres personnes. Mais, forcément, il y aurait eu une très forte déperdition. Une partie des gens aurait été enterrée avant que les puces ne sautent sur quelqu’un. Une partie aurait été abandonnée en chemin. Et là aussi, une bonne partie des puces n’auraient pas pu sauter sur le premier venu. Les puces, prises dans les vêtements, n’auraient pas pu s’en échapper. Et en hiver, le froid aurait rapidement tué les puces. Donc, à cette époque de l’année, chaque heure passée sans arriver à sauter sur un nouvel hôte aurait rapproché la puce de la mort. On peut estimer à au moins 90 % la perte à chaque fois. Donc, rapidement, il n’y aurait plus eu de puces infectée parmi les survivants.

Et une fois arrivée dans une nouvelle ville, s’il n’y avait plus d’infectés, ça veut dire que la propagation de l’épidémie ne reposait plus que sur les rats. Donc, on retombe sur tous les problèmes concernant les déplacements à longue distance des rats.

Surtout qu’à l’époque, tout était très cloisonné. Il fallait payer un droit de passage très régulièrement : quand on entrait dans le territoire d’un autre noble, quand on entrait dans une ville. Et bien sur, il fallait aussi que les gens du territoire en question acceptent de laisser passer les personnes. Des gens souvent sans le sous, nombreux, et portant la peste, se seraient fait refouler illico.

Pourtant, il est dit sur Wikipédia concernant l’année 1348 que : « Arrivée à Marseille en fin 1347, elle dévaste la Provence, remonte la vallée du Rhône (Avignon) pour atteindre Paris en août à la vitesse de 75 Km par jours…« 

Or, on a vu que qu’une vitesse de 20 à 25 km par jour était déjà un maximum. Même les soldats ne marchaient pas plus vite que 45 km par jour.
Autre chose, trouvé ici :

« Xenopsylla cheopis est généralement considérée comme la puce vectrice à l’homme de la peste en Occident. Or, comme le souligne Jean-Claude Beaucournu, son implication semble très improbable, car « sur le plan écologique [cette puce] est liée aux climats chauds ou tempérés chauds et ne peut donc s’acclimater chez nous« 

Donc, la puce considérée comme le vecteur de la peste noire ne pouvait pas vivre en Europe. Légèrement gênant.

Des scientifiques remettent en cause la théorie officielle

Voyons quelques extraits d’un article paru dans le Nouvel Observateur en 2003 :

L’épidémie dévastatrice qui ravagea l’Europe au 14ème siècle, en plein Moyen-Age, ne serait pas forcément due à la peste bubonique, selon des chercheurs américains. Ces scientifiques qui ne prennent rien pour acquis ont repris les données de l’époque et les cartes de dispersion : trop rapide, la mort noire qui mérite pourtant bien son nom pourrait être un germe inconnu ou disparu.

L’énumération est terrible :

« Les symptômes de la mort noire comprennent d’importantes fièvres, une haleine fétide, des toux, des vomissement hémorragiques et des odeurs corporelles infectes », explique Rebecca Ferrell, étudiante en anthropologie à l’université de Washington (Seattle-USA). « D’autres symptômes sont des meurtrissures rougeâtres de la peau et des nodules lymphatiques enflés. Beaucoup de ces symptômes apparaissent dans les cas de peste bubonique, mais ils peuvent également être présents dans beaucoup d’autres maladies. » Tout le malentendu viendrait des bactériologistes du 19ème siècle qui ont identifié la mort noire du 14ème siècle comme une peste bubonique, une vérité un peu trop vite répétée par les historiens. Car plusieurs détails troublants ont été relevés par les chercheurs dans des registres d’églises en Angleterre : la virulence, la dynamique spatiale et temporelle de la mort noire ne correspondent pas à la peste d’aujourd’hui, celle que l’on connaît bien. Aux yeux des chercheurs, la contamination par des animaux –il s’agit du rat et de la puce pour la peste- n’est pas crédible. « La propagation de la mort noire a été plus rapide que nous le pensions au début », constate un autre chercheur. « La maladie semble passer trop rapidement entre les humains pour prendre son origine dans une population de rongeurs déjà contaminée, comme pour la peste bubonique. »

Géographiquement, la maladie suit les routes, les voies d’eau navigables, et n’est même pas ralentie par les barrières naturelles pourtant difficilement franchissables par des rats. Autre argument : les écrits de l’époque ne mentionnent pas la mort massive des rats, une particularité de la peste. Les chercheurs pensent donc que la mort noire se transmettait de personne à personne, comme la rougeole ou la petite vérole.

Par ailleurs, en 1984, Graham Twigg a publié The Black Death: A Biological Reappraisal, où il prétendait que le climat et l’écologie de l’Europe et particulièrement l’Angleterre rendaient cela presque impossible aux rats et aux puces d’avoir transmis la peste bubonique et qu’il aurait été presque impossible au Yersinia pestis d’avoir été l’agent causal de la peste, sans parler de sa diffusion explosive à travers l’Europe au cours du 14e siècle.

Un autre scientifique peu favorable au modèle standard est Gunnar Karlsson qui a fait remarquer en 2000 que la Peste Noire a tué entre la moitié et les deux tiers de la population de l’Islande, alors qu’il n’y avait pas de rats en Islande à cette époque. (The History of Iceland de Gunnar Karlsson)

Problème de la transmission par bateaux

On peut lire sur Wikipedia :

En 1346, les Tatars attaquent la ville portuaire de Caffa, comptoir commercial génois sur les bords de la mer Noire, en Crimée et établissent son siège. L’épidémie, ramenée d’Asie centrale par les Mongols touche bientôt assiégeants et assiégés, car les Mongols catapultent leurs cadavres par dessus les murs pour infecter la ville.

Le siège est levé faute de combattants valides en nombre suffisant, Gênes et les Tatars signent une trêve ; les bateaux génois quittent la ville, transmettant la peste à tous les ports où ils s’arrêtent : la maladie atteint Messine en septembre 1347[4], Gênes et Marseille en décembre de la même année. Venise est atteinte en juin 1348. En un an, tout le pourtour méditerranéen est atteint.

Il y a un gros problème avec cette version des choses. Si la maladie se transmet et tue si rapidement que le suppose la littérature officielle sur le sujet, alors, les gens des bateaux auraient du tous mourir en deux semaines, bien avant de rejoindre les ports en question. Et même, encore plus rapidement, il n’y aurait plus eu assez de personnes pour manœuvrer les bateaux. Ces derniers auraient fini par se perdre en mer ou se fracasser sur une cote.

Surtout que les bateaux étaient assez petits à l’époque. Il n’y avait pas encore les grosses caravelles du 16ème siècle. Les galères ou les navires huissiers vénitiens ne devaient pas faire plus de 25 mètres, avec un ou deux ponts. Donc, la propagation de l’épidémie, dans un espace aussi restreint, aurait été particulièrement rapide.

Donc, d’un coté, on a des villes qui voient leur population massacrée en quelques semaines. Et de l’autre, on a des marins qui naviguent sans problème pendant des mois (un voyage du Liban à Venise, par exemple, prenait 2 mois).

Un autre problème, complètement différent, se pose : vu que les bateaux étaient assez petits, on voit mal comment ils auraient pu transporter des rats. Autant pour les caravelles, les galions et les frégates qui arriveront au 16ème et 17ème siècle, on peut imaginer que des rats se cachaient dans les entrailles des navires, autant là, ça semble assez difficile. Et sans rat, pas de puces. Et sans puce, pas d’épidémie dans le bateau.

Pas de mort massive de rats

De plus, il n’est rapporté aucune mort massive de rats par les chroniqueurs de l’époque. Légèrement gênant ça aussi.

Eh oui, soit ce sont les quelques chroniqueurs retraçant l’affaire qui ont inventé, ou alors, qui parlaient d’un autre problème ; soit les écrits sont des rajouts postérieurs et ce sont alors les personnes ayant fait les rajouts qui ont inventé. Vu que les chroniqueurs ne savaient pas que les rats seraient ultérieurement incriminés, ils n’ont pas inclus le problème dans leur description. Et si les écrits sont en fait des rajouts ultérieurs, probablement que les gars n’avaient pas réfléchi au problème des rats. Les menteurs ont tendance à oublier pas mal de détails.

Disparition de la maladie plus que curieuse

Si on accepte l’idée que l’infection des puces s’est propagée aussi rapidement grâce à une combinaison de migration des rats et des hommes, alors, se pose le problème de la disparition de la maladie.

Si pratiquement toutes les puces d’Europe étaient alors contaminées, comment la maladie a-t-elle pu disparaitre ? Elle aurait du réapparaitre encore et encore à l’échelle de l’Europe pendant des centaines d’années. Les pandémies auraient du ne pas arrêter de se succéder.

Alors, on pourrait sortir la théorie de l’immunisation des populations européennes. Mais le problème, c’est qu’il y a eu plein d’endroits où il a continué à y avoir des épidémies. Et souvent, une épidémie se succédait à un même endroit. Donc, la thèse de l’immunisation ne tient pas tellement.

Surtout qu’il y avait déjà eu une ou deux grandes épidémies en Europe. Donc, les puces auraient du être contaminées depuis longtemps déjà.

On pourrait aussi se poser la question : pourquoi les puces ne sont-elles plus contaminées de nos jours ? La thèse d’une mort massive des puces ne tient pas, puisque ce sont des hôtes sains de la bactérie. Et de toute façon, selon la thèse d’une propagation rapide de la bactérie, il suffirait de quelques dizaines de puces encore infectées pour que toutes les puces d’Europe le soient en quelques années.

Donc, on ne peut pas défendre les deux théories en même temps. Si on dit qu’il n’y a aucun problème pour que la maladie se soit propagée en deux ou trois  ans à toute l’Europe, on est obligé de reconnaitre qu’il y a un problème concernant sa non persistance.

Certaines zones curieusement épargnées

Si l’on en croit Wikipédia (mais je l’ai vu sur d’autres sources), certaines partie de l’Europe ont été mystérieusement épargnées par l’épidémie. Toute la zone au sud-ouest de Milan (Milan inclus), Presque toute la Pologne sauf une partie du nord, Tout le nord de la république Tchèque, une grosse partie du nord est de l’Allemagne, une zone de quelques dizaines de kilomètres autour de Bruges en Belgique (c’est-à-dire le nord ouest de la Belgique), le milieu des Pyrénées.

Alors, il y a toute l’Europe qui se serait faite contaminée en 2 ans, la bactérie se serait jouée des frontières naturelles (montagnes, fleuves et même mer) en avançant à une vitesse incroyable, mais sans aucune raison, ces zones seraient restées exemptes de toute contamination. C’est complètement incohérent et incroyable.

Surtout que pour la Pologne et les zone épargnées limitrophes (Allemagne, Tchéquie…), ce n’est pas une petite zone. C’est une zone grande presque comme la France.

Et on ne peut pas dire que ces pays auraient été préservés de l’épidémie grâce à des conditions drastiques d’entrée dans le pays, puisque dans chacun d’entre eux, il y avait une partie du pays qui était contaminée (bien sur, ces pays n’étaient pas aussi homogènes que maintenant. Il y avait beaucoup de villes et d’états indépendants. Mais quand même). En plus, les conditions d’entrée drastiques ne concernent pas les rats.

Les villes ont récupéré très rapidement leur population

Les villes on récupéré leur population rapidement ; pour certaines d’entre elles, en seulement 2 ans. C’est complètement délirant. Des villes qui auraient perdu entre 50 et 70 % de leur population n’auraient pas pu récupérer leur population en si peu de temps. Il aurait fallu des dizaines d’années avant qu’elles y arrivent. Ca veut surtout dire qu’il n’y a tout simplement pas eu de mort massive des populations.

L’argument selon lequel c’est la population rurale, moins touchée par le massacre, qui aurait repeuplé en 2 ans ces villes est complètement bidon. A l’époque, 90 ou 95 % de la population était rurale. Donc, sur une base de 90 % de population rurale et 10 % urbaine, et avec 30 % de morts en moyenne sur l’ensemble de la population, si les villes avaient perdu 60 % de leur population, ça aurait représenté seulement 6 % de tous les morts. Et la campagne aurait encore fait 24 % de l’ensemble des morts (soit un taux de mortalité d’environ 26 %). Donc, celle-ci aurait quand même été saignée à blanc. Et on voit alors mal comment les villes auraient pu être repeuplées aussi rapidement grâce à la population des campagnes.

En plus, avec un taux de mortalité d’environs 26 % dans les campagnes, il devait y avoir largement assez de travail en dehors des villes après la catastrophe. Donc, ils n’avaient absolument pas besoin d’aller chercher du travail dans les villes.

Surtout que si les villes avaient été 2 fois plus touchées que les campagnes, ça n’aurait pas incité du tout les ruraux à y venir. Ils auraient attendu de nombreuses années avant d’aller y travailler.

Si les villes ont été repeuplées aussi rapidement, c’est soit qu’il ne s’est strictement rien passé, soit qu’il y a eu d’importants déplacements de population par crainte de maladie ou à cause de guerre ou de catastrophes naturelles, puis retour de ces populations après 1 ou 2 ans. Mais comme on voit mal comment ça aurait pu être le cas dans autant de villes la même année ou sur deux ans, je pencherais donc plus pour le truc complètement bidon (enfin, en tout cas, dans la plupart des villes européennes).

Pas de statistiques de la population européenne à l’époque de la pandémie

Il n’y avait pas de statistiques de la population européenne à l’époque de la pandémie. Donc, on ne sait absolument pas quelle était la population européenne avant l’épidémie, et après non plus d’ailleurs. Tout repose sur des estimations faites après coup. Evidement, ces estimations ne valent rien. Soit on a les statistiques, soit on ne les a pas. Faire des estimations après une si longue période de temps, ça revient à inventer purement et simplement des chiffres. Bref, impossible de savoir le nombre de morts en réalité. Les chiffres sont complètement inventés.