Les variations de concentration en produit actif des médicaments à base de plantes, une cause importante de mortalité dans les temps anciens

Concernant ce que j’ai dit à propos du rôle des médicaments à base de plante dans la mortalité de la fièvre puerpérale, il est clair qu’on peut généraliser cette réflexion à toutes les maladies où ces médicaments intervenaient. Je rappelle ce que j’ai dit à propos de la variation de concentration en produit actif des médicaments à base de plante :

Il est possible que la variation de la quantité de morts ait été due à la variation dans la composition des médicaments à base de plante qu’on donnait aux patients. On n’était évidemment pas dans une production chimique et donc stable des médicaments. Ils étaient tirés de plantes, et donc, la variation de la composition des plantes en produit actif entrainait à terme une variation du médicament final en produit. Par exemple, supposons qu’une année, il ait fait chaud en mai et juin, et qu’on cueillait les plantes en question début juillet. La plante ayant souffert de la chaleur devait avoir produit beaucoup plus de produit désagrégeant. Du coup, un médicament basé sur cette plante aurait vu sa composition en produit actif être multipliée par exemple par 3 ou 4. Donc, les patients mourraient beaucoup plus. Ils mourraient peut-être pendant des mois ou des années, le temps que le stock soit épuisé. Et si le nouveau stock avait une concentration moindre en produit actif, le taux de mortalité tombait.

Les herboristes veillaient probablement bien à cueillir les plantes à tel moment. Mais ils étaient tributaires du climat. Et ça, ils ne pouvaient pas y faire grand chose. Et n’étant pas conscients que la concentration en produit actif venait du climat, ils subissaient les variations de la concentration en produits actifs.

Et même s’ils avaient été conscients de ça, avec les moyens de l’époque, ça n’aurait pas pu être une science exacte. Ils ne savaient pas ce qui se passait à l’intérieur de la plante. Donc, impossible de savoir exactement la quantité réelle de produit actif présent dans la plante. Surtout que ça n’était très probablement pas les herboristes qui cueillaient eux-mêmes leur plante. Ils devaient se faire approvisionner par des paysans. En plus, les plantes pouvaient venir de plus ou moins loin. Et les herboristes ne savaient alors pas le temps qu’il avait fait à tel ou tel endroit. Donc, impossible d’adapter le nombre de plantes pour un remède. Surtout qu’il y a plein de microclimats. Donc, il y aurait quand même eu de grosses variations. Mais a priori, les herboristes ne devaient pas du tout être conscient de ça, ou alors, de façon extrêmement vague.

Donc, une grosse part des morts de l’époque était certainement due aux médicaments à base de plante, et ceci, à cause de la variation dans la composition en produit actif.

Par ailleurs, comme le problème du dosage était aléatoire, ça explique le coté apparemment aléatoire de nombreux cas de décès. Et ça vient se poser en concurrent très crédible de l’hypothèse « germe pathogène + système immunitaire plus ou moins préparé et plus ou moins en forme », qui permet d’expliquer aussi les cas aléatoires. Sauf qu’avec l’hypothèse des médicaments à dosage aléatoire, on a beaucoup moins de problèmes logiques qu’avec l’hypothèse des germes pathogènes et du système immunitaire.

Bien sur, la mauvaise qualité de l’eau dans de nombreuses villes, l’absence de médecine d’urgence pour les cas nécessitant des soins rapides, l’absence de chirurgie, les famines, etc…, devaient également causer beaucoup de morts. Mais il devait y avoir également énormément de cas de mort à cause des herbes médicinales involontairement surdosées. C’était même probablement la cause principale des morts.

Par ailleurs, ça pouvait entrainer un cercle vicieux et causer de vrais massacres par empoisonnement. Des massacres considérées comme des épidémies. En effet, supposons un ou deux médecins d’une zone géographique proche ayant malheureusement acheté un stock de médicaments à base de plante beaucoup trop surdosés. Rapidement, il y aurait eu de nombreux morts. Et les médecins auraient diagnostiqué une épidémie de je ne sais quelle maladie.

Et une fois la panique installée, vu que les médecins ont tendance alors à voir dans le moindre début de petite fièvre un cas de l’épidémie mortelle en question, ils auraient donné des médicaments plus puissants et beaucoup plus mortels. En effet, déjà à l’époque, les médecins suivaient apparemment la fausse bonne idée que plus une maladie est dangereuse, plus il faut donner des médicaments puissants. Surtout que ça n’aurait pas été ces deux seuls médecins qui auraient donné ces médicaments, mais beaucoup d’autres, puisque rapidement, l’ensemble des médecins de la région auraient été prévenus de la possible « épidémie ». Donc, à cause de la panique des médecins, ce qui était juste quelques morts dus à pas de chance pouvait devenir une épidémie. Bref, les variations de composition des médicaments étaient probablement l’élément qui permettait de créer ex-nihilo des « épidémies ».

On peut penser évidemment qu’encore aujourd’hui, les produits à base de plante doivent voir leur composition en produit actif varier fortement. Seulement, ça ne se voit plus parce que l’herboristerie médicale a été interdite un peu partout. Il reste bien la possibilité d’utiliser des produits à base de plante, comme les huiles essentielles. Mais tout produit phytothérapique ayant une activité antibiotique (donc, en réalité, une concentration en produit actif importante) est interdit de commercialisation. Donc, à la base, les produits utilisés sont plutôt des produits peu concentrés et donc peu actifs. Ca n’empêche pas qu’il y ait des variations. Mais celles-ci doivent entrainer des problèmes moyennement importants.

On peut aussi se dire que peut-être bien que l’arrivée des médicaments synthétiques a surtout permis de mettre fin à ces variations. Et que c’est la fin de ces variations qui a permis de ne plus avoir de morts aléatoires comme décrits plus haut. Une fois les médicaments devenu fiables quand à leur composition, on a pu voir qu’à telle quantité de produits actifs, les patients mourraient, et qu’à telle autre, il vivaient. Donc, on a pu adapter les quantités. Et le résultat à plus ou moins toujours été le même.

Bon, bien sur, ça n’empêche pas du tout qu’il y ait encore de très nombreux morts par les médicaments. Comme déjà vu dans cet article et sur ce site, cette mortalité vient par exemple du fait que les médecins croient à la fausse bonne idée que plus une maladie est sensée être grave, plus il faut donner des médicaments puissants (et donc, en réalité mortels). C’est le cas pour le cancer ou le SIDA, et plein de maladies microbiennes bidons que les médecins supposent être très souvent mortelles. Ca vient aussi d’un cercle vicieux plus ou moins lent qui fait que la prise d’un médicament va entrainer des effets secondaires et que ces effets secondaires peuvent être pris pour une maladie plus grave pour laquelle on va donner des médicaments plus puissants. Ainsi, à force de donner de médicaments de plus en plus puissants, la personne finit par mourir. Ces problématiques et processus existaient déjà dans les temps anciens cela dit. Disons qu’on a éliminé un élément du problème ; mais les autres ont très bien pris la relève.

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