Gangrène généralisée suite au léchage d’une blessure par un chien ; ou syndrome de Lyell causé par des antibiotiques ?

 

Je suis tombé début aout sur une nouvelle à propos d’une femme américaine ayant été amputée des mains et des pieds soi-disant à cause du fait que son chien l’aurait léchée à une plaie. Ça aurait provoqué une infection foudroyante et donc une gangrène rapide. Et les médecins auraient été obligés de l’amputer.

Pour donner plus de détails, cette femme de 54 ans a commencé à ressentir de la fièvre et a cru à une grippe. Sa température corporelle a subitement augmenté. Elle s’est rendue aux urgences. Là, on lui a diagnostiqué un sepsis, ainsi qu’une insuffisance rénale et hépatique. Elle s’est plainte également d’intenses douleurs aux jambes et aux mains. Les médecins l’ont alors plongée dans un coma artificiel. Dans les heures qui ont suivi, elle a commencé à développer des gangrènes et des nécroses sur ses membres. Sa peau a pris une couleur rouge violacé. L’infection s’est propagée au bout de son nez et de ses oreilles. Les médecins lui ont alors amputé les mains et les pieds. Ayant fait un test sanguin, ils ont trouvé la bactérie capnocytophaga canimorsus, présente dans la salive des chiens, ce qui les a conduit à faire le diagnostic que c’était son chien qui l’avait contaminé en léchant une plaie présente sur son bras.

La cause du problème (la salive du chien) est certainement fausse. Mais l’affaire semble anecdotique a priori. Donc, on peut avoir tendance à se dire que c’est une malheureuse histoire, mais que c’est un cas totalement isolé (du genre 1 cas  sur 10 million) et que ça n’a pas d’intérêt de l’analyser.

Mais finalement, c’est beaucoup plus intéressant que je ne le croyais.

En effet, en faisant une recherche rapide, je suis tombé sur cet article du journal « Le Dauphiné » qui donne plus de détails.

La principale information en plus, c’est qu’on apprend qu’à la base, les médecins se sont dit qu’il s’agissait d’une maladie tropicale, puisque la femme était allée récemment en République dominicaine. Ce n’est qu’après avoir fait un test sanguin qu’ils ont écarté cette hypothèse et se sont orienté vers l’idée que ce serait le chien de cette femme qui lui aurait léché une plaie et que celle-ci se serait infectée.

En apprenant ça, d’un seul coup, j’ai eu une idée du parcours de cette femme et de la vraie cause du problème. En réalité, les médecins étant partis sur l’idée d’une maladie tropicale microbienne, ont dû lui donner des doses massives d’antibiotiques. Et il est possible qu’elle ait pris des antibiotiques ou/et des anti-inflammatoires avant d’arriver aux urgences et que ce soit ça qui ait causé ses douleurs diverses.

Par ailleurs, croyant à un problème grave, et à cause des douleurs intenses ressenties par cette femme, ils l’ont mise en coma artificiel. Et il est clair que le coma, en ralentissant la circulation des fluides corporels, a réduit la capacité du corps de cette femme à éliminer les antibiotiques.

Du coup, en fait de gangrène causée par une bactérie, ce qui s’est passé, c’est que la femme a subi un syndrome de Lyell à cause de la dose massive d’antibiotiques qu’on lui a administrée et de la situation de coma dans laquelle on l’a mise.

Et si elle a eu ses membres amputés, c’est donc à cause d’une erreur médicale. Les médecins, loin de l’avoir sauvée, ont fait une erreur de diagnostic (en fait, plusieurs erreurs) ; et ce sont donc eux la vraie cause de l’amputation.

Le syndrome de Lyell se caractérise par le fait que des cloques voire des bulles se développent sur la peau et sur toutes les muqueuses, comme si la personne avec été brulée au 2ème ou 3ème degré. A terme, les chairs se nécrosent, les organes lâchent et la personne meurt. J’ai décrit quel était le mécanisme à l’œuvre dans un article récent. Pour faire simple, c’est clairement lié à l’usage de toute substance qui a un pouvoir anticoagulant, comme, entre autres, les antibiotiques. La pression osmotique s’effondre parce que le foie est attaqué et aussi parce que les particules du sang sont désagrégées. Dès lors, la zone interstitielle se remplit de liquide. Ce liquide migre vers la peau, ce qui provoque des cloques.

Il y a trois composantes au problème ici : 1) une gangrène des extrémités, peut-être réelle, peut-être pas ; 2) de possibles débuts  de nécroses ailleurs qu’aux extrémités ; 3) des symptômes classiques du syndrome de Lyell de type brulure ailleurs qu’aux extrémités.

  1. Lors d’un syndrome de Lyell, comme les liquides ne circulent plus correctement, les tissus sont privés d’oxygène et se mettent rapidement à mourir. Ce sont les extrémités qui vont souvent le plus souffrir, parce que c’est là qu’il va y avoir le moins de pression sanguine à ce moment-là. Donc, elles peuvent développer une gangrène en premier. C’est ce qui s’est apparemment passé ici. Seulement, le problème ne venait pas d’une bactérie, mais de la combinaison « antibiotiques + coma ». Donc, ce sont les médecins qui ont provoqué la gangrène en question.

Mais en fait, il est tout à fait possible que les mains et les pieds n’aient pas été encore en situation de gangrène véritable, mais dans une situation ressemblant à des brulures, avec formation de bulles. Dans ce cas, il n’y avait pas encore de risque de perte des extrémités et pas de raison d’amputer. Il fallait juste arrêter le traitement et attendre que la situation revienne à la normal et faire de la chirurgie réparatrice pour les zones « brulées ». Mais comme les médecins croyaient que le problème venait d’une infection bactérienne, et vu l’apparence des extrémités à ce moment-là, ils se sont dit qu’il s’agissait de gangrène et que l’infection risquait de se propager au reste du corps. Donc, ils ont amputé.

  1. Il y a eu apparemment des atteintes au bout du nez et des oreilles. Comme ce sont des extrémités, il est possible qu’il y ait eu un début de nécrose à ces endroits. Mais il est possible également que, là-encore, ça n’ait été que des simili-brulures. D’ailleurs, on ne parle pas de perte de ces zones. Alors que si c’était des nécroses, ces parties auraient dû être amputées. Donc, selon toute probabilité, ces zones étaient en fait seulement en état de pseudo-brulure. Et elles étaient suffisamment peu atteintes pour pouvoir récupérer par la suite. Mais ça a participé à l’idée que c’était une gangrène généralisée causée par une bactérie. En effet, dans la mesure où ça se situait à d’autres endroits que les pieds et les mains, ça pouvait faire penser à une infection. Et comme l’aspect brulure devait être plus marqué que dans d’autres zones, ça faisait penser à des débuts de gangrène.
  2. Enfin, les symptômes classiques du syndrome de Lyell, de type pseudo-brulures qu’on peut trouver un peu partout sur le corps ont également fait penser à une gangrène qui se répandait un peu partout, et donc, à une infection bactérienne. Si on ne pense pas au syndrome de Lyell et à un phénomène physico-chimique généralisé, effectivement, l’idée de l’infection microbienne semble s’imposer. Là, il ne s’agissait très probablement pas encore de nécroses. Mais c’était suffisamment impressionnant pour faire penser à l’idée que la gangrène se répandait.

 

L’avantage pour l’orthodoxie, c’est que la localisation des symptômes permet de faire passer plus facilement le phénomène pour un problème microbien. En effet, le syndrome de Lyell est général. Du coup, des cloques et des nécroses peuvent survenir un peu partout. Donc, ça va apparemment dans le sens d’une origine microbienne, parce qu’un microbe peut infecter n’importe quelle zone.

Le côté très soudain du phénomène lui permet aussi d’avancer cette théorie. Le fait que le corps se couvre tout d’un coup de cloques, de zones rouges, voire de nécroses et de gangrènes s’accorde avec une source microbienne.

Le problème des gangrènes, c’est que normalement, ça commence par les membres. Et la plupart du temps, ça n’est limité qu’à un seul membre, généralement aux jambes ; ceci sans s’étendre plus loin. Ça vient du fait que le problème est lié à un arrêt de la circulation sanguine ou lymphatique et au fait que dans les extrémités, il n’est pas possible de recevoir du sang par plusieurs endroits différents, contrairement à des zones qui sont entourées de chair de tous les côtés.

Donc, il ne va pas y avoir d’apparitions de nécroses ou de pseudo-brulures ailleurs sur le corps. Le phénomène va être limité à une seule zone du corps, généralement le pied ou le bas de la jambe.

Par ailleurs, les personnes touchées ont souvent une maladie chronique ou un état dégradé avec un risque de gangrène connu (généralement liés à un risque de formation de caillots sanguins, comme le diabète et l’hypertension).

C’est ce qui fait que l’orthodoxie médicale reconnait que souvent, les gangrènes sont liées à un phénomène de blocage sanguin ou lymphatique (je pensais que c’était la plupart du temps, mais ce qu’on va voir ensuite laisse à penser que les cas « microbiens » sont plus fréquents que je ne le croyais).

Mais en assimilant des problèmes liés au syndrome de Lyell à des gangrènes, l’orthodoxie médicale peut trouver des signes de gangrène qui sont apparemment situés ailleurs que dans les membres. Et du coup, elle peut inventer une origine microbienne à ces gangrènes. Ça renforce la théorie des microbes pathogènes. Et ça lui permet de se dédouaner de ses responsabilités quand une personne développe un syndrome de Lyell à cause des médicaments administrés.

Et évidemment, les conséquences sont totalement différentes. Si c’est microbien, dans l’esprit des médecins, il faut absolument donner des doses élevées d’antibiotiques le plus vite possible et amputer les membres déjà atteints pour sauver le reste du corps. Alors que si c’est d’origine médicamenteuse, il faut justement arrêter tout de suite les traitements et ne surtout pas donner d’antibiotiques. On peut donner des corticoïdes, selon les cas, pour faire remonter la pression osmotique. Mais si le foie est agressé, ça peut être contreproductif ; donc, c’est à voir.

Et il faut sauver le plus possible ce qui peut l’être. Et là, c’est possible, puisque le risque que la gangrène déjà déclarée se propage ailleurs est très faible (vu que seules les zones non alimentées en oxygène pourront être colonisées par les bactéries qui se développent dans les chairs nécrosées).

Par ailleurs, les zones rouges ou violacées et avec des cloques ne sont donc pas des zones où la gangrène se propage, mais seulement des zones enflammées ou de pseudo-brulures liées à l’énorme inflammation. Forcément, ça change tout par rapport au côté généralisé de la gangrène. Et même par rapport au côté réel de la gangrène. Souvent, le diagnostic de gangrène va être posé, alors qu’en réalité, il n’y aura rien de ce genre pour l’instant.

 

Et ce qui est donc intéressant ici, et qui permet d’aller au-delà de l’anecdote et du cas particulier qui a une chance de se produire sur un million, c’est qu’on peut étendre le problème à d’autres cas.

Parce que ce qu’on constate, c’est donc que les médecins ont tendance à faire passer les symptômes non gangréneux du syndrome de Lyell pour de la gangrène (ou un début de gangrène) et les gangrènes causées par le syndrome de Lyell pour des gangrènes d’origine microbienne. Ça, c’est une grosse découverte.

Donc, forcément, ça ne doit pas se limiter à quelques dizaines de cas par an. Ça doit être beaucoup plus fréquent. Il doit y avoir un nombre à déterminer de cas où des personnes subissent des symptômes diagnostiqués comme de la gangrène microbienne alors qu’en réalité, il s’agit de soit de cas non gangréneux, soit de gangrènes causées par le syndrome de Lyell (et donc, derrière ce syndrome, par les antibiotiques, les anti-inflammatoires, les anti-cancéreux, etc…).

Et, encore plus intéressant, on va voir qu’on peut étendre le problème à des symptômes moins graves que la gangrène. Il y a de très nombreuses situations où le patient va avoir des symptômes de type Lyell plus ou moins « light, mais plus généralement de type Stevens-Johnson (donc, moins graves), et même de type Stevens-Johnson « light », et qui vont être mis dans d’autres catégories.

 

 

1) Les affections qui sont en fait en grande partie des syndromes de Stevens-Johnson ou de Lyell

 

1,1) La Coagulation Intravasculaire Disséminée

 

En cherchant, on découvre ce second cas dans le journal Le Monde du 29 mai 2018, similaire à celui évoqué ici. Et on peut lire qu’on a initialement diagnostiqué au patient une coagulation intravasculaire disséminée ou CIVD.

Qu’est-ce que c’est ? L’orthodoxie médicale présente ça comme le fait qu’une sur-coagulation entrainerait par ailleurs une sous-coagulation par consommation de la majeure partie des facteurs de coagulation. Des micro-caillots se formeraient un peu partout dans le corps, ce qui agglutinerait l’essentiel des éléments de coagulation présents dans le sang. Il n’en resterait alors plus assez pour empêcher les saignements. Donc, la personne aurait non seulement des blocages sanguins à cause des caillots (thromboses, AVC, embolie pulmonaire), mais en plus des saignements à de nombreux endroits.

A mon avis, la description de la maladie est fausse. L’enchainement des évènements ne se fait pas dans ce sens-là. En fait, c’est la présence de produits anticoagulants qui provoquent les saignements (l’écrasante majorité du temps). Mais comme ils provoquent aussi une énorme baisse de pression sanguine à cause de l’effondrement de la pression osmotique, des micro-caillots se forment à divers endroits. En effet, l’effet des produits anticoagulants ne doit pas être aussi intense partout. Donc, à divers endroit, le ralentissement du flux sanguin permet la formation de caillots.

Comme il y a présence de l’anticoagulant, et que tout ça se passe dans un temps assez court avant la dégradation des fonctions vitales et de la mort, les caillots vont malgré tout être de petite taille. Si la personne pouvait survivre pendant un temps plus long, les caillots resteraient limités à une taille relativement faible, mais peut-être qu’ils deviendraient un peu plus gros à certains endroits.

 

Or, de façon tout à fait logique, on apprend sur Wikipédia que la coagulation intravasculaire disséminée peut aboutir à des gangrènes.

« Les signes cliniques de coagulation intravasculaire disséminée (CIVD) associent :

  • des manifestations thrombotiques : thromboses veineuses profondes, infarctus viscéraux, purpura nécrotique, gangrènes distales ;
  • à des manifestations hémorragiques : saignements cutanés spontanés et des points de ponction (purpura diffus, ecchymoses), saignements muqueux spontanés (bulles hémorragiques endobuccales, saignement de nez, etc.), et des hématomes profonds. »

Les gangrènes distales, ce sont des gangrènes surtout des mains et des pieds (distale dans ce contexte signifie un organe éloigné du centre du corps), éventuellement des avant-bras ou des mollets.

 

Et on apprend sur Wikipédia que ce syndrome est associé à de nombreuses maladies.

  • cancers du poumon, du pancréas, de la prostate, de l’estomac, du sang (leucémie aiguë myéloblastique notamment la LAM) ;
  • obstétrique : accouchement ou complication d’une pathologie de la grossesse (ex. : pré-éclampsie, HELLP syndrome, embolie amniotique : le liquide amniotique coagule le sang in vitro, hématome rétroplacentaire, où il semble y avoir une corrélation entre le degré de séparation du placenta de l’utérus du fait de l’hématome, et l’extension de la CIVD, ce qui suggère une fuite de facteur tissulaire depuis le système placentaire à l’origine de la CIVD de la mère) ;
  • traumatisme sévère, brûlure, chirurgie lourde ;
  • au cours d’une intervention de chirurgie thoracique (ex. : cardiaque avec circulation extra-corporelle) ou prostatique ;
  • une infection bactérienne : environ 35 % des sepsis sévère se compliquent de CIVD, et de manière plus large : les sepsis à bactéries Gram négatives, Neisseria meningitidis, Streptococcus pneumoniae, paludisme, histoplasmose, aspergillose, Fièvre pourprée des montagnes Rocheuses ;
  • une infection virale : arénavirus causant la fièvre hémorragique d’Argentine et la fièvre bolivienne hémorragique ;
  • divers : une cirrhose, une morsure de serpent, un hémangiome géant, un coup de chaleur, une vascularite, un anévrisme aortique, un syndrome sérotoninergique.

 

Il y a donc de nombreuses maladies qui peuvent entrainer une coagulation intravasculaire disséminée et donc de la gangrène. Et en réalité, ce ne sont pas les maladies et affections en questions qui sont à l’origine de ces problèmes de gangrène, mais bien les substances anticoagulantes utilisées pour les soigner ou pour prévenir des infections ou d’autres complications.

Et le problème ne s’arrête pas à la gangrène bien sûr. On peut constater ici que la plupart des symptômes liés au syndrome de Lyell ou Stevens-Johnson sont inclus dans ce problème de coagulation intravasculaire disséminée. Donc, en réalité, la médecine fait passer les symptômes du syndrome de Lyell ou Stevens-Johnson pour du CIVD ; et derrière le CIVD, pour du cancer, de la septicémie (sepsis), de la pneumonie, du paludisme, etc…

Le cas de la septicémie est particulier. Derrière la septicémie on a des situations diverses, parce que plein de choses peuvent conduire à un tel diagnostic : des opérations chirurgicales, une hospitalisation, des maladies chroniques, etc., etc… Donc, derrière ce terme, on peut avoir des tas de cas divers et variés.

Et quand on regarde les malades et situations données dans cette liste, c’est logique d’avoir ces symptômes.

Pour le cancer, on donne des médicaments à effet anticoagulant (la chimiothérapie). On va donner aussi des antibiotiques en cas de chirurgie. On donne également de la morphine et analogues d’opiacés pour calmer la douleur, ce qui va ralentir l’élimination des anticoagulants et favoriser la baisse de la pression osmotique.

Pour le paludisme, on donne de la quinine, qui a un effet anticoagulant puissant.

Pour les septicémies, on va donner des antibiotiques souvent à hautes doses, qui ont un effet anticoagulant.

Pour les brulures, le phénomène est évident. La pression osmotique s’effondre. Là, pas besoin d’antibiotiques pour expliquer le phénomène. Mais l’usage d’antibiotiques pour lutter contre de soi-disant infections chez les brulés peut aggraver fortement le problème. A l’inverse, il peut l’améliorer si le pouvoir anticoagulant de l’antibiotique est relativement faible. Dans ce cas-là, la surconcentration sanguine que ça provoque va aider à lutter contre la baisse de pression osmotique.

La cirrhose détruit le foie, qui joue un rôle majeur dans le maintien de la pression osmotique.

La chirurgie lourde est intéressante également. On peut penser que les analogues d’opiacés extrêmement puissant utilisés, qui, ont un effet similaire à une libération massive et générale d’histamine provoquent eux-aussi un effondrement de la pression osmotique. Phénomène qui doit être favorisé par la mise en sommeil des organes vitaux (dont le foie, l’organe important ici). Du coup, la zone interstitielle est envahie de liquide, ce qui provoque l’apparition de rougeurs, ou au pire de cloques similaires à des brulures, sur la peau et les muqueuses. Et ça entraine aussi un effondrement de la pression sanguine, ce qui risque de faire lâcher les organes vitaux les uns après les autres. Et bien sûr, si on donne des antibiotiques avant, pendant ou après l’opération, ça ne fait qu’augmenter le risque d’apparition de ce problème pendant ou après cette dernière.

Donc, là, c’est carrément le jackpot. Dès le départ, on découvre un bon nombre de maladies et conditions, en plus fréquentes, qui peuvent entrainer l’apparition de symptômes s’étendant sur une large échelle de gravité, allant du syndrome de Stevens-Johnson light au syndrome de Lyell, ce qui inclue un risque de gangrènes.

 

Au passage, je n’avais jamais entendu parler du CIVD. Et ceci alors que je m’intéresse à la médecine depuis des années. Alors, on imagine pour les profanes. On peut penser que c’est fait pour cacher les effets des anticoagulants dans une maladie quasi inconnue du grand public.

Et la volonté de masquage du syndrome de Lyell (cette fois à destination des médecins) se voit aussi dans la description erronée de la maladie. En accusant la sur-coagulation, on dédouane ainsi les anticoagulants. On empêche toute recherche du côté de ces substances. L’erreur en question n’est certainement pas innocente.

 

1,2) Le purpura fulminans

 

En continuant la recherche, on trouve aussi le problème du purpura fulminans. C’est un symptôme qui est cité dans l’article du Monde de mai 2018.

Qu’est-ce que le purpura fulminans ? Wikipédia en donne la définition suivante :

« Le purpura fulminans est une forme grave, parfois mortelle, de sepsis sévère, touchant plus fréquemment les enfants et les adolescents. Il est défini comme l’association d’un sepsis sévère, d’une coagulation intravasculaire disséminée et de lésions purpuriques (ne s’effaçant pas à la vitropression) vasculaires et plaquettaires, autrement dit d’une hémorragie interne touchant les régions dermiques et hypodermiques.

L’agent infectieux en cause est le plus souvent une bactérie à Gram négatif qui agit en libérant son endotoxine : le méningocoque (80 %) et plus rarement, Haemophilus ou d’autres Gram négatifs.« 

Donc, en fait, le purpura fulminans, c’est le CIVD associé à une septicémie, c’est-à-dire à la présence d’une bactérie. En fait, c’est juste un cas particulier du CIVD (et du sepsis). Mais ça permet de donner encore un autre nom au phénomène et donc, de ne jamais citer le syndrome de Lyell ou de Stevens-Johnson et au-delà de ça le problème des antibiotiques, anti-inflammatoires, anticancéreux, antipaludiques, antifongiques, etc…

Bien sûr, vu que ça se situe dans le cadre du sepsis (qui est dû à une infection bactérienne), le purpura fulminans est traité par antibiotiques, comme on peut encore le voir sur Wikipédia :

« L’antibiotique est administré par voie intraveineuse ou intramusculaire le plus tôt possible (en urgence, même en l’absence de prélèvement bactériologique), devant des signes cliniques évocateurs.« 

Et c’est ça qui va être la plupart du temps la cause de la mort du patient.

Alors c’est vrai que l’orthodoxie dit que :

« La prise en charge du purpura fulminans infectieux est une urgence diagnostique et thérapeutique. La probabilité de mortalité est multipliée par trois si l’antibiothérapie est débutée tardivement, 12 h après le début des premiers signes cliniques.« 

Donc, on pourrait dire que c’est bien la preuve que c’est la médecine officielle qui a raison. Si on a 3 fois plus de risques de mourir si on débute l’antibiothérapie tardivement, ça veut dire que l’antibiotique est efficace et donc que la cause est bien microbienne.

Mais en fait, non. Si la personne est prise tardivement, déjà, ça veut dire qu’elle a pris des anticoagulants pendant un certain temps et que le problème est déjà grave. Donc, donner des antibiotiques dans ce cas-là va être encore plus néfaste (une grande majorité du temps, voir plus bas).

Par ailleurs, il est fort possible, si la personne est traitée tard, que les doses d’antibiotiques soient élevées et que le traitement dure longtemps, ce qui augmente le risque d’aggraver le problème.

Et plus la personne sera traitée tard, plus le diagnostic sera présentée comme sombre, et plus il y aura de risque que la personne soit mise sous coma artificiel, ce qui diminuera la capacité du corps à éliminer les antibiotiques et aussi diminuera la pression osmotique.

Il se peut également que selon la dose d’antibiotique et leur puissance anticoagulante, ils améliorent effectivement la situation au lieu de la dégrader. Si le pouvoir anticoagulant est relativement faible et que les doses données ne sont pas trop élevées, l’effet positif sur la pression osmotique va être supérieur à l’effet négatif. Ça va entrainer une vasoconstriction et donc, une augmentation de la concentration du sang, ce qui va faire remonter la pression osmotique. Ça pourra avoir le même effet que de la cortisone. Donc, ça aura un effet positif. Et les médecins se diront que si ça a marché, c’est parce que l’antibiotique a tué les microbes qu’ils croient être à l’origine du problème.

Et si le problème vient d’un analogue d’opiacé pris à des doses massives (cas de la chirurgie lourde), cet effet positif de l’antibiotique a plus de chances d’outrepasser les effets négatifs. En effet, si le foie de la personne est en bonne santé, qu’elle n’a pas encore pris d’analogues d’anticoagulants, et que l’antibiotique n’est pas trop puissant, l’effet anticoagulant de l’antibiotique n’attaquera pas trop le foie et les particules du sang. Et ça sera l’effet d’augmentation de la pression osmotique (grâce à la vasoconstriction) qui dominera.

Donc, le fait que les risques de mortalité augmentent si les antibiotiques sont administrés tardivement n’est qu’un trompe l’œil. Ça ne prouve en rien que la cause est microbienne et que l’antibiotique a amélioré la situation en tuant les bactéries.

 

1,3) Le sepsis (septicémie)

 

Enfin, il y a la septicémie elle-même. Maintenant, on appelle ça « sepsis« . Le terme de septicémie n’est plus employé. Ce qui est un bon moyen d’embrouiller un peu plus la situation pour le grand public.

Selon Wikipédia, c’est : « un syndrome d’infection générale et grave de l’organisme par des agents pathogènes« . Depuis 2016, c’est défini comme « un dysfonctionnement d’organe secondaire à une réponse inappropriée de l’hôte envers une infection« .

On distingue par ordre de gravité : le sepsis, le sepsis grave et le choc septique.

Le sepsis simple peut inclure des symptômes de Lyell ou de Stevens-Johnson. Mais, pour « simplifier » encore la chose, c’est caché derrière le score SOFA (Sequential Organ Failure Assessment). Ce score s’appuie sur six sous-scores, un pour chaque système respiratoire, neurologique, cardiovasculaire, hépatique, rénal et la coagulation.

Selon Wikipédia, le sepsis simple associe une infection avec un score SOFA  ≥ 2 ou une augmentation du score supérieure ou égale à 2 points s’il existait une dysfonction d’organe avant l’infection.

Du coup, comme on pioche dans 6 caractéristiques, le sepsis simple peut recouvrir des réalités assez différentes, ce qui permet de masquer le fait que ça peut inclure des symptômes de Lyell ou de Stevens-Johson. Ces derniers étant mélangés avec divers autres symptômes moins spécifiques, on ne va pas faire le lien.

Mais, comme on peut le voir ici, et comme on l’a vu plus haut pour le problème du CIVD, le sepsis inclut entre autres symptômes, les problèmes de coagulation. Donc, en réalité, ça recouvre des problèmes qui sont liés non pas à une infection, mais à la prise d’antibiotiques et éventuellement d’anti-inflammatoires. La prise d’antidouleurs opiacés pour traiter une éventuelle douleur n’aide évidemment pas, pas plus que si le patient est mis sous coma artificiel.

Et comme les médecins croient que le problème vient de microbes pathogènes, on va donner des antibiotiques à hautes doses, ce qui va aggraver le problème et éventuellement tuer le patient.

Et de toute façon, la médecine officielle préconise de donner un traitement (probablement massif) antibiotique en cas de gangrène. C’est ce qu’on peut voir sur santemagazine par exemple : « Dès l’apparition de la gangrène, des antibiotiques sont prescrits afin de prévenir ou de traiter toute infection« .

C’est pour ça que le sepsis reste aussi létal (alors que selon la théorie officielle, ça devrait l’être moins, puisque les antibiotiques devraient arrêter l’infection). Au lieu de soigner le problème, les médecins non seulement l’entretiennent, mais l’aggravent.

 

Alors, comme le sepsis non compliqué est le stade apparemment le plus bénin, on pourrait penser qu’il n’y a pas ou alors très peu de morts. Donc, les symptômes de type Lyell ou Stevens-Johnson resteraient très modérés. Mais, il est dit sur Wikipédia que la mortalité au 28ème jour est de 10 à 15 % dans le sepsis non compliqué (20 à 30 % pour le sepsis grave et 40 à 50 % pour le choc septique). Donc, même au stade du sepsis simple, qui est le moins grave des trois, la mortalité est non négligeable ; ce qui fait penser que les symptômes de type Lyell ou Stevens-Johnson ne sont pas rares dans le cadre de cette affection. Ça signifie que pour les 2 autres stades, les problèmes de type Lyell ou Stevens-Johnson doivent être fréquents.

Et grâce au concept de sepsis, on fait passer encore une fois des symptômes qui relèvent en réalité d’un empoisonnement par les médicaments pour des symptômes relevant de microbes pathogènes.

 

 

2) Combien de personnes concernées ?

 

Quels sont les chiffres de syndromes de Lyell ou de Stevens-Johnson cachés ? C’est un peu difficile à dire.

Déjà, pour le sepsis, les symptômes étant multiples, tous les morts ne doivent pas être causés par un syndrome de Lyell ou de Stevens-Johnson caché.

Et on peut voir ici qu’il y a 3000 cas de gangrène par an aux USA. Comme les américians sont 6 fois plus nombreux que les français, ça doit faire environ seulement 500 cas en France. Donc, les symptômes les plus graves sont tout de même peu fréquents.

Mais, on doit avoir de nombreux cas de personnes affaiblies par la maladie ou la vieillesse, qui meurent parce qu’un organe a lâché ; ceci avant que des symptômes sur la peau ou les muqueuses ne soient très visibles. Donc, dans de nombreux cas, on ne doit pas avoir quelque-chose d’aussi net au niveau des symptômes, tout en ayant un décès. On va avoir des rougeurs, des escarres, des nécroses. Donc, ça sera suffisamment léger ou limité localement pour que les médecins ne pensent pas à du syndrome de Stevens-Johnson ou de Lyell. Ça restera dans le cadre des affections liées à la maladie initiale.

Donc, dans beaucoup de cas, on va dire que c’est la maladie initiale qui est la cause de la mort. Si la personne avait un cancer, la cause officielle de la mort sera le cancer. S’il y avait un diabète, ça sera le diabète.

Et ce sont les personnes âgées qui vont représenter l’essentiel des décès. Or, comme leurs organes sont déjà fragilisés, ils vont mourir plus rapidement, donc avant que des symptômes de type pseudo-brulures ou nécroses n’apparaissent (ou avant que ça ne soit important). Par ailleurs, vu que leur peau et leur corps est moins riche en eau, les phénomènes de ce type vont moins facilement apparaitre, ou en tout cas moins de façon généralisée. Et bien sûr, on leur a généralement diagnostiqué déjà une maladie genre cancer, diabète, hypertension, etc… Donc, les médecins pourront accuser cette dernière. Ça n’est pas comme un jeune de 20 ans qui développe soudainement une maladie éruptive qu’on n’avait pas vu venir. Là, c’est moins facile de trouver une explication. Alors qu’avec une personne âgée, l’explication est souvent toute trouvée.

Sinon, il est possible qu’il y ait des inflammations importantes du système digestif ou des poumons, ou du foie. Mais comme ça ne se voit pas, il n’y aura pas d’investigations. Encore une fois, les médecins en resteront à la maladie initiale comme cause de la mort. Ils ne feront donc pas une autopsie pour savoir ce qui est arrivé au niveau des organes internes.

 

Donc, pour donner une estimation chiffrée, voici 2 ou 3 chiffres.

Déjà, on a donc l’estimation de 500 cas de gangrène en France.

Et ici, on peut voir que : « En France, on estime qu’il y a environ 70 000 cas de septicémie par an et près de 30 000 morts, a rapporté l’Inserm en 2015« . Or, on a pu voir que le sepsis ne représente qu’une partie des cas de CIVD. Donc, on a peut-être au moins 2 fois ce nombre de mort causés par le CIVD, soit dans les 60.000.

Comme le sepsis recouvre diverses situations, on peut penser que seule une partie des 30.000 morts relève de près ou de loin au syndrome de Stevens-Johnson ou de Lyell. Disons 15.000. Supposons que c’est le cas aussi pour le CIVD. On aurait donc dans les 30.000 morts liés en fait à des symptômes plus ou moins marqués de Stevens-Johnson ou de Lyell.

Alors, 30.000 morts, ça semble beaucoup. Mais, il y a environ dans les 600.000 décès actuellement en France chaque année. Donc, 30.000, ça ne représente que 5 % de l’ensemble. Ça ne semble pas incroyable de penser que 5 % des morts sont causés par ce genre de problème. Vu le nombre de médicaments pouvant mener à ce genre de problème, c’est probablement plus.

Et on peut penser qu’on a 2 ou 3 fois plus de cas non mortels, ce qui fait dans les 60.000 à 90.000 personnes par an.

Donc, les cas avec des symptômes extrêmement marqués (gangrène) sont rares. Mais on doit avoir de très nombreux cas avec des symptômes moins marqués, mais malgré tout mortels.

 

 

En résumé

 

Donc, on peut penser qu’à peu près tous les cas de gangrène généralisée et une partie des cas locaux (membres) sont en fait des cas de syndromes de Lyell, causés l’écrasante majorité du temps par diverses pratiques médicales ; en premier lieu, l’usage de produits à effet anticoagulant comme les antibiotiques, les anti-inflammatoires, les anticancéreux, les anticoagulants, les antifongiques, la quinine, etc… Mais ça peut venir aussi de produits de type opiacé utilisés à très hautes doses, comme pour la mise en coma artificiel (lors d’opérations chirurgicales ou lors de certaines affections).

Mais ça ne s’arrête pas là. Diverses maladies qui touchent de nombreuses personnes sont en fait en grande partie des syndromes de Stevens-Johnson ou de Lyell cachés (dont la gravité va d’une intensité légère à importante). C’est le cas du CIVD (Coagulation Intravasculaire Disséminée), du purpura fulminans, et du sepsis (septicémie). Et peut-être qu’il y en a d’autres que je n’ai pas découverts. Ça permet à l’orthodoxie médicale de ne pas porter la responsabilité des dégâts causés par ses traitements. Et ça lui permet d’entretenir la théorie des microbes pathogènes en accusant assez souvent des bactéries d’être à l’origine de ces symptômes.

A cause de ça, des dizaines de milliers de personnes meurent (parfois dans des circonstances atroces) ou souffrent fortement et peuvent finir mutilées, alors qu’on pourrait non seulement sauver l’écrasante majorité, mais on pourrait même éviter la survenue de ces problèmes la plupart du temps.

 

PS : Comme on vient de le voir avec l’exemple cité ici, les médecins  vont avoir tendance à mettre la personne sous coma artificiel pour qu’elle souffre moins. Une conséquence de l’utilisation de cette méthode est que, plus ou moins souvent, la personne mourra non pas à cause de la gangrène (ou d’autres symptômes létaux du syndrome de Lyell), mais parce que les médecins croiront que son état est désespéré (alors que ça n’est pas le cas) et décideront de la tuer. Pour ça, ils débrancheront la respiration artificielle tout en maintenant la personne dans le coma. En fait, ils assassineront le patient. Mais ils croiront faire quelque-chose de bien, puisque pour eux, la personne serait morte de toute façon. Donc, ils pensent qu’ils lui évitent ainsi une mort abominable.

 

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