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Analogues d’opiacés et suicide

Mercredi 25 janvier 2012

 

L’analyse des opiacés me fait penser que, comme beaucoup de monde le soupçonne, ces produits peuvent provoquer des envies suicidaires et des passages à l’acte.

 

1) Déprime et désinhibition

 

Pourquoi est-ce que ça provoque cet effet ? C’est parce que ça déprime et que ça désinhibe en même temps. Non seulement la personne déprime et se met à avoir des idées suicidaires, mais en plus, elle n’a plus d’inhibition. Donc, pas grand-chose ne l’empêche de passer à l’acte. Ca entraine par ailleurs une perte de la notion de réalité, ce qui doit venir augmenter le risque de passage à l’acte.

Pourquoi ça déprime ? Probablement parce que ça doit entrainer une baisse du taux de cortisol. En effet, on a vu précédemment que ça perturbe le sommeil et l’éveil. Le sommeil est de mauvaise qualité, et du coup, même quand l’opiacé-like ne fait plus effet, la personne reste fatiguée.

Ce problème de repos de mauvaise qualité vient du fait que le sommeil naturel est régulé de façon fine par le corps, via des cycles d’environ deux heures où il est plus ou moins profond. Evidemment, les opiacés ont un effet uniquement linéaire. Donc, toute la gestion fine du sommeil par le corps est remplacée par un effet grossier de l’opiacé, avec des cycles beaucoup moins prononcés. Le corps doit quand même intervenir, mais il doit être gêné dans la réalisation des cycles par l’opiacé. Celui-ci doit les aplanir fortement. Il en résulte évidemment un sommeil de mauvaise qualité. Ce qui aboutit à une fatigue durant la journée.

Par ailleurs, on a vu dans un article précédent que comme les analogues d’opiacés détendent les muscles, la langue s’enfonce plus profondément dans le palais que d’habitude. Ce qui provoque des ronflements. Et si ces derniers sont trop importants, ils peuvent perturber la respiration. Le sommeil est donc d’encore moins bonne qualité.

Bien sûr, vu que tous ces produits engendrent directement une envie de dormir, il y a peu de documents sur le sujet de la somnolence indirecte. Mais le sujet n’est quand même pas inconnu et on trouve donc quelques informations. Par exemple sur le site http://www.sommeil-mg.net, on trouve ceci sur cette page : « Opiacés. Malgré ce qu’en pensaient les Grecs, le pavot et ses dérivés (opium, codéine, morphine, héroïne) sont de puissants « anti-sommeil ». Le consommateur est plongé dans un état de léthargie mais il dort très peu et le stade de sommeil lent est effondré. » Concernant les somnifères, le site dit ceci : « Toutes ces molécules provoquent une réduction de l’activité cérébrale. Durant la nuit, elles diminuent la puissance et le rendement du sommeil (activité en onde lente, sommeil paradoxal…).« 

Ce qui se passe, c’est que le corps réagit à cette mauvaise qualité du sommeil en baissant le taux de cortisol afin d’obliger la personne à dormir (un taux de cortisol bas étant nécessaire pour pouvoir dormir). C’est le taux de cortisol bas qui provoque cette somnolence diurne. Seulement, comme un taux de cortisol bas est lié à la dépression, la personne va se mettre à avoir des idées noires, et même des idées suicidaires.

L’autre problème vient de la désinhibition. Les analogues d’opiacés ont tendance à désinhiber. C’est clair pour l’alcool ou le cannabis, mais c’est vrai aussi pour les autres opiacé-likes. Ça se voit moins pour les opiacés comme la morphine parce que l’effet est plus puissant, ce qui fait qu’ils donnent plus envie de dormir que de délirer (et puis, ils ne contiennent pas d’excitant). Et cet effet somnifère se manifeste plus rapidement. Mais même si ça se voit moins à cause de l’effet somnifère, ça désinhibe aussi.

Du coup, eh bien évidemment, la conjonction des deux effets aboutit à des actes de suicide. La personne est profondément déprimée ; et par ailleurs, elle est désinhibée (donc, n’a pas d’appréhension quant au fait de se suicider). Rien ne s’oppose alors à ce qu’elle tente de mettre fin à ses jours.

Les opiacé-likes entrainent aussi (de façon directe) une sorte de détachement émotionnel. La personne est moins concernée par les choses qui l’entourent. Evidemment, ça aussi, ça doit contribuer au passage à l’acte en cas d’envies suicidaires. L’évidence de cet effet dépend du type de produit opiacé-like qui est absorbé cela-dit. Pour ceux qui ont un effet essentiellement et rapidement calmant, c’est assez clair. Ça l’est moins pour des produits comme l’alcool, qui entrainent une euphorie au début. Donc, on a tendance à se dire que ce sont des produits qui renforcent les émotions de la personne. Mais il y a une phase de descente ; et c’est là que se produit l’effet de détachement émotionnel.

Il est possible aussi que les opiacés aient un effet direct sur l’humeur, comme pourrait le faire un taux de cortisol bas. Donc, quand on prendrait les opiacés, l’humeur se dégraderait et des pensées suicidaires viendraient. Mais pour le moment, je penche plutôt pour un effet venant d’une baisse du taux de cortisol que d’un effet direct venant de l’opiacé.

C’est pour ça que pas mal de gens sous analogues d’opiacés font des tentatives de suicide.

Alors, bien sûr, tout le monde ne passe pas à l’acte. Mais le problème est là. Et il y a plein de gens qui sans passer à l’acte, soit y pensent, soit en tout cas sont plus ou moins déprimés.

 

2) Documents parlant d’un lien entre produits opiacé-likes et dépression

 

Bien sûr, la médecine officielle ne va pas dire que tel produit conduit au suicide, puisque ça n’est pas systématique. Elle n’avoue pas non plus très souvent que tel produit entraine clairement la dépression. Mais elle peut dire qu’il y a un lien entre la consommation de tel produit, et la dépression, ou que la consommation de tel produit peut renforcer une dépression déjà présente (donc qu’il est contrindiqué pour les personnes dépressives). Là, on trouve des documents sur le sujet.

 

-          Alcool

 

On trouve ça sur l’alcool et la dépression (ici)

« Pour les personnes qui ont été alcooliques ou qui sont en situation de dépendance à l’alcool, l’alcool peut avoir un effet défavorable sur leur neurotransmetteurs de sérotonine, mais cela ne conduit pas forcément à la dépression. Cependant, en cas de dépression avérée, l’alcool augmente la gravité des symptômes de la dépression en accentuant leur fréquence et leur sévérité.

L’alcool peut donner temporairement une impression de soulagement et la sensation d’être détendu. Cependant, les problèmes d’alcool et de dépression surviennent généralement en même temps et au lieu de la soulager, l’alcool contribue au renforcement de la dépression.

Environ 40% des alcooliques ou des personnes qui font preuve d’abus d’alcool souffrent de symptômes qui sont proches de ceux de la dépression. « 

Sur le site Psydoc, on trouve ce document de la part des professeurs Jean Adès et Michel Lejoyeux (ici) :

« Rossow et Amundsen ont évalué la mortalité par suicide chez les alcooliques norvégiens. Ils ont montré, à partir de l’étude de 40.000 conscrits suivis pendant 40 ans que le risque suicidaire relatif chez les sujets présentant un abus d’alcool est de 6,9. Le risque est plus élevé chez les sujets de plus de 40 ans comparés aux sujets les plus jeunes (RR = 12,8 et 4,5). Le risque de suicide sur la vie entière est de 0,63 % chez les sujets non alcooliques et de 4,76 % chez les alcooliques. L’abus d’alcool ou la dépendance multiplient donc par huit le risque de crise suicidaire. »

 

-          Tabac

 

Sur e-sante, on trouve ça :

« Les relations entre le tabagisme et la dépression sont passionnantes. Globalement, l’intérêt des psychiatres pour le tabagisme a débuté dans les années 90. Depuis, les études sont nombreuses. Par exemple, la comparaison d’une population comprenant des sujets ayant déjà fumé dans leur vie, à une population de personnes n’ayant jamais fumé, montre que les sujets qui ont déjà fumé font plus fréquemment des épisodes dépressifs majeurs que les autres (1). La dépression touche 3% des non-fumeurs et 7% des fumeurs. Le risque de suicide est également plus important chez les fumeurs, avec un nombre de tentatives de suicide multiplié par deux. »

 

-          Cannabis

 

Sur Doctissimo on a ça :

« Une autre étude soulignait quant à elle les liens entre cannabis et dépression. Ces travaux australiens ont été menés sur plus de 1 600 collégiennes. Ils ont montré que la consommation quotidienne de cannabis était associée à un risque cinq fois plus important de souffrir d’anxiété et de dépression. Une prise hebdomadaire multipliait les risques par deux. »

Sur santé Canada (ici) :

« Quand ce produit ne doit pas être utilisé :

Si vous avez un antécédent de trouble mental sérieux comme la schizophrénie ou la dépression. »

 

-          Somnifères

 

Sur Wikipédia, on trouve ça sur les somnifères :

« Des effets secondaires tels que dépression, avec ou sans tendances suicidaires, états phobiques, agressivité et comportement violent peuvent apparaître, dans 5% des cas selon Malcolm Lader, de l’Institute of Psychiatry à Londres. Ce qui, rapporté aux 7 millions de personnes (chiffre publié en 2001) en France qui consomment des somnifères, représenterait 350.000 personnes…

Aux États-Unis, les fabricants considèrent devoir faire état de ces effets secondaires et signalent p.ex. le risque de dépressions. Dans plusieurs pays européens au contraire, les fabricants de médicaments gardent le silence sur cet effet secondaire, bien que la dépression soit un effet à long terme bien documenté dans les ouvrages médicaux.« 

 

-          Antihistaminiques

 

On trouve sur depressionnerveuse.fr, une page avec une liste de médicaments pouvant causer une dépression :

« Médicaments pouvant causer une dépression

Antihistaminiques »

 

-          Antiparkinsoniens

 

Comme les opiacé-likes sont des relaxants musculaires, il est évident qu’ils vont être utilisés dans la maladie de Parkinson et que les antiparkinsoniens sont des opiacé-likes (il y a des dérivés officiels d’opiacés utilisés, mais la L-dopa n’est pas considérée comme tel alors que c’en est clairement un). Il est difficile de trouver des informations sur le fait que les antiparkinsoniens aient un lien avec la dépression, mais on trouve ça sur la maladie elle-même.

C’est ici (Société Parkinson au Québec) :

« Émission Télématin sur France 2, Parkinson et dépression : Une étude réalisée dans la région Midi-Pyrénées vient de montrer que 40% d’entre elles souffrent d’une réelle dépression. D’autres études montrent que 70% à 80% des patients présentent une dépression ou des variations de l’humeur. »

Il est évident que ce sont en réalité les médicaments qui causent le problème.

 

-          Opioïdes

 

Là, ça concerne tous les opiacés. Donc, que ce soit de l’héroïne, de la méthadone, de la codéine, de la morphine, etc.., on va retrouver les effets suivants (de façon plus ou moins prononcée bien sûr).

 

C’est ici :

« Troubles psychiatriques (effets lors d’une utilisation chronique) :

- Irritabilité, impulsivité

- Episodes anxio-dépressifs

- Etat dépressif majeur 90 % des sujets, avec risque suicidaire (10 à 20 % des sujets dépendants tentent de se suicider), aggravé par la consommation associée d’alcool ou de psychostimulants, par la marginalisation.

- Manifestations psychotiques

- Syndrome déficitaire »

 

-          Bétabloquants

 

On trouve ça ici :

« Une dépression peut parfois survenir lors d’un traitement par bêta-bloquant. N’hésitez pas à discuter de tout symptôme que vous éprouvez avec votre infirmière ou votre médecin. »

Ou sur le Centre Belge d’Information Pharmacothérapeutique, on trouve un communiqué du Centre de Pharmacovigilance, en mai 2008 sur les « dépression et idées suicidaires induites par des médicaments » :

« Plusieurs médicaments de diverses classes ont été associés à la survenue de dépression et/ou d’idées suicidaires.

Divers: antiandrogènes (p.ex. acétate de cyprotérone, flutamide), β-bloquants (surtout les lipophiles), cinnarizine, flunarizine, méthyldopa et agonistes dopaminergiques, progestatifs.« 

 

-          Benzodiazépines

 

On trouve ça sur le site Hometox, du Dr Van Velea, (ici) :

« Les effets « paradoxales » de l’utilisation prolongée des benzodiazépines sont représentés par la dépression avec des tendances suicidaires, des manifestations hallucinatoires, des phénomènes de déréalisation, des phobies, des comportements violents.« 

Or, comme les benzodiazépines sont les anxiolytiques les plus utilisés, ça veut dire qu’une grosse partie des anxiolytiques provoquent la dépression.

 

Notes :

A noter que pour l’alcool, les chiffres sont peut-être inférieurs à la réalité, parce que, dans les 40 %; on parle non seulement des alcooliques, mais aussi des personnes « qui font preuve d’abus d’alcool ». Donc, on peut tout à fait avoir là-dedans les gens qui ne boivent pas régulièrement, mais qui se soulent une fois par semaine par exemple. Ce qui est complètement  différent de l’alcoolique qui lui boit beaucoup, mais surtout boit tous les jours. Celui qui se soule une fois par semaine ne risque pas d’être déprimé. Donc, si on ne comptabilisait que les alcooliques, là, on aurait probablement des chiffres plus élevés.

 

Il est à noter qu’à propos de la dépression, les opiacé-likes ont d’une façon générale une sorte de double nature. Double nature qui entraine une confusion sur leurs effets. Ils permettent de soigner les anxiétés et énervements causés par des analogues d’anti-inflammatoires, ou par un stress. Mais pris de façon quotidienne, ils vont au contraire causer une dépression. Donc, pas mal de gens vont se dire que l’analogue d’opiacés qu’ils prennent ne peut pas causer de dépression (ce qui s’apparente aussi à de l’anxiété), puisque au contraire, ça leur a permis de soigner des crises d’angoisse. C’est ce que pensent souvent les fumeurs de cannabis.

C’est à cause de ce double effet qu’il est dit que l’anxiété et la dépression sont souvent associées. Une personne anxieuse va prendre des anxiolytiques (qui sont donc en fait des analogues d’opiacés). Et à terme, ces médicaments risquent d’entrainer une dépression. Sauf que pour la médecine, ce n’est évidemment pas l’anxiolytique la cause de la dépression, mais un lien plus ou moins mystérieux entre anxiété et dépression.

C’est ce qu’on peut trouver sur Doctissimo :

« L’anxiété et la dépression sont deux troubles qu’il n’est parfois pas évident de différencier et que certains ont tendance à confondre. En effet, certains signes sont communs à ces deux troubles, comme la tension intérieure, les troubles de la mémoire, les troubles du sommeil. De plus, anxiété et dépression sont souvent associés.« 

 

Enfin, comme les opiacé-likes engendrent des problèmes psychiatriques, dans beaucoup de cas la médecine a beau jeu de dire que ce qui a mené au suicide était en fait les problèmes psychologiques de la personne et pas les substances qu’elle prenait.

 

3) Objections possibles concernant l’idée que le taux de cortisol est bas

 

-          Objection 1 :

C’est vrai qu’on pourrait m’opposer que le matin, l’opiacé ne fait plus effet et que du coup, la personne devrait plutôt être énervée et speed. Or si la personne avait un taux de cortisol bas, comme j’en défends l’idée, elle ne serait pas énervée, puisque dans cette situation, la personne est plus amorphe qu’autre chose. Donc, dans ce cas, ma théorie du taux de cortisol bas à cause de la prise d’opiacés serait fausse.

Seulement, il est reconnu que les somnifères engendrent des problèmes de somnolence durant la journée. Donc, les gens continuent à somnoler le matin. Ils ne sont pas spécialement énervés. Ce qui va bien dans le sens de ce que je dis, à savoir que le taux de cortisol reste bas et maintient donc les gens dans un état de somnolence.

En fait, le matin, l’effet en retour de l’arrêt de l’opiacé ne doit pas être encore trop présent. La personne doit ressentir juste une angoisse, un mal être. Et ce d’autant plus que le taux de cortisol est bas. L’effet du taux de cortisol bas s’oppose en partie à la sensation d’énervement due au manque. Difficile d’être très énervé (ce qui demande de l’énergie) quand on est très fatigué. C’est plutôt dans l’après-midi et le soir, que le manque et donc l’énervement vont commencer à se faire vraiment présents. A ce moment-là, le taux de cortisol aura remonté un peu, et le manque d’opiacé commencera vraiment à se faire ressentir. C’est donc seulement là que la personne va éventuellement commencer à être agitée et agressive.

Mais ça va fortement dépendre des pratiques de la personne en matière d’opiacé-likes de substitution. Par exemple, si la personne fume, ça va éviter que le manque de l’opiacé ne se fasse trop sentir. Même chose si elle boit de l’alcool.

 

-          Objection 2 :

Si la personne était réellement fatiguée durant la journée à cause d’un taux de cortisol bas, elle n’aurait pas besoin des opiacés pour dormir.

C’est vrai que si la personne avait vraiment un taux de cortisol bas, comme je le défends, elle ne devrait pas ressentir de problèmes pour s’endormir. Oui, mais il doit y avoir les deux effets qui se croisent. Au fur et à mesure de la journée, l’effet de manque augmente et doit surpasser l’envie de dormir due au taux de cortisol bas. Du coup, malgré un taux de cortisol bas, la personne n’arrive pas à s’endormir.

Par ailleurs, beaucoup de personne vont prendre des excitants pour éviter de somnoler durant la journée. Et ça, ça va augmenter le taux de cortisol de façon artificielle. Ce qui va conduire à des difficultés d’endormissement en fin de journée.

Cela dit, il peut y avoir des cycles. Au bout d’un moment, la personne peut effectivement avoir moins besoin du somnifère tellement elle est fatiguée (et donc tellement elle a un taux de cortisol bas). Mais dans ce cas, une fois qu’elle aura récupéré, le taux de cortisol étant remonté, et le manque par rapport à l’opiacé-like étant plus fort, elle aura à nouveau besoin de ce genre de produit pour s’endormir.

Au passage, je parle bien d’opiacé-likes pour s’endormir, pas seulement de somnifères. En effet, certaines personnes utilisent d’autres produits opiacé-likes que les somnifères pour s’endormir. Certaines personnes utilisent par exemple l’alcool. Elles prennent un verre ou deux d’alcool pour arriver à s’endormir. C’est d’ailleurs une cause d’entrée dans l’alcoolisme. D’autres fument une cigarette ou deux.

On peut penser que le week-end va être une période où la personne va pouvoir récupérer un peu, puisqu’elle pourra faire la grasse matinée, voir dormir durant la journée et ne sera pas obligée de prendre des excitants pour rester éveillée. Du coup, elle sera plus éveillée le Lundi. Ce sera d’autant plus vrai si elle est dans une partie du cycle où elle a moins besoin de l’opiacé pour dormir. Seulement, évidemment, en prenant moins l’opiacé, l’angoisse, puis l’énervement dus au manque se feront plus sentir. Et elle sera obligée alors d’en reprendre durant la semaine.

 

4) Réflexions diverses

 

Comme évoqué plus haut, si certaines personnes ne ressentent pas ou peu de somnolence, c’est très probablement parce qu’elles prennent des excitants durant la journée, comme du café, des analogues d’anti-inflammatoires, ou la pilule pour les femmes. Il est possible aussi que l’aspartame soit en réalité un analogue d’anti-inflammatoire (ce qui n’est pas surprenant, puisque c’est un produit artificiel). Donc, quelqu’un qui prend du coca-light pourrait éviter de somnoler grâce à ça.

 

Il se pourrait aussi que certains suicides soient en fait des accidents. Accidents liés à la perte de mémoire immédiate causée par la prise d’analogues d’opiacés. La personne n’ayant plus de mémoire immédiate, elle oublie qu’elle a pris ses cachets il y a seulement 5 minutes. Donc, elle en reprend, puis en reprend, etc… Puis rapidement, elle s’endort. Et là, elle meurt d’hypotension dans son sommeil.

Cela dit, il peut y avoir des combinaisons alcool + médicaments. La personne peut boire de l’alcool, puis, parce qu’elle est alors à côté de la plaque, elle se met à prendre des médicaments, ce qui aboutit à une hypotension mortelle. La raison de la prise de médicaments peut venir aussi de ce qu’elle n’arrive pas à dormir malgré l’alcool.

 

Par ailleurs, il doit y avoir un certain nombre d’accident qui sont liés à une perte de conscience claire qui sont comptabilisés comme des suicides. Par exemple, la personne est complètement saoule ; ou alors est saoule et a pris d’autres substances opiacé-likes ; ou encore a pris uniquement d’autres substances opiacé-likes et passe par la fenêtre en croyant passer par la porte ? Ça sera considéré souvent comme un suicide.

 

Comme évoqué plus haut, pas mal de gens penseront que les problèmes de dépression et d’idées suicidaires viennent d’eux, puisque beaucoup auront arrêté tel opiacé-like pour passer à un autre qu’ils penseront n’avoir aucun lien avec le premier. Par exemple, une personne fumant du cannabis arrêtera de le faire et passera aux antidépresseurs. Et pourtant, ses idées suicidaires resteront présentes. Ça sera à cause du fait que l’antidépresseur est aussi un opiacé-like. Mais comme la personne ne le sait pas, elle pensera que le problème ne venait pas du cannabis, mais seulement d’elle-même.

 

A quel moment la tentative de suicide a-t-elle le plus de risque d’arriver ? Pas évident de conclure là-dessus. A priori, on peut penser que ça arrive plutôt quand la personne est le plus déprimé, c’est à dire quand le taux de cortisol est au plus bas. Donc, a priori en matinée.

Mais on peut aussi penser que ça arrive peut-être à des moments intermédiaires, quand le taux de cortisol commence à remonter. En effet, il est possible que quand le taux de cortisol est trop bas, la personne n’ait pas assez d’énergie pour se suicider. Tandis que quand le taux de cortisol commence à remonter, là, la déprime est encore très présente, et il y a alors suffisamment d’énergie pour passer à l’acte. Donc, c’est peut-être plutôt en début d’après-midi.

Selon une étude évoquée ici, ce serait en fait plutôt en milieu de matinée et début de journée que ça se fait en majorité : « La plupart des tentatives de suicide ont lieu en milieu de matinée ou en début d’après-midi (SAMHSA, 2006)« .

Donc, ça correspond à peu près aux deux hypothèses.

Bien sûr, il faut tenir compte du fait que certaines personnes vivent plutôt la nuit. Donc, ça décale les horaires en question.

Et puis, en fonction des diverses drogues prises, ça doit aussi modifier les heures critiques.

 

On peut aussi penser que les gens en prison se voient prescrire pas mal d’analogues d’opiacés sous forme de médicaments contre l’anxiété, de somnifères, etc… Déjà, parce qu’à la base, un certain nombre sont des gens nerveux qui ont des difficultés à tenir leurs nerfs. Aussi parce que beaucoup sont là pour consommation et trafic de drogue. Et même si certains ne sont pas tombés pour ça, ils en consommaient. Donc, ils ont besoin des analogues d’opiacés pour se sentir bien. Et puis, là encore, ça permet aux gardiens d’être plus tranquilles. Cet usage d’analogues d’opiacés explique qu’il y ait pas mal de suicides en prison. Ça ne les explique pas tous évidemment, parce que, pour un certain nombre, la perspective de l’enfermement est déjà suffisante pour déprimer et passer à l’acte. Mais ça doit en expliquer une forte proportion quand même.

 

Ce qui doit limiter le problème, c’est que les gens ne peuvent pas augmenter les doses des substances en question très facilement. Donc, au bout d’un moment, les effets diminuent, et la déprime aussi. Elle reste présente à un degré plus ou moins fort. Mais elle n’est plus assez importante pour que la personne se suicide. Et chez les personnes âgées qui sont en maison de retraite, l’impact que ces produits ont sur le cerveau (Alzheimer) fait que beaucoup ne sont plus en état de seulement imaginer se suicider.

 

Les traitements administrés durant la maladie d’Alzheimer aggravent ou entretiennent la maladie

Samedi 17 décembre 2011

 

On va voir ici que les traitements utilisés durant la maladie d’Alzheimer peuvent eux aussi dégrader les performances intellectuelles et donc aggraver ou entretenir la maladie de façon artificielle.

On va étudier ici quatre types de médicaments

  • Les produits opiacés pris avant et pendant la maladie d’Alzheimer
  • Les médicaments contre la maladie d’Alzheimer
  • Les médicaments utilisés habituellement contre certains symptômes des démences (antipsychotiques) et utilisés aussi dans les cas d’Alzheimer
  • Les somnifères utilisés chez les personnes âgées en maison de retraite

Bien sûr, ici, on ne va pas traiter des cas où la personne est déjà en situation d’Alzheimer définitif. Ca ne présente pas d’intérêt, puisque dans ce cas, l’état de démence ne peut plus être changé (aggravé ou amélioré). Et le problème d’un maintien artificiel de l’état en question via les médicaments n’a plus d’objet non plus.

On va donc analyser les faux cas d’Alzheimer et certains cas d’Alzheimer réels, mais débutants. C’est-à-dire soit les cas ou la personne a l’air d’avoir perdu sa mémoire définitivement, alors que c’est la prise d’opiacé-likes qui provoque le phénomène (la mémoire pourrait donc revenir si elle arrêtait de prendre ces substances), soit les cas où la personne est juste en début de phase de démence, mais pourrait récupérer en partie ou totalement.

Pour ceux qui découvriraient le blog à travers cet article, je rappelle que selon moi, il n’y a pas 10.000 types de médicaments, contrairement à ce que l’orthodoxie médicale voudrait nous faire croire. Il y a en réalité seulement 3 grands types de médicaments mis à toutes les sauces : les anti-inflammatoires (ce qui inclut les antibiotiques, les anticancéreux, etc…), les opiacé-likes (ce qui inclut les benzodiazépines, les somnifères, les antalgiques de pallier 3, certains antipsychotiques, etc…), et les mélange anti-inflammatoires opiacés.

 

1) Les opiacé-likes pris avant la déclaration de la maladie

 

Comme on l’a vu dans l’article précédent, les opiacés et leurs analogues peuvent provoquer la maladie d’Alzheimer. La vitesse de déclenchement de la maladie dépendant de l’âge de la personne, de la dose d’opiacé-likes consommée, et de l’augmentation plus ou moins rapide des doses.

Ce qui nous intéresse ici, c’est qu’une fois la maladie déclarée, on n’arrête généralement pas de prendre les médicaments en question. Une personne Alzheimer qui prenait des antidouleurs ou des antimigraineux, ou des somnifères continuera à se les faire administrer via les personnes s’occupant d’elle (auxiliaires de vie à domicile ou infirmière dans les maisons spécialisées).

Donc, les médicaments qui ont provoqué l’entrée dans la maladie continueront à être consommés, et ainsi à maintenir ou aggraver l’état du patient.

Donc, par ce biais, on a déjà un premier élément provoquant le maintien ou l’aggravation de la maladie, une fois celle-ci déclarée à cause de la consommation d’opiacé-likes. C’est un élément majeur du problème.

 

2) Les médicaments spécifiques de la maladie d’Alzheimer

 

Vu qu’il n’y a que 3 types de médicaments principaux (anti-inflammatoires, opiacés, et mélanges opiacés/anti-inflammatoires), et que tous peuvent provoquer la maladie d’Alzheimer chez des personnes âgées, il est évident que les médicaments anti-Alzheimer vont avoir tendance à entretenir la maladie.

 

Voilà la liste des médicaments anti-Alzheimer :

  • Les opiacé-likes :

Ebixa

  • Les anti-inflammatoires :

Aricept (molécule Donépézil)

Cognex (Tacrine)

  • Les mélanges anti-inflammatoire/opiacés :

Exelon

 

-          L’impact des opiacés

 

Deux cas nous intéressent ici : 1) le cas où la personne est diagnostiquée Alzheimer, mais a encore juste des symptômes légers. Symptômes qui peuvent être causés par des vaccins, un petit AVC (soit naturel, soit provoqué par des médicaments du genre anti-inflammatoire), ou encore la prise d’opiacé-likes ; 2) le cas où la démence est déjà bien avancée mais est un faux Alzheimer causé par la consommation d’opiacé-likes (donc, la démence est curable si on arrête de prendre ces médicaments).

Dans le premier cas, la prise d’opiacé-likes va faire entrer encore plus la personne dans la démence. Et le diagnostic initial va se trouver confirmé.

Dans le deuxième cas, la prise d’opiacé-likes va maintenir la personne dans la démence, voir aggraver celle-ci, si elle n’était pas totale. Donc, même si on arrête de lui administrer certain des opiacés pris avant le diagnostic, l’état de démence sera maintenu.

Donc, l’impact des opiacé-likes utilisés en tant qu’anti-Alzheimer est totalement négatif.

 

-          L’impact des analogues d’anti-inflammatoires

 

Concernant l’impact des analogues d’anti-inflammatoires, on peut reprendre les deux cas précédents : 1) la personne est diagnostiquées Alzheimer, mais a encore juste des symptômes légers ; 2) la démence est déjà bien avancée mais est un faux Alzheimer causé par la consommation d’opiacé-likes. Mais, l’impact va plus dépendre de l’origine de l’entrée dans la maladie qu’avec les opiacés.

 

  • Cas 1

Dans le premier cas, si les symptômes viennent des vaccins, on peut penser que la prise d’anti-inflammatoire n’aura que peu d’impact immédiat, aussi bien positif que négatif. Par contre, à plus long terme, ça risque de provoquer des micro-AVC ou des AVC plus importants. Mais là, ça dépendra des doses prises et de la consommation d’autres médicaments du même type.

Si les symptômes viennent de micros-AVC, qu’ils soient naturels ou causés par la prise d’analogues d’anti-inflammatoires, l’impact des anti-inflammatoires va être aléatoire. En effet, tout dépend du fait que les AVC aient été causé par des caillots ou par des saignements.

Si c’est à cause de caillots, la prise d’anti-inflammatoire à doses faibles peut augmenter leur production, et donc aggraver le problème à terme. Par contre, si la dose est plus forte, ça peut dissoudre les caillots, et donc participer à la stabilisation du problème. Mais évidemment, s’il y a déjà une démence de déclarée et qu’elle est présente déjà depuis un certain temps (donc, ayant peu de chance de s’améliorer), ça ne va pas la faire disparaitre. Ce qui sera le cas la plupart du temps quand le diagnostic d’Alzheimer tombera.

Par contre, si c’est à cause de saignements, dans la mesure où ceux-ci viennent quasiment forcément de la prise d’analogues d’anti-inflammatoires, la prise d’anti-inflammatoires va augmenter le risque de nouveaux AVC, et donc de dégradation des capacités mentales. Toutefois, dans la mesure où les saignements peuvent avoir une cause ponctuelle (prise d’antibiotiques ou d’anticancéreux), ça peut ne pas être le cas. Dans cette situation, les anti-inflammatoires vont soit créer des caillots, soit provoquer des saignements. Ça dépendra de la dose. Cela dit, vu que les doses d’anti-inflammatoire que représentent les médicaments anti-Alzheimer ne doivent pas être très importantes, ça va plutôt créer des caillots a priori. En tout cas évidemment, tout ça peut durer assez longtemps sans qu’il ne se passe rien.

Si les symptômes viennent de la prise d’opiacé-likes, dans la mesure où les anti-inflammatoires rendent plus nerveux, plus excité, ça va s’opposer à l’effet de somnolence des opiacés. La personne va être capable de plus se concentrer. Donc, l’état pourra éventuellement s’améliorer. Ça dépendra probablement des heures de la journée. Mais, comme la personne aura plus de difficultés à dormir à cause des anti-inflammatoires, on lui donnera des somnifères (donc effet opiacé). Donc, l’effet positif sera aléatoire.

Et même dans les cas où il y a amélioration des capacités intellectuelles, la nervosité engendrée par les anti-inflammatoires risque de faire passer la personne pour démente. Donc, il n’est pas évident que le diagnostic soit changé. Surtout que comme il y aura tendance à y avoir des retours d’états amorphe et de perte de mémoire à certains moments de la journée (quand l’effet des opiacés sera à nouveau supérieur à celui des anti-inflammatoires), l’effet positif des anti-inflammatoires ne durera pas assez longtemps pour donner l’impression qu’il n’y a plus de problèmes cognitifs.

Par exemple, si le matin, la personne est amorphe et a des problèmes de lucidité parce qu’elle a pris un analogue d’opiacé pour dormir, qu’à partir de midi, parce qu’elle a pris des anti-inflammatoires, elle se met à devenir agressive, ça ne va pas améliorer beaucoup l’impression que les gens ont sur son état mental.

Et puis, on verra plus loin qu’en maison de retraite ou institut spécialisé, on assomme les pensionnaires d’opiacés pour qu’ils se tiennent tranquille. Du coup, dans ces endroits, on fera en sorte que la dose d’opiacé-likes soit suffisamment importante pour outrepasser largement l’effet des anti-inflammatoires. Donc, l’impact positif qu’ils auraient pu avoir sera totalement noyé par l’effet des opiacés.

 

  • Cas 2

Dans le second cas (faux Alzheimer déjà bien déclaré et causé par des opiacés), là aussi, ça pourra améliorer un peu la situation. Mais si la démence est déjà importante, ça veut dire que la consommation d’opiacé-likes l’est aussi. Du coup, vu que les doses d’anti-inflammatoires que ça représente sont assez faibles, il y a des chances que l’effet des opiacés soit largement supérieur à celui de l’anti-inflammatoire. Surtout qu’une fois l’Alzheimer diagnostiqué, on administrera d’autres opiacés. Et puis, on augmentera des doses de ceux déjà consommés, en réaction aux effets de l’anti-inflammatoire.

Donc, les résultats de l’usage d’analogues d’anti-inflammatoires sont assez variés. Soit ça ne va rien améliorer ou pas grand-chose, soit ça va faire empirer le problème, soit ça va l’améliorer (cas ou le problème vient de la prise d’analogues d’opiacés). Cela dit, dans ce dernier cas, l’amélioration sera généralement temporaire, puisqu’alors, on aura tendance à augmenter la consommation d’opiacé-likes.

Enfin, même si ça n’est pas le problème étudié ici, il faut se souvenir que les anti-inflammatoires raccourcissent l’espérance de vie : par insuffisance hépatique et par AVC (caillot ou saignement en fonction de la dose). Et ils induisent des tas de pathologies, comme on a pu le voir par ailleurs sur le blog.

 

Donc, globalement, les médicaments anti-Alzheimer vont avoir plutôt tendance à détériorer la situation ; à faire entrer les gens plus profondément dans la maladie. Si les symptômes étaient légers suite à la prise de somnifères par exemple, ils vont devenir plus importants. Et ensuite, une fois qu’ils seront dans une maison de retraite spécialisée, les antipsychotiques qu’on leur administrera achèveront de les rendre déments. Mais, il y a quelques cas où l’usage d’analogues d’anti-inflammatoires peut améliorer la situation à certains moments de la journée.

C’est vrai que vu que les doses (en équivalent opiacés et anti-inflammatoires) doivent être faibles, on peut penser que ce ne sont pas les médicaments contre l’Alzheimer qui posent le plus problème, mais plutôt les autres médicaments. Mais bon, ça peut avoir un rôle d’aggravation du problème. Donc leur impact négatif est loin d’être négligeable.

 

3) Les antipsychotiques et somnifères utilisés chez les malades Alzheimer

 

En fait, avec les analogues d’opiacés ayant provoqué l’Alzheimer, ce sont les médicaments pris en maison de retraite qui vont participer le plus au maintien ou l’aggravation de la maladie.

En effet, en maison de retraite et dans les instituts spécialisés pour recevoir les malades d’Alzheimer, on administre des antipsychotiques (autrement appelés neuroleptiques) aux personnes âgées atteintes de démence. Or, bon nombre de ces médicaments sont apparemment des analogues d’opiacés. On administre aussi des somnifères. Et là, ce sont uniquement des opiacé-likes. Du coup, les faux cas d’Alzheimer vont continuer à être dans cet état à cause de l’administration de ces analogues d’opiacés. Et à terme, ils vont souvent finir par devenir de vrais cas d’Alzheimer ; même sans médicaments, ils resteront dans cet état.

Il y a bien eu quelques alertes concernant leurs effets. Mais il y a peu de chance qu’on arrête de les utiliser. Si on administre ces médicaments, c’est à cause des problèmes d’organisation intrinsèques à ce genre d’endroit. Il y a peu de personnel et beaucoup de personnes âgées. Et si elles sont Alzheimer, elles agissent évidemment un peu n’importe comment. Donc, à cause du manque de personnel, celui qui est en place administre des calmants afin que les pensionnaires se tiennent tranquilles. Et le soir, il leur administre des somnifères afin qu’ils ne déambulent pas dans les couloirs. Il le fait aussi afin qu’ils ne dorment pas durant la journée et qu’ils soient bien réglés sur l’horaire des repas. C’est comme dans les hôpitaux psychiatriques en fait. Face à des pensionnaires récalcitrants, on utilise les opiacé-likes pour les rendre dociles ainsi que pour caler leur sommeil sur l’organisation de l’institut. Eh bien sûr, le fait de donner des analogues d’opiacés est très probablement avalisé par les dirigeants de ces organisations. En effet, ça permet d’utiliser moins de personnel pour accomplir la même tâche. Donc, c’est très intéressant financièrement.

 

Le problème, c’est qu’on donne même ces médicaments à des gens qui sont encore parfaitement sains d’esprit. Du coup, on crée artificiellement des cas d’Alzheimer.

C’est ce qu’on peut voir ici : « Le Dr Yong Chen, du service de médecine gériatrique de l’université du Massachusetts à Worcester (Etats-Unis) a évalué la prescription d’antipsychotiques chez 16 500 nouveaux résidents en maison de retraite en 2006. Environ 30% recevaient au moins un psychotrope, et parmi eux 32% ne présentaient aucune démence, psychose ou autre indication. Les résidents nouvellement admis avec un haut taux de prescription avaient 1.37 fois plus de risque de recevoir un traitement antipsychotique que ceux ayant un faible taux de prescription.« 

Donc, apparemment, on administre des antipsychotiques même à des gens qui n’ont pas de problème de démence dans les maisons de retraite. Pas étonnant qu’ils le deviennent.

Cette information nous fait découvrir un autre élément majeur du problème. On a une nouvelle source de création de malades d’Alzheimer via la consommation d’opiacé-likes. Et, vu le nombre de personnes âgées qui vont en maisons de retraite, c’est clairement une source importante du problème.

 

Bien sûr, on peut penser que le traitement est aussi fonction du niveau social. Dans les maisons de retraite pour riches, on doit ne pas appuyer sur la pompe à opiacés de façon trop exagérée. Il faut que les membres de la famille n’aient pas l’impression qu’ils mettent leur mère, leur femme, leurs grands-parents dans un mouroir (parce que voir des rangées de vieux complètement éteints sur leur siège, ça donne légèrement cette impression). Donc, il faut quand même qu’une partie des résidents aient l’air un minimum éveillés. Par contre, dans les endroits pour pauvres, on peut se lâcher sans trop de problème.

Cela dit, ça n’est évidemment valable que pour les maisons de retraite. Pour les instituts plus spécialisés dans les cas d’Alzheimer, pas besoin de faux semblants. On peut assommer l’ensemble des patients sans que ça ne choque les parents et amis.

Bien sûr, il est possible que des médecins administrent aussi ce genre de produits à des personnes âgées atteintes d’Alzheimer mais restées chez elles. Dans la mesure où là aussi, elles posent problème, le médecin traitant peut proposer à la famille de leur administrer des antipsychotiques et des somnifères pour qu’elles restent tranquilles. Et la famille peut accepter pour retrouver un certain calme.

 

Un autre élément intéressant est ce que recouvre le terme d’amélioration dans le cas des médicaments antipsychotiques utilisés pour la maladie d’Alzheimer.

C’est ici :

« Les médicaments antipsychotiques (ou neuroleptiques), autorisés pour le traitement de la schizophrénie ou du trouble bipolaire, sont utilisés pour calmer l’agitation et l’agressivité chez 30 à 60% des personnes atteintes de démence placées en établissements en Europe et en Amérique du Nord, selon les auteurs de l’étude.

Des études précédentes, menées sur des courts termes (6 à 12 semaines), ont montré un bénéfice des traitements antipsychotiques sur les symptômes d’agitation et d’agressivité. Mais elles ont indiqué des effets secondaires dommageables. La récente étude confirme les risques associés à ces médicaments. »

Et aussi ici :

« Il a été démontré que l’olanzapine est efficace dans le traitement des symptômes psychologiques et comportementaux de la maladie d’Alzheimer.

Les résultats ont prouvé que les doses de 5 mg et de 10 mg avaient amélioré significativement le critère d’évaluation principal, soit le score total des éléments de base du NPI/NH (agitation/agressivité, hallucinations et délires), de même que l’hostilité et l’anxiété/dépression comparativement au placebo. De plus, les perturbations du travail des soignants, le score total NPI/NH et le score total BPRS ont été réduits de façon significative dans le groupe sous 5 mg.

L’olanzapine s’est avérée sûre et efficace à long terme, ayant procuré un soulagement continuel des symptômes de patients âgés souffrant de la maladie d’Alzheimer. »

Donc, en réalité, ce qu’on considère comme des améliorations de la maladie sont surtout des améliorations de confort pour le personnel soignant. Le but n’est donc pas que la personne Alzheimer voit ses capacités mentales s’améliorer, comme on pourrait le croire quand on parle justement d’améliorations des symptômes. Le but est de faire en sorte que le malade devienne complètement amorphe afin d’ennuyer le moins possible le personnel. Evidemment, ça change légèrement la perception qu’on peut avoir de ces « améliorations ».

Comme dit plus haut, l’usage de ces médicaments peut se comprendre évidemment. Face à une foule indisciplinée composée de gens en état de démence et parfois agités, il est tentant de résoudre le problème avec des produits calmants. Seulement, si ça maintient les gens en question dans un état de perte de mémoire dont ils pourraient sortir sinon, ou si ça les fait même entrer dans cet état de démence, là, ça ne va plus du tout. Si on a 100 % de gens déjà malades, et ce définitivement, le problème ne se pose pas. Si 20 ou 30 % des gens sont en bonne santé, ou s’ils sont déjà atteints pourraient voir leur état s’améliorer, et que ce sont les analogues d’opiacés qui engendrent le problème, l’usage de ces produits à haute dose devient criminel.

 

On peut constater qu’il est dit que les études « ont indiqué des effets secondaires dommageables ». Quels sont-ils ? Eh bien on peut en avoir une idée ici :

« Outre le danger d’accélération de la mortalité des malades souffrant d’Alzheimer, le rapport Banerjee met en garde contre de nombreux effets secondaires engendrés par l’utilisation inappropriée d’antipsychotiques: il s’agit notamment de problèmes de raidissement des muscles, de sudation et de difficultés pour réfléchir et s’exprimer. »

Donc, loin de soigner les personnes atteintes d’Alzheimer, les antipsychotiques aggravent leur état mental. L’orthodoxie médicale le reconnait elle-même.

 

Dans la mesure où les antipsychotiques sont donnés pour mettre les gens en état de léthargie, afin qu’ils ne posent pas de difficulté au personnel qui s’en occupe, il est clair que ce type de médicaments est un élément majeur du problème de l’Alzheimer. Puisqu’on veut mettre les gens dans un état de stupeur, les doses (en équivalent opiacé) vont généralement être beaucoup plus importantes que ce qu’ils prenaient avant d’aller en institut (s’ils prenaient des opiacés bien sûr). Durant la phase pré-Alzheimer, quand les gens prennent des opiacé-likes pour soigner des douleurs, des insomnies, etc.., le médecin traitant essaye de limiter les effets secondaires, ce qui limite le pourcentage de gens sombrant dans la maladie et la vitesse et l’importance de la déchéance. Alors que là, on veut au contraire que ces effets secondaires (somnolence) soient importants. Donc, non seulement les doses vont être élevées dès le départ, mais on va même les augmenter indéfiniment pour maintenir l’effet désiré. Du coup, là, non seulement la fréquence de survenue du problème va être beaucoup plus importante, mais sa vitesse également.

Il faut faire la distinction cependant entre les personnes déjà considérées comme Alzheimer ou pré-Alzheimer, et celles qui ne le sont pas encore.

Dans les deux premiers cas, une fois en institut spécialisé ou en maison de retraite médicalisée, vu leur état, le personnel soignant ne va pas hésiter à appuyer sur la dose d’opiacés. Donc, pour les personnes pré-Alzheimer, la déchéance va être rapide. Alors que si elles étaient restées chez elles, la dégradation aurait probablement pris plus de temps. Et pour celles qui sont Alzheimer, mais qui sont des faux cas, ça va les maintenir dans la démence. Et à terme, ça va certainement finir par les transformer en vrai Alzheimer.

Ce qu’il y a aussi, c’est que comme le personnel se dit que ces personnes sont déjà Alzheimer, ça n’est pas grave de leur donner des médicaments qui perturbent les fonctions intellectuelles. Et même pour celles qui sont seulement en état de pré-Alzheimer, le personnel va se dire que de toute manière, l’issue de la maladie est certaine, et donc, que prescrire des médicaments qui diminuent les capacités intellectuelles ne fait qu’accélérer un peu une déchéance de toute façon certaine. Enfin.., évidemment, il n’y en a pas beaucoup qui atteindront ce degré de réflexion et se poseront ce genre de question. Mais pour les quelques rares à qui ça arrivera, la réponse sera celle-là.

Concernant le troisième cas (personnes non malades), ça va être différent. Vu qu’il va s’agir de personnes en maisons de retraite classiques, et qu’elles ne posent pas autant de problèmes d’organisation, on ne va probablement pas trop appuyer sur les doses d’opiacés. Donc, l’état se dégradera plus lentement. Mais, une fois en état de pré-Alzheimer, les doses seront augmentées et la perte de mémoire s’accélérera.

Comme vu plus haut, ça dépendra du type de maison de retraite. Dans les maisons de retraites bas de gamme, on aura tendance à utiliser beaucoup plus facilement les opiacé-likes, à des doses assez fortes et sur une proportion plus importante de gens qui ne présentent aucun symptôme de psychose ou de démence. Du coup, il y aura plus de gens sombrant dans la démence, et ça se fera plus rapidement.

Alors, quelles sont les gens non Alzheimer qui vont se voir administrer ce genre de produits en maisons de retraite classiques ? Il doit y avoir des gens qui ne sont plus très autonomes physiquement parce qu’ils ont subi des opérations. La plupart doivent prendre des médicaments. Si ceux-ci les empêchent de dormir ou les énervent durant la journée (des anti-inflammatoires donc), on va leur donner des analogues d’opiacés. Et comme on cherche à les assommer chimiquement, la dose sera adaptée pour que les effets opiacé-likes surpassent largement les effets anti-inflammatoires. Et puis, il y a ceux qui prennent des somnifères pour dormir, mais qui sont en manque durant la journée et qui s’énervent. Du coup, on va leur donner des antipsychotiques durant la journée pour les calmer. Dans les maisons de retraite bas de gamme, avec des mauvaises conditions de vie, ça peut simplement être ceux qui se rebellent plus ou moins contre cette situation.

 

Voici la liste des principaux antipsychotiques (je n’ai pas mis les antipsychotiques cachés ou les antagonistes partiels de la dopamine) classés en fonction du fait qu’ils soient des opiacés purs ou des mélanges anti-inflammatoires/opiacés.

Antipsychotiques

Médicament

Opiacé pur

Mélange

Antipsychotiques typiques

Perphenazine

X


Pimozide

X


Cyamémazine

X


Fluphénazine


X (mais prédominance de l’effet opiacé)

Thioridazine


X (mais très forte prédominance de l’effet opiacé)

Trifluopérazine


X

Halopéridol


X (mais avec plutôt une prédominance de l’effet opiacé)

Chlorpromazine


X

Antipsychotiques atypiques

Clozapine

X (mais peut-être un peu d’anti-inflammatoire)


Quétiapine

X (idem)


Olanzapine


X

Rispéridone


X (mais prédominance de l’effet opiacé)

 

4) Les somnifères

 

Les somnifères aussi sont une source de problème importante dans les maisons de retraite et instituts spécialisés.

Dans le Figaro santé, on apprend que : « Dans les maisons de retraite, entre 30 % et 60 % des pensionnaires, selon les études, absorberaient chaque soir ce type de molécules.« 

Le problème des somnifères, c’est que pour ceux à durée d’activité courte (les hypnotiques), le matin, la personne va être en manque. Donc, en maison de retraite ou institut spécialisé, elle risque d’avoir un comportement nerveux, voir violent. Le comportement des gens en manque de drogue quoi. Du coup, pour supprimer ce type de comportements, on va leur donner des antipsychotiques durant la journée.

Et inversement, si on donne des antipsychotiques durant la journée, les gens vont avoir tendance à ne pas pouvoir s’endormir le soir ou à se réveiller durant la nuit. Donc, on donnera des somnifères pour qu’ils puissent dormir. C’est le cercle vicieux. Cercle vicieux qui va amener forcément à terme à faire prendre des antipsychotiques ET des somnifères aux pensionnaires des instituts pour personnes âgées.

Bien sûr, en théorie, la prescription de somnifères est limitée en durée. Mais en pratique, ça n’est pas le cas. C’est ce qu’on peut lire là aussi dans le Figaro santé : « Certes la loi impose pour lutter contre ces effets de ne pas délivrer d’ordonnances pour des durées supérieures à quatre semaines dans les cas d’insomnie, et douze dans ceux de troubles anxieux. Mais ces recommandations sont largement contournées.« 

Et comme on a pu le voir plus haut, c’est le cas aussi dans les maisons de retraite. Alors que là, on devrait appliquer la loi de façon rigoureuse.

Concernant les maisons de retraites bas de gamme, on va donner des somnifères encore plus facilement qu’ailleurs. C’est ce qu’évoque le témoignage de cette femme :

« Ma mère est hébergée dans un établissement vétuste où le manque de personnel et l’incompétence de la direction engendre des dysfonctionnements graves (faute de personnels, les résidents sont attachés du matin au soir et on leur administre des somnifères pour ne plus les entendre se plaindre …).« 

 

En bref :

Donc, à partir du moment où la personne est diagnostiquée Alzheimer, il va y avoir 3 situations où la prise de médicaments va soit maintenir le rythme de dégradation des capacités intellectuelles alors que l’Alzheimer est encore léger, soit maintenir une situation d’Alzheimer déjà semi-total ou total mais plus ou moins réversible, soit mener carrément à un Alzheimer définitif.

  • L’usage d’analogues d’opiacés déjà consommés par la personne avant le diagnostic d’Alzheimer (médicaments qui seront généralement responsables de l’évolution vers la maladie)
  • La consommation de médicaments spécifiquement anti-Alzheimer. Comme les doses sont relativement faibles, ça va seulement mener à une dégradation plus ou moins légère. Mais cette participation à la dégradation jouera un rôle important, puisque ça permettra éventuellement de placer la personne dans un institut spécialisé où là, les médicaments utilisés conduiront à une détérioration plus rapide et plus importante de la situation. Dans de rares cas, ces médicaments pourront améliorer à certains moments les fonctions intellectuelles.
  • L’administration d’opiacé-likes (antipsychotiques et somnifères) à haute dose dans les maisons de retraite ou les instituts plus médicalisés.


C’est la première et la troisième situation qui, à causes des doses utilisées, vont être les plus grosses sources de dégradation des capacités cognitives.

 

Une autre cause majeure de la maladie d’Alzheimer : les opiacé-likes

Mercredi 30 novembre 2011

 

Evidemment, une fois qu’on a compris le lien entre folie et opiacés, on comprend immédiatement le lien entre Alzheimer et opiacés. Si les opiacé-likes entrainent des problèmes importants de mémoire, alors, forcément, ils sont une cause d’Alzheimer. Et vu la proportion de personnes âgées sous opiacés ou leurs analogues, ça doit en être une cause très importante

 

1) Opiacés et pertes de mémoire

 

Je rappelle le mécanisme.

Les opiacés rendent floue la frontière entre sommeil et éveil. Comme ils entrainent de la somnolence, on est à moitié éveillé dans la journée. Et comme ils entrainent un sommeil de mauvaise qualité, on dort à moitié durant la nuit. Forcément, à ce régime là, on finit par être extrêmement fatigué. Du coup, il devient difficile de mémoriser correctement : dans la journée, parce qu’on n’arrive pas à être attentif, et durant la nuit, parce que le sommeil est perturbé (or il est essentiel pour une bonne mémorisation).

De la même façon, on va avoir tendance à inventer des souvenirs, parce que comme on somnole dans la journée, et comme on manque de sommeil de bonne qualité, on finit par rêver tout éveillé. Du coup, avec la fatigue, la personne n’arrive plus bien à distinguer entre le rêve et la réalité, et invente donc des souvenirs fictifs.

Le docteur Patrick Lemoine (psychiatre, docteur en neurosciences) a aussi une théorie très intéressante sur le sujet. Selon lui, les benzodiazépines (il se limite à ça ; mais bien sûr, c’est valable pour tous les opiacés-likes) engendrent des symptômes de type Alzheimer parce qu’ils augmenteraient la fréquence et la durée des apnées du sommeil. Or, on sait que les apnées du sommeil conduisent à des états de démence. Les apnées du sommeil entraineraient un risque majeur d’AVC (accident vasculaire cérébral). Certains feront des AVC majeurs, mais la plupart feront plutôt des mirco-AVC, ce qui conduira à des syndromes démentiels.

« On sait très bien maintenant qu’un quart de Lexomil pris à 19h multiplie par deux le nombre et la durée des incidents respiratoires. La prise de ces médicaments peut donc transformer un ronfleur avec quelques apnées en apnéique pathologique. Je pense que certains patients ne développeraient pas de démence si leur cortex cérébral ne subissait pas autant d’hypercapnies et donc d’asphyxies. »

Et on comprend pourquoi une telle chose arrive avec les produits de type opiacé. Quand une personne ronfle, c’est parce que la base de la langue s’enfonce dans la gorge et diminue la place pour le passage de l’air vers les poumons. Donc, vu que les opiacés engendrent un relâchement des muscles, ça doit relâcher encore plus les muscles de la langue. Et du coup, sa base doit s’enfoncer encore plus dans la gorge, ce qui diminue encore plus l’espace qu’a l’air pour passer. Par ailleurs, lorsqu’une personne ronfle, le corps doit compenser instinctivement le manque d’espace de passage de l’air, en inspirant un peu plus fort. Du coup, le flux d’air augmente et la personne évite le manque d’oxygène. Mais, avec les opiacés, toujours à cause du relâchement des muscles, la personne ne doit plus pouvoir faire cet effort supplémentaire. Et à de nombreuses reprises, il doit y avoir des micro apnées.

Par ailleurs, en dehors de l’endommagement du cerveau, vu qu’il y a déjà naturellement un problème de sommeil non réparateur avec les opiacés, chez les personnes qui ronflent le problème est encore augmenté.

Bien sûr, il faudrait voir quelle est la proportion de gens qui ont l’habitude de ronfler parmi ceux qui développent une démence à cause des opiacés pour déterminer l’ampleur du phénomène.

Par ailleurs, comme les opiacés ont un effet sur la douleur en agissant sur le cerveau, il est possible que ça ait aussi un effet sur la mémorisation par ce biais-là en limitant le signal électrique dans le cerveau. Idée pas complètement stupide, puisque peu après y avoir pensé, j’ai découvert ce site qui dit effectivement que la méthadone décroit le flux sanguin dans le cerveau et son activité électrique. Au scanner SPECT, les personnes sous méthadone montrent des zones du cerveau ayant 45 % d’activité électrique en moins que la normale. Donc, il y a manifestement une dégradation de l’activité du cerveau. Bien sûr, il est possible que la diminution de l’activité électrique soit causée par des atteintes qui seraient purement physiques de la part de l’opiacé, ou alors, par le fait que le cerveau et le corps soient en situation de repos artificiel. Mais il est possible que l’opiacé agisse directement sur le flux électrique. Si ça agit directement sur la douleur, c’est peut-être qu’il y a une action directe sur les connexions neuronales au niveau électrique.

Par ailleurs, comme les opiacés diminuent l’envie de manger et que la nourriture solide participe fortement à l’hydratation du corps, on peut se dire aussi que les personnes sous opiacés vont être moins bien hydratées. Or, les cellules des personnes âgées sont déjà beaucoup moins bien hydratées que celles des jeunes. Donc, ça n’aidera pas le cerveau.

Enfin, le manque de motivation qu’entrainent les opiacés doit avoir un impact sur la mémoire aussi, puisque la mémoire est souvent clairement lié à l’envie, la motivation ; bref, aux émotions en général. Sans émotion, la mémorisation risque donc d’être moins bonne.

 

2) La dose et l’âge, facteurs essentiels de la survenue de la maladie d’Alzheimer

 

Donc, le mécanisme est identique à celui mis en évidence pour les fous. Toute la différence est dans la dose et l’âge.

Chez les personnes ordinaires consommant des opiacés, l’objectif n’est évidemment pas de les abrutir, contrairement aux personnes en hôpital psychiatrique. On va plutôt faire en sorte de limiter les effets secondaires et de ne pas augmenter les doses trop vite. Ceci afin d’éviter que la personne ne puisse plus assurer ses activités quotidiennes (travail, vie personnelle) et qu’elle ne devienne accroc au médicament. Les doses vont être limitées et l’impact de l’opiacé va l’être aussi. Et ce d’autant plus que l’effet des opiacés a tendance à diminuer à doses égales au fur et à mesure des prises. Donc, puisque les médecins limitent l’augmentation des doses, l’effet de l’opiacé va diminuer et la personne ne va pas subir des effets trop importants sur la mémoire. Et du coup, ça mettra beaucoup de temps avant que la personne ne se mette à vraiment perdre la mémoire.Ca prendra éventuellement jusqu’à 20 ou 30 ans en fonction des doses. Bien sûr, à doses plus fortes, ça pourra être plus rapide.

Avec des doses moyennes d’opiacés, l’âge sera un facteur primordial. Tant que la personne sera jeune, les effets des opiacés sur la mémoire resteront limités. Ceci parce que le cerveau est plus performant, et peut également se réorganiser en cas de problème. Mais quand la personne aura dépassé un certain âge, les effets délétères des opiacés commenceront à affecter le cerveau de façon visible. Le cerveau devenant moins performant et flexible avec l’âge, des atteintes qui n’auraient pas été visibles à 30 ans, le seront à 65-70-75-etc… ans (l’âge en question dépendra des personnes).

Par ailleurs, les atteintes au cerveau seront évidemment progressives. Une personne ayant 5 ans d’utilisation d’opiacés à dose moyenne sera seulement légèrement esquintée. Une personne ayant 20 ans d’utilisation d’opiacés derrière elle le sera beaucoup plus.

Donc, c’est trompeur, vu que pendant tout un temps, il ne se passera rien ou rien de bien grave. Puisque pendant 20 ans, tout se sera bien passé, les consommateurs d’opiacés auront tendance à se dire que ceux-ci ne posent pas de problème.

C’est ce qui explique que des gens peuvent avoir pris des médicaments avec effet de type opiacé pendant 20 ou 30 ans sans que n’apparaisse de problèmes graves de mémoire.

Et concernant le problème mis en avant par le docteur Lemoine, plus on prend de l’âge, plus on a tendance à ronfler et à avoir des micro-apnées. Du coup, l’impact de l’opiacé via ce biais-là, sera de plus en plus important au fur et à mesure que la personne avancera en âge. Donc, tout arrivera en même temps. C’est au moment où la personne sera le plus esquintée par l’opiacé que le cerveau sera le moins performant et que les problèmes de ronflements s’accentueront.

Comme évoqué plus haut, il faut aussi tenir compte du fait que l’effet diminue si on n’augmente pas les doses. Or, comme les médecins ne vont pas augmenter les doses trop rapidement, l’effet va avoir tendance à diminuer. Donc, les gens vont subir généralement un effet opiacé faible ou moyen, ce qui limitera les problèmes de mémoire. Et même quand il y aura augmentation des doses, la perte d’efficacité sera suffisamment rapide pour que l’impact soit limité.

L’augmentation des doses pose quand même parfois problème. C’est le cas quand il y a passage à un palier supérieur en ce qui concerne l’effet recherché : comme par exemple quand on passe des antalgiques de palier 2 à ceux de palier 3. On va d’un seul coup passer à des opiacé-likes plus puissants. Et en plus, au lieu de les utiliser en cas de crise, on va les prendre quasiment en permanence pour éviter l’apparition d’une crise. Donc, d’un seul coup, l’impact va être très supérieur au type de médicament pris précédemment, ce qui risque d’accélérer fortement la vitesse de dégradation de la mémoire.

Et puis, il y a aussi le cas où on ajoute un autre opiacé-like à la consommation d’un premier opiacé, dans le cas où le médecin diagnostique une nouvelle maladie. Par exemple, une personne prend un somnifère depuis 2 ans. On lui diagnostique en plus un trouble bipolaire. On lui donne des médicaments opiacés quand on la considère en phase haute du trouble. La consommation d’opiacés est multipliée par 2 d’un seul coup. Ou alors, un opiacé-like pris pour une raison autre qu’antidouleur fait moins d’effet et des douleurs apparaissent. Le médecin va donner un antalgique à base d’opiacés. Et du coup, la dose sera là aussi multipliée par 2. Il y a plein de situations possibles de ce genre.

Il ne faut pas non plus sous-estimer la facilité de se procurer des opiacé-likes et du coup, la facilité à augmenter les doses. Certains médecins généralistes ou psychiatres ou autres sont des véritables robinets à ordonnance de médicaments de ce genre. Par ailleurs, de nombreuses pharmacies acceptent sans problème des ordonnances périmées de la part de clients connus. Pour peu que la personne présente bien, ça passe sans problème. Donc, un certain nombre de gens peuvent augmenter les doses plus ou moins à convenance. Ça pourrait expliquer pourquoi certaines personnes ont des problèmes de mémoire alors que d’autres avec une ordonnance identique n’en ont pas.

On peut aussi penser que pendant longtemps, la plupart des gens vont respecter les doses des ordonnances et que ce n’est qu’au bout d’un certain temps de consommation que certains d’entre eux vont commencer à devenir moins sérieux et à essayer d’augmenter les doses sans passer par le médecin. Ce qui expliquerait que les effets de ces médicaments restent limités pendant longtemps et que tout d’un coup, certaines personnes commencent à avoir des problèmes de mémoire.

Dans la mesure où les personnes âgées sont entre 30 et 50 % à consommer des antalgiques, somnifères et autres, on comprend pourquoi autant sont touchées par la maladie d’Alzheimer.

Trouvé ici (page 4) : « Une personne âgée sur deux souffre de douleurs chroniques« .

Et ici (page 1) : « La prévalence de la douleur chez le sujet âgé est très élevée. Alors que la douleur aiguë est souvent atypique ou absente chez les personnes âgées, la prévalence de la douleur chronique est de 25 à 50% chez ces personnes vivant à domicile et de 50 à 93% pour celles vivant en institution.« 

Et évidemment, elles sont traitées avec des anti-douleurs. Alors, bien sûr, toutes ne le sont pas avec des antalgiques contenant des opiacés (antalgiques de palier 2 ou 3). Beaucoup le sont avec des antalgiques de palier 1. Mais quand même. Il doit y en avoir beaucoup sous antalgiques de palier 2 et 3. Et puis, de toute façon, les antalgiques de palier 1 entrainent eux aussi des problèmes de mémoire (par hémorragies cérébrales), comme on l’a vu dans un précédent article. Il faut voir aussi qu’un certain nombre de personnes âgées ne ressentent pas de douleur tout simplement parce qu’elles sont déjà sous antalgiques ou autres médicaments.

Au même endroit (page 1) : « 90 % des plus de 65 ans consomment au moins un médicament par jour« .

Vu ici : « Pour combattre l’insomnie, l’anxiété ou des affections y ressemblant, 32% des plus de 65 ans et près de 40% des plus de 85 ans se sont vu prescrire un hypnotique ou un anxiolytique entre septembre et décembre 2007.« 

Autre information ici : « Contre la dépression, 13% des plus de 65 ans et 18% des plus de 85% se sont vus en 2007 « prescrire régulièrement des antidépresseurs », même s’il n’est pas établi s’il s’agissait vraiment de « dépression caractérisée ».

En ce qui concerne les troubles du comportement, 3% des plus de 65 ans et près de 6% des plus de 85 ans ont eu « de façon régulière » une prescription de neuroleptiques. Le chiffre atteignait même 18% chez les personnes souffrant de maladie d’Alzheimer. Et pourtant la prescription de neuroleptiques au long cours « n’est pas indiquée dans les troubles du comportement », affirme la HAS.« 

 

Ce qu’il y a aussi, c’est que beaucoup de personnes vont commencer à avoir des problèmes de santé vers 60 ans. Donc, beaucoup de gens vont commencer à prendre des opiacés seulement à ce moment-là. Les suites d’opérations, les douleurs dorsales, les douleurs articulaires, etc…, vont conduire ces gens à prendre des antidouleurs de type opiacé (souvent au début, ce seront de simples anti-inflammatoires, puis après des opiacés). Du coup, ça ne sera qu’au début de la soixantaine ou de la soixante-dizaine que ces personnes prendront des opiacés, ce qui laissera un certain temps avant que des problèmes de mémoire importants n’apparaissent. Ca pourra mettre 10 ou 20 ans.

Evidemment, si le début de la prise ne se fait qu’à partir de 70 ans, normalement, ça devrait mettre très longtemps avant que ça n’agisse. Ça ne colle donc pas très bien avec des problèmes apparaissant quelques années après. Seulement, comme on l’a vu, l’âge joue beaucoup. Et pour certains, il suffira de quelques années pour plonger. Surtout que s’il y a eu opération, ça aura pu endommager le cerveau fortement. Cela dit, c’est surtout à partir de 80 ans que les cas se multiplient. Il y a 22 % des personnes qui sont Alzheimer après 90 ans. Donc, là, ça colle. Ca explique que les cas se multiplient vers 90 ans. Les opérations et traitements se multiplient après 65 ans. Et c’est après 20 ans de traitement antalgiques, somnifères, etc… que les problèmes finissent par arriver. Et puis, il y a aussi le problème de la dose. Si une personne se fait diagnostiquer un cancer par exemple, les douleurs engendrées par le traitement et les opérations pourront conduire à la prise de doses massives d’antidouleurs. Et du coup, les pertes de mémoire arriveront beaucoup plus rapidement.

Au passage, on peut penser que c’est parce que les opiacé-likes perturbent surtout la mémoire à court-terme que les personnes Alzheimer ont souvent leurs anciens souvenirs. Sur 20 ans de consommation, ça va perturber les souvenirs qui se seront constitués pendant ces 20 années. Mais par contre, les souvenirs plus anciens constitués alors que le cerveau mémorisait encore correctement seront encore présents. Ce n’est que quand la matrice générale du cerveau sera complètement désorganisée que les souvenirs anciens disparaitront à leur tour.

C’est d’ailleurs ce qu’on retrouve fréquemment dans les témoignages de drogués aux opiacés. C’est la mémoire constituée durant les années de drogue qui est en grande partie effacée ; mais pas la mémoire d’avant. Et pas la mémoire d’après non plus, puisqu’étant encore assez jeune, leur cerveau est encore suffisamment performant pour redevenir aussi efficace qu’avant la prise de drogue.

Il faut noter que le phénomène de délitement de la mémoire à partir d’un certain âge et d’une certaine durée de prise d’opiacé-likes est absolument essentiel. En effet, on pourrait se dire que vu que les opiacé-likes ont manifestement un impact temporaire sur la mémoire, dans de nombreux cas (absence de ronflement par exemple) il n’y a pas de raison que la mémoire soit effacée définitivement, et donc, qu’il n’y a pas de raison que les opiacé-likes engendrent la maladie d’Alzheimer. Qu’ils engendrent des pertes de mémoire pendant la prise oui, mais une perte de capacité de mémorisation et de raisonnement définitive (donc, la maladie d’Alzheimer), a priori non. C’est le phénomène de délitement qui change tout. A partir d’un certain âge, et si la mémoire a été affecté par les opiacé-likes pendant longtemps, les liens entre souvenir doivent se déliter, et du coup, la matrice du cerveau doit être tellement pleine de trous qu’il devient impossible de penser correctement, même si on arrête le prendre ces substances.

 

3) Les études et témoignages sur le rapport entre les analogues d’opiacés utilisés sous forme de drogues récréactives et la mémoire

 

Ce qu’on trouve sur le lien entre analogues d’opiacés est mémoire assez variable. Il est reconnu que l’héroïne et diverses autres drogues peuvent provoquer des pertes de mémoire. Mais l’accent n’est pas tellement mis sur le sujet.

Sur Hometox, on trouve ça pour l’héroïne : « L’héroïne perturbe la capacité de mémorisation, la vigilance et l’attention, la réactivité, induit des troubles de sommeil.« 

Sur Keep-Smiling, on trouve : « L’héroïne perturbe les capacités de réflexion, de mémorisation et d’attention, induit des troubles du sommeil et un état d’apathie (affaiblissement de l’initiative et de l’activité). Elle agit comme dépresseur de l’activité respiratoire et cardiovasculaire.« 

Sur le site Treatment4addiction, on trouve : « désorientation, confusion, perte de mémoire« .

On trouve le problème de perte de mémoire (sur ce site) pour le Crystal Meth, le GHB et le Rohypnol.

Pour le cannabis et la mémoire, on trouve beaucoup de choses en français.

Exemple ici : « Tests et études ont ainsi montré qu’un individu sous l’emprise de cannabis voit diminuer ses performances de mémorisation. Mémoire de travail et mémoire sensorielle (mémoires à court terme) sont tout spécialement altérées.« 

On trouve aussi sur le site de l’université de Jussieu : « Les troubles de la mémoire et cognitifs souvent rapportés après consommation chronique de cannabis pourraient quant à eux être liés à la présence de récepteurs CB1 dans le cortex et surtout dans l’hippocampe, qui est une structure cérébrale essentielle dans la mise en place des processus de mémorisation.« 

Pour l’ecstasy, on trouve ici : « L’ecstasy, ou MDMA (du méthylène-dioxy-méthamphétamine), agit directement sur l’hippocampe. Située dans le lobe temporal, cette partie du cerveau joue un rôle déterminant dans la formation des souvenirs conscients mais aussi dans le stockage temporaire d’informations…

…La diminution des transporteurs de dopamine due à la consommation d’ecstazy semble affecter le fonctionnement cette zone du cerveau en provoquant notamment des troubles de la mémoire.« 

Pour l’héroïne, c’est donc surtout sur des sites d’associations proches des consommateurs de drogue qu’on parle de ces effets. Sur les sites d’information plus généralistes, on ne trouve pas grand-chose. Par contre, pour le cannabis et l’ecstasy, les sites grand public en parlent sans problème.

 

Enfin, en tout cas, il est clair que les drogues ayant des effets de type opiacé posent des problèmes de mémoire.

Et pourtant, ça n’est pas tellement mis en avant pour ce qui est considéré comme la drogue la plus proches des médicaments opiacés dans la tête des gens : l’héroïne. Même chose pour la méthadone. Il y a un certain nombre d’éléments qui sont la cause de cet état de fait.

Déjà, l’orthodoxie médicale n’a certainement pas du tout envie de mettre en avant que les opiacés provoquent des pertes de mémoire. Parce qu’alors, certains petits malins pourraient faire le rapprochement et se dire que d’autres opiacés (comme la morphine, la codéine, etc…) peuvent provoquer le problème. Et du coup, les gens pourraient se mettre à se dire que si leur mère ou leur grand-mère a des problèmes de mémoire, c’est peut-être bien à cause du médicament qu’elle prend.

On peut penser que le cannabis est trop éloigné des opiacés dans la tête des gens pour que la mise en avant de cet effet entraine un doute envers les médicaments opiacés et analogues d’opiacés. Du coup, pour le cannabis, l’orthodoxie médicale n’a pas de problème à mettre en avant les effets délétères sur la mémoire. En plus, comme un héroïnomane a tendance à consommer du cannabis, avant, pendant et après son addiction à l’héroïne, on peut accuser le cannabis au lieu de l’héroïne. Comme ce sera souvent la seule drogue prise en continu entre 20 et 40 ans, et que la médecine reconnait ses effets négatifs sur la mémoire, ce sera un bon candidat pour expliquer les trous de mémoire. Les autres drogues étant prises de façon discontinue seront moins susceptibles d’être accusées. L’alcool sera aussi éventuellement accusé, si, après un sevrage à l’héroïne, l’ex-drogué se met à boire beaucoup.

Par ailleurs, les héroïnomanes ne prennent pas de l’héroïne en permanence, parce que c’est une drogue extrêmement chère. Il y a donc des périodes de pause ou de moindre consommation, ce qui entraine que les problèmes de mémorisation vont être discontinus.

En plus, il faut augmenter les doses pour conserver le même effet. Donc, toujours à cause de problèmes d’argent, les héroïnomanes ne vont pas pouvoir augmenter les doses facilement. Du coup, l’effet de la drogue va diminuer et celui sur la mémoire aussi.

Une autre cause de discontinuité du problème est que les héroïnomanes vont consommer souvent des drogues speedantes comme la cocaïne, pour avoir la pêche. Du coup, durant ces moments-là, ils n’auront pas de problème de mémoire.

Et puis, comme l’héroïne a un effet très puissant, la personne ne va rien faire pendant la majeure partie du temps où la drogue agira. Donc, si la personne ne se souvient pas bien de ce qui s’est passé à ce moment-là, ça n’est pas très grave et ça ne se remarquera pas. Par ailleurs, les consommateurs sont souvent assez désocialisés. Donc, là encore, les pertes de mémoire portent moins à conséquence. Tandis que pour le cannabis, comme c’est beaucoup moins désocialisant, et que le consommateur va en prendre tout en continuant à faire des activités par ailleurs, l’effet sur la mémoire se remarquera plus facilement. Un gars qui a fumé du cannabis pendant toute une soirée lors d’une fête et qui ne se souvient plus vraiment de ce qui s’est passé, ça se remarque. Un étudiant qui fume régulièrement et qui n’arrive pas à bien mémoriser ses cours, il le remarque aussi. Un shooté à l’héroïne qui ne se souvient plus de ce qui s’est passé pendant les 3 ou 4 heures où il somnolait plus ou moins au fond d’un squat ou de sa chambre, il s’en fout, et les autres s’en foutent aussi.

Par ailleurs, le fait que l’héroïne soit considérée comme une drogue ultra dure et soit associée à des styles de vie extrêmes fait qu’on va accuser de préférence le style de vie et les effets destructeurs de la drogue sur le corps, plutôt que les effets normaux de la drogue sur le cerveau. Ce sera déjà le cas quand la personne sera jeune. Et ça le sera encore plus quand elle aura plus de 45 ans. Là, les gens se diront que c’est normal qu’après des années de déglingue, le cerveau de l’héroïnomane soit complètement cramé.

Il faut noter aussi que les médecins vont souvent diagnostiquer à l’héroïnomane qui vient consulter une maladie causant comme par hasard des problèmes de mémoire. Souvent, on va leur diagnostiquer un problème de schizophrénie, ou encore, d’hypothyroïdie, etc… Ça ne se fera généralement pas lors de la période de prise de drogue, mais quand la personne viendra consulter pour se sevrer, ou quand elle prendra un traitement de substitution. Donc, les problèmes de mémoires seront mis sur le compte de la maladie et pas sur le compte de l’héroïne ou de la méthadone.

On trouve par exemple ça ici concernant la schizophrénie :

« Aussi souvent :

– Un tabagisme parfois très important participe à la surmortalité et à la diminution des revenus financiers.

Les abus en substances : alcool, cannabis, opiacée (Héroïne, Subutex®, etc.)

– Les pathologies organiques sont fréquentes et les schizophrènes ont volontiers d’autres pathologies (difficultés des diagnostics, relative hostilité à être accueillis dans des structures de soins, négligence, hygiène de vie, etc.) »

Donc, un schizophrène va souvent consommer de l’alcool, du cannabis et des opiacés. Ce qui laisse au passage fortement à penser que de très nombreux cas de schizophrénie doivent en réalité être uniquement dus à des problèmes d’addiction à des opiacés et analogues.

Par ailleurs, la médecine affirme qu’il y a un lien clair entre consommation de cannabis et schizophrénie. Or, comme la plupart des héroïnomanes consomment aussi du cannabis, il sera facile de diagnostiquer la maladie chez les héroïnomanes par ce biais-là.

Exemple ici :

« Le risque de développer des troubles schizophréniques augmente de 40% chez les jeunes fumeurs de joints, par rapport à ceux qui n’en ont jamais fumé. Mais ce risque s’élève proportionnellement avec l’intensité de la consommation. Ainsi, les fumeurs réguliers (plus de 100 joints par an, soit environ plus de 2 par semaine) augmentent de 50 à 200% leur risque de souffrir de troubles mentaux (symptômes psychotiques, hallucinations, anomalies de la pensée).

Autre possibilité, ceux qui auront quelque chose de similaire à la maladie d’Alzheimer seront classés comme déments.

 

Evidemment, vu que les héroïnomanes prennent souvent de la méthadone quand ils arrêtent de prendre de l’héroïne, on devrait constater le problème aussi sur la méthadone.

Et effectivement, on a des témoignages sur les problèmes de mémoire qu’entraine la méthadone.

Mais là aussi, l’impact négatif de méthadone sur la mémoire est relativement peu mis en avant.

Evidemment, comme pour l’héroïne, l’orthodoxie médicale ne doit pas vouloir qu’on puisse faire le lien entre substance opiacées et mémoire défaillante.

Mais, il doit y avoir aussi des raisons propres à la méthadone.

La plupart du temps, la dose d’équivalent-opiacé que représentera la méthadone sera inférieure à celle prise durant la phase de prise d’héroïne. Du coup, le drogué verra sa mémoire être améliorée durant la prise de méthadone. Résultat, il y a des témoignages de ce genre ; et certaines personnes pensent même que la méthadone a un effet positif sur la mémoire. C’est aussi à cause de ça que certaines personnes sous méthadone prennent du poids, alors que normalement les opiacés font maigrir.

Par ailleurs, vu que les drogués sont en général suivis par des médecins quand ils sont sous méthadone, il est fort possible que ces derniers prescrivent aussi des médicaments de type anti-inflammatoires. Donc, ça pourrait booster la mémoire, puisque ça augmente le taux de cortisol. A terme, la consommation d’anti-inflammatoire sera plutôt mauvaise, puisque ça entraine des risques d’hémorragie cérébrale. Mais au début, ça sera plutôt positif.

Comme pour l’héroïne, on va attribuer certains problèmes causés par la méthadone à telle ou telle maladie. Il est dit que les personnes sous méthadone ont souvent un problème d’hypothyroïdisme. Et comme par hasard, l’hypothyroïdisme entraine des problèmes de mémoire. Du coup, on va dire que ce n’est pas la méthadone la responsable, mais l’hypothyroïdisme.

Et puis, comme les médecins changeront de médicament si jamais une personne se plaint de problème de mémoire, mais que l’effet de la nouvelle molécule sera identique, on dira que le problème ne venait pas de la méthadone, puisqu’il persiste malgré le changement de produit. Donc, à cause de ça aussi, personne ne pensera à accuser la méthadone.

Tout ça entraine que le fait que la drogue récréative opiacée la plus puissante et son substitut le plus connu (méthadone) entrainent des problèmes de mémorisation est relativement peu connu.

 

4) Les études et témoignages sur le rapport entre les analogues d’opiacés utilisés sous forme de médicaments et la mémoire

 

Ici, on va plutôt parler des opiacés sous forme de médicaments. Là encore, s’il y a des études et témoignages parlant de problèmes de mémoire, ça n’est pas tellement mis en avant.

Par exemple, le Tramadol, une molécule à l’effet proche de la codéine, pose des problèmes de mémoire.

Sur le site master farma, on peut lire parmi les effets secondaires du Tramadol :  » hallucination, perte de la mémoire, assoupissement ».

On a quelques témoignages sur le site aujourd’hui.com :

Témoignage de caicaire (auteur du topic Tramadol, morphine et mémoire) : « Avez-vous remarqué que les antalgiques que nous utilisons nous jouent des tours au niveau de la mémoire et de la vigilance ?

Je sais qu’on a du mal à s’en passer à causes des douleurs, mais j’envisage, à long terme de les diminuer ou de les arrêter avant de devenir un légume sans cervelle. »

Témoignage de nathodisab : « Donc je prends du Tramadol depuis presque 1 an maintenant, et effectivement ma mémoire me joue des tours.« 

Témoignage de margot56 : « En fait, il y a un an, je disais vouloir diminuer le Tramadol ; et en réalité, j’en prends encore plus qu’avant et mon cerveau devient une passoire.« 

Témoignage de evyrris : « Moi aussi j’ai des troubles de mémoire avec le Tramadol. J’ai baissé les médicaments et essayé de vivre autrement, soigner mon rythme biologique, repas, sommeil, sport.« 

Témoignage de cancer54 : « je prenais aussi du Tramadol et j’avais de pertes de mémoire, du mal à entendre, maintenant mon mari en prend et il a lui aussi des pertes de mémoire.« 

Témoignage de mycoce : « Je prends aussi du Tramadol 200, un le matin et un le soir… et j’ai des pertes de mémoire, au point de ne plus   avoir une conversation suivie, j’oublie ce que je suis en train de dire, je trébuche sur les mots.« 

Il y a aussi pas mal de témoignage sur le site meamedica.fr.

Pour la codéine, la plupart du temps, ça n’est pas utilisé seul, ou alors, c’est à des doses assez faibles (pour des usages antitussifs par exemple, sous forme de sirop, qui d’ailleurs sont temporaires, ce qui n’est pas le cas des antalgiques). Du coup, l’effet n’apparait quasiment pas. Surtout que ça ne dure pas tellement plus longtemps que l’effet anti-inflammatoire.

Pour la morphine, on a les témoignages suivant :

On a un premier témoignage ici : « I have long been prescribed morphine for chronic severe pain. I have been experiencing memory problems« . (traduction : « On m’a prescrit pendant longtemps de la morphine pour des douleurs chroniques sévères. J’ai eu des problèmes de mémoire »).

Un autre ici : « la morphine a été très efficace. Plus de douleur mais aussi plus de mémoire.« 

Un autre au même endroit (message daté de 2010) : « J’en prends depuis 1998. Diminution progressive de la mémoire, apparue vers la troisième année de traitement, ce qui devient très vite un problème au quotidien.« 

Concernant les benzodiazépines, on trouve ça sur Doctissimo :

« Les représentants sédatifs et hypnotiques sont le nitrazépam, l’estazolam, le flunitrazépam, le loprazolam, le lormétazépam, le témazépam et le triazolam. Ils ont avantageusement remplacé les barbituriques dans le traitement des insomnies.

… Elles ne sont pas pour autant la panacée et présentent des effets secondaires non négligeables. Parmi ceux-ci, l’amnésie antérograde est souvent pointée du doigt et a valu au flunitrazépam la triste réputation de « drogue du violeur ». » (note : l’amnésie antérograde, c’est celle qui arrive pendant que le médicament fait effet)

Sur le Tercian (Cyamémazine, un antipsychotique), on a quelques témoignages :

Ici : « le tercian attaque la mémoire ça déconnecte un peu par contre c’est chez moi ce qui me permet de dépasser mes crises depuis que j’en prends moi qui avait une bonne mémoire j’en n’ai plus trop !« 

Ici : « Pris Tercian qui m’a donné pas mal de problème de mémoire, de concentration. Rien d’autre à noter« 

Ici : « j’ai pris du tercian pendant plus d’un an et je ne recommande ça a personne!!j’ai pris 15 kilos en 2 mois, j’avais des trous de mémoire je passai mon temps a dormir et j’été tout le teps dans le brouillard.« 

Ici : « Lors de ma dernière hospitalisation ils m’ont shooté au tercian justement et je ne retenais rien de ce qu’on me disait j’étais complètement ailleurs, j’avais du mal à garder les yeux ouverts. J’espère ne jamais revivre ça. J’ai un trou de 15 jours dans ma mémoire ça fait bizarre.« 

 

La liste n’est pas exhaustive. Mais, comme on le voit les opiacé-likes sous forme de médicaments provoquent eux aussi des pertes de mémoire.

Mais, là aussi, on n’entend pas beaucoup parler de la chose de la part des médecins ou dans les études. Comme pour les opiacés sous forme de drogues récréatives, il y a plusieurs raisons à ça.

 

Concernant la pratique médicale :

 

Comme dans le cas des drogues, l’utilisation de plusieurs médicaments opiacé-likes en même temps ou successivement (ce qui arrive très souvent) va empêcher de se rendre compte du problème. Enfin…, ça va plutôt permettre aux médecins de faire semblant de ne pas comprendre et de noyer le poisson. Donc, c’est une situation qui va brouiller les cartes.

Par exemple, un patient reçoit de la morphine plus 2 ou 3 autres médicaments ayant le même effet. On va souvent enlever la morphine à un moment donné ; mais les effets sur la mémoire vont persister puisque les autres médicaments provoqueront eux aussi le problème. On va alors dédouaner la morphine.

Ou alors, le patient prend de la morphine seule. Il a des problèmes de mémoire. Mais on remplace ce médicament par un autre qui n’est pas considéré comme un opiacé, mais qui a les mêmes effets (une benzodiazépine par exemple). Le problème de mémoire continue. Mais comme le nouveau médicament n’est pas considéré comme la même molécule, on va considérer que la morphine n’était pas responsable des pertes de mémoires (et le nouveau non plus). On va donc s’orienter vers un problème d’Alzheimer, de démence, ou autre affection pouvant poser entrainer des problèmes de mémoire.

 

Il y a aussi un certain nombre de choses qui viennent limiter le problème, au moins temporairement.

Par exemple, on va presque systématiquement donner des anti-inflammatoires aux patients, afin de lutter contre la constipation par exemple. Or, ça va lutter contre l’effet de l’opiacé. Comme ça a tendance à exciter, la personne va être plus attentive et mieux mémoriser.

Et il est possible, comme on ne peut pas augmenter les doses d’anti-inflammatoires indéfiniment, mais qu’on peut le faire avec les opiacés, qu’au bout d’un moment, l’effet opiacé l’emporte sur l’effet anti-inflammatoire. Ça veut dire que le problème sur la mémoire peut finir par apparaitre très longtemps après les premières prises.

Par ailleurs, vu que les médicaments opiacé-likes sont fournis sous contrôle médicale, les médecins vont faire en sorte de limiter la consommation des patients. Par exemple, dans le cas des antalgiques ou des calmants, le médecin va donner une dose qui va être juste suffisante pour que la douleur ou le stress soit calmé mais pas trop.  Ce faisant, l’impact sur la mémoire va être limité.

Cela dit, on peut se  dire que ça va être vrai surtout lors des premières années. Après, l’habitude du patient aidant, les doses risqueront d’être augmentées. Et le patient lui-même pourra se laisser aller à l’automédication et à la tricherie vis-à-vis des pharmacies pour augmenter les doses. Bref, aussi bien du côté du médecin que de celui du patient, on est sérieux pendant les premières années, puis on se relâche. Mais comme il ne s’est rien passé durant les premières années (quand on était sérieux), aussi bien les médecins que les patients se disent que les opiacés ne posent pas de problème. Et si un problème apparait au niveau de la mémoire, on se dit que ça vient d’une autre cause.

 

Concernant les études proprement dites :

 

Déjà, le problème de la dose est important. Or, on va étudier des cohortes de gens qui prenne des doses moyennes d’opiacé-likes. Donc, on évitera de constater un lien avec la perte de mémoire.

Et puis, dans un cadre expérimental, on va donner des doses strictes de médicaments, et on va faire des prescriptions qui seront juste suffisantes pour calmer la douleur ou le stress. Comme l’effet des opiacés diminue assez vite, faire des prescriptions limites et ensuite être strict sur les doses va entrainer que ces médicaments vont rapidement faire beaucoup moins effet. Donc, les effets secondaires seront rapidement limités et le problème sur la mémoire va l’être lui aussi. Sauf au début, où l’effet sera important, puisqu’on passera d’un coup d’une situation sans opiacé-likes à une situation avec (c’est pour ça qu’on parle d’effet sur la mémoire au début du traitement, dans les études).

Ce qu’il y a aussi, c’est qu’on fait essentiellement des études sur des personnes de moins de 65 ans. Donc, forcément, le problème apparait beaucoup moins. C’est ce que dit une étude britannique publiée durant l’été 2011 dans le Journal of the American Geriatrics Society. Cette étude a analysé l’impact de nombreux médicaments (dont la plupart ont un effet de type opiacé) sur la santé des personnes de plus de 65 ans (13.000 personnes de plus de 65 ans étudiées pendant deux ans). Et dedans il y a cette remarque (ici) :

« Dans cette étude on apprend aussi que le problème vient du fait que la plupart des recherches cliniques est réalisée sur des adultes âgés de moins de 65 ans, et que ces recherches fournissent des preuves limitées de ce qui est ou n’est pas bénéfique pour les personnes âgées. »

Donc, en n’étudiant que des personnes de moins de 65 ans, on biaise l’analyse en ce qui concerne le lien entre ces médicaments et des pertes de mémoires sévères.

Et comme on l’a vu avant, il est presque certain que les gens prennent systématiquement des anti-inflammatoires en même temps, ce qui diminue l’effet de l’opiacé sur le cerveau.

Par ailleurs, même si par hasard des études ont analysé pendant longtemps des populations nombreuses et âgées, le problème est que les études de grande ampleur sont à peu près toujours faites versus une cohorte de gens ne prenant pas les médicaments en question. Seulement en réalité, très souvent, les autres personnes en question prennent des produits équivalents, mais qui ne sont évidemment pas considérés comme tel. Par exemple, les benzodiazépines ne sont pas considérées comme des opiacés, alors que l’effet est identique. Dans le cas présent, les personnes âgées consomment en masse des médicaments de type opiacés mais qui ne sont pas considérés comme tel. Du coup, si on fait une étude de l’impact des opiacés sur les personnes âgées, on ne va pas trouver de différence importante avec la population générale de cette tranche d’âge. Sauf que la population générale de cette tranche d’âge consomme des opiacé-likes en quantité. Donc en réalité on n’analyse pas une population consommant des opiacés versus une population n’en consommant pas. On analyse deux populations identiques de ce point de vue. Il alors est normal de ne pas trouver beaucoup de différence.

C’est comme l’analyse du lien entre pilule et cancers après 50 ans. Dans la mesure où 40 % des femmes entre 50 et 65 ans sont sous traitement hormonal (source), et que ça a le même effet que la pilule, en réalité on analyse des populations assez similaires du point du vue de l’influence des hormones sur l’apparition de tumeurs.

Et bien sûr, comme il y a d’autres causes d’Alzheimer, il est possible aussi dans les études sur larges cohortes de prendre dans les populations supposées « normales » des gens qui ont subis des opérations ou des AVC parce qu’ils consommaient des anti-inflammatoires. En effet, on ne prend pas forcément une population (celle prenant les opiacé-like dans le cas présent) versus la population générale, mais un groupe de par exemple 10.000 personnes versus un autre groupe de 10.000 personnes. Du coup, si on choisit la deuxième cohorte de façon biaisée, on obtiendra un peu ce qu’on veut. Et du coup, là aussi, on obtiendra des populations identiques quant au risque de perte de mémoire. Et on pourra dire qu’en fait les opiacés n’engendrent pas de risque supplémentaire.

D’une manière générale, on peut dire que les grandes études à larges cohortes sur 20 ans avec une cohorte prenant le médicament versus une cohorte de gens n’en prenant pas sont pratiquement toutes parfaitement bidonnables dans le cas des médicaments pris par des personnes âgées. En effet, comme il y a en réalité 3 grand types de médicaments, et qu’en avançant en âge, pratiquement 50 % des gens en prennent, il n’y a jamais de cohortes ne prenant pas du tout l’équivalent du médicament analysé.

Donc, on peut bidonner les études assez facilement pour éviter de trouver un lien entre la consommation de telle molécule et telle maladie.

Et puis, encore une fois, l’industrie pharmaceutique et les médecins n’ont pas du tout intérêt à mettre en évidence que les opiacés posent des problèmes de perte de mémoire. Ce serait apocalyptique pour eux, vu la quantité de gens les utilisant.

 

5) Détails divers

 

En résumé, il va y avoir plusieurs problèmes liés à la prise d’opiacé-likes qui entraineront des symptômes du type Alzheimer.

  1. Le problème lié au ronflement
  2. Le problème lié à l’opiacé lui-même pris sur le long-terme chez des personnes âgées
  3. Le problème lié à la prise d’anti-inflammatoire qui viendra se surajouter à celui lié aux opiacé-likes. En effet, on a tendance à prendre des anti-inflammatoires pour pallier les problèmes engendrés par les produits de type opiacé. Ces anti-inflammatoires vont provoquer des saignements dans le cerveau et donc des AVC graves évidemment, mais aussi des AVC assez bénins mais répétés, ce qui finit par provoquer des problèmes de cognition.
  4. Les faux cas d’Alzheimers causés par la prise d’opiacés

Et il va y avoir plusieurs sources de problèmes qui vont amener à la prise de ce genre de médicaments : insomnies, douleurs, migraines, problèmes psychologiques, etc… Ces problèmes peuvent eux-mêmes être causés par la prise de médicaments anti-inflammatoires : pilules, traitements hormonaux-substitutifs, antidouleurs de palier I, médicaments de palier I contre la migraine, médicaments contre telle ou telle maladie microbienne, médicaments contre des maladies chroniques comme l’Asthme ou le diabète, etc…. Ou alors, ces problèmes peuvent être causés par des addictions : alcool, cannabis. Et enfin, il y a le confort des personnels soignants en maisons de retraite qui poussent à prescrire des opiacé-likes. Donc, il y a plein de points d’entrée conduisant à terme à la prise d’analogues d’opiacés.

Ce qui est intéressant aussi, ce sont les faux cas d’Alzheimer.

Ce qui se passe, c’est qu’on va continuer à administrer des médicaments opiacé-likes après que la personne ait été diagnostiquée comme étant Alzheimer. On va non seulement continuer à administrer les médicaments qui étaient pris par la personne jusque-là (somnifères, anti-douleurs, etc…). Mais en plus, si elle est en maison de retraite, ce qui va être le cas la plupart du temps, on va lui donner des antipsychotiques et des médicaments spécifiques pour l’Alzheimer. Or, beaucoup de ces médicaments sont en fait des opiacé-likes. Pour les antipsychotiques, ce sont clairement ceux qui sont de type opiacé qu’on va utiliser. Ceci afin d’assommer la personne pour qu’elle se tienne tranquille.

Dans la mesure où les opiacés n’ont qu’un effet temporaire sur la mémoire quand la personne est encore capable de récupérer, il y a très probablement des cas où les personnes âgées diagnostiquées Alzheimer peuvent en réalité récupérer leurs capacités intellectuelles (au moins en partie). Elles ont l’air d’être Alzheimer, mais en fait, elles sont simplement sous l’influence des médicaments. Donc, il doit y avoir un certain nombre de faux cas d’Alzheimer. Alors combien exactement ? C’est difficile à dire. Mais probablement une proportion non négligeable. Peut-être entre 10 et 30 % (ça ne concerne bien sûr que les personnes dont l’Alzheimer est lié uniquement aux opiacé-likes, pas celles qui ont eu leur cerveau esquinté par des opérations, des anti-inflammatoires, des vaccins, etc…).

On peut penser que ce sont surtout ceux qui ont été diagnostiqués récemment qui sont dans ce  cas, ainsi que ceux qui sont encore relativement jeune (moins de 80 ans). On peut y ajouter ceux  qui n’ont pas pris d’anti-inflammatoire, traitements hormonaux-substitutifs ou antibiotiques, etc… pendant de longues années, et qui n’ont pas subis de grosses opérations.

Donc, on doit pouvoir sauver un certain nombre de personnes âgées de l’Alzheimer en arrêtant de leur faire prendre leurs médicaments opiacés.

 

Comme on l’a vu plus haut, un autre élément important est qu’on donne des antipsychotiques (autrement appelés neuroleptiques) aux personnes souffrant d’Alzheimer dans les maisons de retraite. Or, un gros pourcentage d’entre eux sont des opiacé-likes (les autres étant des mélanges anti-inflammatoire/opiacés). Et vu qu’on s’en sert en réalité pour que les personnes atteintes d’Alzheimer se tiennent tranquilles, on doit donner essentiellement ceux qui ont un effet de type opiacé. Mais une autre chose intéressante à ce sujet, c’est qu’on en donne même à un certain nombre de gens qui ne souffrent pas encore d’Alzheimer. Apparemment, 32 % des personnes en maison de retraite prenant des antipsychotiques ne souffriraient pas de démence. C’est ce qu’on peut lire ici :

« Le Dr Yong Chen, du service de médecine gériatrique de l’université du Massachusetts à Worcester (Etats-Unis) a évalué la prescription d’antipsychotiques chez 16 500 nouveaux résidents en maison de retraite en 2006. Environ 30% recevaient au moins un psychotrope, et parmi eux 32% ne présentaient aucune démence, psychose ou autre indication. Les résidents nouvellement admis avec un haut taux de prescription avaient 1.37 fois plus de risque de recevoir un traitement antipsychotique que ceux ayant un faible taux de prescription.« 

Alors, vu les effets de ces opiacé-likes sur le cerveau, pas étonnant que bon nombre de ces gens deviennent Alzheimer. En prescrivant des antipsychotiques à des personnes non malades, on fabrique des Alzheimers (une partie devenant vraiment Alzheimer et une autre faisant partie des faux cas).

Alors quels sont les médicaments à effet de type opiacés qui sont utilisés par les personnes âgées ? On a les antalgiques de palier 2 et 3, les somnifères, les benzodiazépines (anxiolytiques), les antihistaminiques, les bétabloquants, certains antidépresseurs, un bon nombre d’antipsychotiques, certains stabilisateurs de l’humeur pour les troubles bipolaires ; et probablement quelques autres encore. Sinon, dans les substances « naturelles » ayant le même effet, il y a l’alcool.

 

Donc, on avait déjà 4 causes d’Alzheimer : les analogues d’anti-inflammatoires (antibiotiques, anticancéreux, etc…), les opérations chirurgicales chez les personnes âgées, le vaccin contre la grippe, les AVC naturels. On en a un cinquième : les opiacés et leurs analogues (benzodiazépines, somnifères, etc…). Ce qui nous donne un panorama assez fourni concernant les causes de la maladie d’Alzheimer.

 

Comment on peut fabriquer des fous

Vendredi 21 octobre 2011

 

J’ai découvert récemment le site suivant : http://www.mensongepsy.com/fr/. C’est un site qui critique les abus psychiatriques.

En lisant le message d’un gars ayant le pseudo de Michel de Tiarelov qui citait un autre message disant que « 90 % des hospitalisations sont dues à des ruptures de traitement chez les patients », et en réfléchissant à la façon de fonctionner des hôpitaux psychiatriques et des opiacés, j’ai tout d’un coup eu l’idée de la façon dont les hôpitaux psychiatriques ou la psychiatrie en générale peuvent fabriquer des fous.

Déjà, il est clair que les hôpitaux psychiatriques doivent utiliser massivement les médicaments de type opiacé pour faire en sorte que les malades restent calmes et ne posent donc pas de problème. On peut même dire que très souvent, ils doivent littéralement les assommer d’opiacés, afin qu’ils soient parfaitement dociles. Comme ça cause de la somnolence, à hautes doses, les patients deviennent doux comme des agneaux.

Or, les opiacés peuvent tout à fait créer des fous.

 

1) Prise d’opiacé-likes et démence

 

Le problème des opiacés et des médicaments analogues, c’est que ça rend floue la barrière entre le sommeil et l’éveil. On dort un peu quand on est éveillé et on reste un peu éveillé quand on dort. L’éveil est un demi-sommeil, et le sommeil est un demi-éveil. Donc, les deux sont de mauvaise qualité.

Comme la personne somnole durant la journée, elle va souvent rêver éveillée. Du coup, le rêve se mêlant à la réalité, elle invente des choses qui ne lui sont pas arrivées, des souvenirs qui n’existent pas. Et comme elle a du mal à fixer son attention, elle mémorise également moins bien. De la même façon, comme elle dort mal, et que le sommeil sert en partie à fixer les évènements de la journée dans le cerveau, elle mémorise mal pendant la nuit.

Donc, ça entraine des pertes de mémoire, mais aussi des inventions de souvenir, et éventuellement des hallucinations en plein jour. La personne invente des trucs qui ne lui sont jamais arrivés, et elle oublie des trucs qui sont arrivés hier.

Par ailleurs, sous opiacés-likes, la personne va avoir du mal à se concentrer, et donc à avoir une pensée cohérente. Son discours va être confus.

Le docteur Patrick Lemoine (psychiatre, docteur en neurosciences) a aussi une théorie très intéressante sur le sujet. Selon lui, les benzodiazépines (il se limite à ça ; mais bien sûr, c’est valable pour tous les opiacés-likes) engendrent des symptômes de type Alzheimer parce qu’ils augmenteraient la fréquence et la durée des apnées du sommeil. Or, on sait que les apnées du sommeil conduisent à des états de démence.

« Le problème, c’est la multiplication des asphyxies. Un apnéique va faire 60 asphyxies par heure de sommeil, soit 300 à 400 par nuit ! Ce qui provoque à chaque fois une augmentation du CO2 dans le sang, qu’on appelle « hypercapnie ». Or, une hypercapnie a deux organes cibles : le cortex cérébral et le myocarde. Il est parfaitement établi que les gens qui souffrent d’une apnée du sommeil présentent un risque majeur –c’est peut-être le plus important de tous- d’AVC (accident vasculaire cérébral) et d’infarctus du myocarde.

Même si les patients ne sont pas victimes d’une hémiplégie ou d’un AVC majeur, on sait qu’ils font en réalité des micro-infarctus [petites attaques cérébrales, ndlr] et développent des syndromes démentiels. Ce n’est que post-mortem que l’on peut voir s’il s’agissait de démences vasculaires ou de la maladie d’Alzheimer, surtout que la plupart du temps il s’agit d’un mixte des deux : ainsi, certaines personnes développent un petit Alzheimer, et s’ils prennent des benzodiazépines, ils aggravent leur apnée du sommeil, et là c’est la catastrophe. On sait très bien maintenant qu’un quart de Lexomil pris à 19h multiplie par deux le nombre et la durée des incidents respiratoires. La prise de ces médicaments peut donc transformer un ronfleur avec quelques apnées en apnéique pathologique. Je pense que certains patients ne développeraient pas de démence si leur cortex cérébral ne subissait pas autant d’hypercapnies et donc d’asphyxies. »

Et on comprend le pourquoi d’une telle chose. Quand une personne ronfle, c’est parce que la base de la langue s’enfonce dans la gorge et diminue la place pour le passage de l’air vers les poumons. Donc, déjà, vu que les opiacés engendrent un relâchement des muscles, ça doit relâcher encore plus les muscles de la langue, et du coup, enfoncer encore plus sa base dans la gorge, ce qui diminue encore plus l’espace qu’a l’air pour passer. Par ailleurs, lorsqu’une personne ronfle, le corps doit compenser instinctivement le manque d’espace de passage de l’air, en soufflant un peu plus fort. Du coup, le flux d’air augmente et la personne évite le manque d’oxygène. Mais, avec les opiacés, toujours à cause du relâchement des muscles, la personne ne peut plus faire cet effort supplémentaire. Et à de nombreuses reprises, il doit y avoir des micro apnées.

Du coup, vu qu’il y a déjà naturellement un problème de sommeil non réparateur avec les opiacés, chez les personnes qui ronflent le problème est encore augmenté.

Bien sûr, il faudrait voir quelle est la proportion des gens qui ont l’habitude de ronfler parmi ceux qui développent une démence à cause des opiacés pour déterminer l’ampleur du phénomène.

Au final, quand une personne prend des opiacés à dose massive, comme dans les hôpitaux psychiatriques, elle va passer rapidement pour folle à cause des effets secondaires de type perte de mémoire, confusions et hallucinations. Comme en plus, ça rend amorphe, dans l’esprit des visiteurs, il sera clair que la personne n’est pas normale. Etre face à un légume ayant du mal à se concentrer et qui, dans les phases où il y arrive, invente des choses qui ne lui sont jamais arrivées et oublie des trucs arrivés la veille, ça donne forcément une mauvaise impression concernant sa santé mentale. Surtout si se greffent parfois là-dessus des hallucinations.

 

2) Arrêt ou diminution de la prise d’opiacés et folie dangereuse

 

Par ailleurs, il faut tenir compte du fait que si le gars arrête de prendre l’opiacé, ou diminue un peu trop les doses, le syndrome de manque va aussi participer à le faire passer pour fou. En effet, il est très connu que quand on arrêt de prendre un opiacé, la nervosité monte en flèche. Le gars va donc devenir très nerveux, ce qui se traduira par un comportement plus ou moins agité ou/et excité, obsessionnel, compulsif (toc), délirant, extravagant, agressif, dangereux, suicidaire, etc… Et les médecins vont avoir beau jeu de dire que quand le gars arrête de prendre ses médicaments, ou quand il en prend moins, il a un comportement anormal. L’endommagement du cerveau précédemment à ça risquera d’ailleurs d’augmenter l’anormalité du comportement du gars. Autrement dit, l’énervement aura une apparence d’autant plus délirante que le gars aura commencé à avoir le cerveau foutu en l’air à cause des opiacés.

Le gars passera alors éventuellement pour un fou dangereux, donc, à garder absolument en hôpital psychiatrique et en permanence sous opiacés. Et le patient lui-même, s’il lui reste suffisamment de conscience, sera convaincu qu’effectivement, il vaut mieux qu’il continue à prendre ses médicaments. Et là, le piège se refermera définitivement. Le gars ne pourra jamais arrêter de prendre ses médicaments, et à cause de leurs effets secondaires, se transformera de plus en plus en légume. Transformation en légume qui finira de démontrer aux yeux des médecins et de ses proches, qu’il était effectivement fou. Le stade légume sera considéré comme le dernier stade de la folie.

C’est comme ça qu’on peut accoler l’étiquette de fou dangereux à pas mal de personnes qui au départ, ne l’étaient pas du tout. Bien sûr, il y a des gens réellement fous et dangereux. Mais beaucoup ne le sont pas ; ou alors le sont plus ou moins devenus, mais ne l’étaient pas au départ. Je dis « ou le sont plus ou moins devenus », parce qu’effectivement, avec le cerveau esquinté et l’arrêt des opiacés, ils peuvent désormais éventuellement devenir dangereux. Une autre catégorie, ce sont les gens qui sont internés après avoir eu un comportement dangereux. Mais un certain nombre seront justement des gens qui prenaient des opiacés pour une raison X ou Y et qui ont arrêté de les prendre ou ont baissé les doses peu de temps avant, ce qui les aura rendu très nerveux. Ils ne sont donc pour beaucoup pas des fous dangereux, mais simplement des gens en période de sevrage d’opiacés. L’épisode agressif pourrait donc être tout à fait passager. Mais en étant internés en hôpital psychiatrique, et en se faisant administrer à nouveau des opiacés-likes, là, ils risqueront très fortement d’entrer dans le cercle infernal décrit plus haut.

 

Du coup, aussi bien quand le gars prend des médicaments opiacés (pertes de mémoires, inventions de souvenirs, hallucinations, difficultés à se concentrer) que quand il arrête de le faire (nervosité, agressivité, violence, etc…) il est facile de le faire passer pour un fou. Pour les médecins et les visiteurs extérieurs, c’est clair que le gars a l’air de ne plus rien capter, de ne plus être autonome, qu’il peut être éventuellement dangereux et donc qu’il est bon pour l’asile. Sauf que ce sont les opiacés et leurs analogues qui sont à l’origine du problème.

Si le traitement dure plusieurs années ou même parfois seulement plusieurs mois, le cerveau de la personne finira par être complètement esquinté. Et elle sera définitivement diminuée intellectuellement. Donc, à cause des opiacés, effectivement, quand une personne entre dans un hôpital psychiatrique, elle risque de ne pas en ressortir normale. On aura bien fabriqué des fous.

Surtout qu’il y a probablement d’autres composées qui jouent sur le cerveau de la personne qui sont intégrés dans le traitement psychiatrique, comme le fluor.

Par ailleurs, on utilise apparemment toujours les électrochocs. Forcément, ça non plus ça ne doit pas être très bon pour le cerveau.

Surtout que vu que l’objectif dans les hôpitaux psychiatrique est d’assommer chimiquement les patients pour les rendre passifs, on doit adapter les doses en permanence pour que cet objectif soit atteint. Donc, ce n’est pas du tout pareil que pour des personnes qui prennent des antalgiques de palier 2 ou 3, ou des somnifères, etc…, pour lesquelles on n’augmente pas les doses trop facilement, (afin de limiter les effets secondaires). Ce qui fait que l’impact des opiacés reste dans certaines limites. Ici, l’objectif est clairement de maintenir en permanence un état de léthargie ; donc, on donne dès le départ des doses massives, et ensuite, on donne ces médicaments en permanence, et on augmente les doses autant qu’il le faut pour maintenir l’état d’abrutissement. Donc dans les hôpitaux psychiatriques, l’impact des opiacés est presque au maximum. Et la vitesse et l’importance de la dégradation intellectuelle doivent être énormes.

En fait, plus le patient est considéré comme dangereux, plus les doses d’opiacés doivent être importantes. Donc, il ne vaut mieux pas être considéré comme tel quand on arrive dans un hôpital psychiatrique. Corolaire de ça, les doses administrées doivent être plus ou moins importantes en fonction de l’état de dangerosité supposée du patient. Donc, une personne considérée comme peu dangereuse (soit qui l’est naturellement ou qui est docile parce qu’elle a compris qu’il vaut mieux ne pas se rebeller) va bénéficier d’un traitement moins lourd et périclitera moins vite et moins fort. Il y aura donc clairement des paliers de folie au sein de l’hôpital. Ce qui permettra d’ailleurs aux médecins, en cas de critique générale sur les hôpitaux psychiatriques, de mettre en avant qu’il y a toute sorte de niveaux de démence au sein d’un hôpital psychiatrique, et que les choses sont donc « plus compliquées que ça ».

Heureusement, pour certains patients dociles, on doit ensuite limiter la dose. En effet, après avoir été autant assommés chimiquement, un certain nombre de patients préfèreront adopter une attitude soumise plutôt que de revivre l’enfer de la période d’administration massive de médoc.

Enfin, les patients étant drogués aux opiacés, ils auront tendance d’eux même à vouloir continuer à en prendre pour continuer à se sentir bien. Et en continuant à prendre des opiacés, leur état mental continuera de se dégrader. Du coup, le piège est encore plus parfait.

Donc, oui, les hôpitaux psychiatriques peuvent tout à faire créer des fous. Ils doivent en créer en masse.

 

PS :

Tout ça explique que les personnes en hôpital psychiatrique n’aient généralement pas l’air démonstratives, exaltées et agressives, mais plutôt assez éteintes. Parce qu’effectivement, normalement, on s’attendrait à voir des gens nerveux, excités, etc… Des fous quoi. Mais non, d’après ce qu’on peut en voir dans les reportages, ils ont l’air surtout d’être dans un état plus ou moins léthargique.

Peut-être qu’il y a un petit problème au niveau de la constipation. Comme les opiacés constipent, il faut donner ce qui équivaut à des anti-inflammatoires. Seulement, ça énerve le patient, qui peut devenir dangereux. Donc, c’est une limite des opiacés en ce qui concerne le confort du personnel soignant. Probablement que de temps à autres, le patient sera à la limite d’efficacité des opiacés, et l’administration d’équivalents d’anti-inflammatoire à ce moment-là provoquera une poussée d’énervement et de violence.

J’ai évoqué tout au long de l’article en filigrane, mais sans le dire clairement (à part au tout début), la raison pour laquelle les médecins donnent des opiacés. Il y a donc deux raisons. Non seulement, c’est plus confortable pour le personnel ; mais surtout, ça rend réel la maladie. Donc, ça justifie leur travail. Double bénéfice.

Enfin, Il est évident qu’aller chez des psychiatres de ville peut déjà être un premier pas vers cette descente aux enfers. En effet, pour de nombreuses pathologies, ils vont utiliser des opiacés ou des équivalents d’opiacés. Du coup, les problèmes de démence risquent d’apparaitre. Ce qui pourra conduire à terme à un internement.

 

Les médicaments antimigraineux

Mardi 11 octobre 2011

 

Il y a trois types de médicaments utilisés contre la migraine :

1) Les anti-inflammatoires (antalgiques de palier 1)

2) Les mélanges anti-inflammatoires/opiacés (antalgiques de palier 2)

3) Les opiacés purs (antalgiques de palier 3)

Ces paliers correspondent à l’importance du problème. Lorsque la migraine est d’intensité légère à moyennement forte, on utilise des antalgiques de palier 1. Si ces médicaments ne font plus assez effets, on utilisera alors des antalgiques de palier 2. Et si ces derniers ne font à leur tour plus assez effet, on utilisera les antalgiques de palier 3.

 

1) Les anti-inflammatoires seuls (antalgiques de palier 1)

 

On a déjà vu le principe de fonctionnement des produits ayant un effet sur le taux de cortisol. Je vais donc traiter rapidement le cas de ces médicaments.

La migraine est due à une dilatation des vaisseaux sanguins. Ca fait pression sur les nerfs situés derrière, ce qui entraine la douleur. L’effet des anti-inflammatoires étant inverse (ça resserre les vaisseaux sanguins), on peut donc utiliser ces médicaments pour arrêter la migraine. L’anti-inflammatoire va augmenter le taux de cortisol, ça va entrainer une vasoconstriction, et la migraine va donc disparaitre.

Ces médicaments présentent un problème d’effet en retour quand on arrête de les prendre. Le taux de cortisol ayant été augmenté artificiellement, il va avoir tendance à baisser en dessous du niveau normal après l’arrêt du médicament, ce qui va éventuellement entrainer le retour de la vasodilatation, et donc celui de la douleur. C’est une sorte de cercle vicieux.

Mais, dans la pratique, vu que ces médicaments sont pris ponctuellement et pendant seulement quelques heures, ça va être rarement le cas. Ca permettra donc de passer la crise. Au pire, celle-ci sera rallongée de deux ou trois jours.

A faible dose, ces médicaments entrainent : une prise de poids, une hausse de la tension, de l’énervement, de l’insomnie, etc…

Et à plus haute dose, ils entrainent : une hausse de la tension, des saignements, une désagrégation des cellules présentes dans le sang, des éruptions cutanées, un endommagement du foie, des diarrhées, etc…

Mais là encore, comme ils sont pris ponctuellement, la plupart du temps, ces problèmes ne seront pas présents, ou trop passager pour en être vraiment.

Il y a un cas qui pose problème tout de même, c’est celui des femmes qui prennent la pilule avec arrêt de 7 jours. L’arrêt entraine une baisse du taux de cortisol, ce qui provoque la migraine. Mais en prenant un anti-inflammatoire pour arrêter la migraine, on maintient le taux de cortisol élevé. Il n’y a pas la baisse de 7 jours du taux de cortisol qu’il devrait y avoir. Et du coup, c’est presque comme si ces femmes prenaient une pilule en continue. Et ça, c’est plutôt mauvais. Ca augmente les problèmes de prise de poids, de hausse de la tension, de risques de caillots sanguins, etc… (voir l’article sur les pilules prises en continu pour approfondir le sujet).

 

2) Les mélanges anti-inflammatoires/opiacés (antalgiques de palier 2)

 

Si les antimigraineux de palier 1 ne font plus assez effet à dose maximum, on passe alors aux antimigraineux de palier 2.

Il semble qu’au palier 2, ce soit principalement des mélanges anti-inflammatoires/opiacés qui sont utilisés. Les opiacés utilisés à ce stade sont de faible intensité, comme la codéine.

Comme on l’a vu dans l’article sur les médicaments mixtes anti-inflammatoires/opiacés (article du 5 septembre 2011), avec les produits purs, comme les anti-inflammatoires, ou les opiacés, les effets secondaires sont connus. Mais avec le mélange des deux, ça devient évidemment plus compliqué. Certains effets sont contraires les uns des autres ; par exemple, les anti-inflammatoires entrainent une vasoconstriction alors que c’est l’inverse pour les opiacés. Certains autres sont par contre sans concurrent inverse ; par exemple, les opiacés diminuent la douleur, tandis que les anti-inflammatoires ne l’augmentent pas.

Heureusement, l’analyse ayant déjà été faite, on va directement passer à la synthèse concernant les effets qu’on peut attendre de ces médicaments (je vous renvoie à l’article du 5 septembre pour la justification de cette liste).

On peut donc penser que d’ordinaire, on a les effets suivants :

L’opiacé entraine :

  • Détente des muscles
  • diminution directe de la douleur
  • constipation
  • somnolence
  • Nausées, vomissements
  • Vertiges

L’anti-inflammatoire entraine :

  • augmentation du taux de cortisol
  • Endommagement du foie (dont l’intensité dépend des doses et du nombre de prises)
  • Fluidification sanguine (et donc risque d’hémorragies)
  • Eruption cutanée lorsque la dose d’anti-inflammatoire est importante

Effet partagé :

  • Dépression respiratoire pour les associations ou l’effet de l’opiacé dure plus longtemps que l’anti-inflammatoire. Ou alors, éventuellement au début de la prise, si l’effet anti-inflammatoire domine.

Du coté des effets dont la présence dépend des dosages respectifs des deux médicaments et de la durée d’effet de l’opiacé on a :

  • Vasoconstriction (et donc probabilité de développer des thromboses veineuse et des caillots)
  • Vasodilatation

 

On sait que l’effet direct sur la douleur de l’opiacé ne rencontre pas d’effet inverse de la part de l’anti-inflammatoire et donc que les antalgiques de palier 2 agissent déjà par ce biais sur la douleur. Il y a un effet qui est direct sur la douleur et cet effet est apporté par l’opiacé.

La deuxième façon par laquelle ces médicaments peuvent agir sur la migraine, c’est la vasoconstriction. Cet effet est apporté par l’anti-inflammatoire. Le couple antagoniste vasoconstriction/vasodilatation est donc crucial. Mais c’est justement le seul couple dont l’orientation n’est pas bien claire. D’un côté, les documents sur ces médicaments évoquent pratiquement tout le temps des nausées et des vertiges, qui sont les signes d’une vasodilatation. D’un autre côté, on parle dans certains cas de vasoconstriction et de hausse de tension (par exemple pour les triptans, qui sont en réalité une simple association opiacé/anti-inflammatoire, et pas des nouveaux médicaments high-tech). Et l’effet sur la migraine laisse aussi envisager un effet vasoconstricteur.

Comme on l’a vu dans l’article précédent sur les médicaments mixtes anti-inflammatoires/opiacés, il y a quatre explications possibles à cet état de fait (voir l’article précédent sur le 3ème type de médicaments pour plus de détails).

1) Soit en réalité l’effet opiacé domine tout le temps. Il n’y a en réalité que vasodilatation. Donc, les documents disant qu’il y a vasoconstriction et hausse de la tension disent n’importe quoi.

2) Soit l’effet anti-inflammatoire en réalité l’emporte tout le temps. La présence de symptômes de nausées et de vertiges viendrait essentiellement du fait qu’il y aurait quand même hypotension malgré la vasoconstriction. Ce qui serait rendu possible par le fait que la détente des muscles entrainerait une certaine lenteur de retour du sang vers le cœur. Le rythme cardiaque s’y adapterait et serait plus lent ; entrainant donc une hypotension. Le rythme cardiaque serait également plus lent à cause de l’opiacé.

3) Soit l’effet anti-inflammatoire l’emporte. Mais les nausées et vertiges n’apparaissent qu’en début de prise et sont en réalité des effets classiques des anti-inflammatoires.

4) Soit la durée des effets n’est pas la même et celui de l’opiacé dure plus longtemps. Ce qui expliquerait qu’apparaisse alternativement un effet vasoconstricteur dû à l’anti-inflammatoire (et donc une hausse de tension), puis un effet vasodilatateur dû à l’opiacé (et donc des nausées et vertiges). Les deux effets (vasoconstriction et nausées) apparaitraient effectivement, mais pas en même temps. Et effectivement, il est connu que pour de nombreux médicaments de ce type, l’effet de l’opiacé dure plus longtemps. C’est le cas par exemple avec les associations paracétamol/dextropropoxyphène. C’est d’ailleurs pour ça que le di-antalvic a été retiré de la vente. Les gens avaient tendance à en reprendre trop vite, et les effets du dextropropoxyphène (qui durent jusqu’à 13 heures) avaient tendance à s’additionner de prise en prise.

 

Difficile de dire quelle est la bonne hypothèse. En fait, selon les situations, c’est peut-être bien les quatre. En effet, les concentrations des deux éléments varient selon les médicaments. La concentration en paracétamol varie de 300 mg à 600 mg et celle en opiacé de 8 mg à 50 mg (voir ici). Ça passe du simple au double pour l’anti-inflammatoire, et ça peut être multiplié par 6 pour l’opiacé.

Donc, il est possible que dans certains médicaments, l’opiacé ait un effet supérieur à celui de l’anti-inflammatoire sur le calibre des veines. On serait alors dans l’hypothèse 1.

Si c’est l’anti-inflammatoire qui l’emporte, on va être dans les 3 autres hypothèses. Si l’effet de l’opiacé dure plus longtemps que celui de l’anti-inflammatoire, on devrait être plutôt dans l’hypothèse 4 (même si ça n’exclue pas complètement l’hypothèse 2 et 3). Et si l’effet est de même longueur, on sera soit dans l’hypothèse 2, soit dans l’hypothèse 3, soit dans les deux.

Donc, il est possible que selon les doses, on soit dans l’un ou l’autre des 4 cas.

Si on suppose par contre qu’une ou plusieurs des hypothèses envisagées sont fausses, il n’y aura qu’une partie de ces 4 cas qui sera présent. Lesquels ? Ce qui est sûr, c’est que le cas numéro 4 est présent dans certains médicaments. Le cas 2 est celui qui est le plus sujet à débat. Si cette hypothèse est fausse, alors c’est seulement les cas 1 et 3 qui sont la bonne explication. Donc, au pire, 3 des hypothèses sont justes, au mieux, les 4 le sont et sont valables selon les doses.

 

- Détails divers

Il est possible que l’effet anti-inflammatoire prenne plus d’ampleur au fur et à mesure du temps. En effet, comme l’effet de type opiacé à tendance à faire de moins en moins effet, la personne va prendre des doses plus importantes. Or, comme l’effet de type anti-inflammatoire va persister plus facilement ; à partir d’un certain dosage, il va se manifester plus clairement. Alors qu’avant, c’était essentiellement l’effet de type opiacé qui se manifestait.

En plus, les gens vont avoir tendance à prendre des produits pour contrer ceux engendrés par les opiacés. Par exemple, pour lutter contre les nausées, ils vont prendre du café ou du coca. Or, comme ces produits augmentent le taux de cortisol, ça augmente l’effet de type anti-inflammatoire.

 

- Les problèmes de santé entrainés par les antalgiques de niveau 2

On va avoir 3 gros problèmes directs de santé engendrés par les antalgiques de niveau 2

-          Problèmes cardiaques

-          Risques d’hémorragie

-          Endommagement du foie

 

Ce qui est sûr, c’est que d’une façon ou d’une autre, ça entraine des nausées et des vertiges. Que ce soit à cause d’une vasodilatation ou d’un processus plus compliqué dans le cas d’une vasoconstriction. Et quel que soit le mécanisme, ça indique une hypotension et donc un danger pour le cœur.

Ces médicaments étant très prescrits pour les personnes de plus de 65 ans (c’était le cas par exemple du di-antalvic, qui a été retiré, voir ici), ça doit être une source importante de crises cardiaques.

D’ailleurs, des études ont montré que les migraineux qui sont grands consommateurs d’antalgiques de niveau 2, sont plus susceptibles d’avoir des problèmes cardiaques.

Le fait que très souvent, la personne qui prend l’antalgique soit déjà en état de vasodilatation (migraine par exemple) et donc d’hypotension, augmente la probabilité de survenue du problème.

Les antalgiques dont l’effet opiacé dure plus longtemps que l’effet anti-inflammatoire (exemple : paracétamol (de 1 à 4 heures)/ dextropropoxyphène (13 heures)) sont particulièrement dangereux à ce niveau-là. Le problème, c’est qu’il semble que l’effet sur la douleur ait tendance à disparaitre bien avant que l’effet de l’opiacé ait disparu : au bout de 4 ou 5 heures. Les gens vont avoir tendance à reprendre un antalgique au bout de 4 ou 5 heures, quand l’effet sur la douleur du premier aura commencé à diminuer. Mais l’effet opiacé sera encore présent. Et du coup, quand l’effet anti-inflammatoire du deuxième antalgique disparaitra au bout de 3 ou 4 heures, il ne restera que l’effet opiacé. Seulement, comme l’opiacé de l’antalgique précédent fera encore effet, ce sera comme si ces gens avaient pris une double dose d’opiacé. Ce qui entrainera un risque de crise cardiaque plus important (par vasodilatation et donc hypotension). Par ailleurs, peu après que la personne ait pris le deuxième antalgique, la mobilisation d’eau et de sang au niveau du ventre à cause de l’anti-inflammatoire risquera là aussi de provoquer une crise cardiaque.

Plusieurs personnes sur Internet disent qu’elles se sont retrouvées dans un état de pré crise cardiaque après avoir avalé des comprimés de Zomig.

Exemple sur le site meamedica :

Témoignage 1 :

« Au 3eme pris le soir, j’ai passé la nuit en ayant l’impression d’avoir le coeur dans la tête. Pire qu’un tambour. Le matin effets indésirables, je pense être passé près d’un AVC. »

Témoignage 2 :

« Infarctus à la suite d’une prise de ce traitement de la crise.« 

Témoignage 3 :

« Oppression dans la poitrine, essoufflement.« 

D’ailleurs, dans les contrindications du Zomig, il y a : « antécédent d’infarctus. Antécédent d’angine de poitrine. Certains troubles du rythme cardiaque ». Bien sûr, il est vrai que c’est clairement contre indiqué chez ce genre de personne. Mais en réalité, le danger d’infarctus est présent chez tout le monde.

On peut penser que ça pose encore plus de problème si c’est pris à un moment où le taux de cortisol est naturellement bas, ou quand il y a des conditions favorisant encore plus la vasodilatation. Par exemple, si quelqu’un en prend un soir où il fait très chaud, ça peut être plus risqué que d’ordinaire.

Ça peut être aussi un problème si on prend ce genre de médicaments après avoir arrêté de prendre des antimigraineux augmentant le taux de cortisol de façon régulière pendant de nombreux mois. Parce que le taux de cortisol va s’effondrer et le risque de problème cardiaque va augmenter.

A noter que certaines personnes prennent des antidépresseurs de type anti-inflammatoires. Du coup, effectivement, les médicaments antimigraineux vont avoir des effets variés selon le moment de la prise de l’un et de l’autre.

 

Si on augmente les doses et qu’on prend plus souvent ces médicaments (ce qui va être le cas avec le cercle vicieux lié à l’anti-inflammatoire, voir plus bas), vu que ça contient un anti-inflammatoire et qu’à haute dose, ceux-ci provoquent des hémorragies, les risques hémorragiques vont augmenter. Ce qui pourra être source d’accidents vasculaires cérébraux (AVC), de problèmes digestifs, éventuellement de perte d’audition, etc…

 

Evidemment, là encore si on en prend plus régulièrement avec des doses plus élevées, ça va finir par fortement endommager le foie. Toujours à cause de l’anti-inflammatoire. La personne risque donc d’avoir de moins en moins d’énergie, vu qu’elle éliminera de moins en moins bien les déchets cellulaires. Et par ailleurs, si jamais un médecin diagnostique la présence d’une tumeur quelque part, il pourra inventer l’existence d’un cancer métastasé au foie, à cause des éventuelles nécroses, réparations anarchiques et inflammations que l’antalgique aura créé au fur et à mesure des années (voir l’article sur la façon dont les médecins rendent réel le diagnostic de cancer). Avec les déchets cellulaires en circulation dans le sang, il sera aussi plus facile d’inventer une leucémie (voir l’article sur le sujet).

 

3) Les opiacés purs et puissants (antalgiques de palier 3)

 

Les opiacés les plus puissants font partis de la classe des antalgiques de palier 3. Ils sont utilisés seuls, sans ajout d’anti-inflammatoire. Ils sont prescrits uniquement en cas d’ultime recours, quand les médicaments de niveau 2 ne font plus assez effet.

Les opiacés ont tendance à dilater les veines. Donc, on pourrait se dire que ce n’est pas indiqué pour la migraine. Mais par ailleurs, ça calme la douleur en agissant directement sur les nerfs ou sur les centres de la douleur dans le cerveau. L’effet sur le signal de douleur contrecarre l’effet négatif de dilatation des veines. Au final, ça a donc un effet positif sur la migraine.

L’avantage des opiacés, c’est qu’ils ne jouent pas sur le taux de cortisol. Donc, il n’y a pas d’effet en retour comme avec les anti-inflammatoires. Il y a un effet en retour qui consiste en l’augmentation d’une douleur déjà présente. Mais a priori, ça ne crée pas la douleur elle-même.

Cela dit, beaucoup de gens ont des migraines parce qu’ils prennent par ailleurs des médicaments ou ont une alimentation qui les provoque. Comme on l’a vu, c’est le cas des femmes qui prennent la pilule. Donc, une femme sous antalgiques de palier 3 et qui arrête de les prendre verra sa migraine revenir lors des règles parce que l’arrêt de la pilule pendant cette période aura fait baisser le taux de cortisol. Et la douleur sera encore plus importante que d’habitude, puisque l’arrêt de l’opiacé augmentera la douleur en question.

On peut même se dire que les gens qui prennent des antalgiques de palier 3 sont généralement ceux qui ont la plus mauvaise hygiène de vie par rapport à ce problème (pris de café, coca, etc…), ou qui sont dans une phase longue de baisse du taux de cortisol ou comme on l’a vu plus haut, qui prennent des traitements de type anti-inflammatoire qui sont interrompus régulièrement (cas de la pilule). Donc, même sans problème d’effet en retour de la douleur de la part des opiacés, celle-ci risque de revenir parce qu’il y a un problème qui provoque la migraine par ailleurs. Et la douleur va être magnifiée par l’arrêt de l’opiacé.

Et puis, ce qui va se passer, c’est que si la personne va mieux, on va la faire revenir au mélange anti-inflammatoire/opiacés des antalgiques de palier 2. Du coup, le phénomène de cercle vicieux va revenir.

Enfin, le problème des opiacés est que ça entraine des effets secondaires qui ne peuvent être soignés pour certains que par la prise de produits de type anti-inflammatoire. Par exemple, on donne presque systématiquement des antiémétiques et un traitement préventif de la constipation. Du coup, quand on prend des opiacés forts, on est la plupart du temps obligé d’utiliser également des anti-inflammatoires. On fait alors augmenter le taux de cortisol. Et si on arrête le traitement opiacé, on va arrêter aussi les anti-inflammatoires. Le taux de cortisol se retrouvera en dessous de la normale, ce qui entrainera le retour de la migraine. Et la douleur sera en plus augmentée à cause de l’arrêt de l’opiacé. A cause de ça, dans la réalité, les antalgiques de palier 3 vont très souvent être des traitements identiques aux antalgiques de palier 2, à savoir des traitements mixtes opiacés/anti-inflammatoires. Sauf que la douleur sera encore plus importante lors de l’arrêt du traitement que quand on arrête les antalgique de palier 2, parce que l’opiacé utilisé a un effet plus puissant sur la douleur.

Donc, même si les opiacés purs ne provoquent pas de cercle vicieux comme les anti-inflammatoires, le problème va souvent perdurer malgré tout lors de leur arrêt.

 

Concernant les problèmes de santé engendrés par les antalgiques de palier 3, ça va être tout ceux des opiacés forts. J’en ai déjà parlé dans d’autres articles. Mais globalement, ça va être des problèmes d’hypotension, de nausées, de vertiges, de constipation, de somnolence, de mémoire, d’insuffisance respiratoire, des problèmes cardiaques, etc…

Par ailleurs, il semble qu’il faille mettre la personne sous traitement pendant une longue durée (sans interruption) pour que les opiacés soient efficaces contre la douleur. Donc, là, c’est différent des autres antalgiques, puisqu’on ne prend pas les médicaments de façon ponctuelle, quand la crise arrive, mais au minimum pendant plusieurs semaines. Du coup, la personne subit à plein les problèmes engendrés par les opiacés. Surtout que pour maintenir le même effet, il faut augmenter régulièrement les doses. Du coup, avec une prise en continu, vont s’ajouter des problèmes de perte d’appétit et donc d’amaigrissement. Et tous les effets décrits plus hauts vont être beaucoup plus présents (sauf bien sûr si le médicament perd de son efficacité et qu’on n’augmente pas les doses pour compenser).

Les plus gros problèmes seront des problèmes cardiaques et respiratoires. A cause de la vasodilatation et de la déshydratation (causée par l’amaigrissement), il va y avoir des problèmes d’hypotension. Ce qui risque de mener à des états comateux, voir carrément à une crise cardiaque. La détente des muscles et l’hypotension vont causer aussi des problèmes d’insuffisance respiratoire.

 

4) Les médicaments antimigraineux entrainent un cercle vicieux à partir du palier 2

 

La question de l’entrée dans un cercle vicieux due aux antimigraineux dépend du type de médicaments pris. Mais globalement, il y a un réel danger d’entrer petit à petit dans un cercle vicieux qui va faire prendre de plus en plus d’antimigraineux, voir en prendre presqu’en permanence.

Pour les antimigraineux de palier 1, le problème ne se pose quasiment pas. Autant, avec les médicaments augmentant le taux de cortisol pris sur une longue période (pilule par exemple), il y a introduction d’un cercle vicieux, autant, comme les antimigraineux de palier 1 sont pris ponctuellement –quand la crise arrive-, il n’y a pas vraiment de cercle vicieux. Ou plutôt, le cercle vicieux est peu fréquent et dure relativement peu longtemps. L’augmentation artificielle du taux de cortisol doit durer trop peu de temps pour enclencher un cercle vicieux.

Ils peuvent effectivement entrainer un retour de la crise quand ils cessent d’agir. Mais ça ne va pas être systématique. La personne va prendre une aspirine, ça va calmer sa douleur. Et ça sera finit. Parfois, ça enclenchera le cercle vicieux, et la personne subira alors une migraine pendant plusieurs jours au lieu d’un seul. Pour les gros migraineux, le cercle vicieux s’enclenchera plus souvent, mais ça restera limité.

Si la personne a des problèmes de retour de migraine, ce sera souvent parce qu’il y a un problème de baisse du taux de cortisol entrainé par une autre  cause.

Cela dit, bien sûr, il y aura certaines personnes qui entreront dans un cercle vicieux relativement long uniquement à cause des antalgiques de palier 1. Mais ça sera rare.

C’est avec les antalgiques de palier 2 que le problème d’entrée dans un cercle vicieux de longue durée va apparaitre.

On va déjà avoir un problème de cercle vicieux de courte durée. Ceux-ci vont apparaitre plus souvent avec les antimigraineux de palier 2 qu’avec ceux de palier 1. Ça va arriver plus souvent déjà parce que si ces médicaments plus puissants sont utilisés c’est parce que les personnes ont des problèmes de migraine plus importants. Donc, on va utiliser ces médicaments plus souvent, augmentant la probabilité de survenue d’un cercle vicieux. Et en plus, celui-ci sera plus long. Disons que plus ou moins souvent, ça va faire durer la crise non pas 2 ou 3 jours, mais carrément une semaine ou 10 jours.

Bien sûr, tout dépend de la dose. Comme pour les antalgiques de niveau 1, une prise isolée ne va pas entrainer de cercle vicieux.

Et les retours de crise vont être en plus être beaucoup plus douloureux qu’avec les antalgiques de palier 1. En effet, les opiacés ont un effet direct sur la douleur, et arrêter de les prendre entraine un retour de la douleur, mais augmenté. Donc, comme ces médicaments contiennent des anti-inflammatoires et des opiacés, quand on arrête de les prendre, la migraine risque de revenir à cause du cercle vicieux lié à l’anti-inflammatoire, mais en plus, la douleur va être magnifiée par l’arrêt de l’opiacé.

Le premier problème qui va entrainer des cercles vicieux de durée plus longue, c’est que comme il faut prendre des doses de plus en plus fortes d’opiacés pour conserver le même effet sur la douleur, il va falloir prendre des doses de plus en plus fortes d’antalgiques de pallier 2. Ce qui risquera de faire revenir la migraine pendant plus longtemps.

Mais surtout, les antalgiques de paliers 2 risquent d’entrainer une véritable addiction à l’opiacé qu’ils contiennent. Donc, les gens vont avoir tendance à les consommer en continu, histoire d’éviter les symptômes très désagréables ressentis lors de l’arrêt (comme quand on arrête la morphine ou l’héroïne). Du coup, il va y avoir rapidement prise en continu, et entrée dans un cercle vicieux de longue durée, voir permanent. Dès que la personne arrêtera d’en prendre, comme le taux de cortisol aura été élevé artificiellement pendant longtemps (à cause de l’anti-inflammatoire), il s’effondrera, et la migraine reviendra. Et elle reviendra d’autant plus fort que l’arrêt de l’opiacé magnifiera la douleur. Donc, les antalgiques de type 2 peuvent provoquer l’entrée dans le cercle vicieux permanent, via l’addiction à l’opiacé. Ça dépendra en fait de la capacité de la personne à contrôler cette addiction.

Le cercle vicieux pourrait ne pas apparaitre avec les antimigraineux de palier 3, à savoir les opiacés puissants (ex. la morphine). En effet, comme les opiacés n’engendrent pas de cercle vicieux de la douleur, mais entrainent seulement une magnification d’une douleur déjà présente, normalement, la migraine ne devrait pas revenir après leur arrêt.

Mais ce qu’il y a, c’est que les opiacés entrainent de nombreux effets secondaires, et que certains ne peuvent être traités qu’en prenant des produits de type inflammatoire. Du coup, quasiment systématiquement, on prend aussi des anti-inflammatoires en plus de l’opiacé. Or, lorsqu’on arrêtera de prendre le médicament, on arrêtera aussi l’anti-inflammatoire. Et l’effet en retour lié à l’arrêt de l’anti-inflammatoire va faire revenir la douleur. Il y aura donc une douleur de présente, et l’arrêt de l’opiacé va la magnifier.

On se retrouve donc dans la même situation que dans le cas des antimigraineux de palier 2. Sauf que l’effet en retour après l’arrêt du médicament sera encore pire, puisque l’opiacé est plus fort.

Sauf que cette fois, il y aura un risque quasi certain de création d’un cercle vicieux long, voir même permanent. En effet, comme on doit prendre l’opiacé pendant plusieurs semaines pour qu’il fasse effet, on doit prendre des anti-inflammatoires aussi pendant la même période de temps (pour contrer certains effets secondaires de l’opiacé donc). Du coup, quand on arrête l’opiacé, on arrête aussi l’anti-inflammatoire, et la migraine va alors revenir pendant de nombreux jours, voir des semaines ; obligeant ainsi la personne à reprendre de l’opiacé. Et ce cycle peut perdurer indéfiniment.

Les antalgiques ne palier 3 ne peuvent être prescrits que pendant une période maximale de 28 jours (loi de 1999). Mais rien n’empêche le médecin de renouveler indéfiniment le traitement. Et même si on ne prend pas l’opiacé en permanence, mais par période de plusieurs semaines, un cercle vicieux long s’installera forcément, à cause de la prise conjointe de l’anti-inflammatoire. En fait, dès qu’on prend l’opiacé de façon prolongée (sur plusieurs semaines), et plus seulement ponctuellement, on entre dans un cercle vicieux qui s’auto-entretient.

Et puis, là aussi, il va y avoir le problème de l’addiction. Et vu les doses d’opiacé, l’addiction sera pire qu’avec les antalgiques de palier 2. La personne aura donc un risque très fort de devenir accroc à l’opiacé et à devoir continuer à prendre de l’antalgique indéfiniment.

En fait, dès qu’on est obligé de prendre l’antalgique sur une période de plus de quelques semaines, que ce soit à cause d’une addiction à l’opiacé, ou parce qu’il faut prendre le produit sur une longue période pour qu’il soit efficace, il y a un risque énorme de rentrer dans un cercle vicieux de longue durée concernant la migraine, un cercle vicieux qui s’auto-entretient.

Dans la mesure où de nombreuses personnes vont passer des antalgiques de palier 1 à ceux de palier 2, et où le cercle vicieux se met en place dès ce palier là, on peut dire qu’il y a arnaque. Arnaque dans le sens où on va se mettre à donner des médicaments qui vont faire entrer dans un cercle vicieux, ce qui empêchera d’arrêter de les prendre. Si les gens arrêtent de le faire, la migraine reviendra, et avec une intensité bien plus forte qu’une migraine normale. Ces gens seront donc obligées de reprendre de l’antalgique. Et à cause de l’addiction à l’opiacé, l’arrêt du médicament entrainera des crises d’angoisse, une très grand nervosité, et d’autres symptômes de sevrages, ce qui obligera là-aussi à reprendre de l’antalgique. Donc, ils seront obligés de prendre l’antimigraineux quasiment à vie. Au mieux, ils seront obligés d’en prendre sur de longues périodes.

Et il y a arnaque aussi parce qu’on sait qu’un pourcentage important de migraineux finiront par passer aux antalgiques de niveau 2 et 3. Si, le passage des antalgiques de palier 1 à ceux de palier 2 était rare, l’arnaque serait limitée. Mais là, vu que c’est fréquent, il s’agit d’une arnaque massive. On organise en fait l’addiction.

Et bien sûr, cette addiction aux opiacés et aux anti-inflammatoires et les effets secondaires qui les accompagnent ouvriront la voie à des diagnostics de maladies plus graves.

 

Donc, avec les antalgiques de palier 1, la plupart du temps, le problème de la migraine va venir d’autres causes de variation artificielle du taux de cortisol, des causes qui sont présentes tout le temps : alimentation et/ou prise de médicaments augmentant le taux de cortisol (pilule par exemple), etc… C’est pour ça que beaucoup de femmes voient disparaitre leurs migraine à la ménopause, quand elles arrêtent de prendre la pilule. Cela dit, pas mal prennent des hormones qui vont avoir les mêmes effets, mais en permanence cette fois, ce qui fera comme une prise d’anti-inflammatoire en permanence. Donc, peut-être que l’analyse est biaisé en ce qui concerne les femmes.

Mais dès que la personne arrivera aux antalgiques de palier 2, elle aura un gros risque d’entrer dans un cercle vicieux auto-entretenu qui l’empêchera d’arrêter ses médicaments.

Ce qui n’empêchera d’ailleurs pas qu’il y ait toujours des causes externes de variation du taux de cortisol ou de vasodilatation directe. On peut même penser que si les gens en sont à prendre des antalgiques au-dessus du palier 1, c’est qu’elles ont des causes importantes par ailleurs d’avoir des migraines.

 

5) Les facteurs pouvant limiter le passage aux antimigraineux plus puissants ou permettant d’arrêter de les prendre

 

Ce qui limite quand même l’usage des antalgiques de palier 2, c’est que les antalgiques de palier 1 vont garder leur efficacité pendant longtemps. Donc, il n’y aura pas besoin forcément d’augmenter les doses. Ça sera le cas quand une personne sera dans un état de baisse du taux de cortisol durant longtemps. Dans ce cas, les migraines auront tendance à revenir après l’arrêt des anti-inflammatoires. Et on décidera peut-être de passer à des traitements plus puissants. Et plus cette baisse du taux de cortisol sur une longue période sera importante, plus ça sera le cas. Mais d’ordinaire, les antalgiques de palier 1 vont garder leur efficacité pendant des années.

On peut penser que les femmes sont relativement protégées de la récidive de la migraine à courte terme grâce à la pilule. Comme ça augmente le taux de cortisol, quand elles la reprennent, d’ordinaire la migraine disparait. Donc, pendant 3 semaines environ, elles seront tranquilles et n’auront plus à prendre l’antimigraineux.

Ça sera peut-être moins le cas si elles utilisent des anti-inflammatoire à haute dose. Ou si elles utilisent des antalgiques de niveau 2 en continu (à cause de l’addiction à l’opiacé). Mais globalement, ça sera le cas. Les hommes, eux, risqueront plus d’avoir parfois des crises récidivantes à certains moments. Ça ne sera pas systématique, mais ça sera plus fréquent.

Et le fait que la crise de migraine soit plutôt limitée à la période des règles évitera en partie le passage à des antalgiques plus puissants.

D’ailleurs, grâce à cette protection contre la récidive à court terme de la migraine, les femmes subiront peut-être moins de problème d’addiction aux opiacés des antalgiques de palier 2. Elles ne prendront ces médicaments que pendant 4 ou 5 jours, et ça sera bon. Avec seulement 4 ou 5 jours de consommation, ça doit limiter les risques d’addiction.

Concernant les antalgiques de palier 2 et 3, une chose s’opposera à ce que la personne reste dans son addiction indéfiniment : les médecins connaissent bien le problème de l’addiction aux opiacés. Donc, vu que le patient doit passer par un médecin pour obtenir ses opiacés, au bout d’un moment, ce dernier lui proposera probablement une cure de désintoxication. Cela dit, souvent, le médecin ne fera que remplacer un opiacé par un autre (qu’il ne considérera pas comme un opiacé).

Le problème qui entravera la cure de désintoxication est que la personne aura pris des anti-inflammatoires en même temps que l’antalgique de palier 3. Or, si elle arrête de prendre l’antalgique, elle arrêtera aussi de prendre les anti-inflammatoires. Donc, elle subira le problème de baisse du taux de cortisol, ce qui fera revenir la migraine. Cela dit, rien ne l’empêchera de reprendre des antalgiques de palier 1 (donc des anti-inflammatoires). Et en les prenant à forte dose, ça marchera peut-être. La douleur ne reviendra peut-être pas. C’est à voir.

 

Evidemment, il faudrait faire une analyse plus poussée sur le taux de migraineux étant passés aux antalgiques de palier 2 pour se faire une idée du nombre de personnes entrant dans la phase addictive de l’arnaque. De même, il faudrait des chiffres pour savoir le pourcentage de gens ayant des récidives plus ou moins fréquentes de migraine, lorsqu’elles n’en sont qu’au stade des antalgiques de palier 1 (et savoir leur style de vie, les produits qu’elles prennent par ailleurs, leur sexe, etc…). Il faudrait aussi connaitre le pourcentage de personnes consommant des antalgiques de palier 2 et 3 qui y sont accrocs et les consomment en continu ou au moins sur des longues périodes. Comme j’ai compris cette arnaque avec plus de précision lors de l’écriture de cet article, tout ça est assez nouveau. J’obtiendrai donc peut-être des nouveaux éléments par la suite permettant de se faire une meilleure idée sur ces questions.

 

Le livre « Amère pilule » d’Ellen Grant

Jeudi 31 mars 2011


Pour ceux qui auraient été intéressés par mes articles sur la pilule contraceptive, je conseille le livre « Amère pilule » d’Ellen Grant. On peut le trouver sur Amazon.

Ca dit à peu près les mêmes choses que moi concernant les effets secondaires des pilules (thromboses, changement d’humeur, baisse de la libido, prise de poids, tumeurs, etc..). Sauf qu’il s’agit d’une femme qui est médecin et qui a participé aux études sur les effets secondaires de la pilule au tout début de l’arrivée de celle-ci et a continué à s’y intéresser par la suite. Donc, pour ceux qui ne seraient pas convaincus par mes articles, parce qu’ils se diraient que c’est écrit par un dingue qui remet tout en cause et qui n’est pas médecin, voilà, là vous avez un livre écrit par quelqu’un qui a fait parti du sérail et qui a le titre de médecin.

 

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Je précise que je ne tire pas mes réflexions du livre d’Ellen Grant. Je l’ai découvert et lu après avoir écrit mon premier article sur le sujet. La plupart de mes découvertes des effets secondaires de la pilule découle logiquement et directement de mes recherches sur le taux de cortisol. Et j’ai découvert le reste en faisant des recherches sur Internet. Bien sur, vu que mes réflexions découlent de la problématique du taux de cortisol, je n’ais aucune crainte qu’on m’accuse de les avoir pompées du livre d’Ellen Grant. Mais c’est juste pour préciser qu’il n’y a aucune inspiration ou information venant de son livre dans mon article initial. Dans ceux qui ont suivi, par contre (début d’année 2011), il doit y avoir 2 ou 3 informations tirées de son ouvrage (il est d’ailleurs cité à chaque fois que c’est le cas).


Le problème des pilules prises en continu

Mardi 15 février 2011

 

Les pilules prises en continu sont historiquement les pilules microprogestatives, donc, considérées comme faiblement dosées (Cérazette, Microval, Milligynon, Ogyline). Certains progestatifs puissants (Lutényl, Lutéran, Surgestone) le sont parfois pour les femmes souffrant d’endométriose (donc, qui souffrent si elles ont des règles) ; mais généralement ils sont utilisés de façon classique.

Actuellement, un mouvement de pensée tend à considérer qu’avoir ses règles sous pilule ne sert pas à grand-chose, ou en tout cas pas tous les mois. Or, l’arrêt mensuel de la pilule s’accompagne souvent de symptômes physiques et mentaux désagréables (migraine, baisse de forme physique, dépression, etc…). Du coup, on commence à conseiller l’utilisation de pilules classiques (estroprogestatives) de façon continue.

Or, on a vu comment la pilule fonctionnait en réalité. C’est l’élévation du taux de cortisol qui entraine la contraception. Un taux élevé de cortisol entraine en effet que les cellules du centre du corps accumulent l’eau et ne la rejette pas. Du coup, les cellules produisant des hormones et autres substances nécessaires à la nidation de l’œuf en produisent moins et plus pâteuses, ce qui empêche la nidation. Et la glaire cervicale est également plus pâteuse et empêche les spermatozoïdes d’arriver jusqu’à l’utérus.

Et on a vu par ailleurs que maintenir le taux de cortisol élevé pendant longtemps et en continu est néfaste (voir mon article sur le cortisol).

Pour rappel, ça l’est parce qu’il n’y a aucune pose pour permettre aux cellules du centre du corps de se vider de leurs déchets (ce qu’elles font en se vidant de leur eau, mais comme là, elles ne peuvent qu’accumuler l’eau et pas la rejeter, elles ne peuvent pas se débarrasser de leurs déchets) ; ce qui entraine la probabilité de déclenchement de tumeurs dans le centre du corps, des douleurs d’estomac, etc… Il n’y a pas de pose dans la vasoconstriction des vaisseaux sanguins (qui conduit aux thromboses des bras et surtout des jambes). Et enfin, il n’y a pas de pose dans l’assèchement des cellules des bras et des jambes (qui entraine avec la vasoconstriction une acidification du sang et une déminéralisation des os pour compenser, une usure des tendons, ainsi qu’une faiblesse musculaire des membres).

Le fait de faire une pose de 7 jours dans la prise des pilules amène des effets physiologiques désagréables, mais ça permet au corps de se purger pendant au moins une semaine, de réparer les bras et les jambes, de limiter la formation de caillots dans les jambes, etc… Bien sur, prendre la pilule normale n’est pas bon de toute façon ; mais il y a au moins ça. Avec les pilules prises en continu, il n’y a aucune période de récupération.

Du coup, on peut penser que prendre les pilules en continu est encore plus néfaste que les prendre de façon habituelle avec une semaine de pose.

L’argument qu’on pourrait avancer, pour les pilules microprogestatives, c’est qu’elles sont suffisamment faiblement dosées pour que les prendre en continu n’entraine pas trop d’effets secondaires. Donc, on pourrait dire que d’accord, ce genre de pilule est prise en continu, mais, comme la dose est plus faible que pour les autres pilules, ça n’est pas trop gênant.

 

1) Doses suffisamment faibles ou pas ?

 

Donc, la question est : « est-ce que c’est assez faiblement dosé pour éviter que la prise en continu pose problème ? »

Selon la littérature officielle, ces pilules sont les plus faiblement dosées. L’orthodoxie reconnait même que l’efficacité peut être légèrement moins bonne que pour les pilules estroprogestatives. Et il est dit que les effets secondaires sont moins forts que pour les pilules classiques. Donc, on peut effectivement se demander si finalement, la baisse des effets secondaires n’est pas suffisante pour compenser la prise en continue.

Seulement, il y a quelques éléments qui indiquent que la dose reste trop forte.

 

a) Suppression des règles

Ces pilules ont tendance à supprimer les règles. Déjà rien que ça signifie que c’est relativement fortement dosé. Sinon, ça laisserait les règles arriver.

Dans la littérature sur le sujet, ce n’est pas évident de savoir ce qui se passe réellement au niveau de l’endomètre (la muqueuse de l’utérus qui est à l’origine des règles). On dit que l’endomètre se gonfle pendant le cycle. Mais, concernant les règles, la cause et le mécanisme ne sont pas clairs.

Après avoir étudié la chose, je pense que ce qui se passe est ceci.  En fait, l’endomètre doit effectivement se gonfler. Mais il doit aussi émettre une sorte de mucus imprégné de sang et d’hormones. Celui-ci doit servir de substance nutritive pour l’œuf fécondé ; un peu comme le jaune et le blanc dans un œuf de poule. Ca permet à l’œuf de se développer avant de se raccorder au système sanguin de la mère via le cordon ombilical et le placenta. C’est parce qu’il s’agit d’une couche de mucus et que c’est donc séparé de l’endomètre que ça se détache facilement. On pourrait alors se demander pourquoi ça ne se détache pas avant. A mon avis, c’est que, déjà, ce mucus doit être d’être relativement pâteux. Mais surtout, il doit être derrière une fine membrane. C’est peut-être pour ça que ça n’est pas considéré comme étant un élément séparé de l’endomètre. Lors des règles, la membrane doit se déchirer et laisser passer ce mucus (d’ailleurs, ici, on parle de « rupture de la couche externe de l’endomètre »). Par ailleurs, peut-être qu’un mucus beaucoup plus fluide est émis et que ça fluidifie suffisamment celui précédemment émis pour lui permettre de se détacher de la paroi de l’endomètre et être évacué. Ce mucus fluide est probablement chargé de sang à cause de la rupture de petits vaisseaux sanguins.

Donc, si la pilule prise en continu supprime les règles, ça doit être parce qu’il n’y a pas de liquéfaction du mucus et pas de rupture de la membrane. La pilule, en augmentant le taux de cortisol, fait que les cellules de l’endomètre retiennent l’eau. Donc, ça diminue l’émission du mucus (ce qui entraine un épaississement moins important de l’endomètre), et ça le rend plus pâteux. Du coup, cette couche de mucus est plus mince. Et comme elle ne se liquéfie pas, elle reste plus longtemps en place (mais finit quand même par se détacher, ce qui cause des règles assez pâteuses et foncées une fois tous les 3, 4, 5 mois, voir plus). Et si la pilule est capable de faire ça, c’est forcément parce qu’elle a une action de type cortisone très loin d’être anodine.

Et du coup, on comprend pourquoi il y a des règles avec les pilules avec arrêt de 7 jours. Comme le taux de cortisol diminue, les cellules de l’endomètre ne retiennent plus l’eau. Elles rejettent alors un mucus bien plus liquide (et chargé de sang). Donc, ce qu’on a avec les pilules prises de façon discontinue, ce sont réellement des règles. Selon l’orthodoxie, ça n’en est pas parce qu’il n’y a pas épaississement préalable de l’endomètre et donc rien à évacuer. Mais en fait, il y a quand même un léger épaississement de l’endomètre (ce qui est reconnu par l’orthodoxie en fait, mais en général mis sous silence). Et donc, il y a bien évacuation du mucus formé pendant la phase prémenstruelle. Mais même sans le mucus pâteux à évacuer, ça resterait quand même des règles, vu que c’est le processus de d’émission d’un mucus très liquide qui caractérise ce processus. Et concernant l’utilité des règle, ça reste utile, vu qu’il est nécessaire pour les cellules de l’endomètre de se purger régulièrement.

b) Protection quasi similaire à celle des pilules estroprogestatives

Par ailleurs, même si ça protège légèrement moins que les pilules estroprogestatives, ça offre quand même une protection quasi similaire. Sinon, il y aurait des centaines de milliers de femmes qui tomberaient enceintes avec ces pilules. Donc, même s’ils sont légèrement moins importants, les effets sont forcément proches. Ca se joue vraiment à pas grand-chose.

c) Mêmes effets secondaires à la prise

Et de toute manière, lors de la prise, on retrouve les mêmes effets secondaires que pour une pilule classique. Pour la baisse de libido par exemple, on retrouve plein de témoignages concernant ce type de pilule. Sur infobebes.com par exemple. Il y a aussi bien sur une prise de poids (voir ici ou ici avec cérazette), une sècheresse vaginale (voir ici ; messages 12, 50, 82, 138, 210, ou ici), problèmes de sommeil, d’énervement (voir ici, ici message 102, ici message de veloor et ici), etc…

 

Donc, il est manifeste que l’impact reste important sur le corps. Et du coup, malgré la dose faible, une prise en continue doit être plus mauvais que prendre une pilule un peu plus fortement dosée avec une pose de 7 jours. La dose plus faible et donc les effets secondaires moins importants ne compensent pas les inconvénients de la prise en continue.

 

2) Les effets qu’on peut attendre d’une prise en continu

 

Et qu’est-ce qui se passe ? Eh bien comme on l’a vu plus haut, le corps garde un taux élevé de cortisol en permanence. Du coup, par rapport à une pilule normale, on va avoir les effets suivant :

-          les thromboses vont être plus importantes dans les jambes

-          Usure plus rapide des cartilages des bras et des jambes

-          Ostéoporose plus prononcée

-          Plus de tumeurs ou de kystes se développant dans le centre du corps (puisque les cellules n’arrivent pas à se vider correctement de leurs déchets)

-          la personne va être plus souvent excitée nerveusement

-          Le désir va être bas pendant plus longtemps qu’avec les pilules prises de façon discontinue

-          Il va y avoir plus de sècheresse vaginale.

-          Plus d’insomnie

 

Par contre, effectivement, il n’y aura pas les effets secondaires liés à l’arrêt de la pilule. Donc, il y aura :

-          moins ou pas de maux de tête (vu que les vaisseaux sanguins seront en état de vasoconstriction en permanence, voir article sur le cortisol)

-          pas de baisse de forme physique (anémie) et mentale (déprime). Cela dit, la déprime peut survenir pendant quelques semaines après un changement de pilule plus fortement dosée. Comme le taux de cortisol va être moins élevé avec la nouvelle pilule, il va y avoir une légère déprime passagère. Ca peut être le cas aussi si elle est prise peu de temps après un accouchement (le taux de cortisol est bas à ce moment-là).

-          pas de règles pendant de nombreux mois et donc, pas de douleurs associées au règles

-          Pas de douleurs dans les articulations des jambes et éventuellement des bras

En fait, lors de l’arrêt de la pilule, le taux de cortisol s’effondre. Comme ce n’est pas le cas avec les pilules prises en continu, tout ce qui est lié à la baisse du taux de cortisol n’apparait pas. En fait, comme ce qu’on a pu voir pour la déprime, certains symptômes qu’on retrouve lors de l’arrêt d’une pilule classique peuvent apparaitre au début, quand il y a changement de pilule et que la nouvelle est moins fortement dosée que l’ancienne, ou que la pilule est prise peu de temps après un accouchement. Mais ils disparaissent rapidement.

Il est possible cela dit que des cycles de migraines apparaissent à cause de la prise de médicaments contre la migraine. Ces médicaments agissent en augmentant le taux de cortisol. Donc, à l’arrêt, celui-ci va s’effondrer et comme les pilules microprogestatives sont faiblement dosées, le taux de cortisol sera suffisamment bas pour que la migraine réapparaisse. Et du coup, tous les problèmes liés à un taux de cortisol bas apparaitront (donc, déprime, règles qui apparaissent, baisse de forme physique, etc…). Il pourra donc y avoir un yoyo de symptômes un peu similaire à celui qu’on obtient avec les pilules classiques, sauf que le yoyo sera beaucoup plus aléatoire et sera en partie lié à la prise de médicaments antimigraineux.

 

3) Le cas des pilules plus fortement dosées prises en continu

 

Bien sur, pour les pilules progestatives fortement dosées prises en continu, tous les inconvénients de la prise en continu seront encore plus importants, vu que la dose est plus forte.

Et comme on l’a vu au début, maintenant, on parle d’utiliser des pilules estroprogestatives minidosées en continu. Donc là aussi, le problème des effets secondaires sera plus important, puisque qu’elles sont plus fortement dosées que les pilules microprogestatives.

Selon le site de Martin Winckler, le principe derrière cette idée, c’est que, d’une part les règles obtenues sous pilule ne servent à rien, et d’autre part, avant le 20ème siècle, les femmes avaient leurs règles 3 fois moins souvent. Donc, on se calerait sur cet ancien rythme en prenant la pilule pendant 2 ou 3 mois d’affilé.

Actuellement, ça se ferait sur une base de pilules classique qu’on prendrait en continu sur avis du médecin. Donc, on commencerait une nouvelle boite après le 21ème jour. Mais sur un autre site, j’ai trouvé qu’il y avait une nouvelle pilule de ce genre commercialisée aux USA. Ce serait en fait une pilule minidril qui serait prise pendant 3 mois d’affilée.

Mais avec l’idée que les règles sous pilule ne servent à rien, rien n’empêche fondamentalement d’aller plus loin et de prendre la pilule pendant un temps indéfini. Surtout qu’on le fait déjà avec les pilules microprogestatives. On aura donc peut-être des pilules prises pendant 4, 5 ou 6 mois, voir plus si affinités. Surtout que c’est pris de cette façon aussi pour éviter les problèmes de migraines, les règles douloureuses, et autres choses du même genre lors de l’arrêt mensuel de la pilule. Donc, il n’y a pas de raison qu’on ne l’utilise pas en continu sur de très longues périodes.

Sauf que contrairement à la croyance de l’orthodoxie, même sous pilule, les règles sont vraiment des règles, et surtout sont nécessaires. Elles permettent aux cellules de l’endomètre de respirer et de ne pas étouffer sous leurs déchets. Et plus généralement, elles permettent au centre du corps de respirer pendant une semaine ainsi qu’au bras et aux jambes de se réparer.

 

L’efficacité de la pilule contraceptive

Mardi 8 février 2011

 

Dans sa volonté de limiter les effets secondaires de la pilule, l’industrie pharmaceutique a diminué les doses d’estrogène (désormais souvent à 0,03 ou 0,035 mg, et parfois même à 0,02 pour les pilules minidosées, au lieu des 0,05 mg des pilules normo dosées des années 60), et parfois de progestérone. Elle a même mis au point des pilules microdosées avec seulement de la progestérone, qui sont sensées entrainer encore moins d’effets secondaires que les pilules minidosées.

Alors, est-ce qu’en diminuant les doses, il y a désormais un risque plus élevé de tomber enceinte qu’avec les pilules normalement dosées ? Les données disponibles montrent que les pilules restent très efficaces. Mais à cause du grand nombre d’actes, ça n’empêche pas qu’il y ait de nombreuses grossesses non désirées sous pilule.

Vu la longueur de l’article, si vous ne voulez pas vous embêter avec les explications sur la façon dont j’obtiens les résultats chiffrés, je vous conseille de lire la partie 1 sur les données, puis de passer directement au résumé.

 

1) Les données

Quand on lit les témoignages, on s’aperçoit qu’il y a beaucoup de femmes sous pilule qui sont malgré tout tombées enceintes.

 

-          Les témoignages

Exemple sur le forum auféminin.com :

« Oui on peut tomber enceinte en prenant la pilule! Une de mes soeurs est venue passer des vacances chez moi en 2002. Elle vit aux Antilles. Elle a continué à prendre sa pilule ici et à son retour aux Antilles, sans aucun oubli jusqu’à son 4ème mois de grossesse! C’est le gynéco qui s’en est rendu compte en fait elle prenait des pilules mini dosées et il faut les prendre pratiquement toujours à la même heure. Ce qu’elle pensait faire. Le hic c’est qu’elle n’a pas tenu compte du décalage horaire!« 

Sur le forum France5 :

Par ionne :

« Moi je suis tombée enceinte sous pilule à 18 ans et je vous assure que je ne l’ai jamais oubliée ni vomie. Je prenais trinordiol, je connais 3 personnes qui sont tombées enceintes avec cette pilule. Donc oui, c’est possible, peu importe ce que les médecins peuvent en dire, moi, je le sais!

Par sami76 :

« salut les filles! moi aussi je suis tombé enceinte sous trinordiol, j’ai fais une fausse couche derrière… et pourtant je la prenais a heures fixes tous les soirs depuis plusieurs années ! »

Par ColineCami​lle :

« Perso’ je suis tombée enceinte sous TRINORDIOL sans jamais l’avoir oubliée ou décalée par rapport à l’heure de la prise. Je n’avais pas non plus été malade (je ne le suis que très rarement et attends souvent que cela passe seul – les médecins ne feront pas fortunes avec moi…)

Comme dans tout cas, le 100% n’est jamais garantit: ce type de grossesse est certes rare mais elle peut arriver (j’étais sous pilule depuis plus de 6 ans).

Ensuite je suis retombée enceinte sous pilule mais cette fois sous une microdosée compatible avec l’allaitement de mon aînée.

Certaines femmes ont un terrain plus fertiles que d’autres et certains hommes ont un plus grande comptabilité de fertilité avec certaines femmes. »

Sur le forum magrossesse.com :

De Poucelina3 :

« Moi, je suis tombée enceinte de ma 2ème sous pilule TRIMINULET. »

De mimick :

« Ma tante est tombée enceinte sous adepal. Elle ne s’en est pas rendu compte tout de suite. Ma soeur est tombée enceinte sous la même pilule (adepal), et toutes les deux sans oubli, voila. »

De vany51 :

« Ici, 3 grossesse sous pilule. Les 2 premières sous Adepal (finit en fc) et la dernière sous jasmine, avec un beau petit gars né en 2007!« 

Note : aussi bien sur le forum France5 que sur le forum magrossesse.com, les différents témoignages étaient à chaque fois dans le même topic (le même sujet). Si le phénomène était très rare, on ne trouverait qu’un seul témoignage par topic. Le fait qu’on puisse facilement y trouver 3 témoignages implique que c’est un phénomène courant.

 

-          Les données statistiques

 

- 50 % des IVG viennent d’un échec de la contraception

On a également confirmation du problème d’efficacité de la pilule sur hebdo.ch :

« Les échecs de la contraception, ça existe bel et bien! Il ressort des statistiques publiées chaque année par le canton de Berne que 50% environ des IVG sont faites après un échec de la contraception. »

On en a confirmation sur Doctissimo (donc, qui parle des chiffres français) :

« En France, le taux d’utilisation et de diffusion de la contraception est l’un des plus élevés d’Europe. Malgré cela, le nombre d’IVG reste élevé, autour de 200 000 chaque année. On estime même que plus de la moitié des femmes ayant eu recours à un avortement utilisaient des contraceptifs théoriquement efficaces. »

 

- Efficacité plus faible de la pilule en utilisation réelle que l’efficacité théorique

 

Je pensais ne pas trouver d’information sur le sujet. Mais étonnamment, il y a des études sur le taux d’échec des pilules. Et pas à l’avantage des chiffres officiels (donc, on peut considérer que ces données sont fiables).

- On a déjà ça sur ce site : « L’efficacité théorique de la pilule (99,5%) ne résiste pas à l’examen des faits, puisque même la revue Elle reconnaît qu’en pratique il y a entre 5 et 15% d’échecs, « oublis ou autres accidents », qui révèlent souvent un désir inconscient d’enfant ou de tester sa fécondité. »

- Sur le site mapremierepilule.com, on trouve le chiffre des grossesses pour 100 femmes au cours des 12 premiers mois d’utilisation de la méthode contraceptive (les données viennent apparemment de l’Anaes, l’Afssaps et l’Inpes en 2004). Il y a le chiffre pour les essais cliniques (donc un environnement contrôlé), et pour la pratique courante. Pour la pilule estroprogestative, celle qui est la plus couramment utilisée, le chiffre est de 0,1 grossesse en essais clinique. Donc, apparemment très efficace. Mais en utilisation courante, on passe à 6-8 grossesses. 60 ou 80 fois plus. On a donc entre 6 et 8 % d’échecs de la pilule sur une année pour 100 personnes. Si on extrapole ça sur 10 ans, ça veut dire qu’il va y avoir entre 60 et 80 % d’échecs.

- Sur Medscape, on peut trouver le document suivant, qui traite de la même chose. Il s’intitule « Contraceptive Failure Rates in France: Results From a Population-based Survey »  (C. Moreau; J. Trussell; G. Rodriguez; N. Bajos; J. Bouyer : Oxford University Press) et date de 2007. On y trouve les données suivantes :

« En dépit de l’utilisation répandue de méthodes de contraception hautement effectives, une grossesse sur 3 est inattendue. De ces 33 %, 65 % surviennent lors de l’utilisation de contraceptifs. Aux USA, 49 % des grossesses sont inattendues. Et là moitié viennent de l’échec de la contraception. »

Selon cette étude, la pilule avait un taux d’échec la première année de 2,4 %.

- Sur le site youngwomenhealth.org, on trouve le chiffre de 5 échecs sur 1 an pour une utilisation typique (c’est-à-dire non parfaite) chez 100 femmes. Donc, 5 % d’échecs. On retrouve donc des chiffres plus proches de ceux du site mapremierepilule.com.

 

Un détail, pas essentiel, mais qui pourrait gonfler un peu le nombre des grossesses non désirées sous pilule (mais pas le pourcentage par couple) ; selon le livre de Xavier Dor « le crime contre Dieu » (visible ici), le nombre d’avortement serait largement supérieur aux 200/220.000 officiels. En réalité, ils seraient probablement plus proches de 350.000.

Ces chiffres appellent des remarques. Le nombre d’avortements chirurgicaux est très sous-estimé et s’établirait à 350.000 ou peut-être davantage. En effet, beaucoup d’avortements ne sont pas répertoriés en tant que tels, mais déclarés comme révision utérine pour fausse couche, ou biopsie de l’endomètre, ou curetage, ou tout autre acte, ceci en raison de convenance personnelle, d’avortement hors délai, de comptabilisations financières ou de dépassement des quotas. Le nombre d’IVG pratiqués chaque année dans un établissement privé ne doit pas être supérieur à 25 % du nombre des actes chirurgicaux et obstétricaux, tout dépassement entraînant la fermeture du centre pour un an, et en cas de récidive, sa fermeture définitive (art 178-1 du Code de santé publique). La sanction n’est jamais appliquée. Nous demandions à des responsables d’un centre d’avortement comment ils avaient pu échapper à toute mesure disciplinaire pour dépassement du quota  —  nous connaissions les chiffres, eux-mêmes nous les avaient donnés. La réponse fut celle-ci : « C’est l’affaire de la DDASS. C’est elle-même qui nous envoie les patientes. »

Alors, d’accord, le livre est clairement partisan. Mais a priori, les raisons évoquées pour lesquelles la quantité d’avortement serait plus élevée que déclarée officiellement tiennent la route. Donc, ce qu’il dit semble crédible.

 

 

2) Analyse des données

 

- La quantité de grossesses dues à l’échec de la pilule

 

Vu qu’il y a environ 800.000 naissances chaque année et 200.000 IVG, on a donc 1 million de grossesses en France par an. Sur ces 1 millions de grossesses, 33 % sont inattendues, soit 330.000. Et sur ces 330.000, 65 %, soit 214.000 sont dues à un échec de la contraception. Et comme 59 % de la contraception est fait grâce à la pilule, 126.000 grossesses sont chaque année dues à une défaillance de la pilule. Enfin, ça, c’est le chiffre si on ne tient pas compte des taux d’échec des divers types de contraception.

Mais, évidemment, la part de telle ou telle méthode contraceptive dans les grossesses non désirées dépend aussi de son taux d’échec (voir ici). Donc, une méthode moins efficace que la pilule va diminuer la part de la pilule dans l’ensemble des échecs. Et une méthode plus efficace va au contraire l’augmenter. Ainsi, le préservatif est deux fois moins efficace que la pilule en utilisation courante. Or, le préservatif est utilisé par 10 % des couples (qui utilisent un moyen de contraception). On peut ajouter les 2,5 % d’autres méthodes, qui sont en moyenne 3 fois moins efficaces. Par contre, le stérilet et la stérilisation, qui représentent 26 % de l’ensemble sont environ 10 fois plus efficaces que la pilule. Donc, avec ces données, on peut dire que le préservatif représente 20 %, les autres méthodes 7,5 %, le stérilet et la stérilisation 2,6 %, et la pilule 70 % des échecs de la contraception. Finalement, l’importance de la pilule est renforcée. Donc, en fait, en arrondissant, on a 150.000 grossesses qui sont dues chaque année à une défaillance de la pilule.

Si effectivement, il y a 1,75 fois plus d’ivg que déclarés officiellement (350.000 au lieu de 200.000), on aurait 15 % de grossesse non désirée en plus (1,15 million au lieu de 1 million). Donc, on serait plus près de 170.000.

Mais ça ne suffit pas. Ce qu’il faut savoir pour déterminer la fiabilité de la pilule par acte, c’est le nombre de grossesses non désirées sous pilule sur le nombre total de relations sexuelles en France sur une année.

 

- La fiabilité de la pilule par acte

 

Si on fait un calcul sur la population féminine en âge de procréer et sur les taux d’échecs de la pilule, on obtient à peu près ça. On est 60 millions. Il y a 50 % de femmes, soit 30 millions. On peut estimer qu’environ 40 % des femmes sont en âge de procréer : ce qui fait 12 millions. Supposons 20 % de célibataires dans cette tranche d’âge (15/45 ans), on a donc 9,6 millions de femmes en couple. Si on reprend les résultats des sondages sur le nombre de relations sexuelles déclarées par les français, il y en aurait 120 par an. Ce qui ferait un total de 1,152 milliards d’actes sexuels par an. Sur ces 1,152 milliards, 46 % sont faits sous pilule. Ce qui ferait 529 millions d’actes faits sous pilule.

Comme on table sur 150.000 échecs par an, ça nous donne le taux d’erreur réelle de la pilule, à savoir plutôt 0,028 % par acte. Arrondissons à 0,03 %. Les pilules actuelles auraient donc une efficacité de 99,97 % par acte ; ce qui est une très bonne efficacité.

Seulement, si on transpose ça à un couple qui fait l’amour 100 fois par an, le risque d’avoir un enfant non désiré est de 3 % par an (100×0,03 %). Et si on multiplie ça par 20 années, ça veut dire que chaque couple sous pilule a un risque de 60 % sur 20 ans d’avoir un enfant non désiré à cause de l’échec de la pilule. Donc, même très efficace, la pilule aboutit quand même à beaucoup de grossesses non désirées à cause du nombre d’actes par an et du grand nombre d’années sur lequel tout ça se passe.

C’est ce qui explique qu’il y ait autant de témoignages sur les forums de femmes ayant eu ou alors connaissant des amies ou parentes qui ont sont tombées enceintes sous pilule.

C’est ce qu’on retrouve si on compare les 150.000 naissances non désirées liées à la pilule et les 46 % des 9 millions de femmes en couple et en âge de faire des enfants qui utilisent la pilule, soit 4,8 millions. Ca faite environ 3 % de ces femmes qui ont une grossesse non désirée à cause de la pilule chaque année.

Donc, après analyse des chiffres, on peut penser que la pilule est très efficace. Par contre, il y a tellement de relations sexuelles, que même avec une très bonne efficacité, il doit y avoir dans les 150.000 grossesses liées à un échec de la pilule chaque année.

Pour les autres moyens de contraception, le nombre d’échec serait respectivement de : 42.000 pour le préservatif, 16.000 pour les autres moyens de contraception, et 5500 pour le stérilet et la stérilisation. Ce qui aboutirait pour l’ensemble des moyens de contraception à un chiffre de 214.000, comme on l’a vu plus haut.

Bref, la pilule est très efficace. Mais tout de même pas assez efficace pour être sûr que les couples en âge de procréer n’auront aucun enfant non désiré jusque à la ménopause de la femme.

 

 

- Oui mais…

 

Seulement, il y a un petit détail qui vient fortement changer les choses. Les calculs précédents supposent que tous les actes sans utilisation de contraceptifs sont fécondants. Mais ce n’est pas le cas. Selon une étude anglaise, il faudrait 104 relations sexuelles avant que la femme ne tombe enceinte. Donc, seulement 1 % des rapports sont fécondants.

Ca va dans le sens de ce que je dis concernant la conception. La conception féminine est quelque chose de très fragile. Le fait qu’il faille 100 relations sexuelles pour qu’il y ait enfin une grossesse montre que les choses ne se font pas si facilement. Et ça veut aussi dire qu’il suffit de déséquilibrer légèrement les éléments de la conception pour qu’il ne se passe plus rien ou presque plus rien.

Donc, 100 rapports sont nécessaires pour avoir un enfant. Et du coup, ça change tout ça. Parce que ça veut dire qu’en réalité, 99 % des rapports sont non fécondants. Donc, dans 99 % des cas, ce n’est pas la pilule qui entraine l’absence de grossesse, mais simplement la nature.

Forcément, avec 99 % d’actes qui n’auraient de toute façon aboutit à rien, c’est facile d’apparaitre comme super efficace.

S’il y a 3 % de chance de tomber enceinte avec 100 rapports par an sous pilule ; et 100 % de chance sans la pilule, ça veut dire que la pilule en elle-même est efficace à seulement 97 % par acte. En effet, ça veut dire que lors du seul rapport fécondant de l’année, il y aura 3 % de chance de tomber enceinte. Donc, ça veut dire que l’efficacité par acte est de seulement 97 %. Elle est divisée par 100. En fait, c’est un tout petit peu plus que ça vu qu’il y a 120 rapports par an. Donc, l’efficacité est en fait de 97,5 %.

Autrement dit, 1 rapport sur 40 serait fécondant avec la pilule. Si par ailleurs 100 % des actes étaient fécondant, au bout de 40 contacts sous pilule, 100 % des femmes tomberaient enceinte (en moyenne bien sur).

Alors, ok, les médecins n’y peuvent rien et l’essentiel, c’est l’efficacité finale toute cause confondue (qui reste de 99,97 % par acte). Mais quand même, l’efficacité de la pilule seule est bien moins grande que prévue. Et du coup, on comprend pourquoi ils peuvent diminuer les doses sans trop affecter la quantité d’échec. Ils le peuvent parce que la probabilité d’avoir un enfant lors de chaque acte est déjà faible. Et ils n’ont donc pas besoin d’avoir un contraceptif super efficace.

 

- Autres éléments diminuant la fiabilité

 

-          Nombre d’actes par an surestimé d’une façon générale

Le nombre de rapport par an est probablement assez surestimé. Or, c’est essentiel dans le résultat final concernant le pourcentage de réussite de la pilule. Ca n’affecte pas le nombre de grossesses non désirées sous pilule, mais ça affecte le pourcentage de réussite (moins d’acte, mais même quantité de grossesses non désirées à la fin).

On peut se baser sur les chiffres américains trouvés ici.

Selon eux, sans contraception, il va y avoir 85 enfants nés pour 100 couples. Ceci, sans indication du nombre de rapports par an. S’il y a 120 rapports par an, comme le disent les sondages, ça veut dire que pour qu’il y ait 100 naissances, il faut environ 140 rapports par an. Pour 100 rapports, il n’y aurait donc que 70 % de chance qu’une femme tombe enceinte. Ca ne correspond pas aux données de l’étude anglaise. Pour qu’on ait bien 100 rapports pour un fécondant, comme le dit l’étude anglaise, il faudrait en fait qu’il y ait 85 rapports par an. Donc, normalement, s’il y a 85 enfants qui naissent en  un an pour 100 couples, ça veut dire qu’en réalité, ces 100 couples n’ont fait que 85 fois l’amour. Ils le feraient donc 30 % de moins souvent que ce qui est annoncé. On ne serait pas à 120 rapports par an, mais plutôt à 85. Donc, le taux d’échec de la pilule serait 30 % plus important. Soit, à partir d’environ 2,5 %, le taux d’échec serait de 3,2 %. Donc, l’efficacité serait de 96,8 % pour la pilule seule, et de 99,96 % en tout.

Du coup, 1 % d’échec correspondrait à environ 38.000 grossesses non désirées.

 

-          Nombre d’actes par an moins important chez les femmes sous pilules

Un dernier élément intervient : l’influence de la pilule sur la libido. Il est reconnu par l’orthodoxie que la pilule diminue la libido. Selon les données officielles, entre 20 et 40 % des femmes seraient touchées. Soit 30 % en moyenne. Mais en fait, on peut penser que dans de nombreux cas il y a diminution sans que ça ne soit attribué à la pilule. On pensera à une diminution naturelle du nombre de rapports lié au travail ou à l’usure du couple. Donc, il y a probablement une sous-estimation du problème.

Disons qu’en gros, on peut penser que ça entraine globalement entre 30 et 50 % de rapports en moins. Si la pilule entraine une diminution par 2 du nombre de rapports sexuels, ça veut dire que le taux d’échec est multiplié par 2. Donc, on n’est plus à 96 ou 97 % d’efficacité par acte, mais à 92 ou 94 %. Si le nombre de rapports baisse de 33 %, le taux d’échec est multiplié par 1,5 et on est alors à 94 ou 95,5 %.

Donc, une partie de l’efficacité de la pilule viendrait du fait que ça diminue la quantité de rapports. Du coup, là encore, une partie de l’efficacité de la pilule viendrait d’un élément n’ayant rien à voir avec l’efficacité contraceptive pure de la pilule.

Cela dit, l’efficacité de 92 %, c’est pour l’ensemble des pilules. Il est donc possible que ça soit un peu plus -93 ou 94 %- pour les minidosées, et un peu moins -88 ou 90 %- pour les microdosées (ça descend plus pour les microdosées, parce qu’en ce qui concerne l’usage, elles représentent une part beaucoup moins importante dans l’ensemble des pilules que la minidosée).

 

- Le cas des arrêts volontaires et des oublis de pilules

 

- Arrêts volontaires :

Evidemment, dans tout ça, on n’a pas tenu compte du fait qu’il pouvait y avoir des arrêts volontaires de la pilule afin d’imposer un enfant au conjoint. Mais on peut supposer que ça doit représenter une faible part des cas en question. De nos jours, une femme aura plutôt tendance à quitter son conjoint pour un autre que de lui faire un enfant dans le dos. Les principaux cas seront ceux de femmes vénales ayant eu la chance de tomber sur un homme riche, mais qui ne veut pas s’engager plus que ça avec elle (donc, moyen d’avoir une pension alimentaire), ou ceux de femmes qui commencent à avancer en âge et dont le conjoint ne veut pas d’enfant. Mais les hommes riches, il n’y en a pas des tonnes (10 % de la population). Et forcément, seule une petite fraction de ces hommes connaitra une telle aventure. Ca représente peut-être 2 % de l’ensemble des couples (et sur toute leur vie, pas par an). Donc, ça ne représenterait pas grand-chose dans les 60 % de couples dont la femme est tombée enceinte malgré la pilule. Et pour le second cas, là encore, la plupart de ces femmes auront tendance à tenter leur chance ailleurs que d’imposer un enfant à leur conjoint. Donc, ça doit concerner une très faible part des femmes en âge de procréer.

 

- Oublis :

Il y a aussi les oublis. Ca, ça pourrait effectivement représenter une part importante des échecs.

Comme on l’a vu, il faut environ 100 rapports pour qu’une femme tombe enceinte. Ca veut dire que lors d’un oubli annuel, il y 1 % de risque de tomber enceinte si la femme a 100 relation sexuelles dans l’année. Donc, il faut beaucoup plus qu’un seul oubli pour que la grossesse arrive.

Sauf qu’au bout de 20 ans, ça fait quand même 20 % de risque d’avoir une grossesse non désirée pour une femme oubliant la pilule une fois par an. Et 200 % pour les femmes oubliant la pilule 10 fois par an.

Selon une enquête Inpes/BVA menée en février 2007 auprès de 2004 personnes (voir ici), 75 % des femmes oublient de prendre la pilule au moins une fois par an et environ 20 % au moins 12 fois par an. Donc, si 75 % des femmes prenant la pilule l’oublient au moins une fois par an, ça veut dire qu’il va y avoir 15 % des femmes sous pilule qui auront une grossesse non désirée à cause d’un oubli. Et pour les 20 % l’oubliant 12 fois par an, ça veut dire qu’environ 50 % des femmes auront une grossesse non désirée à cause de l’oubli de la pilule. Au final, ça voudrait dire que, sur 20 ans, 65 % des femmes subiraient une grossesse non désirée à cause d’un oubli de la pilule. Ca voudrait dire que toutes les grossesses non désirées viendraient d’un oubli de la pilule.

Seulement, un certain nombre d’éléments vient limiter ce pourcentage.

Déjà, il faut que ça coïncide avec le jour où le couple a une relation sexuelle. Donc, ça limite les possibilités. Si les couples ont, comme ils le déclarent, environ une relation tous les 3 jours (120 relations par an), ça veut dire que le risque de tomber enceinte diminue par 3. Donc, seules 22 % de femmes sous pilule subiraient une grossesse non désirée durant leur vie sexuelle.

Par ailleurs, beaucoup de femmes prennent une double dose pendant quelques jours après un oubli. Ce qui va empêcher qu’elle ne tombe enceinte.

Et puis, il y a la pilule du lendemain, qui est considérée comme de la contraception et pas comme un avortement (ce qui est logique, puisqu’on ne sait pas encore s’il y a un fœtus qui est en train de se former), d’où son nom. Donc, ça entraine que plein de femmes qui auraient pu avoir une grossesse non désirée à cause de l’oubli de la pilule ne se retrouveront pas dans ce cas grâce à la pilule du lendemain.

Il faudrait aussi surtout que l’oubli de la pilule entraine l’inefficacité de la contraception, ce qui ne va que rarement arriver. Il reste quand même tous les autres jours sous pilule qui vont empêcher la nidation. Donc, contrairement à ce que les médecins disent, un seul oubli doit être loin d’être suffisant pour qu’une femme tombe enceinte. On peut imaginer qu’ils disent ça afin de pousser les femmes à être sérieuses dans leur prise de pilule.

Donc, il faudrait que l’oubli aboutisse à une grossesse dans 100 % des cas ou la femme est fécondable ce jour là. Il est évident que ça n’est pas le cas et que dans le meilleur des cas, ça arrivera une fois sur 10, même si ce jour là, la femme est fécondable. Du coup, on arrive à un chiffre de 2,2 % des femmes subissant une grossesse non désirée par ce biais.

Si la pilule était oubliée pendant 2 ou 3 jours d’affilé, éventuellement, ça pourrait devenir plus problématique. Mais ça doit être beaucoup plus rare. Quelque chose comme 10 fois plus rare. Donc, ça ne concernerait que 2,2 % des grossesses non désirées sous pilule.

Et là encore, il faudrait que la femme en question ait une relation sexuelle les jours en question.

Et puis, si une femme oubliait de prendre sa pilule pendant 2 ou 3 jours, elle s’en apercevrait beaucoup plus facilement qu’un oubli d’une journée. Et dans ce cas, déjà, elle utiliserait la pilule du lendemain, ce qui limiterait encore plus le nombre de grossesses non désirées. Donc, on doit tomber à 1 % ou quelque chose comme ça.

En résumé, si on a 2 % de grossesses volontaire, plus 2 % liés à un oubli d’une journée, plus 1 % lié à un oubli de 2 ou 3 jours, ça finit par faire 5 % de grossesses sous pilules qui ne sont pas liées à un échec de la pilule. Ca représente seulement 8 % des 60 % de grossesses sous pilules en 20 ans.

Donc, la plupart des femmes qui sont sous pilule et qui tombent enceintes se retrouvent dans cette situation non pas à cause d’un arrêt volontaire ou involontaire, mais bien parce que la pilule n’a pas fonctionné. Au final, sur 20 ans, 52 % des femmes sous pilule tombent enceintes à cause de l’échec de la pilule.

 

- Autre possibilité

 

Il y a quand même un problème avec tout ça. C’est que pour qu’une femme tombe enceinte sous pilule, il faut que la pilule cesse d’être efficace pendant en réalité au moins 1 semaine ou deux. En effet, on nous dit que la pilule perturbe la formation de l’endomètre et la nidation de l’ovule fécondé. Donc, même si on oublie de prendre la pilule pendant 1 journée ou 2, il n’en reste pas moins que l’épaississement de l’endomètre est déjà bien perturbé (surtout que vu que tout ça vient en réalité d’une augmentation du taux de cortisol, ce n’est pas un jour d’arrêt qui va entrainer son retour à la normale). Et en la reprenant, l’épaississement de l’endomètre le sera à nouveau. Ce à quoi viendra s’ajouter la perturbation de la nidation. Donc, même en oubliant une journée ou deux la pilule, l’ovule ne devrait pas pouvoir se développer. Et c’est valable aussi pour les échecs de la pilule en général (ceux qui ne sont pas lié à un oubli).

Donc, ça veut dire que pendant 1 ou 2 semaines, la pilule n’a pas fonctionné. Du coup, ça voudrait dire qu’elle serait 7 ou 15 fois moins efficace que prévue. Mais ça ne poserait pas de problème, parce qu’il suffirait que ça soit efficace pendant une ou deux semaines pour que la nidation soit bloquée. On s’expliquerait alors mieux comment ils ont pu limiter les effets secondaires.

On ne serait plus dans une efficacité par acte, mais par période. Ca ne changerait pas grand-chose à l’efficacité globale. Mais concernant les oublis, ça changerait beaucoup de choses. Ca n’aurait quasiment plus aucune incidence.

Du coup, en fait, ça ne serait pas un acte sur 20 ou 33 qui serait possiblement fécondant, mais un acte sur 3 ou 4. En réalité, la pilule ne serait alors efficace qu’à 66 ou 75 % par acte. Mais, ça ne serait pas grave, parce qu’il suffirait qu’elle le soit les 66 ou 75 % autres fois pour que la fécondation n’aboutisse pas à une grossesse. Et au final, ça ne changerait rien, parce qu’on aurait toujours une efficacité de 97 % par an (et 99,97 en ajoutant le fait qu’un seul contact sexuel sur 100 est fécondant).

La pilule n’aurait en fait pas besoin d’être toujours efficace. Il suffirait qu’elle le soit seulement les 2 tiers du temps pour que globalement, elle le soit 97 % du temps. En fait, 97 % du temps, la pilule va être efficace au moins les 2 tiers du temps. Du coup, il n’y a pas de problème.

Mais évidemment, le fait qu’elle ne soit efficace que 70 % du temps environ, rendrait tout à fait possible l’échec de la contraception. Il suffirait que, pour une raison ou pour une autre, on passe de 70 % à 35 %, c’est-à-dire, que pendant deux semaines, la contraception ne fonctionne plus, pour que la fécondation devienne possible. Si la contraception n’est pas efficace pendant une semaine par mois, il devient tout à fait possible que certaines fois, elle ne le soit pas pendant deux semaines.

Ca expliquerait pourquoi on a pu limiter les effets secondaires. Vu qu’il n’y a pas besoin que ce soit efficace chaque jour, on peut faire en sorte que la dose soit relativement faible, et donc les effets secondaires aussi.

Autre hypothèse, il se pourrait qu’en réalité, la pilule ne fasse qu’épaissir la glaire cervicale et rien d’autre. Et du coup, dès la barrière passée, ça serait finit, une grossesse pourrait se déclencher. Dans ce cas, on reviendrait à une efficacité de 97,5 % par acte. Et, ça expliquerait les grossesses non désirées sous pilule. Il suffirait que la glaire cervicale soit plus fluide pendant 1 jour pour que ça entraine une grossesse. Mais si la glaire cervicale est épaissie la plupart du temps, ça veut dire quand même qu’il y a rétention d’eau. Du coup, il devrait y avoir aussi une diminution de l’émission des hormones nécessaires à la nidation. Donc, cette hypothèse est peu probable.

 

- Estimation de l’évolution des effets secondaires de la pilule

 

Avec l’évolution de l’efficacité de la pilule et la connaissance de la diminution des doses, on peut avoir une idée de l’évolution des effets secondaires de la pilule depuis 35 ans. L’efficacité était au maximum de 100 % il y a 35 ans. Mais on peut penser, vu qu’il y avait déjà de nombreuses IVG (et donc des IVG dues à l’échec de la pilule), qu’elle devait être au maximum plutôt de 99 ou 98 %. Vu qu’elle est désormais d’environ 97 ou 96 %, normalement, la baisse n’est pas suffisante pour que les effets secondaires aient également fortement baissé.

Mais, ça c’est vrai seulement s’il n’y avait pas de réserve d’efficacité. Or, on peut penser qu’initialement, la pilule était trop fortement dosée et qu’une diminution de 40 % du dosage a entrainé une baisse des effets secondaires sans entrainer une grosse baisse de l’efficacité.

Toutefois, ça concerne surtout la pilule initiale, à savoir celle qui était dosée à 0,05 mg d’estrogènes. Mais apparemment, elle n’a été utilisée que pendant environ 10 ans, et la pilule faiblement dosée a été introduite dès 1970 (dosage inférieurs à 0,05, ce qui doit correspondre aux pilules faisant dans les 0,035 et 0,03 mg. Le terme de pilule faiblement dosée correspond en partie à la pilule minidosée actuelle). Ce qui signifie que depuis 1970, les effets secondaires n’ont pas du être fortement modifiés.

Même si on prend les chiffres les plus bas, il n’y a pas du y avoir une grosse baisse d’efficacité, puisque les problèmes de déclarations trop élevées de rapports sexuels et la baisse de libido induite par la pilule devaient déjà poser problème à l’époque.

 

Résumé :

L’efficacité des pilules semble être de 99,97 % par acte. Ce qui est excellent.

Toutefois, il faut tenir compte du nombre de rapports nécessaires pour qu’une femme tombe enceinte quand elle ne prend pas la pilule. Parce que s’il faut énormément de rapports pour qu’il y ait grossesse, ça change tout. Ca diminue fortement l’efficacité propre à la pilule. Or, ce nombre est effectivement élevé, puisqu’il faut environ 100 actes pour une relation efficace. Du coup, en réalité, l’efficacité de la pilule par acte est de 97,5 %, soit environ 100 fois moins.

Il est possible que deux autres facteurs impliquent une efficacité encore moindre. Ainsi, on peut penser que le nombre d’actes par an est moindre que ce que les gens déclarent (c’est à dire 120 actes par an). Ce qui donnerait une efficacité de 96,8 %. Et par ailleurs, la pilule diminue la libido, ce qui signifie là aussi un nombre d’actes sexuels encore moins importants ; ce qui impliquerait une efficacité de la pilule par acte comprise entre 92 et 94 % ou 94 et 95,5 % (selon que le nombre d’actes sexuels et 50 % ou 33 % moins important).

Ca ne joue pas sur l’efficacité finale, puisqu’elle reste à 99,96 ou 99,97 % (c’est la combinaison du risque d’avoir un enfant par acte quand on ne prend pas de moyen de contraception, qui est de 1/100 et du risque d’avoir une grossesse non désirée sous pilule, qui est de 3/100) ; ce qui demeure excellent. Donc, le risque d’avoir un enfant non désiré sous pilule reste très faible.

Mais évidemment, déjà, ça relativise très fortement l’efficacité de la pilule en elle-même. 96,8 ou 97,5 % par acte, c’est loin d’être excellent. Finalement, la pilule ne serait pas si efficace que ça en elle-même, mais compterait sur beaucoup d’éléments annexes pour améliorer cette efficacité moyenne.

Et par ailleurs, même avec une efficacité de 99,97 % par acte, il y a tellement d’actes par an, que les 0,03 % d’échecs conduisent à 150.000 grossesses non désirées par an, et que 3 % des couples sous pilule connaissent chaque année un échec de celle-ci. Sur 20 ans, il y aurait donc un risque de 60 % d’avoir un enfant malgré la prise de pilule. Chiffre auquel il faut retrancher le cas d’arrêts volontaires ou involontaires (oublis), qui représentent 8 %. Donc, sur 20 ans, le risque d’avoir un enfant malgré la pilule, et ça, seulement à cause de l’échec de la pilule, serait de 52 %.

Concernant la baisse éventuelle de l’efficacité ainsi que celle des effets secondaires, on peut penser la chose suivante. L’efficacité quand la dose était de 0,05 mg devait être au maximum de 98 ou 99 %. Les nombreuses IVG qu’il y avait déjà à l’époque vont dans ce sens. Vu que désormais, l’efficacité est de 96,8 ou 97,5 %, ça signifie qu’il y a eu une baisse de 1 ou 2 %. L’efficacité est donc restée quasiment identique.

Concernant l’évolution des effets secondaires, il n’y a pas beaucoup de données. Donc, on en est réduit à des estimations. Mais vu qu’il y a eu une baisse importante du dosage (-40 %) 10 ans après l’introduction de la pilule, on peut raisonnablement penser qu’ils ont du diminuer. Pourtant l’efficacité, elle, est restée quasiment la même. Donc on peut penser que la pilule initiale était trop fortement dosée et qu’avec une diminution de son dosage il était possible de diminuer les effets secondaires quasiment sans diminuer l’efficacité.

 

Est-ce que la pilule est de la cortisone mise sous un autre nom ?

Mercredi 22 décembre 2010

 

Alors, est-ce que la pilule contraceptive, c’est seulement de la cortisone mise sous un autre nom, ou est-ce que l’effet d’augmentation du taux de cortisol vient s’ajouter à un réel effet hormonal ?

Il semble assez clair que c’est la première explication qui est la bonne. Il suffit de voir les effets de la cortisone sur les règles ; ça entraine un arrêt ou une forte diminution des règles. Quand on tape « cortisone + règles » dans Google ou « cortisone + aménorrhées » ou « cortisone + cycle menstruel », on obtient de nombreux témoignages de femmes n’ayant plus de règles depuis qu’elles prennent de la cortisone.

Autant, si la cortisone n’avait pas d’effet contraceptif, on pourrait dire que la pilule aurait un effet en plus par rapport à la cortisone et que ça ne serait a priori pas le même type de produit. Autant là, on retrouve exactement les mêmes effets dans l’un et dans l’autre de ces médicaments. Donc, en réalité, on peut bien penser que la pilule, c’est simplement de la cortisone mise sous un autre nom.

(note : je suis parti sur la cortisone pour écrire cet article. Mais tout ça est valable évidemment pour les autres anti-inflammatoires non stéroïdiens, ainsi que pour les antibiotiques)

Exemples :

Sur Futura-sciences :

Tu m’as l’air bien gentille, mais quand, comme moi, tu sortiras de 6 ans de corticothérapie (60 mg de Solupred par jour) pendant lesquels j’ai en bavé à cause d’une grave et douloureuse maladie, et que tu feras environ 15 kg de plus qu’aujourd’hui (car je suppose que tu es un poids plume, pour te soucier à ce point de ton apparence), et que ton visage sera tout gonflé, tout rouge, et que tu seras velue comme un singe, que tes os te feront mal et que tu n’auras plus de règles, tu viendras nous dire à quel point les effets secondaires de la cortisone sont d’origine mentale ou psychologique.

Sur Doctissimo :

Je suis sous traitement de cortisone car j’ai la sarcoïdose. Cela fait un mois que je prends des doses dégressives chaque semaine : 40mg-30mg-20mg-10mg. Je prends la pilule et là j’aurais dû avoir mes règles mais rien du tout.

Sur Afa-asso (26/11/2006) :

Salut ! J’ai été sous corticoïdes en 2003 et je n’ai pas eu mes règles pendant deux ou trois mois sur les six mois où j’en ai pris. Je ne prenais pas de contraception à l’époque. Là je suis à nouveau sous cortisone depuis début octobre et je prends la pilule : j’ai toujours mes règles mais moins et moins longtemps qu’avant.

Encore sur Afa-asso :

Cela fait deux mois et demi que je suis sous cortisone : j’ai commencé avec 60 mg de solupred par jour, aujourd’hui j’en suis à 40 mg par jour (je vois le médecin demain pour « accélérer » le sevrage, notamment par la prise d’imurel).

Cela fait aussi deux mois et demi que je n’ai plus mes règles (je ne prends plus la pilule) : j’ai vu le gynéco récemment et il m’a dit que c’était à cause de la cortisone, et qu’il fallait attendre le retour naturel des règles, qui devrait survenir avec l’arrêt du solupred.

 

L’influence sur les règles de la cortisone est aussi signalée de façon officielle. Par exemple, sur ce site où sont données des informations sur l’hydrocortisone Roussel, on a dans les effets secondaires : « troubles des règles« . Sur le site Biam2 (qui recense les différents médicaments), on trouve aussi comme effet : « aménorrhées » (aménorrhée signifie absence de règles). Sur ce site d’étudiants en médecine qui apparemment mettent leurs cours en ligne, on trouve dans ce document sur les anti-inflammatoire stéroïdiens (page 10) : « hypercorticisme : Aménorrhée, altération des fonctions sexuelles« . Sur le site comment-guérir, on a : « incidents et accidents des corticoïdes : aménorrhée« . Sur ce cours de la faculté de médecine et de pharmacie de Casablanca (3ème année), on a (page 6) : « les complications possibles d’une corticothérapie sont nombreuses : aménorrhée ». Sur Passeport Santé à propos de l’aménorrhée, on trouve parmi les causes : « la prise de certains médicaments comme des corticoïdes oraux« . Sur Topsanté, on trouve ça : « Sachez enfin que certains moyens de contraception peuvent entraîner une aménorrhée : pilules œstro-progestatives, stérilet Mirena®, implant progestatif Implanon®… Ainsi que certains médicaments : corticoïdes oraux, antidépresseurs, antipsychotiques, chimiothérapie« .

Et bien sur, si ça a un effet sur les règles, c’est que ça a un effet contraceptif. Mais effectivement, ça n’a jamais dit comme ça. Peut-être qu’on reste discret sur cet effet parce que, sinon, certaines personnes dans mon genre pourraient faire un rapprochement avec la pilule et en comparant les autres effets, pourraient comprendre qu’il s’agit d’un seul et même médicament. Autant, pour les autres effets indésirables, leur similarité peut sembler être une coïncidence (surtout que la plupart des gens auront très rarement une vue complète de ceux-ci), autant la similarité de l’effet contraceptif pourrait orienter plus facilement les gens vers l’idée que ces médicaments sont les mêmes.

C’est dit un peu plus clairement pour les anti-inflammatoires. Là, on a des documents disant que ça a un effet sur la fertilité. Sur e-sante, il est dit : « les anti-inflammatoires, couramment utilisés pour atténuer la douleur liée à certaines pathologies, peuvent diminuer la fécondité des femmes sous traitement. A l’inverse, ils annulent l’effet contraceptif du stérilet » (2002). Sur Wikipédia, dans l’article sur les anti-inflammatoire non stéroïdiens, il est dit « Diminution possible de la fertilité chez la femme« . Sur le site du « Centre Belge d’Information Pharmacothérapeutique« , on trouve à propos des anti-inflammatoires non stéroïdiens : « Suspicion d’une diminution de la fertilité chez la femme en cas d’usage chronique« .

Mais comme on peut le voir, c’est dit plus ou moins sous la forme conditionnelle. C’est juste une possibilité éventuelle. Donc, tout ça reste dit plus ou moins en filigrane. En fait, il semble que ces affirmations viennent d’une étude publiée en 2001. Et il ne semble pas qu’il y ait eu d’autres études sur le sujet. Donc, autant, quand c’est affirmé de façon forte, claire et nette, et répété fréquemment, les médecins vont se faire écho de l’information, autant avec une information dite de façon aussi conditionnelle, peu répétée et ayant fait l’objet d’une seule étude, ça va passer complètement au dessus de la tête des médecins. La plupart ne sont probablement même pas au courant des conclusions de cette étude et en sont restés aux informations d’avant 2001. Et pour ceux qui l’ont lue, la plupart ont déjà du l’oublier.

A noter que pour la cortisone, on parle aussi un peu de diminution de la fertilité de façon directe, mais c’est surtout pour les hommes que le problème est décrit. Ca ne l’est quasiment jamais pour les femmes (en tout cas, je n’ai vu aucune référence sur le sujet). Pour ces dernières, le problème est essentiellement évoqué de façon indirecte (effet sur les règles).

En résumé, on a un effet contraceptif. Et en plus, les très nombreux autres effets secondaires sont identiques à ceux de la cortisone (cf. article précédent sur la pilule). Il est donc clair que la pilule contraceptive, c’est de la cortisone (ou d’une façon générale, l’équivalent des anti-inflammatoires).

En fait, il n’y aurait pas de pilules progestatives ou estroprogestatives. Ce serait exactement le même principe de fonctionnement basé sur l’augmentation du taux de cortisol. Sauf qu’une pilule serait moins fortement dosée que l’autre (éventuellement), mais par contre, prise pendant plus longtemps que l’autre (arrêt de 4 jours au lieu de 7 jours).

Il n’y a pas que la médecine occidentale qui s’est rendue compte du pouvoir contraceptifs des médicaments augmentant le taux de cortisol. En faisant des recherches sur le sujet, je suis tombé sur un gars ayant le pseudo NEF sur le forum Soral qui parlait (5 mars 2010) d’un reportage sur les indiens d’Amazonie. Il était dit par un d’entre eux qu’ils avaient déjà un équivalent de la pilule.

Mais j’ai vu il y’a un mois de ça environ, un reportage de TF1 sur des indigènes d’Amazonie. Je sais que c’est pas un exemple très digne mais à la question du journaliste qui demande à ce vieux autochtone « Que pensez vous de la contraception? », m’attendant à une réponse sévère de l’interrogé, celui-ci répond tranquillement « Nous connaissons depuis bien longtemps des plantes pour ne pas avoir d’enfants« .

Eh oui, ils ont des plantes qui marchent parce qu’en fait la plupart des plantes médicinales marchent, vu qu’elles augmentent presque toutes le taux de cortisol.

 

- La conception féminine, quelque chose de fragile et de facilement perturbable

 

Ce qu’on peut se dire, c’est que la mise au point des conditions de nidation d’un ovule fécondé chez une femme est quelque chose de probablement relativement délicat et donc, fragile. Du coup, le moindre médicament qui perturbe le corps peut avoir une influence négative sur les conditions de nidation et aboutir à une contraception. Et la cortisone, a clairement un effet important sur le corps. Si ça dessèche ou au contraire sur-hydrate l’utérus, c’est probablement suffisant pour que la fécondation ne puisse pas se faire pour une raison ou pour une autre.

Avec un processus comme celui-ci qui repose sur l’émission d’hormones diverses, de fluides, de produits chimiques, de protéines, etc…, la moindre surconcentration ou sous-concentration de produits peut suffire à ce que le processus soit avorté. Un produit comme la cortisone, qui entraine une surabondance ou une sous-abondance d’eau dans les cellules et une sous-abondance ou une surabondance dans les fluides, mucus, etc.., émis par les cellules est évidemment un bon candidat pour obtenir ce résultat.

En pratique, quand la cortisone sera prise, les sécrétions du système reproductif deviendront plus pâteuses (les cellules retiendront l’eau). Alors que quand la personne arrêtera de la prendre, ce sera l’inverse.

Ca explique que ça agisse par un blocage de l’ovulation, comme la pilule. Il y a environ 600 ovocytes démarrant leur croissance chaque mois. Et à la fin, il n’en reste qu’un de viable. On peut penser que là encore, l’effet de la cortisone peut expliquer le phénomène. Le fait de diminuer et de rendre plus pâteuse les sécrétions des diverses hormones contrôlant la croissance des ovocytes conduit à faire en sorte qu’aucun ne puisse être viable. Et s’il y en a encore un de viable, il a besoin d’accumuler des substances nutritives pendant une semaine pour assurer la survie de l’embryon. On peut penser que la pilule ou la cortisone perturbent également cette phase.

Par ailleurs, le système reproductif féminin dispose d’une sorte de contraceptif naturel : la glaire cervicale. Ca n’est pas sa seule fonction, mais ça sert entre autres à ça. Il s’agit d’une sécrétion qui condamne l’entrée de la cavité utérine. Quand la femme n’est pas en période de fécondité, elle est assez épaisse. Du coup, ça empêche les spermatozoïdes de passer en les immobilisant. Quand la femme est en période de fécondité, cette sécrétion devient plus liquide et les spermatozoïdes peuvent alors passer. Il semble même qu’ils puissent s’en nourrir afin d’avoir un regain d’énergie et continuer leur parcours.

Là encore, on imagine bien ce qui peut se passer avec de la cortisone. Comme ça rend les sécrétions moins fluides (puisque ça retient l’eau dans les cellules), la glaire va rester assez pâteuse, et du coup, les spermatozoïdes ne vont pas pouvoir passer. Et d’ailleurs, c’est exactement ce que fait la pilule selon l’orthodoxie (voir sur info-pilule).

Enfin, ça explique que ça agisse sur l’endomètre. L’endomètre est la muqueuse qui tapisse l’utérus ; la peau interne de l’utérus quoi. Pendant une partie des 3 semaines, il s’épaissit grâce à la production d’œstrogènes et de progestérone. C’est la phase de prolifération. Puis, il y a une phase sécrétoire, où les glandes de l’endomètre se chargent en glycogène et en mucus. Ces modifications vont permettre à l’ovule de se développer dans l’utérus s’il est fécondé. S’il ne l’est pas, le taux d’œstrogènes et de progestérone va retomber, et la couche superficielle de cette muqueuse va être éliminée via le vagin. Ce sera une sorte de desquamation. Par ailleurs, les petits vaisseaux sanguins se rompent et saignent, ce qui provoque la coloration rouge des règles.

Tout ceci est provoqué par l’émission de diverses hormones (de l’œstradiol, de la progestérone, etc..) sécrétées par les ovaires ; ou plus précisément, par les follicules des ovaires, transformés à ce moment-là en ce qu’on appelle le corps jaune.

En fait, comme tout ça est lié à l’émission d’hormones sécrétées par les ovaires, et que la cortisone diminue la quantité des sécrétions et rend celles qui arrivent à être émises plus pâteuses, ça supprime ou en tout cas limite la source du phénomène. Plus de sécrétions d’hormones par les ovaires, plus de modifications de l’endomètre. Pas de modification de l’endomètre, pas de développement possible de l’ovule.

Par ailleurs, les hormones émises par les ovaires doivent servir aussi de façon directe au développement de l’ovule. Et donc, si elles ne sont pas émises en assez grandes quantités, même chose, le développement de l’ovule ne peut pas se faire.

Par ailleurs, si la modification de l’endomètre se met en place, ses glandes se chargent en glycogène et en mucus. Là, a priori, ce n’est pas le cas vu qu’il n’y pas de modification de l’endomètre. Mais au cas où il y aurait quand même un début de mécanisme de ce genre, on peut penser que la cortisone les rendrait  trop hydratées. Du coup, le glycogène et le mucus seraient trop dilués et ça rendrait l’endomètre moins viable pour la nidation. En effet, l’œuf vient ensuite s’implanter dans l’endomètre. Et du coup, on peut penser qu’au début, il se nourrit du glycogène et du mucus accumulés.

Par ailleurs, il est possible que la pilule ou la cortisone rendent plus concentrées les sécrétions acides du vagin, les rendant ainsi plus toxiques pour les spermatozoïdes, et diminuant ainsi le nombre de ceux pouvant arriver jusqu’à l’ovule. Bon, ça doit être un élément mineur de l’ensemble du problème ; mais ça peut jouer légèrement.

On peut comprendre aussi pourquoi, malgré la pilule, du sang est émis quand on arrête de la prendre. En fait, à cause de l’effet de type cortisone, les cellules de l’endomètre se remplissent d’eau. Et quand on arrête de la prendre, les cellules vont dégonfler et donc rejeter une partie du liquide qui s’est accumulé en elles. Donc, comme c’est une zone très vascularisée, comme dans le cas des règles normales, des veines vont être rompues, et ça va entrainer des saignements.

 

- Encore une arnaque

 

En conclusion, il est très probable que la pilule soit une grosse arnaque une fois de plus et qu’on soit encore dans le cadre du recyclage à l’infini d’un même type de médicaments. Ce qui s’est passé, c’est que l’industrie pharmaceutique a synthétisé la cortisone en 1944. Et ils ont du se rendre compte qu’elle avait des propriétés contraceptives. Ou peut-être qu’ils s’étaient rendu compte de ça depuis un certain temps sur d’autres médicaments augmentant le taux de cortisol.

Mais, plutôt que d’utiliser ce médicament pour la contraception sous son nom de base, ils ont du préférer faire croire qu’ils avaient découvert une nouvelle molécule. Ce qui permettait de déposer un brevet sur celle-ci et donc d’avoir l’exclusivité pour plus longtemps.

Et de toute façon, ça faisait probablement longtemps qu’ils devaient avoir compris qu’il fallait séparer les médicaments en fonction des usages pour ne pas donner l’impression qu’il n’y a que quelques molécules à disposition en réalité. Non seulement ça permet de gagner beaucoup plus d’argent, mais surtout, si les gens savaient qu’il n’y a que quelques molécules à disposition, ils pourraient se mettre à réfléchir et se dire que du coup, les maladies que ces médicaments traitent sont les mêmes elles aussi. Comment se ferait-il qu’un même médicament marche sur des tas de maladies différentes, si ce n’est que ce sont les mêmes maladies ?

Et puis, il faut rendre compliqué les choses, très compliqué. Si elles devenaient relativement simples, qui aurait besoin de médecin ? Donc, en inventant des tonnes de maladies différentes, avec des tonnes de médicaments différents, on rend le tout super compliqué et inaccessible aux personnes lambda.

Et puis, avoir un nouveau médicament, ça donne l’impression que la science médicale bouge. Ca donne une impression de brillance. Et donc, ça renforce la confiance des gens.

 

- Les éléments masquant le problème de l’effet contraceptif des corticoïdes

 

Il y a plusieurs éléments qui vont masquer le fait que la cortisone (ou les anti-inflammatoires en général) a un effet contraceptif, et donc que les anti-inflammatoires et la pilule sont un seul et même type de médicament.

Déjà, peu de femmes en âge de procréer sont sous cortisone ou autres anti-inflammatoires sur une long période et avec des doses importantes.  C’est surtout après 40 ans qu’apparaissent les problèmes (douleurs articulaires, asthme de plus en plus sévère, etc..) nécessitant l’usage de fortes doses d’anti-inflammatoires pendant longtemps. Cet usage particulier ne doit même pas concerner 1 millième des femmes de moins de 40 ans. Donc, déjà à cause de ça on s’aperçoit assez peu du pouvoir contraceptif de ces médicaments.

Et puis, chez les femmes en dessous de 40 ans prenant la pilule, le pouvoir contraceptif de la cortisone va passer complètement inaperçu. Et il y en a beaucoup qui prennent la pilule. Donc il n’y en a beaucoup chez qui tout paraitra normal. Selon Wikipédia, 60 % des femmes en âge de procréer prennent la pilule (en 2000). Ca signifie que seulement 40 % peuvent se rendre compte du problème.

Il n’y aura que l’aménorrhée qui sera présente (pas chez toute, voir plus bas). Mais comme ça ne sera pas plus gênant que ça, ça ne sera pas considéré comme un problème, et donc, pas tellement discuté.

Et puis, beaucoup de femmes prennent maintenant des pilules en continu qui suppriment leurs règles ou en diminue fortement la durée et l’intensité. Donc, prendre de la cortisone en plus, soit ne va rien changer, soit ne va pas changer grand-chose.

Par ailleurs, il est possible qu’avec des doses assez faibles de cortisone (ou autre anti-inflammatoire) la prise de la pilule en plus de la cortisone permette paradoxalement d’avoir ses règles. Normalement, ça ne devrait pas être le cas, puisque ça fait comme une double dose. Oui, mais il y a un moment où on arrête de prendre la pilule et donc, où il ne reste plus que l’anti-inflammatoire qui est pris. Et durant cette phase d’arrêt de la pilule, le taux de cortisol va donc baisser. Donc, il va peut-être baisser suffisamment pour que les règles surviennent. Elles seront probablement moins abondantes à cause de la cortisone, mais elles seront quand même présentes.

Ce qui doit être important, c’est la proportion de principe actif dans la pilule par rapport à la quantité de celui-ci dans la cortisone. S’il y en a une quantité fortement supérieure à celle contenue dans la cortisone, c’est la pilule qui va engendrer l’essentiel de l’effet contraceptif. Par exemple, supposons que la personne prenne 5 mg de cortisone, et que la pilule représente l’équivalent de 20 mg de cortisone. La proportion de cortisone fournie par la pilule est largement supérieure à celle fournie par la cortisone. Et ce qui doit se passer, c’est que le corps doit s’adapter. Ces médicaments corticoïdes doivent stimuler la production de cortisol par le corps. A l’arrêt de la pilule, l’organisme ne sera plus assez stimulé pour continuer à produire assez de cortisol. Du coup, la production de cortisol baissera suffisamment pour autoriser l’apparition des règles.  Ce dernier se sera adapté à la quantité de 25 mg et 5 mg ne seront donc plus suffisants pour stimuler beaucoup la production de cortisol et empêcher l’arrivée des règles.

Donc, quand la personne va arrêter la pilule, il est bien possible que le taux de cortisol baisse suffisamment pour provoquer l’arrivée des règles.

Ca ne doit pas être le cas quand les doses de cortisones sont élevées. Là, la proportion de cortisone apportée par la pilule est trop faible pour avoir un impact suffisant sur le taux de cortisol lorsqu’on arrête de la prendre. Mais pour des doses pas trop importantes, ça peut se passer comme ça.

Autre chose faisant qu’on ne s’aperçoit pas forcément du pouvoir contraceptif de la cortisone et des anti-inflammatoires, il y a les femmes en âge de procréer qui n’ont pas de compagnon. Donc, elles ne s’aperçoivent pas de l’effet contraceptif de la cortisone. Elles vont se rendre compte de l’absence de règle. Mais vu qu’on ne leur dit pas clairement que ça a un effet contraceptif, elles ne vont souvent pas faire le lien.

Il y a aussi les femmes ayant un compagnon, mais utilisant une autre forme de contraception que la pilule, le phénomène contraceptif n’apparaitra pas non plus. Il y aura juste le phénomène d’aménorrhée. Mais là encore, beaucoup ne font pas forcément le lien entre aménorrhée et contraception.

D’une façon générale, pour les femmes ne prenant pas la pilule, mais ne désirant pas d’enfant pour l’instant le phénomène d’aménorrhée ne sera que bizarre.

Au final, le problème n’apparaitra vraiment (et ne sera gênant) que pour les femmes voulant un enfant. Mais on pourra alors éventuellement mettre sur le dos de la maladie ayant conduit à la prise de cortisone le fait qu’elles n’arrivent pas à en avoir. Et si elles ont arrêté la pilule, on mettra ça sur le dos de l’arrêt de la pilule. Et si elles l’ont prise pendant longtemps on dira que c’est la pilule qui a détraqué leur système reproductif.

Si la femme en question a déjà eu des enfants, on pourra aussi mettre le fait qu’elle n’arrive plus à en avoir sur le compte de complications qu’il y aurait eu pendant la conception ou l’accouchement des enfants précédents. Ce qui fait qu’il ne resterait que les femmes n’ayant jamais eu d’enfant, n’ayant jamais pris la pilule ou ne la prenant plus depuis quelques années pour qui le médecin n’aurait pas d’explication ad-hoc. Et encore, on pourra éventuellement leur trouver une malformation ou une maladie quelconque expliquant l’incapacité à avoir des enfants.

Et puis, il semble qu’à des doses faibles, l’effet de la cortisone soit insuffisant pour empêcher la procréation, et même l’apparition des règles. C’est encore plus vrai si la personne prenait la pilule et l’a abandonnée pour faire un enfant. La baisse du taux de cortisol est alors suffisamment importante pour permettre la procréation. Donc, pour plein de femmes, et pour les médecins, la cortisone n’a pas de pouvoir contraceptif, puisque les femmes en question ont réussi à avoir des enfants malgré la cortisone.

Et puis, au pire (femme jeune prenant de fortes doses de cortisone, désirant des enfants et ne prenant pas la pilule), le médecin avouera que la cortisone peut avoir un effet contraceptif. Enfin, s’il le sait évidemment. De toute façon, ça concernera tellement peu de femmes que ça restera une information extrêmement confidentielle.

Et puis, élément probablement le plus important, pour se rendre compte qu’il s’agit des mêmes médicaments, il faudrait que les gens soient conscients des autres effets secondaires similaires. Et comme ils ne le sont pas, le seul fait de se rendre compte que les deux types de médicaments ont un pouvoir contraceptif ne suffit pas.

Au final, beaucoup d’élément vont empêcher une prise de conscience du pouvoir contraceptif de la cortisone, ainsi que du fait que la pilule et la cortisone, c’est la même chose.

 

Morphine et escarres

Jeudi 9 décembre 2010

 

J’ai souvent entendu dire que les escarres venaient du fait que les personnes étaient alitées en permanence. Mais ça me semblait quand même bizarre que des personnes se trouvant dans un lit (donc, une surface assez confortable) développent si vite des problèmes de ce type. Je crois avoir fini par comprendre.

En fait, les escarres doivent être provoquées par la morphine. Ca doit être l’hypotension qu’elle engendre qui doit entrainer leur formation.

Ce site est assez intéressant. En effet, on y trouve la théorie officielle (a priori ça n’est pas une théorie personnelle du bloggeur en question). Et elle semble assez valable sur le mécanisme qui conduit aux escarres. La pression d’un objet sur la peau provoquerait, si celle-ci était assez forte, un arrêt de la circulation sanguine et donc un arrêt de l’oxygénation des cellules. Ce qu’on peut constater quand on pousse un doigt contre un autre (ils deviennent blancs au point de pression) Et si l’arrêt de la circulation dure trop longtemps, les tissus finissent par se nécroser et entrainer une escarre.

Par contre, la suite de la théorie, quoi qu’intéressante et ayant une parte de vérité, se focaliserait surtout sur le problème des micromouvements. Alors que le problème principal, dans la majorité des cas, viendrait selon moi surtout d’une hypotension. Et celle-ci serait surtout provoquée par la prise de morphine (et parfois par l’arrêt brutal de médicaments de type anti-inflammatoires non stéroïdiens entrainant une hypertension à la prise  et une hypotension à l’arrêt).

Le site en question est intéressant aussi parce qu’il donne des chiffres précis concernant la pression (contre la peau) à partir de laquelle le sang n’arrive plus à rentrer dans les capillaires :

Dans les artères et les veines, le sang circule parce qu’il est sous pression. On sait que la pression dans les grosses artères est de l’ordre de 120 à 140 mm de mercure. Mais dans les petites artères la pression est de 32 mm de mercure ; dans les capillaires elle est de 20 mm de mercure. Cela signifie que si on comprime la peau avec une pression de 20 mm de mercure le sang va cesser de circuler, et la peau va se trouver en danger : la simple pression de mes doigts l’un sur l’autre fait blanchir la peau parce que le sang n’y circule plus.

Or la peau est en permanence soumise à des pressions dangereuses. Par exemple au lit les pressions habituelles sont :

- Au sacrum 60 mmHg

- Aux talons 45

- A l’occiput 40

- Au dos 30

- Aux coudes 20

- Aux omoplates 10

Au fauteuil, les pressions sur les os des fesses sont couramment de 60 mmHg, (du moins si les pieds du malade touchent le sol : sinon il faut doubler la pression).

… la pression critique à partir de laquelle les artérioles se ferment est, on l’a vu, de 32 mm de mercure. Au fauteuil les pressions atteignent couramment 300 mm de mercure ; un bon coussin anti-escarres parvient à ramener la pression à 120 mm de mercure.

 

Le problème avec ces chiffres, c’est que ça veut dire que, normalement, on devrait tous développer des escarres. Les théoriciens officiels sont conscients de cet illogisme. Et du coup, ils défendent l’idée que le corps ferait des micromouvements de façon permanente. Ca permettrait de soulager régulièrement les différentes zones soumises à la pression. Et ce serait ça qui ferait que les escarres ne se développeraient pas.

Seulement, les chiffres donnés vont à l’encontre de cette idée. Sur un siège, la pression sur les fesses et de 60mmHg, voir même de 120 si les pieds ne touchent pas le sol. Ca veut dire qu’on excède largement les 20mmHg qu’on trouve dans les capillaires. Donc, normalement, les micromouvements ne devraient pas permettre de passer sous la pression correcte. Ca devrait permettre de passer à 30 ou 40 mmHg, mais pas tellement moins (et probablement pas moins de 60 mmHg si les pieds ne touchent pas le sol). Surtout qu’au niveau des fesses, par exemple, la pression est répartie sur une vaste zone. Donc, les micromouvements ne devraient permettre de changer la pression qu’à la périphérie, mais pas tellement dans la large zone de contact avec le siège.

Or, dans la vie normale, on reste souvent assis 10 ou 12 heures par jour, et souvent sur des trucs tape-cul (quand on est jeune sur les sièges des écoles ou des lycées). On est assis pendant 8 heures au travail, 1 heure dans les transports, et encore 4 heures à la maison (diner, télé, lecture dans le lit). Soit 12 ou 13 heures. Et même dans le lit, pour ceux qui dorment sur le dos, ça fait dans les 22 heures. Donc, normalement, on devrait avoir des escarres sur les fesses. Ca devrait être quasi inévitable. Mais non, les gens ne développent pas d’escarre.

Ou au moins, sans aller jusqu’à l’escarre, on devrait développer des rougeurs, des inflammations plus ou moins importantes. Mais non, là encore, on ne développe rien de tout ça. La peau reste totalement normale même après des heures et des heures de position assise.

Surtout qu’il est dit qu’une escarre peut se développer en seulement 2 ou 3 heures (voir Wikipédia : « des escarres peuvent apparaître en deux heures » ou le site donné précédemment « Mais il faut savoir qu’une escarre peut se produire en trois heures« ). On ne voit jamais ça chez des gens bien portants. D’autant plus qu’être assis sur une chaise en bois pendant toute une journée est bien plus pénible qu’être allongée dans un lit douillet.

Par ailleurs, de nombreuses personnes qui développent des escarres ne sont pas en état de coma ou d’immobilité totale. Elles peuvent tout à fait bouger et donc faire des micromouvements. En plus, elles sont souvent alitées ou sur des fauteuils confortables, donc, des supports très moelleux. Et pourtant, elles développent des inflammations ou des escarres.

Donc, c’est bien qu’il y a quelque chose d’autre.

Ce qu’on peut penser, c’est qu’en réalité, le corps peut supporter plus que 20 mmHg de pression. Il doit y avoir certains mécanismes qui doivent permettre d’aller jusqu’à 60 mmHg. Donc, en bonne santé, rester longtemps assis ne poserait pas de problème.

Seulement, une baisse de tension changerait complètement la situation. D’un seul coup, on se retrouverait avec une pression bien plus basse dans les capillaires. Et on se retrouverait alors suffisamment au dessous du point de pression pour que commence à se développer des inflammations et des escarres.

Il est d’ailleurs reconnu que l’hypotension est une cause possible d’escarres (voir ici).

Or, la morphine entraine une hypotension. Donc, il est clair que si quelqu’un qui prend de la morphine développe des escarres, c’est bien à cause de celle-ci. Ce n’est pas un hasard si ce genre de situation arrive chez les personnes en fin de vie. Très souvent, celles-ci sont sous morphine.

Selon le site évoqué précédemment, l’oxygénation du sang est importante aussi dans la survenue d’escarres. Une insuffisance respiratoire ou cardiaque peut participer à la formation d’escarres. Et justement, la morphine engendre des faiblesses respiratoires et cardiaques plus ou moins importantes. Donc, par ce biais là aussi, la morphine peut provoquer des escarres.

Bien sur le fait qu’une personne soit alitée sans pouvoir faire de micromouvements doit certainement jouer. Et dans certains cas, ce sera effectivement le problème principal (personnes dans le coma, personnes paraplégiques, etc..). Mais très souvent, ça ne sera pas le cas, ou ça ne sera pas le problème du tout (puisque la personne sera capable de faire les micromouvements en question et ne sera pas alitée ou assise 24h/24).

Bien sur, il peut y avoir d’autres causes d’escarre. Par exemple, la prise de médicaments ayant un effet de type cortisone peut provoquer ce genre d’effet. Avec les thromboses que ça peut provoquer dans les jambes, le flux sanguin peut être ralenti. Il y a alors une hypotension locale. Et des escarres peuvent se développer au niveau du pied par exemple.

Le problème, c’est que pour traiter la douleur causée par les escarres, que donne-t-on aux malades ? De la morphine (voir ici). Soit, exactement l’inverse de ce qu’il faudrait faire. Donc, on comprend assez bien pourquoi chez de nombreuses personnes, il y a multiplication des escarres. Et on comprend aussi, pourquoi les escarres déjà présentes mettent un temps fou à se guérir. Enfin, cela dit, s’il y a escarre, c’est en général parce que la personne prend déjà de la morphine. Donc, on ne fera qu’en donner un peu plus. Mais pour les situations où ce n’est pas le cas, donner de la morphine n’est vraiment pas la chose à faire.

Heureusement, comme le corps s’habitue à la morphine, parfois, son influence diminuant (si on reste à la même dose, où si on n’augmente pas trop les doses), l’escarre va pouvoir se réparer petit à petit. C’est pour ça que, même sous morphine, certaines personnes vont voir leur escarre disparaitre. Et elles ne vont avoir qu’une escarre. Mais chez de très nombreuses autres personnes, il va y avoir au contraire augmentation du nombre d’escarre et très grand difficulté à guérir des escarres déjà formées.

L’utilisation de médicaments augmentant le taux de cortisol va s’opposer aux effets hypotenseurs de la morphine. Donc, ça aussi ça va permettre de limiter le nombre d’escarres et de faciliter la guérison des escarres déjà en place.